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Le Louisianais. [volume] (Convent, La.) 1865-1883, October 27, 1877, Image 1

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VOL. XIII.
J O U H N A Ij P O L I T I Q U E , LI T T E 11 A I II E E T C A M P A <1 X A lî I )
PAROISSE ST. JACQUES, LOUISIANE, SAMEDI 27 OCTOBRE , 1877.
iWA 52.
iE |oUISIANAlS„
JOURNAL OFFICIEL
—1>K LA—
Paroisse St. Jurques.
PUBLIE CIIAQUK SAMEDI I»AXS I.A
Paroisse St. Jacques,
Convent 1*. 0.,
Ip^iisiane.
J. GENTIL,
EDITE Uli ET It ED A C TE L 11.
Abonnement:
$5,00 PAR ANNEE.
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mière insertion $1,00.
Par carré «le chaque publication sub
séquente 75.
Les communiqués de nature personnelle
et les avis à l'année se régleront de gré à
gré avec l'éditeur.
AGENTS DU LOUISIANAS.
Nouvelle-Orléans:—A. CI. Rom:» ! u ,Tchou
pitoulns St., Ko. 15.
St.-Jacques, St.-Jean-Baptiste, Iln-wille,
Assomption et Ascension: —Just Couics,
Donaldson ville.
Lafayette, Attakapas: — Edouard E. Mou
ton.
Xouvelle-Ibéric: — Auguste Giro«!.
Vacherie: — Morris Feitel.
»ASS SATURNE.
III.
Or, Satnrne est énorme
Et vaste à contourner,
Comme ittwsi r«»ii«l «I»» forme,
Afin de mieux tourner.
Car les choses carrées
Et%urdes, dans les airs
Ou plaines azurées,
Rouleraient de travers.
a forme bien faite,
Superbe, belle aux yeux,
Bonne aux sens, parfaite
Et grande dans les cieux,
Est la forme arrondie, —
Celle qu'on voit en haut,
Rayonnante, hardie,
Sublime et sans défaut.
Donc, Saturne est, rond comme
Jupiter, Uranus,
On la tête tl'nu homme
On la belle Vénus.
Pour tourner sur lni-mêuie,
Tliéologiquement,
Dans un onlre suprême,
Il lui faut seulement

Dix heures et demie,
Quand la Terre «l'Adam,
En planète emlormie
Et qui marche eu boudant,
A des nuits prolongée»,
Sa Lune, pas d'anneau,
Des bêtes abrégées
Et la forme d'nu O.
Il a sept satellites
A sa discrétion,
Et qui sont des vélites
Eu observation.
Satnrne est pftle et blèinc,
Dites-vous, à tel point
Que son obscur problème
Ne rayonne point,
Et qu'aux Observatoires,
A Berlin, & Paris,
fin fait nombre d'histoires
Et beaucoup de paris
Sur la couleur des femme«,
Des hommes, des montons,
Des anges et des Ames
Au^aturniens cantons!
Il est même sur terre
Des gens comme Ara go,
Qui vous diront: Mystère !
Tu credit, sed vego.
Car si Saturne est sphère,
Comme chacun l'a lu,
Sa morbide atmosphère
Manque de l'air voulu.
11 lui faut l'oxigène
Que nous avons ici,
L'azote on nitrogène,
Et le carbone aussi.
Mais il vit trop «lans l'onibre,
Trop noir, trop peu vermeil,
Trop lugubre, trop sombre
Et troploin du soleil.
Et le soleil est l'âme
Des constellations,
L'esprit vivant, la flamme
Des incarnations.
Sans lui, sans Dieu, pas d'hommes,
Pas de fleurs, pas de jours,
Pas de ciel, point de pommes,
Et le néant toujours.
Le soleil est la vie,
La beauté, la grandeur,
L'âme tière et ravie
Dans l'immense splendeur.
%.t les Guèbres j«<ut ."t *
L'adorant Si genorx.
Le proclamant Km- Maître.
Sont moins bête, que nous."
AQUA ET VIN UM.
EAU ET VI
I.
Comme la cliose devient sérieuse,
il faut railler, croyons-nous, tout au
moins philosopher gaiement. La
plus savante «les argumentations,
comme étant toujours pédantesque,
ne vaut pas un sourire aux lèvres.
Siffler a également son prix. Et
quand les gens sont tristes, moro
ses, enclins à l'hypocondrie, «l'hu
meur lugubre, il n'est pas bon «le les
imiter, «le laisser croître une barbe
inculte et «le pleurer mélancolique
ment des élégies déplorables, lîious
plutôt.
Car la chose devient sérieuse et
la folie épidémûpie.
Voyez vous-mêmes:
Cameron, Claiborne, Avoyelles,
Ibérie, Iberville, Ste. Marie, St.
Landry, Lafayette, Baton -lîouge et
sept ou huit autres paroisses «le la
Louisiane, saisies tout à coup par le
repentir de leurs fautes, abominant
leurs péchés et leurs crimes, vou
lant désormais vivre dans la mora
le et dans l'honneur, ont solennelle
ment juré de ne plus boire que «le
l'eau. Elles ont brisé leurs verres,
cassé leurs bouteilles, défoncé leurs
barils et fermé la porte «le devant
de leurs cabarets. Elles n'ont, dans
leur saint et subit enthousiasme,
conservé que le pot-à-eau et la thé
ière.
Et notez que les dites paroisses
ont c^jjemlant l'honneur «le possé
der des journalistes de bon sens, des
avocats éloquents et distingués, des
ministres d'à-peu-près tous les cul
tes, comme aussi «les médecins qui
doivent avoir lu et médité les Apho
risme.? d'Hippocrate, le père de la
médecine.
C'est déplorable, en vérité.
La Nouvelle-Orléans elle-même, si
célèbre par son goût pour la musi
que et par son culte pour la bouteil
le, est en voie de repentir et «le con
version. La gloire puritaine de Bos
ton l'empêche de dormir. Elle se
sent coupable, criminelle et laide.
Elle rêve tempérance, abstinence,
totalisme et hydrothérapie.
Car la médecine par excellence,
anti-griaireiise, anti-bilieu£«£ anti
flegmatique, diétique, purifiante,
fortifiante, consolante, embellissan
te et souverainement morale, est
tout simplement l'hydrothérapie, ou
la guérison par l'eau de toutes les
affections physiques, intellectuelles,
morales, morbides et multiples.
C'est le traitement infaillible et su
prême. 11 vous dispense de la chi
rurgie elle-même et «le la saignée.
L'eau est la vérité, la bonté, la cha
rité, la justice, la force, l'honneur, la
santé, le salut et la panacée univer
selle. On n'en saurait trop boire.
Elle possède toutes les vertus de la
terre et des cieux. Les enfers ne
l'ont pas. Et l'antiquité s'est trom
pée, disant: In vino reritas. Car le
vin contient l'ivresse, la folie, le
blasphème, la lioute, l'abomination
et toutes les monstruosités qui sou
lèvent le cœur et la conscience, flé
trissent l'humanité et ravalent les
fils d'Adam au-dessous des bêtes les
plus immondes et des animaux les
plus vils. Avec le vin, selon la pa
role bien connue, l'homme retourne
à son vomissement. Mais l'eau, l'eau
du fleuve, du bayou, du puits, de la
fontaine, de la citerne et des ca
nards, est la vertu. In aqua rerita *,
et non pas in vino. Kabelais a men
ti, bien qu'il fût coloyerde Meudon.
II.
Il est admis par certains hom
mes savants et religieux que
l'on trouve tout dans la Bible,
et que la Bible est le Livre par
excellence, le Livre des Livres, lii
blia. Mais la version des Septante
est certainement la meilleure, pro
bablement pareeque les Septante du
Sanhédrin juif étaient soixante
douze.
Quoiqu'il en soit, on trouve le dé
luge dans la Bible, et le déluge est
même un événement fort important
dans l'histoire du moude, puisqu'il
renouvela l'espèce humaine et chan
gea la face de la terre. Quant à le
mettre eu doute, on ne le peut rai
sonnablement. Le déluge n'est pas
une légende juive seulement, mais
bien une légeude universelle, une
légende qu'on retrouve en Grèce,
dans l'Inde et partout. Les eaux, à
cette époque du monde, ont couvert
la face du globe, et les eaux ont mê
me été le châtiment des hommes per
vers.
Croyons donc à Noé, fils de La
mech, et à son arche. .
Croyons aussi que Noé, au sortir
de l'arche de salut, après avoir vu
dans les cieux le symbole de l'allian
ce, découvrit la vigne, la cultiva au
pied du mont Ararat, et but inno
cemment la liqueur qu'elle contient
rouge on blanche. Car on se tait sur
la couleur du vin qui enivra Noé.
Etait-il blanc ou rouge? Nul ne le
sait. Le saura-ton jamais! Et peut
on savoir jwîurquoi l'Adam blanc
lut le )rt;rc de race«* à peaux ditfë
rentes? Mais le «loute n'est point
permis sur l'ivresse «le Not', et ja
mais plus haute leçon de respect
filial n'a été donnée qu'en cette occa
sion. L'un «les fils «lu patriarche
sourit, railla même, et c'est Cham;
mais Sem et Japhet, en détournant
la tête, couvrirent respectueusement
la nudité «In vieillard.
Or, c'est «le là, croyons-nous, que
les puritains du total'mne. , «le l'eau
claire et de l'abstinence totale, com
me l'avocat des Plaideurs «le Kaci
n«*. partent logiquement pour cou
damner la bière, l'hydromel et le vin
«le Jarauçon, «le Bordeaux et «le
Vouvray. Car ce vin, disent-ils, est
l'abomination des abominations, il
vous enivre, vous prive «le la raison,
vous rend laids et vous transforme
en bêtes. 11 vous enlève toute mo
destie et toute pudenr. Une fois pos
sédés par lui, vous êtes entièrement
possétlés par tous les viceset par tou
tes les passions. Tons ne vous ap
partenez plus. Vous êtes «le <is«'*ra
bles esclaves, nus, honteux, hideux,
sur lesquels il faut jeter un manteau
«l'oubli. Les Spartiates avilissaient
les Ilotes en les enivrant, mais bu
vaient la force, le courage et la ver
tu dans l'eau «le l'Eurotas. Quant à
l'ivresse de Noé, elle est un ensei
gnement donné aux hommes. Dieu,
en permettant que le patriarche se
soûlât, a condamné irrévocablement
la vigne et le vin. Boire «lu vin,
c'est lui désobéir. Et si vous pré
tendez, comme le prétendent tous
les raisonneurs subtils, que la grap
pe n'a pas été créée rose, vermeille
et savoureuse, délicieuse vraiment,
]>our les grives, les merles et les
ours «hi la Louisiane, vous argumen
tez mal, en gens ivres, à la façon de
Rabelais et d'Horace. On peut man
ger la grappe, nmis on ne doit pas
en faire fermenter le jus. C'est com
me pour la pouime de Normandie
ou d'ailleurs. La pomme est bonne,
mais le ci«lre est péché. La boisson
naturelle, permise, excellente, fai
sant le bien et non le mal, ne gri
sant jamais et toujours abondante,
est l'eau qui tombe du ciel ou coule
dans les rivières.
III.
Car il ne faut jamais transiger
avec l'ennemi. Et l'ennemi, certes,
est tout ce qui grise, enivre et soûle,
— aussi bien l'hydromel, la bière, le
«;i«lre, le kirsh, le rhum, le rack, le
pulque, le gin, le tordboyeau et l'al
cool, que la suave chartreuse «les
Carmes déchaussés ou le vin «le Bor
deaux lui-même.
Si vous dites, en casuiste spécieux,
qu'on peut toujours traiter avec l'en
nemi, s'accommoder de ce qu'il a «le
bon, lui faire «les concessions pru
«lentes, c'est-à-dire boire sagement,
modérément et dfws un jietit verre,
vous parlez avet une ^uveraine
imprudence. Cela s'appelle jouer
avec le feu. Votre petit verre est
un hypocrite, et je ne m'y fie pas.
Vous lui en substituez vite un grand,
et le hauap lui-même finit par n'a
voir point les dimensions voulues.
L'appétit vient en mangeant, la soif
en buvant. Au reste, dans un petit
verre bien innocent, bien décent,
qu'une gracieuse jeune fille viderait
«l'un trait, l'on peut boire plusieurs
coups. Nous commençons tons ainsi.
Nul n'est ivrogne au premier verre,
et Noé seul a eu ce privilège. Mais
le premier verre, qui en veut un an
tre, qui en sollicite un troisième, qui
ne trinque bien qu'en joyeuse et
nombreuse compagnie, contient as
surément l'ivresse. Interrogez à cet
égard les lifrelofres les mieux con
nus et les nez les plus rouges. Ils
vous répondront tous qu'ils ont com
mencé ainsi. C'est le premier pas
qui coûte, le premier verre qui dam
ne. Mais si vous n'aviez jamais ap
proché «le vos lèvres la boisson qui
grise, vin, cidre, bière, hydromel,
eau-<le-vie ou rhum, vous n'auriez
certainement pas le nez rouge d'une
écrevisse bouillie, et l'on ne vous
verrait pas si souvent faire des zig
zags dans les rues et quelquefois
prendre la mesure du sol. Car la li
queur rend les hommes non moins
bnrlesques que criminels. Quant à
soutenir que l'ivresse, dans une cer
taine mesure, avec le Champagne
des beaux-esprits, ne manque ni de
verve, ni de gaieté, ni «le poésie,
vous ne le pouvez sans drôlerie. Il
n'y a point d'ivresse charmante. Vos
caqnetages sont parfaitement ridi
cules. Pour vos gaudrioles, vos chan
sons, vos gauloiseries et vos turln
pinades, n'en parlons pas. Jamais
fumée fut-elle plus fumée? Pouvez
vous donner le nom d'esprit à «le
telles sornettes? Où sont doue les
véritables poètes, c'est-à-«lire les cré
ateurs de grandes choses, qui doi
vent leur inspiration, leur enthou
siasme, leur foi et leur génie à cette
abominable et repoussante chose qu'
ou nomme le vin ? Le vrai poète est
sobre, tempérant, austère, ami de
l'eau, ennemi du vin, et non l'ivre
Silène qui caracole grossièrement
sur un fine et jette ses lazzis «le bouf
j fou à la vile populace. Pégase, pour
j parler a l'antique, ne permettrait
I point à un sordide ivrogne du Feu
fourcher, et la fière monture ne veut
sur ses fières épaules que des génies
puissants, glorieux et chastes. Voy
ez Homère et Virgile, le Dante aus
si. Ces trois grands poètes, qui «li
sent à eux trois toute la gloire «le la
Grèce, de Kome et de l'Italie, ne bu
rent jamais que de l'eau. Mais Vol
taire a bu «lu vin. Et c'est pour ce
la, prétend avec raison l'ami Veuil
lot, «pie Voltaire grimace.
Donc, au nom «le la sagesse, «lela
morale et «le la bonne littérature, ne
transigeons jamais avec l'ennemi,
c'est-à-dire avec le vin, et soyons
partisans «lu totalisme des buveurs
«l'eau.
IV.
I! est bien vrai qu'on trouve des
hommes pai faitemeut religieux et
sagement philosophes qui ne par
tagent point absolument, sur le to
talis me et l'abstinence complète, les
rigoureuses opinions des Puritains
à l'ace lugubre et sombre. Le nom
bre en est même grand. Dans la
France du vin, par exemple, si l'un
«les sages qui veulent sauver le
monde par l'hydrothérapie, et qui
parlent trop volontiers au nom «les
Ecritures et de la Bible,se mettait à
prêcher «lans le «liocèse «le Bordeaux
ou d'Orléans les doctrines aqua
tiques de la Nouvelle-Angleterre,
on lui rirait peut-être au nez.
Et si le prêcheur se tachait, criait
au scandale et demandait «les rai
sons, on lui ( ' 1 c, <iierait sans «loute ain
si: — La Bible est certainement une
excellente autorité, la première, et
noi'sdevonsnousincliiiertlevantelle.
Mais les commandements «1e Dieu
et «le l'Eglise ne condamnent en au
cune façon la vigne et le vin. On dit
même la rif/nc du Seif/ncur, et vous
devez vous rappeler ia parabole «le
la riune et (lex travailleurs. Vous sa
vez aussi que Jésus,aux noces deCa
na, comme le vin manquait aux con
vives, transforma miraculeusement
l'eau en vin. Ce fut même là sou
premier miracle. Et si le vin avait
été la liqueur maudite dont vous
parlez avec tant «l'aigreur, que vous
abominez entre toutes choses, «jui
doit perdre tous les descendants du
patriarche Noé, il se serait bien gnr
«lé «le faire un tel miracle. C'est le
vin qu'il aurait changé en eau. En
outre, ignorez vous qu'à la Cène,
au souper d'adieu, à la veille «le la
trahison et du sacrifice, il a «lit à ses
apôtres que le pain était sa chair et
et que le vin était son sang, le sang
de la nouvelle alliance, «1e la com
munion parmi les hommes et «le la
«li vine Eucharistie? Ceci est ma chair,
ceci est mon sang et ceci est
mon âme. Aussi le prêtre, depuis
cette heure solennelle, pieux et fidè
le à la parole et à la foi «lu Maî
tre, n'accoinplit-il jamais l'auguste
sacrifice sans le pain et sans le vin
de l'ineffable communion et «le l'ado
rable Eucharistie. Pas de pain, pas
«le vin, point de messe. L'autel «les
grâces et des bénédictions, table
sainte où Dieu «lescend pour se
donner aux hommes, ne .»suit pas
d'eau. Et le pain et le vin sont vérê
tablemen t les deux plus précieuses
substances de la vie, «le la force et «le
la pâqueuni verseile. Lesenlever,c'est
enlever la liberté, la vérité et la ré
demption. Le monde leur doit toute
lumière, toute justice et tonte gran
«lenr. Ils sont la chair, le sang et
l'âme «1e Dieu dans l'humanité. Leur
mystère est le profond mystère de
la vie, — mystère à travers lequel ray
onne la filiation divine, qui est le
dogme sublime et suprême de l'E
vangile et du christianisme. Car le
christianisme seul, tout seul, enten
«lez-vous, a proclamé le dogme «le
l'homme fils de Dieu. Les autres re
ligions n'avaient reconnu qu'un créa
teur, qu'un maître et qu'un chef.
Aucune n'avait vu un père dans Dieu,
un fils dans sa créature, une Cène
(l'itHioui 1 et/,# participation ^filiale
«lans le sacijv jèe religieux. Un im
mense abinfè de doutes, «l'ombres
et «le terreurs, avant le christianis
me, existait entre Dieu et l'homme.
Car la philosophie, elle aussi, même
celle «1e Platon, même quand Pla
ton est chaste et spiritnaliste, n'a
point entrevu de tels horizons,de tel
les lumières et «le semblables des
tinées pour celui qne les Hébreux
nommaient Isch, les Grecs Anthro
po8, et les Latins Homo.
y.
Que si nous sortons du lieu abso
lument saint, consacré à la prière,
c'est-à-dire du temple ou de l'église,
pour entrer au presbytère français,
si rangé, si ordonné, si propre, si
chaste et si chrétien, où l'homme «le
Dieu est d'ordinaire l'homme de
la bonté, de la simplicité et d'nne
admirable tolérance, nous y trou
vons certainement la frugalité, la
modestie et la tempérance. La mai
son n'est pas somptueuse, et le luxe
y est parfaitement inconnu. La ta
ble est simplement servie, comme
celle d'un philosophe, ou mieux d'un
prêtre. La gourmandise, péché mi
gnon des moines d'autrefois, n'est
• plus le jR-clu' mignon que de quel
, «nés on. latte italiens. Le prêtre Iran
çais tl'aujourd'hni, modèle «l'un cler
gé aussi éclairé que vertueux, est ir
réprochable «lans ses mœurs, et si la
politique «les intérêts matériels et
temporels, imposée par les liants
dignitaires «l'une théocratie souvent
ambitieuse, ne le mêlait un peu trop
aux passions de la terre, qui ne sont
point les vertus du royaume de
Dieu, il serait incontestablement l'ê
tre saint et parfait, le béni «le tous
les hommes, celui qui commande
par la souveraineté «le l'exemple et
le rayonnement de la foi. Ou a donc
eu tort d'en faire un agent «les gou
vernements et «les politiques du
monde; et vous l'auriez singulière
ment amoindri «lans sa mission, «lans
son influence, «lans son caractère et
«lans se» «inivres, s'il ne savait pas,
plus sincère, plus vrai, plus évaugé
lique, plus rapproché du peuple «pie
Dupanloup et les politiciens de son
espèce, se retrouver «lans la subli
mité «le l'Evangile et l'admirable
simplicité apostolique. Car il ne rê
ve point, lui, le pouvoir, le comman
dement et la domination. Fils «lu
peuple, pour l'ordinaire, il dédaigne
volontiers les titres et les dignités
qui ne sont ]K)iut «les vertus. C'est
avec les pauvres, les petits et les
simples qu'il passe sa vie. Son pres
bytère est une maison comme les
autres, modeste, humble, qui n'est
point un château, qui ne se distin
gue «les autres maisons «lu village
«pie par une croix,sa proximité de l'é
glise et «le grands arbres superbes
au printemps. Mais jamais l'ûlée ne
lui vient qu'il pourrait être sénateur,
qu'un sénateur est un personnage
illustre, et surtout que les intrigues
polithpies et misérables de ce séna
teur interlope doivent être utiles
aux hommes et agréables à Dieu.
Pourquoi serait-il royaliste, bona
partiste, légitimiste ou républicain,
c'est-à-dire militant sur le terrain des
passions humaines, quand il «loit
être le conseiller religieux de tous,
le père commun et le pasteur fidèle ?
Est-ce la Défense qu'il «loit lire à ses
paroissiens, voire même YLnirers
«lu citoyen Louis Veuillot, ou bien
l'Evangile«lu plus «Ii vi iules Maîtres?
Son rôle est-il «le batailler avec le
maire du village, et «m'y a-t-il «le
commun entre la ceinture du prêtre
et l'écharpe municipale? Ne cher
chez «loue point à l'abaisser. Lais
sez-le tout entier à son œuvre de
sainteté et «le dévouement. Qu'il
soit prêtre «l'abord, prêtre ensuite
«'t prêtre toujours. L'homme «le bien
n'a rien «le plus beau à désirer.
Mais nous nous éloignons «le la
question.
VI.
Nonséloignons-nousbien de laques
tion, et puisque nous parlons à une
population chrétienne et catholique,
respectueuse au prêtre, à ses ensei
gnements et à sa doctrine, nous est
il défendu «1e «lire ce que le prêtre
fait, comment il vit, quelles sont ses
mœurs,-„es habitudes et sa Tempé
rance t
Car ses mœurs doivent être nos
mœurs, puisqu'il est l'exemple, et
sa tempérance doit déterminer no
tre tempérance. N'est-ce pas ainsi
que s'établit l'harmonie morale en
tre le prêtre, qui est le pasteur, et
les hommes, qui sont le troupeau?
Or, quand nous entrons au presby
tère français, à l'heure «lu déjeuner
ou du dîner, nous voyons ordinaire
ment sur une table simple et propre
ment servi«?, à c«*>té «l'un plat de
viande, d'un morceau «le fromage et
«le quelques fruits, une honnête et
respectable bouteille de vin. Le bon
curé, bien entendu, en homme sobre,
ne la vide pas toujours complète
ment, et il lui arrive souvent de fai
re un compromis avec la carafe
«l'eau; mais l'eau seule, l'eau finie,
Peau sans force et sans vertu, l'eau
«les canards sauvages et «les pnri
iains «1e la Nouvel le-Angleterre, ne
lui sourit en aucune façon. 11 n'est
nullement fataliste. Connaît-il même
ce mot nouveau et baroque? Croit
il commettre un péché en buvant
un verre de vin, un crime en en bu
vant deux, une abomination en vi
dant sa demi-bouteille! Est-ce qu'il
s'enivre comme Noé, et voulez-vous,
quand il reçoit un «1e ses amis, son
voisin vigneron, le curé d'un antre
village ou même son évêque, qu'il
leur serve de l'eau crue dans une
cruche aussi froide que peu frater
nelle et lien chrétienne ? Car l'évê
qne, son supérieur, sobre et bon
aussi, sachant fort bien que la vi
gne n'a pas été plantée pour les
merles seulement, comme aussi trop
généreux pour vouloir la ruine et la
misère de quatre ou cinq millions
de vignerons français et vigneron
nes, boit ordinaiseuieut du vin à ses
repas. II est même «les caves sacer
dotales dont se contenterait un «lue
ou un marquis. Quant aux chantres,
pour chanter juste, il leur faut éga
lement du vin. Ce n'est pas l'eau qni
donne du ton et de la sonorité à la
voix. Et les bedeaux eux-mêmes
ces utiles accessoires de toute céré
monie religieuse, messe of baptême,
; sauraient-ils carillonner vigoureuse
i nient, d'uu bras fort et puissant,
'avec tout l'entrain et tout lVnthou
! siasme voulus, s'ils ne buvaient «pie
j «1e l'eau ou de la tisane? Assuré
ment non. Ils ne font mal qu'en bu
vant trop. Le trop est péché, le pas
«lu tout est non-sens, le modérément,
est sagesse. Les philosophes de hau
te sapience et les médecins de sage
hygiène sont «l'accord sur ce point.
Les anciens et les modernes parta
gent les mêmes sentiments; et tant
«pie le monde sera monde, l'homme
homme, la vigne vigne, et que le
soleil du bon Dieu verdira le pam
pre, rougira ou dorera le raisin «h-s
coteaux «le Touraine et «le Bourgo
gne, les hommes reconnaissants,
heureux et pieux,couim.- a us>i francs
libres, point maussa«*".v, -, *i>
8C8,|M>intliyi»oerites,rit lu.
mais sincèrement et \r;;.m- u: < !.>•«
tiens, porteront à leur.- i \ s via
des noces «le Cana, « m est I» \ in
la joie et «le la fil mil i u- \
la Cène, qui est le v k i'al! *;<•:*.»
«le la foi, «hi la ré«len non eî u !.
mour divin.
VII.
7,
Que nous veulent dorn
listes , et leur moral«- i'aka m<*nc< ,
d'eau claire et de thé troiotk, I-vp
critement corrigée par i. M-hlsk
clandestin «'t le s-ith-U-nul ! h ; ••
ieux, vaut-elle un seul verre de B<>
deaux, de Bourgogne ou <!■ Y
vray ? Faut-il leur per nVi tu
faner ainsi les choses saintes,!*-- «
ses sacrées, la coupe «1 i vine da.
quelle l'humanité boir la lioertr,
galité, l'honneur, la gramk'ur et
salut? Qu'ont-il à nous «lonner à >
place, et dans «piel murai.- de rr<
et de pestes vcnlent -üs «|..n- isoi
faire barboter et mourir * (Vs 1, >m
mes de fausse tempérance ne sont
ils pas les ennemis des hommes ■
si nous écoutions leur« leçons aqua
tiques, si nous suivions l-.-urs ens. i
gnements diluviens, que deviendrait
le monde «le la justice et «lu progtvs
«le la France et «le l'es: ni s de la vi
gne et du christianisme. T * es! »io v .s
que Dieu, de nouveau irrilé contre
l'espèce humaine, indigne de. voir
qu'on méprise ses «Ions et ses mut i
licences, se repentirait encore l'avoir
créé le plus-désobéissant et le plus
ingrat «les animaux de la terre, et
le condamnerait à tout jamais par
un autre déluge, mais par an délu
ge sans Noé, sans arche, sans colom
be, sans feuille d'olivier et sans
mont Ararat. Car ce dringe. le der
nier et le suprême, emporterait tons
les fils et tous les descendants de
Noe. Pas un ne survivrait 3a ma
lédiction et à la condamnation. Les
enfants eux-mêmes, malgré ioui in
nocence, mais parceqr 'ns pourraient
prévariquer à l'âge de raison et ù<
responsabilité, seraient noyés com
me leurs pères.
Mais cela n'arrivera point, Dieu
merci, et le momie ne verra pas un
autre déluge. L'arc-en -ciel de l'alli
ance brillera de toute éternité sur
nos têtes. Nous avons la promesse
et la parole «le celui «pu ne nient
pas, ne passe point et dont la sagess«»
est infinie comme la bonté, lût celui
là, ô puritains rigides et blêmes, m.
nous a point imposé «les lois abstir
des, ridicules, rigoureuses, eflïay
antes, impossibles à suivre et qui
seraient la contradiction de sa
divine parole, «le ses dons splendi
des et de son atlorable paternité. Il
ne nous a point «lit, et dans le Para
«lis terrestre, et sur le mont Si»aï,
et dans l'Evangile, qui est h troisiè
me et dernière révélation : •' Von s ne
boirez «pie «le l'eau." . !■>' v '" lui est
agréable. C'est avec le vin que
l'homme communie à la gloire do
l'Eternel. Et rappelez-\ ous encore, A
chrétiens «le toutes les ; ; q!i-es our
les premiers Israelites n m entrèrent
dans la terre promise, rapporte
rent «les grappes «le raisin d 'une
merveilleuse grosseur er d'une inap
préciable saveur. MaW W'Y/i
la servitude n'enavaii point. Aussi,
bénis sont les peuples qui ont le vin
le boivent et glorifient, le Seigneur!
Quant au whiskey, nous l'avouons
franchement, il n'a pas les vertus
dtt vin et son admirable moralité,
mais faute de mieux, bu à dose rai
sonnable, surtout par ei'ux qui tra
vaillent aux champs de la canne, du
c«»tou et «lu maïs, le "w hitdiey n'est
point le péché «les péchés, l t * crime
des crimes et l'abomination «les abo
minations.
Le <;rime, voyez-vous, n'"st pas
plus dans le whiskey que dans le
vin, e' »*''• " r'îvlvomel,
le rhu
et la "
a boni <: h- 'V
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