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Le Louisianais. [volume] (Convent, La.) 1865-1883, December 22, 1877, Image 1

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/ AROISSh ST. JACQUES, LOUISIANE, SAMEDI 22 DECEMBRE , 1877.
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fß ÜOüISIANAIS.
JOXTPtlSTA-L OFFICIEL
— 1)K LA—
Paroisse St. Jacques.
PUHI.IE CHAQUE SAMEDI DANS !,A
Paroisse St. Jacques,
Convent P. 0.,

Louisiane.
J- GENTIL,
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AGENTS DU LOÜISIANAIS.
Nouvelle-Orléans: — A. G. Romain,Tchon
pitoulas St., Vo. 15.
St.-.Iac «| Ues , St.-Jean-Baptiste, Iberville,
Assomption et Ascension: — Just Comes,
Donaldson ville.
Lafayette, Attakapas: — Edouard E. Mou
ton.
Nouvelle-lbérie :— Auguste Girod.
VacherieMorris Feitel.
-y*
A LA CALOMNIE.
C'est ça, la chose est s fire,
Et le chien est prouvé
Par le poil, la morsure,
Et ce qu'il a bavé.
Car le poil des oreilles
lie l'Ane ou de l'äiion.
Longues et sans pareilles,
Dit la béttre*«*ui nom ;
Cur une tient voraee,
€ Voulant mordre, grinçant,
Prouve assez bien la race,
La fuiuiile et le sang.
Mais la bave, compère,
Soit «lit sans préjugé,
Iii<li<|U«' la vipère
Ou le eliieu enragé.
—Je suis «tonc un athée,
Un mécréant subtil,
Un tils de Promethée,
Un monstre! Aiusi*soit-il.
— Oui, car «lu fond «le l'âme,
Le cœur libre et content,
Sans redouter la tlamme
Des Enfers, ni Satan,
Je crois au Dieu Suprême,
Eternel, iufiui,
Mais qui surtout nous aime
Et surtout nous bénit.
Ce Dieu n'a rien àAlire
Au Dieu du parpaillot
Et ne vent point méilire
Du bon Dieu de Yeuillot.
FRANCHE CAUSERIE.
I.
Monsieur de Mac Mahon, le loyal
soldat et le Bayard moderne, comme
ses bons amis se plaisaient à le dire,
et qui aurait fini par le croire, ne
sera décidément pas un héros d'é
popée.
Monsieur de Mac Mahon n'a pas
la taille épique. Il lui manque quel
que pieds pour être un Bayard.
Certes, Malakoff fut quelque
sen Crimée, une prouesse «le sol
dat^ançais, une bravoure «le capi
taine Lelièvre, et Magenftï? selon la
reconnaissance du maître et la jus
tice du temps, valait bien un bâton
de maréchal de l'empire,—«lu se
cond! Car sous le premier, celui de
l'oncle, on n'eu aurait pas parlé. Il
fallait alors d'autres victoires, d'au
tres exploits, d'autres conquêtes,
pour devenir maréchal de France.
Et la France sait bien que les mare
chaux du neveu, au nombre desquels
se trouvaient Bazaine et Lebœuf,—
Bazaine l'iioniuie de Metz et Lebœuf
l'homme aux boutons de guêtres,— •
ne ressemblaient pas précisément à
Michel Key. Ney retraitait pour
sauver ses années, non pour les per
dre dans une souricière. Ney est re
venu de Moscow.
Mais si Malakoff et Magenta sont
rigoureusement quelque chose, la
soTutioti «le Sedan fut nioins glorieu
se que celle de Plevna. On y fut
blessé, dit ou, à la hanche, et le fait
est possible; mais l'empereur Guil
lauine. qui ne prévovait point Thé
roïsmé d'Osman Vaclm- et iVidmira- ;
tion du c/.ar, uenvoya fu».s. sa voitu
ïe au vaincu malheureux et au blés- j
«é héroïque. On ne rendit point- le |
sabre. Ce fut uue triste capitulî«tiou. }
^nt S eucoîe' °ï
hoin c m oie indignes et ne pensent
"X de let. î^iVi'-rVÎ , ,n0,Ul,0il ' <l0
s un u vof em ^ rc, V
À :i t „ XI,, ? t V ,s l ,r,?f, T e 1:1
mort à de telles fourches eainiines.
ht si vous comparez Sedan à Wa
terloo, comme un poète l'a fait, vous
avez tort. Waterloo fut une glorieu
se défaite, et la France en porte le
3™ s "? c respect. Le Waterloo
, «lu matin tut une victoire, et le \\ a
j terloo de la dernière heure eut Cam
; bronne. Mais Napoléon III, au lieu
' de jeter superbement à Bismark le
mot de ( auibronne, trouva plus sim
• pie de se jeter lui même et miséra
blement aux pieds du vainqueur.
ht c'est (luillaume, en recevant l'é
pee du vaincu, qui prononça le mot
historique de Cambronne et«de Vie
! tor Hugo.
j Quant à la victoire que le marc
i chai de Mac Mahon remporta plu«
| tard contre Paris et les Parisiens
j aux sombres jours du désespoir et j
delà Commune, il n'en faut point
parler avec orgueil. Ce sont là des i
drames sociaux, où l'acteur se nom
me fatalité, mais dont les lauriers
sanglants n'illustrent personne. La
guerre civile, dans un camp comme
dans l'autre, ne fait pas des héros
véritables, et Bossel, vaincu et fit
cho-pdésastres
si lié, est de la taille de MacMahon
fusillant et triomphant. Toute guer
re civile est une malédiction, puis
que les victimes sont des frères. La
guerre étrangère, elle au moins, ne
tue pas ceux qui se rendent, ne mas
sacre point ceux qui sont prison
iii9fs, n'achève point son œuvre de
mort par des conseils de guerre, des
arrêts d'éeliafaud et des listes de
proscription. Sa férocité tombe «le
vant l'ennemi qui se rend. Elle se
plaît même à reconnaître que le
vaincu fut brave. Aussi ne doit-on
jamais s'enorgueillir des lauriers de
la guerre civile, et si Condé et Tu
renne n'avaient eu que ceux-là pour
être grands, la Franco ne se glori
fierait point de Condé et de Turen
ne. MacMahon, lui non plus, n'a pas
le droit d'en être fier. Fut-il géné
reux et clément? S'est-il donné le
mérite de l'oubli ou la vertu du par
don ! Tous les déportés de la Calé
donie ont-ils été rendus s\ leur pa
trie, à leurs femmes •A leurs en
fants? Est-ce que vous n'entende/,
pas encore de temps en temps, an
milieu du silence et de la paix,
quand tout devrait être oublié et
pardonné, une voix qui accuse, un
juge qui condamne et douze balles
qui tuent t
II.
Mais si MacMahon, duc de Ma
genta et maréchal de l'empire, n'a
vait pas eu la chance d'être un
grand général, car la fortune, non
moins que le génie, contribue assez
ordinairement à la grandeur ou à la
petitesse «les généraux, Mac Mahon
pouvait tout au moins être un hon
nête homme et le consciencieux pré
sident «le la république française.
On y comptait volontiers. C'était
facile et naturel. Il ne s'agissait pas
de grandes batailles à livrer. Il ne
fallait point, pour cela, des qualités
hors ligne et «les vertus exception
nelles. Un pende bon sens,«1ejuge
ment et «le patriotisme suffisait à la
tâche. Aussi, malgré ses défaites et
sans trop savoir pourquoi, lit-on à
Mac Mahon le suprême honneur de
lui accorder une confiance sans bor
ne, un respect profond et le pou
voir. Et la France, oubliant le pas
sé, toute au travail et à l'espérance,
anxieuse de réparation et de paix,
d'une cré«lulité admirable autant
que naïve, ne discuta pas même ses
titres. En avait-il? Elle ne lui re
procha rien. Comme Konto, après
Cannes, elle ouvrit ses bras au Yar
ron français. Elle le prit sans hési
tation et sans arrière-pensée. Au
lendemain «le ses revers et «le ses
la France éprouvait le
besoin «le croire, de se confier à la
loyauté, à la sincérité et au patrio
tisme «le quelqu'un. Mais cequelqn'
un, dans sa pensée,«levait être franc,
honnête, libéral et droit. Il ne pou
vait, bien entendu, se livrer aveu
glement aux partis, se prêter misé
rablement aux ambitions «les cons
pirateurs, méconnaître la voix et les
intérêts «le la France, donner son
influence et son concours aux déca
vés odieux «l'une monarchie ou d'ntt
empire. Ou le supposait intelligent.
Il devait penser à l'avenir, qui n'a
de reconnaissance que pour ceux qui
croient en lui et le servent hoflnête
ment, y marcher avec résolution et
sagesse, mais non pas lui tourner
honteusement le «los, le nier, le mé
priser et le combattre déloyalement.
C'est avec les hommes «le bonne vo
lonté, de raison et «le progrès, c'est
à-dire de foi, comme aussi par res
pect pour le poste confié et pour le
devoir à remplir, qu'il fallait être de
son pays, de son siècle et de sa civi
lisation. La France n'est pas la pre
pect pour le poste eon fié et pour le
devoir à remplir, qu'il fallait être de
son pays, de son siècle et de sa civi
lisation. La France n'est pas la pre
micro venue, et noblesse oblige,
Cette France ne voulait plus «le pré- j
autique-s d'intrigues inonar
chiques et de hontes impériales.
Comme tille ainee de la philosoph'e
et «le la h bute, elle u admet pao qu
! »'"»si^lHMirellcaux Syllabus <le
Kome et qu'on rende à son oemde
"" « ouvc|, » ü »'«»t «l'avant 8!). Elle
il m:Hvhi; ' elle nmrcllG > ^ vont
iniii'clier encore. Vous ne perverti
ne perverti
rez. point son esprit et son cœurjus
<pi a lui faire désirer l'abaissement
et la servitude. La liberté lui sein
lue bonne et juste. Les dieux qui
n'aimeraient point la liberté, fussent
ils du reste souverâiueniènt'iïébon
l'eût voulu, se fair«.
une grandeur. Le
ne lui était point
lianes, ne seraient point ses dieux.
Et souvenez-vous bien qu'elle n'a
point lutté, combattu, souffert et
verse le meilleur de son sang pour
que la démocratie fût un mensonge,
la république un leurre et la théo
cratie une vérité. Elle est encore
prête à vous prouver, si vous y te ;
liez absolument, qu'il ne lui faut pas
plus de vingt-quatre heures pour
briser un roi ou casser un César. 11
serait imprudent de la provoquer,
même quand elle est lasse.
Mac Mahon aurait d"*,ie i>u. s'il
• trè:
génie.
ne<-e.»
din
er. !
intelligence i
honnêteté et
< j îles hommes
lisaient. Ii n
nouveau «■:
«jllee et visil>:-\ « = :. u
Thiers. !<• Tb,. -is «h- ■. nr
Hees, ft ];• Sili\ i;,»
fallait pas davantage. Kt
la chose ait été dite a satiété
ne craignons pas «le r«'-p ter t
a «1«? la gloire véritable et de la
«leur réelle à marcher siinj
«lans les pas de Washington
III.
71c pu,
' facilement
pour cela,
aire. Lue
c franchi'
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VOUé.S Mif
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ries an
. il n'en
<]Uoii|iie
te. ! M >U
• •{"il ;
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lement
s
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i-i
Mac Mahon, malheureusement,
n'est rien «pi'mi soldat, un soldat
«le la vieille école, un héros parfaite
ment manqué, un de ces personna
ges que l'histoire, malgré toute sa
bonne volonté, ne peut mettre dans
la galerie des grands caractères,
«les grands patriotes et des grands
hommes, et dont elle se contente «le
«lire, après les avoir froidement re
tournés et mesurés, et comme hom
mes «le guerre et comme lioinuies
«l'Etat: Soldats ordinaires et ci
toyens incomplets.
Et même, très souvent, s'ils n'a
vaient, point- eu «les moments féro
ces, si on ne «levait les juger que par
leur fy suis fy reete, f irai jusqu'au
bout,vous pouvez compter sur moi,i Jtc.,
ou les prendrait volontiers pour des
hâbleurs et des fanfarons. Il y a de la
gasconnade dans ces gens, quelque
chose de faussement théâtral. Beau
coup sont des matamores. Leurs
dogmes militaires, plus hauts enco
re que ceux «le Home et de l'Eglise,
sont superbes. C'est à la caserne «le
l'obéissance jwàssiveet «le la brutali
té qu'ils les .watbpu^t convenable
ment. Aussi, en dehors «le la caser
ne, dans la société politique et le
monde civil, n'admettent ils point
qu'il y ait une autorité supérieure
à leur autorité. Ce qu'ils veulent est
absolu. Ou 11e doit ni les discuter
ni leur résisti'r. Le dogme du sabre
est infaillible, et leurs titres, des
droits inaliénables, sont les premiers
titres et les premiers «Iroits «lu mon
de et «le la civilisation. Et si la
France, par exemple, leur pose le
diiemne «le la soumission ou de la
démission, ils ont presque envie, la
main à l'épée et la tête haut«?, de
se regimber et «le se révolter contre
le diiemne de la France elle-même.
Gladius sit lex suprema! Que veut
ce peuple «le manants, de bourgeois
et «le pékins? Est-on maréchal pour
prêter l'oreille aux doléances des avo
cats bavards, «les gens «l'Elbeuf et
«le Nancy, d'un tas «le boutiquiers,
incongrus et d'industriels timorés ;
En vérité, il serait plaisant que la
France voulût autre chose que 110
tre volonté, que notre «lésir cessât
d'être la loi, que le gouvernement
11e fût plus notre bon plaisir, et q»'
un chicanou comme Gambetta ou
Grévy, sous prétexte que la Fran
ce a parlé, nous intimât l'ordre «l'a
voir à nous soumettre ou à nous de
mettre? Est-ce que nous connaissons
le parlementarisme,nousTCelaest bon
pour «les bourgeois, des discoureurs
et «les gens «1e robe. Les gens «l e
pée ont d'autres traditions, plus glo
rieuses, «lieu merci. Nous les con
naissons. Elles s 'appellent Brumai
re et Décembre. St le peuple lésa
oubliées, nous saurons les lui rap
peler, et il comprendra une fois de
plus qu'il est malsain de s'appro
cher trop près de nos éperons.
Bah !
Ce sont là, messieurs, gasconnades
et fanfaronnades «le jadis. Cette
jactance 11e convient plus à personne.
L'orgueil est ailleurs, et le meilleur
moyen de servir sa patrie, qu'on soit
juge on simple citoyen
maréchal,
consiste purement et simplement a
lui obéir. Et si vous 11 obéissez point,
si vous vous révoltez, le pays, plus
haut et plus fort que vous, pre»« sa
hache et frappe. Que si, par aor- u
no inouïe, comme -Napoleon 11 .
-histoire, en lout-ca
vous échappe: 1 em'a-n an> .
votre qvime, vous n'en nurez pas
moins \ otrelierre et vet rechatimi*:: t.
ne voiu- Ifit'he
jamais et vous llagelle à travers les
générations.
Aussi le maréchal de Mac Mahon,
tout descendant qu'on le dise «les
O Brien et des Corkuhiskiu d'Irlan
de, alors que les O'Brien et les C01
kabiskin «l'Irlande portaient royale
ment «les peaux <ie bique, a-t-il fini
par se soumettre, en attendant sans
doute qu'il se démette.
Car sa lenteur, son hésitation et
sa mauvaise grâce à se conformer à
la volonté de la France, quand le
devoir était si clairement tracé, le
condamnent aux deux termes ou
aux deux cornes du «liletnnc.
IV.
Au demeurant, pourquoi 11011?
A tout péché miséricorde, et les
vainqueurs, tout en ouvrant heil et
en se tenant sur leurs gardes, «loi
vent se montrer généreux. 11 se
pourrait bien, après tout, que Mac
Mahon fût honnête, sincere, loyal
et républicain. Seulement, meine
pour les Cassagnac et les Maupas,
i ii n'aurait pas dû permettre le ré ta
I hiisseiiient «les candidatures ofliciel
; les. i/id'-e n'était p is des plus heu
I reuses et rappelai» trop l'empire des
muets honteux. 1 >"1111 autre côté,
I iptaiid le franco-américain Bidcl,un
i peu trop bavard peut-être, mais ne
I pouvant point s'expliquer la singu
j hère conduite de Mac Mahon, lui
j prêta 'Mnéreuseincnt- les oreilles du
j roi Mir£ri, fallait-il donc ciuprison
11er et expulser lîidel? Le fait «le
Hide! n'était pas un crime de lèse
divi:i e en <le lèse-majesté. II t'a 1 -
l.iii eeii-iii-rer que lüde!, comme
Améri«'aiu, avait eu vingt fois l'oc
casion de parler «les oreilles de Grant
dans les mêmes ternies, et sans en
courir pour cela la moindre pénalité
et le moindre reproche. La reine
«l'Angleterre, «pii est impératrice
des Indes «'t de meilleure noblesse
que Mac Mahon «l'O'Brien, n'a ja
mais poursuivi et persécuté ceux
qui se sont permis «le dire qu'elle
avait le ne/, de travers. Le pape lui
niême, plus haut que tous ces sou
verains là, puisqu'il est le souverain
d«*s souverains, aurait été moins sus
ceptible que le vieux Mac.
Qu'importe? Et nous répétons:
A tout péché miséricorde. Car,
grands et petits, rois et reiims, ea
poraux et maréchaux, nous sommes
tous pécheurs. L'infaillibilité n'est
pas «lu domaine «l«>s hommes et des
femmes. La véritable force consiste
à reconnaître ses erreurs et à les ré
parer. Les grands caractères sont
ceux qui confessent leurs fautes.
Aussi, en cette circonstance, puisque
Mac Mahon se montre sous une
nouvelle physionomie, et que nous
nous étions sans «loute trompés sur
le but qu'il poursuivait et le bout
vers lequel il marchait à l'insu de
ses propres amis, réjouissons nous
franchement aux dernières et solen
nelles déclarations «lu président «le
la jeune république française. Que
si Cassagnac n'est pas »dus content
et plus satisfait que I.. Âis Yeuillot,
laissons Cassagnac, l'augure C.a bp
napartisme, et Louis Yeuillot, i'âu
gure du cléricalisme, se reganler à
la façon cicéronienim. Mais le mes
sage du vieux Mac est une pièce
souverainement importante. En voi
ci les points principaux ou capitaux:
"Oui, les élections du 14 octobre,
malgré les candidatures officielles,
ont encore 1111e fois affirmé la con
fiance du pays dans les institutions
républicaines. Pour 111c conformer
aux règles parlementaires , j'ai formé
un ministère dont les membres, tirés
des deux Chambres, sont th's hom
ines résolus à demander et à main
tenir const itutionncllement les «lites
institutions. Et ct;s hommes ne sont
ni Fourtou ni Broglie. Les intérêts
«lu pays exigent absolument la fin
«le la crise <1 ne nous traversons,coui
me aus/lprelle 11e soit pas renouve
lée. L'exercice du droit de dissolu
tion, après tout, n'est qu'une «'on
sultatiou suprême devant un jmje
contre le jugement duquel il n'y a
pas d'appel, et qui 11e pourrait pas
être établi comme système de gou
vernement. Je me conforme à la ré
ponse «lu pays. Les principes «le la
Constitution républicaine sont ceux
de mon gouvernement. Le terme «le
la crise sera le point «le départ d'u
ne ère nouvelle «le prospérité avec
le concours «le tous les pouvoirs pu
blics. L'harmonie étant rétablie en
tre le Sénat et la Chambre «les dé
putés, et cette dernière ayant main
tenant l'assurance qu'elle n'est pas
menacée «l'une dissolution prématu
rée, on aura le «Iroit «le s'attendre à
ce que les Chambres achèvent les
grands travaux législatifs que les
intérêts publics réclament, et l'Ex
position universelle fournira au mon
de 1111 nouveau témoignage «le la
vitalité de notre pays."
Bravo, Mac ! Bravo, maréchal !
Car le maréchal «le Mac Mahon a
signé le «lit message, qui est contre
vigné par M. «le Mareeir-, ministre
de l'intérieur, et par M. Drfanre.
président <ï
a justice.
Bravo, M
On n'est
üirav
-,
! v.
J Mais la ( Haxctte de i'ra^ee, qui est
un journal de l'ordre moral, ainsi
! que hi l'ays de Paul et la />.;/'< «sr «le
! Oupanloup, sont aussi peu satisfaits
! que possible du «lénouenient inat
j tendu.
Car ces messieurs de rempire, de
la monarchie, du cléricalisme et «le
l'ordre moral ne s'étaient point «coa
lises pour un semblable «lénouenient,
et ils 11e supposaient guère que
l'homme «lu l<» mai, leur homme et
leur bouclier, les abandonnerait d'u
ne façon aussi singulière u aussi
cavalière, ("est un tour à la Thiers.)
On criera bientôt à la trahison, à
la lâcheté et à l'apostasie. Kn at
teintant-, la Haz ctie de Fin tier. <jni
fut libérale dans sa jeunesse, mais
qui est restée pieuse, s'écrie avec
une risible indignation :
insurrection a triomphé !
Voyez-vous Mac Mahon transfor
mé eu chef «l'insurrection, en com
munard triomphant, et entouré
de révolutionnaires comme Dufaure,
«le Marcère, L. Say, Bardoux, lîorel,
l'othuau, Tiesserenc «le Boit, Frey
cinet et Wad«lingtou? Kt savez,
vous que ce Mr. Waddington, mi
nistre «les affaires étrangères, est un
protestant *
Lu protestant !
Gui/.ot le fut, et l'on sait même
«pi'il a défendu le pouvoir temporel
«les Papes. L'on sait aussi «pie les
protestants ne sont pas tous <l«*s
vauriens. 11 y en a même de très
honorables et de très distingués. Le
temps «le les brûler est loin, Dieu
merci, et la révocation de l'Etat de
Nantes, œuvre «l'une concubine roy
ale et d'un jésuite intolérant, n'a
ni enrichi ni glorifié la France. On
11c se rappelle point les dragonmub'S
de Louis XIV et le massacre «les
Cévennes sans indignation et sans
horreur. Quant- à la Saint-Barthélé
my, «l'épouvantable mémoire, clic
dit tout ce que peuvent la cruauté
«les rois et le fanatisme «les hommes.
Nul n'oserait aujounl'hui s'en, faire
ouvertement le défenseur, bien «pie
Louis Yeuillot y ait quelque peu
songé.
U11 protestant dans le ministère
«le Mac Mahon, et dans le ministère
qui remplace celui «les curés, c'est
là vraiment une surprise inutne. Du
panîoup n'en revient pas. On serait
étonné à moins, surtout quand on
se nomme Dupanloup. Mais 1111 ex
cellent journal, fort modéré et fort
sense, l'Abeille «le la Notivellcs
nous «lit "que la politique Iran,
<;aise à l'extérieur ne doit être
ni catholique ni protestante, qu'elle
«loit être française, et défendre les
intérêts français à Borne tout aussi
bien «pi'en Orient." Seulement, la
sage déclaration «lu «lit journal 11011s
semble incomplète. Le mot extérieur
ne suffit pas. Il faudrait «lire à Y exté
rieur et à 1 "intérieur. C'est tout au
moins de cette façon que la chose
seutenil en Amérique, aux Etats
. 1 l *V-' in ec <:oux 1 ni out ' a '^ ' a ^;°, 1 Î S '
t'tution et a\cc ceux qui lui obéis
sent. Nous sommes au dix-neuviè
me siè«île. L'Eglise a son domaine,
et l'Etat a son domaine. L'Etat,
protecteur de toutes les croy
ances, car il est le protecteur des
droits et des iibert«'»s «le tous, n'a
point à l'extérieur et â l'intérieur,
à Borne ou à Paris, une politique
catholique, protestante 011 juive. Les
meilleurs et les plus éclairés dans
la phalange catholique, ceux qui
croient à Rome et à leur patrie, ceux
qui 11e voient pas «le paix et «le
grandeur «lans rultramontanisme
«les zélés, résument admirablenu-nt
leur foi «lans «;es «leux mots: L'K
glise libre dans l'Etat libro. Et nous
avons i«;i, en Amérique, sous nos
yeux et parmi nous, la preuve écla
tante «le la vérité de <?«; credo et «le
la sagesse de cette doctrine. Qui
«le nous, je vous prie, n'étant point
un idiot et voulant le respect «les
croyances, «les eoncicnces «'t «les li
bertés, peut désirer et demander
que l'Etat américain, en présence
«le la Constitution et de la Bible,
épouse solennellement et en «lue for
me l'Eglise catholique, l'Eglise mé
thodiste, l'Eglise presbytérienne,
l'Eglise baptiste ou la Synagogue
des rabbins juifs ?
VI.
Non, chère Gazette de France, ce
n'est pas l'insurrection qui a triom
plié, mais bien l'ordre, la paix, la
justice et l'honneur de la France. II
n'v avait point «le salut ailleurs.
Car si le dénouement n'avait pas
été t«;l, si le coup d'Etat «les coali
sés l'eût emporté, à quels ilôts et à
qiu'lles nouvelles tempêtes n'aurait
pas été livrée la malheureuse épave
qu'on nomme France? V os ports «le
corsaires, l'empire, le césarisme et
la monarchie, sont-ils des ports sûrs,
et n'aurait on pas eu, au lendemain
du triomphe des forbans, une guer
re infernale et diabolique entre les
forbans eux-mêmes f CMnmbord au
rait dit: yominor H- Bona
arte aur ' ' • n'*» v
ko
j
;
j
i
un.
tre Dupai
houspillés." i'.;
«mi foire.
tiste, le 11I
scrupuléii .
et la «lern
naît, on l'a
qu'un 1 1 ois
territoire « •
Bazaine a
ses ser\ ice
Voyons,
en sage rai
la France
nareliie ou 1 -
narcliie et
vous doun.
l'oriir«; «'t 1 ;li: !
l'un lie ces
prise, roup
letice. -'etai
bien «le ten .
lutioil, rep * i . 1 ;
plus terrible
rait de non il
ne briserai' '
ment «le vi«
«l'absurdités ,
le bien, au I '.e,!
tion triomphe 1
rait les radie : e\
«win milliards cou
les protestais
ton. Le Sénat Mu
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accumulées t : -le
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Grévy et ver '
«leux liomin ;
cains, ces «leux ;
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fureur et par .
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Cela, certes,
cela serait.
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cette vieille *
Gazette de Fr "
a triomphé, u
La France le
heureuse, joy u
sa joie, après
être moi^elle, i
n'ait joue qu'tr
«;ela, elle a pri
ser Mac M alio
Mac Mahon, «!
mieux conseil!
prenant-et ru.
«levoir «le jirési
«pie, ne voulant
contre le peuple
toyens, rachèîi
aiiiH'cs «lu Sept
velléités incons ,
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«'t les Broglie,
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«•pce, 11e craim!i
à la frontière, —
«lat, pour y fair«
ment et victorie
«le patriote et s»
ral.
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au lieu de s'a mil
tre, s'étend, s'a
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DOCTRINE
Il faut que n<>
pour agir en cot
pays n'est ni l'Espa -.r ti<
et que, tout en respe.
gions, les églises, lese«
cultes et toutes les n
de la foi, même celles
smiles, nous 11e pom <
et reconnaître comme
ne alliance entre l'F
Les Eglises solo
tat est un. Les
chose, et l'Etei^.
11 n'y a pas «l'hoi .nt
tre eux. Ils sont iml< peu
de l'antre. Le prêtre ou n
de droits que «lans son éj.
temple,avec ceux «le son >.
son tempi«», par le couse!
la soumission de eouv <!< son
ou «le son temple. Et i'KSar.en
a pour unique devoir
ger contre la violcu
ce, L'Etat n't\si 1
catlioliqu«», ni juif,
salarier ou favori.»
et sa Législatur" . 1
tante, ni cathoiû
peut pas «lavantac.
tion d'édueatioi
que, vouloir qui
sectaire et l'écoh- ••
lége enseignant i< ■
rant et développa
opposés, protestai!
juif, serait un mai
coup sûr, un coli«
Cette doctrine e»
daiuentale «le 1'lJu:
sise «le toutes nos i
titutiou «les Etats'
naît pas d'antre.
antre, sous préto
est plutôt protest
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