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Le Louisianais. [volume] (Convent, La.) 1865-1883, September 22, 1877, Image 1

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J O 17 Ii X A L P O I, I T I Q U E , LI T T 11 Ii A I K E E T C A M P A < i X A III)
VOL. XIII.
PAROISSE ST. JACQUES, LOUISIANE , SAMEDI 22 SEPTEMBRE, 18Î7.
NO IT.
'ïiK §OMSIANAIS.
joxjiî.3srA.i-. omciEXj
—I)H LA —
Paroisse St. Jàe<jucs.
rritLIK CHAQCK SAMK1U 1>AXS LA
Paroi.-se St. Jacques?,
Convent P. O.,
Louisiane.
J-. GENTIL,
EDITEUR ET lîED.iCTEUIt.
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et les avis l'année se régleront de yré à
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Nouvelle-Orléans:—A. G. Komaiu.Tchou
{litoulas St., Ä'o. 15.
St.-Jae<|ues, St.-Jeau-lîaptiste, Iberville,
Assomption et Ascension: —Just Comes,
Donaldson ville.
Lafayette, Attakapas:—Edouard E. Mou
ton.
Nouvelle-lbérie:—Auguste Girod.
Vacherie: — Morris Feitel.
VARIETES.
EE MORMON ISME
— ET—
I.ES ETATS-UNIS.
III.— L'ETAT SOCIAL DES HOHMONS.
M
liPpe
Los mormons n'ont jamais en à se
louer $es gentils et les gentils qui
traversent le territoire «l'Utah sans
lettws (le recommandation n'ont pas
^Hîntage à se louer des saints: une
tranche liaine existe entre ceux-ci et
les communautés américaines qui les
entourent. Les mormons parlent des
"Egyptiens" avec autant de dégoût
que leurs ancêtres spirituels, les
Juifs, parlaient autrefois des Idu
méens et des Moabites. Lorsque les
mormons n'avaient pas encore de
vigues, ils refusaient avec horreur
d'employer pour leur communion le
vin des gentils ; les évêques préfé
raient puiser dans uu seau d'eau et
distribuer à la ronde ce qu'ils appe
laient le sang de Jésus-Christ. En
toutes choses, ils montftnt leur pro
fonde aversion contre les Améri
cains, et dans leurs mystères sacrés
ils jurent, dit-on, une haine impéris
sable à la grande république. Cette
haine des mormons contre les gentils
se don liera-tel le libre carrière, et la
tribu des "anges exterminateurs"
dont ou a tant parlé saisira-t elle
enfin le glaive pour venger la mort
de Joseph et de Hyrum Smith, les
persécutions, lesfaminesettoutes les
souffrances du terrible exode? Le
fait est que les mormons possèdent
des «armes, qu'ils apprennent à, s'en
servir, et qu'une fois par semaine
ils se réunissent pour faire des évo
tjons d'ensemble et s'exercer à la
petite guerre. Tout fidèle de Deseret
est soldat, et soldat excellent, puis
qu'il obéit avec enthousiasme, donne
saus réserve à ses chefs son âuie et
son «£>'ps, et voit dans sa mort le
commencement des volupté^Uu finies
du ciel.
Fiers d'avoir dépassé par leur
succès immense le succès de tous
les autres fondateurs de religion,
d'avoir en trente ans converti à leur
foi près de 200,000 hommes, dont
100,000 sont groupés autour d'eux
en uu formidable corps de nation,
les prêtres mormons voient dans ce
premier triomphe la preuve la plus
éclatante de leurs triomphes futurs.
Ils se croient déjà les conquérons
du monde. A les entendre, les théo
logiens d'Utah connaissent déjà
parfaitement l'histoirede notre siècle
et de ceux qui suivront: dans uu
avenir prochain, Gog et Magog,
c'est-à-dire les rois de la terre et
leurs armées, se rénuiront pour écra
ser les taints des derniers jours;
mais ceux-ci n'auront rien à crain
dre, car le prophète qui les guide
braudira dans sa main l'épée flam
boyante de Laban. Gog et Magog se
ront vaincus à Ja bataille d' Arma
geddon, et le Seigneur détruira par
la peste et la famine les débris de
de l'armée en déroute. Alors la terre
deviendra la propriété des saints, le
bienheureux règne des mille aus au
ra commencé. »1« l'ancien
inonde rebâtiront leur temple à Jé
rusalem, tandis «pie les nouveaux
Israélites ou mormons construiront,
avec l'aide des Indiens convertis, la
nouvelle Jérusalem dans le comté
de Jackson, au centre même de l'an
cien paradis terrestre. Lescontineus
d'Europe et d'Amérique, aujourd'hui
séparés par l'Océan, se réuniront
de nouveau comme au premier jour
de la création, des villes se bâtiront
sur le fond soulevé des mers; "entre
les deux Jérusalem sera frayée une
grande route que le pied du lion n'a
jamais foulée, que l'œil de l'aigle n'a
jamais vue." Tous ces événemens
arriveront avant la fin du siècle, et
Brigliam Young ne craint pas d'an
noncer que les Etats-Unis seront
balayés au plus tard vers l'an nuée
1890.
Sans employer le même jargon
mystique, les libres Américains affir
ment de leur côté qu'ils ne toléreront
pas cette théocratie redoutable qui
fonde un état d'ilotes au milieu de
leur république, et met en péril tou
tes les libertés individuelles par sa.
terrible organisation hiérarchique.
Après une lutte dont ils est impossi
ble de prévoir les péripéties, il faut
que les mormons se fondent graduel
lement dans les colonies américaines,
et perdent ainsi la centralisation re
doutable qui fait leur force, ou bien
qu'ils reprennent le chemin de l'exil
pour aller fournir une autre étape
dans une île du Pacifique. Peut être
aussi la mort de Brigliam, qui de sa
forte main dirige si bien l'empire,
donu§ra-t-clle un libre cours à bien
des Ambitions aujourd'hui compri
mées, et la communauté se divisera
t-elle en fractions ennemies, pour
travailler sans le savoir à sa propre
destruction. Dans cette société amé
ricaine, où les événements se hâtent,
où les évolutions des hommes et des
choses se succèdent si rapidement,
il est certain que le fanatisme des
mormons ue se perpétuera pas de
père en fils. D'ailleurs les doctrines
et les mœurs des saints ont porté
leurs fruits; la génération qui s'a
vance est gangrenée jusqu'au fond
de l'âme, et ne vit déjà plus de cet
te ardente foi qui fait la prospérité
des empires naissans.
On. peut «lire que la nériode de
décadence rt «oniinonco j»Wlr los mor
mons. liest vrai que leur nombre
augmente, que leurs villes s'embel
lissent, que les routes se tracent ;
mais tous les progrès réalisés par
les saints des derniers jours sont peu
de chose, comparés à la furie de ci
vilisation qui emporte les états limi
trophes. Le territoire d'Utah a été
colonisé avant la Californie, et ce
pendant il compte à peine 100,000
liabitans, tandis que l'état du Paci
fique a plus de 500,000, un commer
ce immense, des usines nombreuses,
des chemins de fer, des lignes de
bateaux à vapeur. Des colonies de
Coliforniens ont envahi le territoire
d'Utah et en ont virtuellement con
quis toute la partie occidentale. Les
00,000 mineurs de Waslioe, de Car
son, du lac Pyramide, ennemis irré
conciliables des mormons, rappro
chent chaque année leurs avant-pos
tes de la Nouvelle-Jérusalem, refu
sent toute obéissance aux lois des
saints et menacent hautement de
destruction l'empiré de Brigliam,
lorsqu'à leur tour ils seront devenus
les plus forts. En même temps les
pionniers du Kansas, à peine arri
vés d'hier dans les prairies du far
west , remontent déjà leurs rivières
jusqu'au pied des Montagnes-Ro
cheuses, et bientôt ils apparaîtront
sur les collines d'où l'on voit au loin
s'étendre le panorama du Grand
Lac-Salé. La distance qui sépare la
Nouvelle-Jérusalem de New-York et
de San-Francisco diminue à vue
d'œil. Une simple route d'émigrans
a d'abord relié cette, ville aux deux
grandes cités du Pacifique et de
l'Atlantique, puis on a tracé une
<Mite de diligences; maintenant l'é
lectricité a tendu son fil magique à
travel's le plateau d'Utah; en moins
de dix ans, une ligne ferrée, qui dé
jà se prolonge de. chaque côté vers
la retraite des mormons, fera de leur
désert le grand chemin «les nations.
L'humanisé est solidaire: c'est une
loi fatale à laquelle aucun groupe
d'hommes ne peut échapper. Une
société, lïit-elle moralement supé
rieure au reste du monde, ne peut
vivre isolée; elle a beau se retran
cher dans un désert, s'entourer de
lois, de règlemens, de prohibitions:
le mur d'airain qui la défend est
renversé tôt ou tard, et ces égoïstes
qui ue voulaient pas de l'union pai
sible avec les peuples environnant
rentrent dans le sein de l'humanité
après d'effroyables scènes de violen
ce. Le fanatisme des mormons, leur
merveilleuse industrie, leur accord,
même leur bon droit apparent, ne
suffiront point à les protéger contre
la destinée qni les menace, car ils
se sont mis eii travers de l'humani
té; leur foi leur montre des ennemis
et des esclaves futurs dans tous les
hommes, tandis que la vraie reli
gion est celle de la fraternity uni
verselle.
ET TSEE l?Ef LT'S.
A PROPOS
— ]>E —
T E M P É M A N O E .
I.
Nous savons (pie le philosophe
Sénèque a écrit un traité sur la
Clémence, mais nous ne sommes pas
sûr qu'il en ait écrit un sur la Tem
pérance.
Et cependant les Bomains de son
temps, au premier siècle de l'ère
chrétienne, étaient loin d'être sobres
et d'être tempérants, ils mangeaient
beaucoup, buvaient <!e même et eor
rigeaient ces deux défaut.-, par des
vices plus grands encore. Juvénal
nous en dit quelque chose.
Quoiqu'il eu soit, bien des auteurs
ont chanté cette précieuse vertu, et
nous pensons qu'avant la lin du
monde, si le monde finit jayaais, de
nombreux et puissants philosophes
la chanteront encore.
Nous voyons même, à l'heure t »ré
sente, qu'il est plus que jamais ques
tion de Tempérance dans les livres,
dans les brochures, dans les jour
naux et dans les prônes divers. Il
y a même intempérance «le langue
à ce sujet. Sans être absolument
docteur en médecine ou en théolo
gie, chacun dit son petit ou son
grand mot sur la chose. Il en est
même qui sont fort éloquents sur le
chapitre des bouteilles, et contre
qui Habelais n'aurait pas beau jeu.
No»propres voisins, ceux des At
takapas et des Avoyelles, sont au
nombre des croisés. Tu quoi/ite,jlli mi.
Car c'est une véritable croisade.
Et l'on s'assemble, on prêche, on
se convertit, on fait serment, on si
gne et l'on s'engage dans la grande
armée des buveurs d'eau. Plus de
libations à Bacchus. Mort au vieux
Silène! C'est aux fontaines, aux ri
vières et aux fleuves qu'il faut dé
sormais se désaltérer et boire. La
morale est au fond du puits, comme
la vérité. Le vin lui-même est une
malédiction.
Interrogez au besoin les juris île
police de nos illustres paroisses, et
d vous Sera répondu dans ce sens.
Car il lie suffit pas de condamner le
whiskey au tribunal de ht conscien
ce, comme étant la cause première
«le nos vices, «le nos crimes et «le
nos iniquités; il est «'gaiement
nécessaire que la loi — loi préventive
et sage — ôtc la pierre d'achoppement
de notre chemin et n'expose point
notre faiblesse aux terribles tenta
tions de la bouteille et «lu cabaret.
L'humanité est faible.
II.
Oui, la Tempérance est une vertu
le premier ordrf, peuvi"*tre bien la
mère de toutes Tes autres vertus.
Dans son sens philosophique com
me dans son sens purement gram
matical, elle signifie usaye modéré
et rationnel.
Et si les hommes n'abusaient «le
rien, usaient sagement, pratiquaient
Vuti sed non abitti de l'antique phi
losophie, les hommes vivraient aus
si longtemps que les patriarches «le
jadis. Flourens même ose presque
affirmer qu'ils ne mourraient peut
être {»oint.
Mais l'opinion de Flourens est un
peu risquée. Car si les hommes ne
mouraient point, la reproduction
se continuant toujours, la terre se
rait bientôt trop petite pour eonte
nir et nourrir tous ses habitants.
L'anthropophagie deviendrait une
nécessité.
Toutefois, soyons convaincus que
la Tempérance , en équilibrant les fa
cultés de l'homme, en rendant à la
raison sa souveraineté et sa puis
sance!, en mettant fin aux abus qni
contiennent tontes les folies et tou
tes les fureurs, toutes les décrépitu
des et toutes les abominations, chan
gerait la face du momie, relèverait
l'humanité et rendrait à la terre l'â
ge d'or «les hommes sages, des bons
maris, «les femmes fidèles, des en
fants respectueux et «les marchands
honnêtes. On se porterait à mer
veille, et les roses fleuriraient en
toute saison.
On ne saurait donc trop louer la
Tempérrnee , cette virtus in medio,
comme «lisaient les philosophes an
ciens; et si les poètes cherchent une
vertu à chanter, ils n'en peuvent
trouver une qui soit plus vraie, plus
grande et plus sublime. Quant aux
hommes politiques et aux législa
teurs, ceux qui veulent des mœurs
élevées, des lois durables et des gou
vernements selon le droit, la justice
et la civilisation, il leur faut une
étiucation et line philosophie qui ait
pour critérium moral la Tempérance
en toute chose.
Certes, l'œuvre n'est pas absolu
meut facile. L'homme est un animal
naturellement intempérant, et il ne
se contente jioint de boire sans soif
et «le faire l'amour en toute saison.
Il boit au delà de sa soif, et ses
amours ont rarement la mesure.
Mais la difficulté «le l'œuvre ne «loit
décourager ni ceux de la bonne
foi ni ceux de la lionne volonté, et
le bien doit être tenté et accompli
pour la plus grande gloire «le la mo
rale et «le la vertu.
III.
Mais l'Amérique est elle seule à
mériter le reproche «l'ivrognerie, et
si nous avons du whiskey jusqu'aux
lèvres, les nations et les peuples de
l'autre continent sont-ils «l'une tem
perance parfaite et «l'une sobriété
exemplaire?
Le mal est général. On boit dans
le monde entier, et par «bossus la
ti'te. Les liqueurs se sont multipliées
j à l'infini. Il y en a de tout nom, «le
i toute couleur et pour tous les goûts.
C»u en fabrique dans les boni gailes,
; dans les villes et «laus les forêts. Il
i n'est pas un homme au monde, «lu
| Hottentot au Chinois, sans même en
excepter le derviche, «pli n'en ait
humecté ses lèvres. Car le Turc,
quoiqu 'on en dise, boit comme un
autre, et si sa loi le lui défend, il a
bien soin, quand i! se dispose à com
: mettre la douce prévarication, «1«'
dire à Mahomet: Ferme les yeux!
Kt Mahomet lui-même, sachant bien
qu'il est des accommodements avec
tous les cieux, sourit et détourne
i eomplaisamment la tête. Allah est
1 bon.
Oui. le nombre des liqueurs mo
! denies est infini.
j On en invente tous les jours, et le
progrès, en ce genre, n'a pas dit son
; dernier lUa^S En attendant, il vous
, serait difficile «le les compter toutes,
i et du vin au rack, en dégustant à
loisir le pieux élixir des Chartreux,
vous en trouveriez peut-être dix fois
plus qu'il n'y a de saints dans le ca
lendrier et «le bienheureux au ciel.
Et leur puissance est grande comme
leur nombre. Car «dies sont présen
tement une part importante de l'é
conomie politique et sociale. Leur
suppression, si la suppression était
possible, serait un coup mortel à
I industri«', au commerce et à l'agri
culture elle-même. Que deviendrai
eut, abstraction faite «les eabare
tiers et «les liquoristes, les tonneliers
et les fabricants «le bouteilles? On
ne peut .supprimer, «lu jour au len
demain, sans une grande misère pour
tous, les métiers et les industries
qui touchent à la production, à la
consommation et à l'échange, c'est
à-dire à la vie des hommes, «les na
tions et «les peuples. Casser une
bouteille, c'est plus grave qu'une
bataille de Plevna ou l'anéantisse
ment de la Turquie. Et si vous dé
fonciez pour toujours le tonneau du
whiskey américain et national, les
Ktats-Unis, même avec I lay es, qui
est un buveur «l'eau, seraient irrévo
cablement condamnés à mort.
lîespect aux bouteilles.
L'inventeur de la bouteille vaut
l'inventeur de la charrue.
IV.
Certes, l'ivrognerie est mauvaise,
étant un abus, et nous pourrions
faire un tableau effrayant «les crimes
et «les abominations qmille engen
dre partout, dans toutes les classes,
avec les hommes, avec les femme^f
en Amérique, en Europe, en Afri
que et ailleurs.
Mais laissons ce soin à Murphy et
à ses amis.
Nous croyons même que Murphy
et ses amis du totalmne valent moins
que les francs buveurs «lu plein so
leil et du cabaret grand ouvert. Ils
cachent leurs bouteilles, boivent à
huis-clos et s'enivrent d'autant. Il y
a beaucoup d'absurdité et d'hypo
crisie dans ceux qui condamnent le
vin lui-même et prêchent la doctrine
morale de l'hydrotérapie. Et leur
nez rouge n'est pas précisément
renseigne «1«; la tempérance. La tem
pérance, du reste, n'est pas la pri
vation, mais l'usage modéré et ra
tionnel. Le mal est dans l'abus seu
lement. plus, si vous ne faites
point un i,(?ge usage «les choses que
Dieu voira a données, qu'il n'a pas
créées pour les merles et les moineaux
seulement, vous le méprisez dans sa
munificence et sa générosité à votre
égard. Et les ours, en cueillant les
grappes Vermeilles que vous dédai
guez on condamnez, auraient plus
de raison et de bon sens que vous.
C'est pour quelque chose que les
prunes sont aux pruniers, les cerises
aux cerisiers, les pommes aux pom
miers, les femmes sur terre et les
raisins aux vignes. La sagesse veut
qu'on use de ces choses avec modé
ration et discernement. Trop n'est
pas bon, point est mauvais, conve
nablement est sage. Interrogez les
philosophes, qui ne sont pas «les re
uards gascons, on les prêtres, qui
sont, des hommes sensés. Ils vous
«liront «pie l'excès en tout nuit, mais
qu'un généreux verre de vin lœtifi
eat cor hominus. Ce n'est pas l'eau
d'une fontaine ou d'une citerne qn'
on met dans les burettes sacerdota
les. Jésus, notre infidèle, n'a point
transformé l'eau en vin aux noces
«le Cana, alors que le vin manquait,
pour coudamner la vigne plautée
par le patriarche Noë. Et si le pam
pre grimpe vigoureusement et na
turellement aux grands arbres des
forêts d'Amérique, couvert de Ion
gues grappes vermeilles et pendan
tes, près du socotier, sou frère ou
sou cousin, ce n'est pas, nous !e ré
pétons,à l'unique intention de l'ours,
«le l'oiseau-moqueur ou de la grive.
Les bonnes choses de la terre appar
tiennent également aux hommes.
Les en priver est méchanceté' et
folie.
Les a jiôt res du lot (dis tue, c'est
dire de l'abstinence totale, sont donc
des insensés. Foin d'eux!
V.
Où sont le plus communément les
ivrognes !
Nous ne voulons, bien entendu,
blesser personne, «ncore moins flé
trir, «*t l'ivrogne, quand il ue l'est
pas trop, a «les côtés superbes. Web
ster,«lit-on, n'arrosait point ses mag
iiifiqiies discours avec l'eau d«'s fon
taines. L'eau n'est généralement pas
éloqiumte. Mais certainement l'ora
teur Berryer préférait le champagne
à l'eau sucrée. Et. le vin, en poésie
comme en éloquence, est un inspira
teur suprême. Il est aussi un libé
rateur, un moralisateur et un Dieu,
— Dens Liber. La civilisation com
mença avec lui. Quam! l'homme,
après avoir recueilli le sang et l'es
prit «le la grappe, eût porté à ses
lèvres cet esprit de vie et «l'inspira
tion, «le force et de foi, «le génie et
de grandeur, il se sentit sanvé et
béni. Le temps lui appartenait dé
sormais, et le progrès se révélait
dans un avenir éclatant et lumineux.
L'humanité affranchie possédait pour
toujours le pain et le vin, ces derix
priucipes «le liberté, «le bonheur et
«le communion entre les hommes.
L'a gape chrétienne n'a plus de sa
crifices sanglants. On mange doré
navant sans crime et l'on boit «lès
lors à la gloire de Dieu. La bonté,
la charité et la justice entrent dans
les lois, les gouvernements et les re
ligions. Far la coupe pleine, vidée
et remplie, qui passe «le main en
main, circule tout autour et touche
à toutes les lèvres, l'alliance nouvel
le est irrévocablement signée pour
l'humanité. On s'aimera. Et s'il man
que qmdqtte chose à la plus admira
ble. prière «les hommes, art Pater
éternel et sublime «les générations
présentes et «les générations à venir,
cYst le mot rinnm. On l'y ajoutera.
N'est-il pas déjà dans la pensée et
dans l'œuvre? Le vin n est-il pas le
complément «lu pain rompu?
Aussi, quand nous entendons les
hypocrirés du total is me 'blasphémer
contre le vin, qui vient «le Dieu, qui
est «livin, qui est le civilisateur et le
moralisateur suprême, nous deman
«lons pour eux le châtiment «le l'eau
claire ou tout au moins «l'une abo
minable jaquette. L'enfer éternel
doit être un marais à canards.
VI.
Mais où «loue sont le plus commu
nément les ivrognes, avons-nous de
mandé ?
Anj lieux où la vigne ne pousse
pas oiVn'est point cultivée, dans les
pays de brume où le soleil ne rou
git pas la grappe, dans les grandes
villes «1e l'octroi prohibitif et du vin
privilégié. Car l'eau ne suffit point.
Et si vous n'avez pas je vin «iu re
pas régulier, le vin nécessaire à tous
les hem mes, aux travailleurs sur
tout, il faudra le remplacer par un
breuvage quelconque. Les liqueurs,
les boissons et les «bogues, qui sont
certainement l'ivresse ou l'ivrogne
rie, se substitueront à la boisson na
turelle et à la boisson des forts.
L'eau-de-vie sera l'eau de mort,
et le whiskey, le gin, le kirsch,
le rack et autres poisons natio
naux brûleront la gorge et les
entrailles «les hommes sans les «1«<
saltérer. Plus vous boirez, plus vous
aurez soif. La liqueur sera «lu feu.
Et votre; ivresse, au lieu d'être joy
euse, bavarde et souvent même spi
rituelle et brave, sera sombre, atro
ce et sanglante. Les peuples à vin
sont généreux. Ils ont le eœnr sur
les lèvres, et l'enthousiasme est en
eux. Ils se portent bien. Affectueux
et sociables, gracieux et forts, ils
font double tâche. La servitude et
l'esclavage ne les posséderont ja
mais longtemps et entièrement.
Leur poésie sera celle de la grâce,
du coloris et de la liberté. Leurs
croyances ne seront jamais celles
d'un matérialisme grossier ou d'une
philosophie obscure. * Si leur reli
gion leur donne un enfer, car il pa
raît que l'enfer est un dogme néces
saire partout, leur paradis «l'élus <;t
et de bienheureux est plein de joies,
«le bénédictions et do merveilles. Et
il leur faudrait vraiment peu «le
chance ou beaucoup de mauvaise
volonté pour éviter l'un et tomber
dans l'autre. Tf n'y a qu'un diable,
et il y a tant de saints! En plus,
ce diable, pourvoyeur: de l'enfer, est
si laid, si noir et si repoussant.
Oui, les peuples qàii cultivent la
vigne et boivent le vin ont sur les
autres peuples une incontestable su
périorité de bravoure, «le franchise
et «l'honneur. Ils ne sont point ivro
gnes. Le vin est un préservatif con
tre cette abominable passion. Il
vous fait chanter souvent, hurler ra
rement, aimer toujours.
VII.
Nous avons vécu au pays des vi
gnorons, parmi ceux qui buvaient
«br vin. sur i«'s coteaux où le soleil
dore, rougit «'t mûrit la grappe du
Seigneur. Nous avons bien connu
ceux qui s'allaitent ou tètent dans uu
verre, niais se lavent les pieds avec
■»n: l'eau. Et nous avons aussi vu
ceux de la bière, du gin, du rack,
du whiskey, des grandes villes où
le vin est le luxe du riche, de Lon
dres où les ivrognes n'ont ni âge ni
sexe, de l'Amérique où le whiskey
est à la hauteur d'une institution na
tionale et démagogique, et où la
Tempérance «lu fatalisme est une hy
pocrisie suf>.'t-rJui «'î une cseobur«l«'rie
des plus grossières. Voyager et voir
sont de bonnes choses, comme aus
+ /•»»-. <.»uf Afoiw' c'il v»*«ii
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devenues san . e- ; -
ne faut, qu'un . iif .
nute, qu'une s<.
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conscience o'< w j
l'honneur -pei< "i.
Craignez «F..;, ' • ; .
le vin et plan:« / ' ;.i .
Oui, plante h: \ . ( •, •
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Seigneur. Et q'v.ud ><. - r .
soit dit en pass- te > i<:u : ...
France, de î'K j ague ou k- k tr,
ils seront vivant •<. fv.n:«- .-.nu ,-t
forts. Car h. , .
le vin lui-même. m-i i un...,
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C'est facile et ; < < s me
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n'est pas en - ' ; • se
que la vigne ; . . t èl n , ! r,- L ,
cultivée. CV*l m • {»anu- .• y >
qu'on trouve part ont, et . ...
dans nos fori l impa:- \i. ,
reuseinent j.u . -o '. n -■ k
aux ours de k v; > -t, •$
chasseurs. I •. < n >i vinl.i.s; ^
mûrisse as? >. -, en t ;
pour que la . teerc!. ;
la santé, la u» : m ! ! : r
ne . diminuez v.-» !«•. : >i : '- -
vins de la F : ■ ■ dt
La douane e,«.. :»« , o, • -
toutes les «l «> ! i.-.m • iU • e : srr- i .
circulation, k ' i : ■ . r :
tion et ne réau^ au me k
n é fi ces «pi 'elk >. .>> < t.m
ue urithmét! i!,e, ,-V .t u- < k i
gage «le eh ilk- ^ '<<<'' , .
§ô «l'entrée, .'«ai.:' m •■?'/<>'!«),
que 100 tontie.uî v n -
lient «pie $k <>a;...; au ma*'*, s'^i
a jamais été semé >; r it s mains d -
créateur pot* î - ...
feruientée,je ; eu .< me Mnlio.m t. s; »it
le véritable pro; »k ; «j.- Dieu Sk
si le genévrier «b'.nm <Ws f, ..'„s. .<•.
]K)iir arom:ui<er 'a \ lande de • «.;•»
ou pour «pu "l'on t > : <;e -O! :
l'huile de cadr, q,u sVmpioie «:.,hh
l'art vétéril ak- p » •» gir-ji-isot» des
maladies de le u !'o r i •;
me de terre .»a parmenr.' c'est . :
pain, non ime l>m.-yo...
transforme ' e» s k ■ ■ :-» iiqueur.
est diabolic me ». - aa „îaedet.
infernal peur les produire, comme
aussi llll alambic ■■ ke.a-i pour ;e
absorber. Le via pv.>P-sle .-u nom
«le la raison, au nom de !u justice er.
ai» nom «le la mu are i' lêciame ses
droits et n.\ souv:'ra«net«». 11 faut
lui obéir sous peine <!'ivaognerie,
d'immoraliéé et de déchéance, ' es
peu]»les qni ne lui d«-im>nder<.:<; point
leur salut, qri lui jn-éfei ero.it i< %
whiskey on le gin. mourront a va»
«l'avoir vécu, vi. 'Hiatus ttUna'pe-
misérablement.
Quant à "m loi ear ><•■■■ !
peut être un coroiîa t
Tempéra net, nor > en ;
me«ti procham, k m . ■ .*
Car cett'î io- du
triomphant < a <
puritains ù l'.< e ;
menacer les
Louisiane t "

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