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Le Louisianais. [volume] (Convent, La.) 1865-1883, November 24, 1877, Image 1

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Ï.K §OUISUNAIS.
JOXJR.3Sr-A-I^ OFFICIEL
—I»E I*A —
Paroisse St. Jacques.
PI.'BLIK CHAQUE SAMEDI DANS I.A
Paroisse St. Jacques,
(^nvclit I». 0.,
Louisiane.
J. GENTIL,
EDITE I'll ET HEI) ACTE l~H.
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PAYABLE D'AVANCE.
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mière insertion Si, 00.
Par earrë «le chaque publication sub
séquente 75.
Les communiqués »le nature personnelle
«■t les avis il l'année se régleront «le gré à
gré avec l'éditeur.
AGENTS DU LOI ISIANAIS.
Nouvelle-Orléans: — A. G. Romain,Tchou
pitotilas St., 5To. 15.
St.-Jacques, St.-Jean-Haptiste, Iberville,
Assomption et Ascension: —Just Comes,
Donablsonvilie. •
Lafayette, Attakapas: — îMounnl E. Mou
ton.
Nouvelle-Ibérie: — Auguste. Girod. ■ v, s
yaclierie :— Morris Feitel.
DEMOCRATIE.
I »-C Ü T E
I.
/
^ V.1
La démocratie a «le nombreux en
tiemûi par le momie, et ces ennemis
noinWeux, petits on grands, «l'un
nom ou d'un autre, mais unanimes
_ leur haine et «laus leur peur,
étrangleraient volontiers, bien vo
lontiers, avec une charité vraiment
touchante, s'ils le pouvaient.
Ce n 'est pas le vouloir qui leur
manque. Et ce serait pour eux une
oiuvre méritoire, glorieuse et pie.
Ils auraient alors, selon le langa
ge «les plus lettrés «le la bande, Du
panloup, Veuillot, Cassagnac et an
tres, sauvé l'ordre, sauvé la propri
été, sauvé la famille, sauvé la reli
gion et peut-être même sauvé Dieu,
qui était en péril.
Car ce sont de grands sauveurs,
tout au moins selon Jeur dire, et,
tant qu'à être sauveur, il ne faut
pas l'être à moitié.
Mais la démocratie, à coup sûr,
n'e st pas la foi «1e leur c «Eur, le dog
me «1e leur esprit et l 'affection «le
leurs entrailles. Ils la «létestent bien
cordialement et bien radicalement.
Elle est leur bête noire, leur bête
immonde et leur bête apocalyptique.
Elle les empêche cruellement de bien
vivre, «le bien se r«'jouir et «le dor
mir convenablement. La démocra
tie est une chose infâme et mons
trueuse. C'est le diable lui-même,
auquel ils croient dévotement et
dogmatiquement, qui l'a lâchée sur
la terre pour la peste, la damnation
'le châtiment de l'espèce humaine.
En voyant ses pietls, qui sont four
chus comme ceux «les boucs, et ses
inaius, qui sont crasseuses et san
glantes, on «lécouvre vite sou origi
ne. Resort des lieux sombres, mau
dits et infernaux. Elle esf®ip résul
tat de conceptions criminelles et
d'accouplements hitlenx. La haine,
l'envie, la jalousie et l'orgueil, tou
tes les passions mauvaises, tons les
sentiments odieux, tous les péchés
capitaux, ont coopéré à sa forma
tion. Elle est l'œuvre des ténèbres,
la révoltée «le l'ombre, celle qui s'in
surge audacieusement contre la lu
mière. C'est un affreux mensonge.
Elle ne s'appelle même pas «lémo
eratic. Elle a volé son nom. Car
son nom véritable, son nom parmi
les hommes, le nom «le ses pensées
et de ses œuvres, est tout simple
ment révolution, c'est-à-dire révolte,
outrage, pillage et sang. Ses cory
phées sont des bandits comme Lu
ther, Calvin, Voltaire, Rousseau,
Danton, lîobespierre et Marat. Son
gouvernement se nomme guillotine.
Daus ces derniers temps, en plein
Paris et en plein dix-neuvième siè
cle, elle a été la Commune. C'est
elle qui a brûlé les Tuileries, ren
versé la Colonne et massacré les ota
ges. Si le sauveur n'était arrivé à
kjl IV otlll » VU» il Vltuv » • . >/
point, Paris n 'était plus qu'une rui
seieiu'cs, ses richesses, ses gloires
et son nom. 11 aurait fallu la recom
mencer. Et Dieu sait qu'il faut «les
siffles et «les hommes pour refaire
tout cela. On détruit en un jour le
monument «le quatre-vingts généra
tions, et quatre-vingts générations
ne suffisent pas tou jours à le relever.
Qu'est devenue la bibliothèque «l'A
lexandrie, et si «les Vandales, «les
Iluus on «les Ragaudes renversaient
St. Pierre «le Home ou St. Paul de
Londres, qui donc reconstruirait St.
Paul «le Londres ou St. Pierre «le
Rome? Et si la Commune avait brû
lé Paris, comme c'était son inten
tion révolutionnaire, la France exis
terait-elle encore, avec Rouleaux ou
Lyon pour capitale?
II.
En vérité, la démocratie a de
nombreux et «1«' puissants ennemis
dans le monde.
On en trouve dans chaque pays,
«laus chaque bourgade, «lans chaque
classe, «lans tous les ordres, sous
tous les habits et partout.
Mais ses ennemis les plus naturels
et les mieux connus sont les empe
reurs, les rois, les comtes, 1 «'S mar
quis, les classes privilégiées, les
castes, les «lébris «le castes, ce <|ni
reste «le Rome «»t «le l'Inde, et les
valets «le tout cela. Car cette gran
de famille, qui est également très
illustre, ne va pas sans accompa
gnement de valetaille, et les valets
sont les compléments directs des
princes.
]jAjiis il serait absurde «le deman
der a ces gens qu'ils soient autre
chose que ce qu'ils sont. L'héroïsme
est une exception, et George Sand,
il y a quelques «lix ans de cela, n'a
pas «lit sans raison "qu'il fallait «lu
eourage pour être démocrate." Per
sonne, «lans l'aristocratie, ne renon
ce volontairement aux privilèges de
la naissance, «lu nom, «le la castes t
même «lu servilisme, — privilèges que
le temps, l'éducation, l'habitude et
la sottise humaine finissent par so
Iciiuiser.^ vous présenter sons la
forfàé «Itefitres positifs et «le droits
réels. Car la raison elle-même, tout
an moins «-equi porte communément
ce nom, moins audacieuse que les
rats à l'endroit des parchemins, ce
croit obligée de baisserÄespeetueu
sement la tête «levant les choses qui
sont vieilles, d'usages antique et qu'
une trop longue et trop servile ha
bitude a consacrées. Rien n'est «iiili
cile à tuer comme h»s vieilhvs sotti
ses,comme les immémoriales bêtises,
qui sont «les i«l«>les encensées. On
les dit et on les croit vénérables.
Mortes, elles sont encore «lebout.
Leur nécessité est certaine, elles
font partie «le l'héritage sacré, et
celui qui les frappe, qui les raille,
qui montre leurs v«*rs et leur imbé
cillité, est uh profanateur, un révo
lutionnaire, peut-être même un com
munard. Car ces injures sont les in
jures «lu jour, les injures gracieuses
et pieuses. Demain elles auront un
autre nom, mais sans être plus jus
tes.
Certes, la vieillesse qui est la vé
rité, qui se nomme raison, qui se
justifie par ses œuvres passées et
ses «env res présentes, qui, consé
quemment, est j«'une encore, jeune
toujours, c'est-à-dire éternelle, exige
et obtient le respect, le culte et le
genou plié. La vieillesse, dans ce
cas, n'existe point, et la beauté su
prême est le «logme ât la religion
«le tous les temps. Mais si vous «li
tes que l'ancienneté et l'âge «l'un«?
chose, «lu paganisme par exemple,
qui fut la foi du inonde entier, sont
les titres certains et positifs «le sa
vérité, «le sa responsabilité et «1e sa
grandeur, je vous croirai peut-être
jusqu'à Ciceron et à ses deux augu
res; mais cette croyance, qui fut
pourtant générale et commune, ne
résistera point à la lecture d«i Ciee
ron et au sourire de ses deux augu
res. La durée d'une chose n'en fait
ni la raison ni la vertu. Il est «les
sottises humaines qui ont «luré pen
dant tleux mille ans. Il en est «pii
«lurent depuis le commencement du
monde et qui dureront longtemps en
core, pour ne pas dire jusqu'à la lin
«les siècles, fteeulo seculorum. D'au
tres sont plus modernes. Quant à la
mêlée où la lumière lutte contre
les ténèbres, la vérité «-.outre le men
songe, la sience contre l'ignorance,
la liberté contre la servitude, le bien
contre le mal, le ciel contre l'enfer,
elle est obscure, elle est confuse, el
le est encore pleine tie doutes, d'in
certitudes, «1e mécomptes, «le revers
et «le révolutions.
Le momie toutefois n'en est plus
à croire à la fiole «le Reims et à l'on
guent «1e St. Rémi.
III.
Au dessous des empereurs, des
rois, des princes, «les altesses et des
«lues, qui sont «les fauves de gran
«le famille et des oiseaux «1e proie
supérieurs, uombreux encore et hié
rarchiquement étagés sont les enne
mis de la démocratie, mais se ratta
#
chant tous plus ou moins à un me
nomme royauté, empire ou pouvoir
d'il il seul, est tout un savant «'t re
doutable système de rouages, «le
fonctions, de tbnetionnaires et «le
sujets. Au moyen âge «le la féodali
té et de la théocratie, quand le peu
ple était plèbe encore, c'était très
beau. Mais les choses ont un peu
| changé depuis la révolution «le Sî>.
Qnoûpi'il en soit, 1«' système n'a pas
complètement disparu, et ses trans
formations ne l'ont pas entièrement
désarmé. Aussi, même à l'iu'iir«- pré
sente, «lu roi, tjiii est le ehef.au «iei
nier commissaire de polie«-, «pii est !e
valet, en passant par les ministres,
les chambellans, les maréchaux, les
généraux, les juges, les préfets, les
académiciens, les députes, les légi,--,
lareurs et les domestiques, trouvez
vous une innombrable anime d'en
nemis ou «l'ad versa ir«>s de la démocra
tie. La royauté plus ou moins ab
solue, dont ils sont les pensionnaires
et les privilégiés, est leur^ogme, et
le peuple, ce <pii est en bas, ce «pti
est plus ou moins populace ou plè
be, ce qui constitue la masse aveu
gle des sujets, ne doit, dans leur
pensée et selon leur doctrine, «pie se
soumettre, obéir et servir. Les droits
«le la foule sont la volonté «lu maî
tre. L'ordre est à ce prix, et la liber
té, mot «l'une philosophie absurde
et «l'une révolte criminell«', nous
donnerait une démagogie sans frein
et une s«)ciété sans lois. Cette liber
té, qui n'est qu'une aspiration folle,
doit s'incliner humblement «levant
l'autorité, «pii est un principe sé
rieux et dont l'origine ne se trouve
aucunement dans la mobilité et dans
l'absurdité des foules. Il faut «pie
les classes obscures, secondaires,
responsables «levant le devoir mais
sans titres «levant le droit, aient
tout respect, toute obéissance et
toute soumission à Pemlroit de la
classe intelligente, éclairée et forcé
ment dirigeant« 1 . L'élévation «les
couchek sociales est un sophisme d'e
nergumène et d'envieux. L«>s cou
clies sociales seront toujours ce qu'
elles sont, nombreuses et «litféren
tes comme elles sont. L'un de ses
membres peut émigrer, ainsi «pie la
chose se voit assez fréquemment,
Thiers par exemple; mais œlle-ci
iiesuppiantera jamaisc«dle-là. Quant
à se confondre «lans des devoirs sem
blables, dans des droits parallèles,
dans une égalité ehiniérûpie et une
unité parfaite, n'y comptez point,
Cela est un rêve. Les va II t'es, les eo
tcaux, les pies et les sommets sont
iH'cessaires à la tlmorie des monta
gnes. Il y aura toujours des bas,«les
milieux et la tête. Il y a longtemps
«pie le patricien Menennius a «lit
vrai, et la théocratie indoue, avec
une tète «le prêtre, «les bras «le sol
dat, un corps de laboureur et des
pieds <l'eN<;lav«l seraétenielleiiH'iit
juste. En doimant ar*$ castes anti
ques le nom moderne «le classes,
vous n'avez rien changé. Les lan
gues changent, les choses restent.
Et si nous examinons le momie po
litique, social et religieux «l'aujour
d'iiui, nous voyons qu'avec ses noms
différents, sa langue nouvelle, ses
principes modernes ou prétendus
modernes, ses classes au lien de cas
tes, sa démocratie, sa lépublhpi«»,
ses constitutions, son parlementa
risme et même son suffrage univer
sel, c'est tou jours le même monde de
théocratie, «l'aristocratie, «le faniili«'s
privilégiées, de classes supérieures,
dès classes inférieures, de prêtres,
de guerriers, «le laboureurs, d'arti
sans et même d'esclaves, lîrahma a
pris bien des noms depuis les Yédas
sacrés, mais n'a jamais changé «le
politiqiu 1 , et des millions «le siècles
passeront sur la face «le la terre
avant que lîrahma «levienne démo
crate. N'a I ii pas même, dans ces
derniers temps, transmis sa puis
sance et son infaillibilité à «■ertams
brahmanes «le son choix et de sou
élection ?
IV.
Oui, notre société moderne, avec
ses droits nouveaux et ses peuples
grandis en civilisation, est loin «l'ê
tre vraiment démocratique. Ses
classes sont la contra«liction et la
négation de la démocratie, même
aux Etats -Unis «le la républûpie et
de l'égalité. Car l'égalité n'est qu'ap
parente, «te certains mots, pour cer
tains droits plus illusoires que réels.
L'aristocratie n'est pas seulement
dans la race, dans la famille et «lans
une origine plus ou moins illustre.
Nous croyons même «pie cette aris
tocratie là n'est plus guère vivante,
qu'elle se meurt partout, qu'elle va
bientôt mourir. Les alliances qu'elle
a contractées dans ces derniers
temps, plus d'intérêt que «l'orgueil,
«lisent assurément sa faiblesse. Aux
bons temps de la royauté absolue,
avant l'odieux 89, elle ne se serait
point encanaillée. Car elle s'enca
naille positivement à l'heure actuel
le. Ses représentants les plus au
gustes, ses chevaliers et barons «les
Croisades, sous le nom politique et
baroque «le conservateurs, se coali
sent avec la banque, !a finance, le
liant commerce, la ric he industrie er
les glorieux bourgeois de la noble
famille tirs parvenus. Cela, «lu reste,
forme une singulière aristocrat i«*.
Il y a des fils de jacobins et «les fils
de croisés. Votre père fut marquis
«•t le mien fut vilain. Mais comme
nous ne sommes pas le peuple,étant
la « lasse éclairée, intelligente, riche
et supérieur«', c'est à-dire légitime
ment «lirigeante, il faut bien nous
; ailier pour la defense commune «-t
contre la marée montante «le la dé
mocratie, «pli est 1«' radicalisme, le
républicanisme, la démagogie «-t la
î-evolut ion. X > 11 s avons à sauv«\gar
der nos int « : réts. comme aussi ceux
<!>• l'ordre, «le la famille, de la pro
I > r i «* t « et de la religion. Car e« i s in
P rêts sont de.-, piiueipes sacrés.
Sa::-, eux, il s> jfea point de s«ici été
possible. L'autorité, sans eux, peril
sa base et oseille follement sur un
axe indétermiiii'-. î >ii irions-nous,:
grand Dieu, si nous abandonnions
le monde aux win vages théories de
la liberté sans mesure. «le la licence
sans nom, du radicalisme sans cous
cienee ? Ce qu'on nomme révolution
ou progrès «'st un abime sans fond.
Ses preuves ont été faites. Nous ne
pouvons plus avoir «l'ilhisions à cet
«'■gard. Sans l'autel et le trône, lui
ses mais relevés, et qui sont les «Ieux
cohmncs du momie moral, colonnes
antiqiK's et éternelles, tout n'est «pie
désordre, confusion, chaos, épouvan
tements et malédictions. Plus «le
boutiques possibles. On me volerait
mes chandelles, on arracherait h-s
bornes,,^ mon champ, on tuerait
ma feuillu et mes lilies, «ci insulte
rait Dieu lui-même dans la personne j
des .bedeaux. Arrière ces horreurs j
et ces crimes! Cuissons nos efforts
et nos vertus, coalisons nos intérêts
et nos sentiments, n'ayons qu'une
même bannit re, «pfuii même princi
pe, qu'un même chef, et soyons des
conxerratcurn. Nous serons «les hon
nêtes gens, mais les antres seront
<l«'s coquins. Car il «\st bien entendu
«pie la démocratie «-st une gaupe,
une coquine, une coureuse, une fille
du peuple, et que nous avons droit
contre elle à tous les moyens «pie
donnent le rang,la naissance,l'é<luca
tion, la fortune, le privilège et la j
force. Au besoin, et il le faut pour
triompher, lions nous mettrons sous j
la protection «ÎTi sabn», «*t nous se- j
rons le sabre. Le sabre est une rai- 1
son. II ne faut jamais craindre «le i
lVmployer à propos. "C'est le pro- 1
tect«'iir naturel <*t légitime «les hon
nêtes gens et des gens respectables.
Aux heures difficiles «-t révolution
naires, quand l'audace de la déma
gogie n'a plus de bornes, il est une
légitimité et une nécessité. 11 faut
toujours l'avoir pour soi. Ayons-le.
Ayons pour nous les maréchaux,
les généraux et les soldats. Cela ne
raisonne pas, mais cela frappe, et
nous raisonnerons pour ceux qui
frappent. Au reste, nous saurons
toujours ivcompcnser d'une façon
convenable l'instrument. Les maré
chaux, les généraux et les soldats
auront leur part de gloire, «le pou
voir et de butin. Et même si nous
sommes obligés de les^ubir, si le
césarisme s'impose à î/Lts, nous «le
vous mille fois préférer le césa&sm^
à tout ce qui est démocratie, déma
gogie, souveraineté populaire et ré
publique. La républûpie, même mo
déré«', sent toujours la crapule. Il
n'en faut point. Celle «les Etats U
nisest de trop, et celle «le la France,
avec sa queue de Ganibettistesetde
comniuuanls, serait une monstrueu
se, épouvantable et infernale anar
chie. Amen.
V.
Mais de tous les ennemis que la
démocratie a dans le monde, le plus
retloutable certainement et le plus
haineux, après le clérical toutefois,
est incontestablement le soldat.
Quand on «lit soldat, l'on «lit au
moins maréchal ou général. Car l'é
paulette de laine ;n'a ni liaine ni
amour, kepi dû simple soldat
ne pensf^&'uèiv, et la plus précieu
se de ses «pialités, après son coura
ge utile, est l'obéissanse aveugle.
Sait il, comprend-il et veut-il! Il
va, se bat, tue «'t meurt. Son héroïs
me est anonyme. C'est aux géné
raux que l'honneur revient, et I«*s
généraux commandent. Mais ces
généraux, gens «lu commandement,
de l'obéissance passive, «le la force
primant le droit, de la société civile
«lédaignée ou méprisée, n'admettent
aucun pouvoir qui leur soit supé
rieur. Tout, doit s'incliner et s'humi
lier devant leur sabre. 1 Is regardent
de haut, comme avec pitié, ce qui ne
porte point l'uniforme et n'est pas
marqué à l'effigie militaire. Les ma
gistrats, les juges, les législateurs
et les bourgeois sont «les inférieurs
reconnus et «les serviteurs très hum
bles. Ne leur parlez pas du peuple, —
une tourbe,de liborté, — une drôlerie,
de souveraineté nationale, — une ab
surdité monstrueuse. Leur crânc.est
une caserne, — une caserne avec ses
i«lées, ses règles, ses exercices, sa
chambrée, sa cuisine, sa discipline,
sa langue, sa salle «le police, son
cachot, son conseil «le guerre et ses
douze balles. Penser est de trop,
obéi , c- :ffit -allient* à ceux qui rai
; soio S; ■ 'sistciîane, ivre on fou,
: j'ai! v, flirte-s*! le au milieu
i
i
!
j
«le la nuit, il faut monter à cheval,
former les escadrons, -ïra\ersei le
Hlumc et même se noyer pour la
fantaisie d'un fou. Le mot non, «pii
est quelquefois la réponse que la «li
gnité se doit à elle-même, n'est ja
mais permis «lans la casierne. I! faut
toujours répondre oui. La caserne,
.du reste, croulerait sans cela, et
| c'est la servitude qui fait sa force et
; sa «lurée. Mais ceux «pli ont é t « "• «de
\ és dans wtte «*as«>rne, qui ont vécu
à son ombre et «le son pain, qui ont
grandi avec elle, par elle et pour
elle, n'ayant vu la monde «pie «1er
lien* les baioiiiiett«\s êt le ]»euple
«pie «lerrière les barricades, ne c«»in
prendront jamais «pii'une société
puisse exister sans ei;x, sans leur
sabre, sans leur supériorité recon
nue et affirmé« 1 . Leur gouvernement
doit nécessairement avoir la forme
d'une caserne. Les citoyens doivent
être des sujets. Et pourquoi permet
trait on à «h's sujets, qui sont de
simples soldats, «le penser, «le rai
sonner, de parler, «le «îésirer, «le de
mander, de murmurer, «le «lire oui
ou non, et d«^ discuter les droits et
les ordres «lu maître? Que veut un
caporal comme le peuple à un nia
réclial comme Ma«; Million ? Allons,
sabrez inoi <*ette canaille! Car lt*
métier des soldats est ? de sabrer. Et
si la frontière n'a pas d'ennemis, si
vous étesen paix avec'les Prussiens
et les Autrichiens, si v«ms ne pou
vez tuer d«\s Allemands ou «les Pus
ses, sabrez à l'intérieur. Votre nié
tier le veut, et il faut-s'entretenir la
main. Des républicains, «les démo
erates et des révolutionnaires ne
sont point «les bourgeois, «les amis
et des frères pour v«»us. N'ayez ni
pitié ni pardon. II était un temps
où les maréchaux se- faisaient à la
frontière, en jiays ennemi, sur un
champ «le bataille glorieux ; mais on
g<H>ne très bien l'étoile et le bâton
de mart'fhal dans h's rues, sur la
barricade emportée, après une fusil
lade d'insurgés et «le vaincus. Dans
ce dernier cas, qui «levient fréquent,
on saure bien mieux 4a patrie. 11 est
même ]iermis «le conduire son année
à la boucherie prussienne, «le tom
ber iu^rloiieiisemeiiti aux mains «lu
général ennemi; mais on doit-tou
jours sortir victorieux et sanglant
d'une insiiirection populaire. Les
lauriers «le la guerre civile, quoiqu'
on en «lis«', et surtout quand l'épée
a été «•onvenabîcni«,nt bénie, sont
«les lauriers précieux. V ops leur «le
vez souvent le titre <l' Imperator.
N'est-ce point à cause d'eux, plutôt
«pie pour ses exploits de Sedan, «pu*
le Maréchal de Mav Mahou a été
nomm é jirésident «l 'une réptihlhpic
nominale par la coalition «le tous les
ennemis de la république, «le la «lé
mocratic et du peuple ?
VI.
Oui, ce Mac Mabon, qui est duc,
qui est descendant ; d'un roitelet ir
landais à peau «le biipie, «pli est nia
récl"'l «le l'empire connue lîazaine,
qui ?4t une tête de «•aserue, 1111 pen
seur «le garnison et l'homme d'Etat
«lu sabre, hait profondément la dé
mocratie, la république et le p«'it
ple. Les coalisés «le la royauté, «le
l'empire et du cléricalisme, «*n I«?
choisissant, ne se sont pas trompés.
C'est l'homme qui convient à leurs
sentiments, à leurs intérêts et à
leurs peurs. Car leur coalition est
avant tout une œuvre de peur et «le
lâcheté. Les légitimistes, les meil
leurs «le la bande, commencent à en
rougir, et ils se sentent à bon «lr«»it
humiliés dans une société si mêlée,
de si singulière provenance, où do
minent les cou]»«* jarrets «lu bona
partisme et du césarisme impérial.
Au demeurant, qui sait ? Ce sol
dat est peut-être loyal à sa façon,
Bayar«! selon sa langue, et cons
ciencieux dans son ignorance, son
aveuglement et sa haine. N'oublions
point qu'il est soldat, que sa cervelle
«■st militaire, que la société, selon
lui. «loit être nnc; ; cascriic, et que ses
amis, h's princes. les «lues, les géné
raux, les cléricaux et les politiciens,
après l'a voir adulé, caressé dans son
orgueil et exalté dans son vaniteux
entêtement, lui donnent par avance
le titre «1e sauveur, le. nom «le grand
homme et le l'épfthète trois fois mé
ritée de loyal chevalier et de Iîayartl
sans reproche. Il «'st bien vrai «pie
Broglie, Fourtoii et autres compè
res lie le croient; pas; mais il suffit
que Mac Mahon je croie. Aussi, pé
nétré de cette «merveilleuse idée,
convaincu qu'il est un sauveur, «lis
posé à tout, pour le prouver, le ma
réchal de Mac Mahon, «lue «le Ma
genta entend qu'on fasse à sa volon
té et selon ses th'sirs. La France,
convoquée en comices, invitée a «lire
son opinion et à^traduire ses préfé
rences, n'aurait «pas <lû parler «•oui
me elle a parlé. On ne tiendra pris
compte de sou ! langage. On la s lu
vera malgré eilt' et dVlle-mcme. î!
faut.piVile-soit Äage, qu'e'd » soit obé
issaute et qu'ellé romp« tout lien d'à
initié et tout c«|nuncrce «l'idées a» eo
le ni publica! sue. I ^e suilVage i ni
ver-.'l es' !>«>; , t iuai> à condition qn'j
il di * - 'me l" 'iUpf '.er» • •
maré i • ou coin m •
pCHj k idipe sa.
i
i qu'on châti
| cessa ire. .Va)
il n'a qu'un chemin à premlr". liest
insolent, rebelle et îwoiufiouuuire.
c'est a dire communard, quand i! dé
daigne et ri-pousse les candidatures
officielles. Kn lui faisant l'honneur
île l'iuterrogei . on lui de
oui, et sou droit ne peut
qu'a «lire non. .V on est l'iu:
")// l'obéi ss
éon 11 1 ne
nande un
aller jus
siMTect ion
atiee !!«'•
l'enten
«lait ]>as autrement. Et c'est là uiu^
politique «le raison, de justice et «le
lèrmete. En outre, même en prenan'
la chose au point «le vue déinoc.r
tnpie, c'est-à-dire «le la souverain
nationale, qui nous prouve «pu
majorités aient raison, et ne s
nous pas plutôt «pfelles ont ç
lement tort ? Xitmeni.s- slultoi
iiifinitiix.' La France, simple
rai, fera donc ce «pie veut M;
hou, qui est maréchal, et «-'est
liait de l'humeur, se redress;*
ses ergots beUûpieux et rouj.
sa crête gauloise, m» !•>
bien vite i;, <i • i <
i : ' 'I ' s i m j
que se borne son droit et «pu
ge son devoir. Au reste, si cl
tend on <p
«le sa pati<
de sa dénu > ,
lente et in
iàcile à réù.û
aurait certa:
sabre ferai- i
tels niomen .s
«mi libérateu!
la famille «■ !
Quant au su
ses prouess- s
res, il peut it
C'est un mai
uns, retlout
un maître \
respousa >le
vieux
mauvaise vie ou un
vt ' s - Bonne pour s<>>
le sang «lu
sur ses épaule
Al Ions, Mac
Rah !
Le niarécha
pas jusqu'au î
et les généra;;
n'ont plus que
puissance «'t ia
Cioye/Pbit i: :
la France n 'es!
lakoff. 3Iahi
défendu j)as- v ;
ce est une ci - .1;
un peuple. Ou :i,
France, on lie la
collet, et vous n"a\
police ponrtdie.
met ni l'injure, n
le crime. Ce nV
■mips d i-taf.
lîeiti- du iiiitî.
fi«
« I ' : 0* .
IV«
a.pren
i'-it I--, . prr
pas de salu
île ne \ ; us ,
JU'ofiumtioi'
oint une fille
patrie îl es«
sei » iti-nr?
■■î ne
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ois, elle t
maîtres.
•ure, à ce v -j
-f plus qm* '-ara;,
mveraine hb*
'«* '-t d'un:\i
HHP < • S t S\r
ne il t i«. 1 i
j-iendeer
•eptatiou
monde. {
nerense pour s
toyable jiour i
France, à cet!
pour le momie
un principe «le
de suprême jus
démocratie. S- :
de progrès, «le
Elle est un sommet pour le,
nations, le sommet, du «hoir i
Sa mission dans niuiuaiure
ble, — française pour s
libératrice pou ■ les peuples,
«envies ont une double portée, neir
rayonnements, deux g> a nde us, deux
splendeurs, — la
vre en soi et lVe
splcmleur par l>*
crée persoiinelU-oi#" 1 ; >• un j
lier ou son labor i esi
manifestation <!• 'e
ëme «le son esprit, appui
i gl ;, nde <■<>] di;
■réations, u'u
upéiieur. ph
Car la France n
du génie, et s«.
die général et
phiques, chrétiennes «t radie,
ont le caractèie de l'uni versai.
Quand elle pense, c'est tout h
quand elle rayonne, c'est pour
et son héroïsme s'adresse à Plu
ni té. C'est la nation dénuicrariu
par excellence, « .., .,ei si voi
aimez mieux, mais pourvu «pu- a
christianisme, «livme philosophie d«
la liberté, n'ait plus t ien «le comm-i!.
avec l'ultrainontaiiisme, «piicst l'af
freuse théorie du mensouge et do
l'asservissement. Et sou peuple est
vivant, est fier, est généreux, est
majeur, est responsable, a la cons
cien«;e «le ses «lroits et de ses de' oirs,
sait bien que la sei • ifude contient
toute honte, que î royauté est une
laideur, et que ce n'est point- avec
les doctrines d'ni e théocrati» « td'iu
Syllabus, qui s«»!,; »nhfti inesde feue
bres et doctrines d<. mort,
peuple marche librement e
voie «les grandes •-hoses, de«
horizons et des «1« - 1 i i »
Aussi ne l'asservi u/ \c<:
résistera à vos présents t
mensonges. Vos rai tei n s,
resses «*t vos sopinsi e s î,e
ront point. Vous ne fa 1 f<
peur, non plus, i
n'avez pas, la foi
nn.ui
us L
des l üg'
pkndid'
lH )înt.
et. à v
s. \ os
rez jamais. S,i p;
ce et sa nwxlé'i ;» ; •
«le cette f«», rai>»
forée constante. (
qu'un .jour pour \
me une heure, il •

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VOL. XIV
J O U Ii N A L P O L I TIQUE, L I T T J: Il A J II E E T C A M P A <i N A Ii I)
PAROISSE ST. JACQUES, LOUISIANE, SAMEDI 24 IsOVEMliKE, 1877.
NO. i.

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