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Le Louisianais. [volume] (Convent, La.) 1865-1883, August 17, 1878, Image 1

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Ce Cotttsicmms
JOURNAL POLITIQUE, LITTERAIRE ET CAMPAGNARD.
VOL. XIV.
PAROISSE ST. JACQUES , LOUISIANE, SAMEDI 17 AOUT, 1878.
NO. 42.
!« ioMSIilNAIS.
3 OUBNAL OFFICIEL
— OKU —
rar»isM> Si. Jarqac*.
rCm .IK CHAQUE SA M Kill IMSSt.A
Paroisse St. .Jacques,
Couvent P. 0.,
louiiUne.
J- GENTIL,
EDI TE L U E T UEh.tC TEL K.
Abonnement:
$r,,00 PAR ANNEE.
l'AYAltl.K 1)*AVAXCK.
PRIX DES ANNONCES :
far carré de 10 lignes, nu iimins, *»ro
jnière insertion - $ï,0i\
Par rar 1*6 de ehaqne publication sub
séquente -
Les commnniqnés fle nature pMNoniiclU'
vt l es avis il Panure sr. régleront <le gré k
«n*6 avec lYslitcttr.
AGENTS un LOU ISIAS AIS»
Nouvelle-Orléans: — A. G. Roni*in,Tcli(m
pHonlas St., V't. 1").
St.-Jacqnca, St.-Jeaii-Raptisle, ÎWrvill<s
Assomption «'1 Ascension: —Just Cornes,
Donaldson ville.
l.afayrtte, Attsikft pas: — Kilo na r«l 1'. M « ni
ton.
Non velle-lhérie:—
Vacherie: — Morris Feitel.
j
LES PARTIS.
011
L'on vient, (le voir, par les der
nières électi on s allemandes, querem- j
pire «lu vieux Guillaume est un |
pays singulièrement divisé.
Car vous compte* en Allemagne |
au moins huit partis politiques en j
ligne de bataille, et si vous ne bu j
vez pas de Uujrr à Berlin on ne j
manger, point de choucroute à Ma- j
yencc. vous vous perde/, volontiers
dans la nomenclature. îles partis qui j
se disputent l'honneur «le gouverner ]
la puissante Allemagne. j
Vous comprenez peu, on vous ne j
comprenez point, j
il faut être sur les liens pour
comprendre à peu près. j
il en est «le même delà philoso-j
pliie allemande, qu'on dit très sa
vante, sans doute parcequYIle est
très obscure. Obscurité et. scien
ce sont synonymes en certains pays.
Mais si l'Allemagne, avec ses
nombreux partis, se croit près de
l'unité, elle se trompe assurément.
11 y a division profonde dans ses
idées, dans ses sentiments et dans
ses intérêts. Que si sa machine po
litinue et sociale horriblement coin- !
nlinuée semble fonctionner avec 1111 |
neu de 'méthode et d'ordre, il faut i
voir dans ce fonctionnement plutôt j
le îu iucipe «le la force que le prin- !
cine «le la liberté. Et vous savez !
bien «nie les machines de ce genre. I
ordinairement privées de soupapes j
de sûreté finissent toujours par I
éclater nu moment hj plus inattendu.
Mais laissons en paix la puissati
te et'redoutable Allemagne «le l'unité !
aux prises avec ses conservateurs, j
ses libéraux, ses ultraniontains, ses !
ses socialistes et le '
républicains,
reste. Bismark n'a guère le temps
de souffler, et son fils, battu aux
dernières élections, n'est pas de tail
le à dompter et à conduire les bêtes
de la ménagerie allemande.
L'Angleterre, comme politique
intérieure et comme gouvernement,
nous semble dans de bien meilleures
conditions. Les partis y sont moins
nombreux, et le parlementarisme
est la science anglaise par exeellen
ce. L'Angleterre, du reste, n'est 1110- ;
narcliiqiie que de nom, et ses insti- !
tut ions acceptées par la grande j
majorité du peuple, ne sont le point
de mire d'aucune violence et d'au ;
cunc révolution. La liberté fait la
jarantie de l'Angleterre, et. la lutte
anglaise, mesurée, prudente et par
lementaire, toujours pat l iotique, s'ac
complit dans les régions gouver
nementales, à la Chambre des Lords
et à la Chambre îles Commîmes, en
tre deux partis également soucieux
de I t loi et de la grandeur «lu pavs, |
mais rimais dans la rue et jamais I
par la force. Le triomphé d'un j
parti sur l'autre ne cause ni étonne
nient ni bouleversement, et la Tami
se, au lemleinaiii d'un changement
(le ministère, coule aussi trumpiillc
incnt (pie la veille. Si lîeaeonsfield
tomliait uujotiriliii, et si Gladstone
le remplaçait au cabinet, \ ictoria
n'en jouerait j>as moins de la harpe,
et personne ne parlerait de rendre
Chypre à la Turquie.
Lt France, elle, n'en est pas enco
re là, et sa forme de gouvernement
n'est i«i.s consentie par tous les
partis. Mais «piaïul vous voyez tous
les partis hostiles à la république
forcés de se réunir en un seul, se
nommor lu parti «In combat, marc,lier '
ensemble, monter à lu brèche et re
cevoir une leçon «le convenance et
(l'histoire, admirable, vous pouvez
croire que la France, est pour jamais
sortie tie ta royauté et pour toujours
entrée dans la république.
Il est «les coalitions qui sont la
signification d'une époque. On y
voit le présent et on y voit l'avenir.
Et quand îles royalistes du droit
prétendu divin, des monarchistes
soi-disant constitutionnels et des
bonapartistes ou (les impérialistes
tie coup d'Etat, sous le nom de con
servateurs, se groupent et se li
guent pour livrer bataille et donner
assaut à la république, et n'ont
que la lionte d'une coalition de man
vaise, foi, d'impuissance et «h; dé- j
route générale, vous pouvez affirmer
sans crainte que la république est |
désormais un fait, accompli, un droit
consacré et une justice irrévocable,
L'iiltramoutaui&mc, en ce cas, n'ay- ;
ant plus rien A ronger, peut se ron- ;
ger les ongles. Kt l'heure est pro
•clie en France où les deux partis
j parlementaires, avoués et reconnus,
d'accord avec l'opinion publique et
l'intérêt général, seront tous les
deux républicains. La royauté sera
hors de cause. On sera dès lors con
xerrateitr selon la république, selon
la constitution, selon le principe dé
mocratique. L'abîme des moyens ré
volutionnaires aura disparu, et les
|progrcxxixtcx, hommes île paix et de
raison, n'auront pas plus de bonnet
rouge que vous et moi.
II.
Nous lie savons pas bien positive
ment s'il faut tleux religions dans |
une république, ou trois, ou quatre,
011 cinq, ou vingt, et si même la plu
ïarantiede liberté «le
j de tolérance et. de paix; mais il est
| bien certain qu'une, république assi
| meut démocratique, ayant une his j
j toire et des destinées comme celle'
j «les Etats-Unis, doit posséder deux
j grands partis politiques et liatio
j naux.
II est également entendu que ces
j deux partis, pour être tels, ne pen
] vent être que constitutionnels, Ce
j lui d'entre eux qui s'armerait eon
j tre la Constitution, en voudrait le
j renversement ou l'amendement ra
«lient, substituerait à ses principes
j connus «les principes étrangers, ut
saurait être imparti vraiment na
ralit(| «les sectes, dans un pays ou
l'Eglîse et l'Etat sont prudemment j
séparés et distincts, liest pas une ,
conscience, j
si'lieu se, durable et veritable- 1 ,
tional. Il mériterait le nom «le révo
lutionnaire. Il faillirait le combattre
comme l'ennemi. Il ne pourrait,étant
la trahison, nous donner que la guer
re civile et ses déplorables consé
quences.
Et vous connaissez ces conséquen
ces.
Gardons nous soigneusement de
teilt ce <| 11 i est innovation et révo
! lution. Ne sortons pas des principes
| qui ont fait cette république et cet
i te démocratie. Ayons soin,surtout et ;
j avant tout,«le laisser l'Eglise dans le
! domaine «les consciences icligicuscs
! et de la liberté individuelle. L'Egli
I se, très innocente et très belle « mi j
j dehors.le l'Etat, deviendrait laide et .
I dangereuse parson accouplement j
avec l'Etat. Quant aux questions so
ciatex, car il y en a partout et dans
! tous les temps, ce n'est pas à coups
j de fusil qu'il faut les résoudre,. Le
! fusil, qui est brutal et ne résout
' rien, implique la force, l'urinée, le
militarisme, le césarisine et tout ce
«pli est la ruine «les réptibli<pies et
des démocraties.
Et, soit dit en passant, quand vous
potisme. Lisez l'histoire des nations,
; Il nous faut donc aux Etats l uis
! deux partis nationaux et démo
j erotiques, tous les deux constitution
nels.
; Nous les avons eus,nous les avons,
et nous les aurons
songez à Grant, l'hote «le Bismark, j
pour la solution présidentielle et
éventuelle de demain, vous songez
à 1111e solution mauvaise. Jamais sol
dat n'a résolu un problème politique
ou social autrement «pie par le des
C'est par eux que la liberté s'est
affirmée, «pie la démocratie a mar
ché dans le progrès,et que les Etats
Unis sont devenus dans le momie
le grainle nation «pie vous connais
sez. Un seul aurait été l'immobilité.
Deux sont le mouvement et l'émula
| lation. La lutte est nécessaire entre
I eux. Car si l'un entend s'oublier dans
j le repos et le pouvoir,ou niarchcd'nn
les
se
force à l'action et au devoir. Et ils
peuvent se renverser sans danger.
Car si la chute de l'un n'est ordi
nairement pas sa mort, le triomphe
«le l'antre est absoliiinet légal. C'est
pas lent et irrésolu, l'autre, plus
"s ardent, le
......... •
le peuple qui prononce et qui est la
véritable souveraineté. Mais il y a
impossibilité pour l'un des deux par
tis nationaux à se maintenir ou à se
perpétuer au pouvoir contre la vo
lonté du peuple, comme aussi intpos
sibilité de rester immobile et sta
tionnaire.
Les partis, qui peuvent être im
nuisibles au point de vue tl'mi prin
cipe, ne sauraient l'être au point (1e
vue du temps et des développements
naturels du principe. Il faut bien
considérer que nous marchons, que
nous grandissons, que chaque jour
apporte une découverte et un pro
grès, que les conditions politiques et
sociales d'une nation lie restent point
dans une permanence fatale. Hier
nous étions huit millions, et. nous
sommes aujourd'hui quarante mil
lions. L'agriculture, l'industrie, le
commerce et et l'économie politique,
non seulement (lillereut de nation,
de celle qui est. petite à celle qui est
grande, île celle qui est démocrati
que à celle qui ne l'est pas, mais en
core se compliquent et s'étendent
j chaque jour par un accroissement
dans la vie et par un mouvement
| général dans l'existence des lia
tions. Il suffit «l'un rapprochement
dans les distances, d'un chemin
; de fer, d'un télégraphe, d'une, (le
; couverte, d'un machine, d'un dépla
cement et (l'une migration d'hom
nies, pour faire, surgir soudainement
un problème nouveau. Les questions
modernes ne sont plus d'un simplici
té primitivect naïve,facilement réso
lues d'un mot, et il faut la science pour
leur trouver une solution convena
ble et satisfaisante. Et les partis,
en les méconnaissant, en se renfer
mant dans un programme (l'impos
sibilité et (l'incompétence, se con
damneraient. inévitablement à la
mort. On leur dirait, et non sans
raison, qu'ils ont la tête, vide, le
co-ur vide et la bourse vide. Et
ceux qui se trouvent dans de sein
lilabes conditions, bien qu'ayant été
jadis riches, intclligentset généreux,
| 01|t ( , mjt '| ;l tomUf, à la croix et à
ce mot latin: Fuit.
l'n parti qui veut vivre, c'est-à
j
..
ut jj tî 0l travailler à la
j jr,. all( i enl . de so) , pnys, doit mar
, £| (0l , ave( , f om p Si s'ïl croit que les
j scrv j c ,, 8 ll(1 j| ., rtMI( i,. P le dispell
sent d'en rendre de nouveaux, et
que ces nouveaux services n'en von
1 , lmnt llnillt , tl> ,,i„ s noiiveiuix eneo.
le, il se trompe grossièrement.
Il nommera peut être l'oubli du
peu plede l'ingrat it ude; mais «t'est lui
en réalité, ipii sera l'ingrat, l'impuis
sant 011 l'égoïste.
.
et »111 ta m 11 r in illix, nous changeons : t
III.
Les temps changent.a «lit, Horace,
avec eux.
Horace, comme homme, comme
poète et comme soldat, en sut bien
ipiehpic chose. Trouvant sou répit
blicanisme trop dangereux et ses
armes trop lourdes, il se débarrassa
très volontiers «1«! ses armes et de
son républicanisme pour courir. Mais
il 11c saurait tenir à la pensée de
personne qu' Horace ne soit pus un
poète charmant.
Ce n'est pas précisément qu'il y
ait grande vert 11 à « hanter la palino
«lie, et l'on respecte naturellement j
les hommes termes dans leur loi et
résolus dans leurs convictions. Ciian
ger à tout propos, au premier vent ;
qui souffle, servilement ou par inté- ;
rêt, ce n'est pas le signe d'un carac- ]
tère honorable et viril. On aune à j
trouver dans les homines et les par
tis une consistance plus grande et |
une fidélité plus courageuse. Kt la
presse, par exemple, qui est ou qui
doit être la voix «l'une opinion ou 1
d'une conscience, s'avilirait assure
nient à tourner comme l'aile d'un
moulin. Le paratonnerre est lier, la j
girouette ne l'est pas.
Eu vérité, il sciait peu «ligne de
tourner à tous les vents, de varier
sa note à toute heure, et, d'être la
versatilité constante. Car la
n'est point une fille lolle eu
raison
ses
linottrs. II laut «pie cette raison exa
mine, pèse et décide. Elle se suici
derait par 1«' facile aboiulon de ses
droits et de ses devoirs. Mais si vous
croyez que rien ne change, qu'il est
des choses et des institutions immua
bles, et surtout que les changements
nécessaires ne s'effectuent point par
la volonté des temps et pour le plus
grand bien «les hommes, c'est que
vous éprouvez le besoin de raison
ner theoiTati(picnient.
Et il ne faut raisonner théooral i
qiiement que sur Dieu, c'est-à-dire
sur l'invariabilité
Kt encore! Car si nous parcourons
l'histoire des nations depuis le com
mencemeiit du monde jusqu'à nos
jours, nous sommes bien "forcés de •
| reconnaître qu'il y a eu plusieurs
j théogonies et théocraties, que nom
; lire de religions ont brillé et pâli |
tour à tour, et que l'humanité, assez ;
vieille pourtant, peu mystérieuse au
jourd'hui par le rapprochement des ;
distances, n'en est p«iint encore ari'i- :
vée àl'unité de foi et «l'autel. Il laut
même que plus (l'un dieu mue et que
plus d'un autel disparaisse, comme
\ aussi que plus d'un siècle tombe j
j dans le néant du passé, pour que la
j majestueuse unité rêvée par le ehr is
tianisnie lui-même devienne la ré a
lité évidente et splendide. Il est. nié
[ 111e des hommes «le bonne foi et «le
sincérité qui prétendent que les re
! ligions, elies aussi, n'étant «pie îles
1 politiques rayonnantes et superieu
res, obéissent comme le reste à la
loi du mouvement, du changement
et du progrès, c'est-à-dire (lu temps.
Tis s'autorisent assez logiquement
de l'histoire. Et nous ne pouvons
guère, heureusement on malheureu
sement, leur prouver qu'ils ont tort.
Car, il parties religions qui sont mor
tes par entêtement, par amour de
l'immobilisme ou par corruption, eu
lie prenant que celles qui sont vraies,
on plutôt celle qui est vraie, nous
saisissons le développement, l'amé
lioration, le perfectionnement- et le
progrès dans celle qui est véritable.
Ce n'est pas seulement la dicipline
(pli se modifie et varie. Le dogme
lui-même se surajoute nu dogme,
et la simplicité primitive, évangéli
que comme on dit, devient avec les
siècles une savante et puissante or
ganisation politique. Bien plus, il
faut (pie le nouveau vienne de cette
savante autorité. Car si elle avait le
malheur de s'arrêter, de se refuser
A la marche et d'aliondonner ainsi
les esprits à des mains étrangères,
comme aussi de rebrousser chemin
et de tourner irrévérencieusement le
dos à l'avenir, elle se condamnerait
à coup sûr à la mort. On la nom
merait vieillerie, momie et néant.
Elle n'aurait plus le souffle des gran
des choses et des généreux voyages.
La langue qu'elle parlerait, étant une
langue morte, ne serait point com
prise par les générations vivantes et
modernes. Ennemie de la science,elle
| qui lut la science, ennemie de la li
berté, elle qui fut la liberté,
ennemie du progrès, elle qui
fut le progrès, cette religion viderait
à plaisir ses temples et se découron
nerait inévitablement de sa gloire.
! Mais, par contre, si elle s'agrandît, si
elle s'élève, si elle n'est par moins la
que le dogme, si la raison,
la liberté et la justice sont satisfai
1 'es «le ses enseignements et proté
; gées par ses doctrines, vous 11e trou
\ verez pas un rebelle sur la terre qui
réinséra de reconnaître et de saluer
j sa souveraineté. Elle sera, selon le
nom qu'elle s'est donné, catholique,
c'est-à-dire universelle. Toutes les
autres, plus ou moins erronées et
passa gères,sY'vanoui ron t devant eil«
et au rayonnement, de ses vérités.
Elle restera la seule, l'unique et la
vraie.
.Mais lions nous sommes quelque
peu éloignés de notre texte, et nous
sommes maintenant loin «le la poli
: t i< j ik >. ordinaire et des partis pure
ment politique
Nous pourrions nous justifier en
disant (pie tout est dans tout «'t que
tous sont dans tout; mais nous pré
férons déclarer simplement que tout
ma relie.
Tout marche.
IV.
L'histoire «les partis politiques aux
Etats-unis ne serait certainement
pas sans intérêt.
j Ne serait-ce pas même l'histoire
de ce pays?
Mais si la chose est tentante, elle
; est longue, et «lu./<Wm//i*toau repit
; blicain,<! 11 passant par la sageperru
] que des II higx et l'ephemere dru
j peau du hnow-nothing, il 11 y a pas
moins d'un siècle d'existence,
| Disons seulement—et c'est la une
«les supériorités «le la republiquesiir
lesiiionarcliies-quepemlant lescciit
1 amices «l'existence de celte I 111011, a
toutes les heures «le son histoire, il
n'y a jamais eu que deux partis poli
j tiques et pondérateurs en présence
Le troisième devait se l'airedu débris
«les antres et «le la disparition de
l'un dYux. Il n'y a eu que la séees
sion de véritablement révolution- I
nuire. Et encore? Car l'on peut bien ;
soutenir cette théorie, que deux li-j
lues associés pcveiit se séparer li- !
h renient, liest vrai de «léclarer «pie
si l'un des associés voulait la sépa
paratii 11, l'autre ne la, voulait pas.
lies te à savoir s'il valait mieux
se battre, et si touti's les soudures
«le l'enclume et «lu marteau sont ex
cellentes.
Mais passons.
C'est «lu présent qu'il s'agit, et «les
deux partis en présence, c'est-dire
«le celui qui se nomme ihmorratc
et de ceiui qui se nomme républicain.
Car le Congrès actuel, expression
de la volonté du peuple, nous offre
à peine trois ou quatre indépendant*
fort difficiles à classer, et le Senat,
représentation «les Etats fedéralisés,
• n'a pas un seul indépendant et ne
pent pas eu avoir un seul.
Mais s il 11 est pas snigu
| un république et une démocratie,
; «pie les deux partis de rigueur se
'nomment democrat e et républicain,
; est-il cependant taeile de compren
: dre qu'on puisse être républicain
sans être démocrate et démocrate
sans être républicain ? Lu. logoina
'chic est laite de ces singularités.
j Ces deux noms, après tout, ont la
logiipic grammaticale «le leurs senti
incuts et de leurs pensées. < )n les
comprend et ils disent quelque clio
se au point de vue des principes et
i «les institutions. Ils appartiennent
à la langue générale «les idées, et
j leur américanisme est «le [mut style
!
Mais s 'il n 'est pas singulier, dans j
| et de tradition natioualc. 11 n'en cvt
point ainsi du mot whig, qui n'est
qu'anglais, et du mot know nothing,
qui sent, la société secrète et (lit l'om
bre Qiiswit aux mots national , green
backixte et xocmlixte, ils sont d'une
acception dangereuse on d'un ordre
d'idées par trop limité. Si l'un des
deux partis était national et méri
tait exclusivement ce nom, que pour
rait doue être l'autre? Quant an
grcen-hackinte, qui dit une mesure de
finance, il n'est, pas plus que libre
échange, un drapeau tout entier 011
1111 programme complet. Nous savons
enfin que le xocialixme est quelque
chose de parfaitement vague, ou qn'
une classe seule, avec tous ses droits
et toutes ses revendications légiti
mes, ne saurait sans danger créer un
parti dominant et dominateur dans
l'Etat et dans la République. Au
reste, n'y aurait-il point place dans
l'un (les deux partis existants, sinon
danslesdeuxjpourceqtiiest nouveau,
nécessaire et. légitime? Et la parti
le plus intelligent, à l'heure où s'af
firme 1111 besoin, n'est-il pas celui qui
se montre libéral et généreux? Est
il donc bien difficile, quand ou est
la démocratie sincère et véritable,
de comprendre son principe, son
temps et son pays ) Ne serait-il pas
absurde «le se refuser à ce q ni est juste
et dangereux de se soustraire i\ ce
qui est pressant? Les inflexibles peu
vent s'attendre à être brisés et em
portés. Que si tel n'est pas lenr iné
vitable sort dans une république
sans violence et progressive, ils sont
préalablement mis au reluit ou à la
quarantaine. Que faire de ceux qui
ne veulent, rien faire et lie sont bons
à rien? La quarantaine les guérira
peut-être et les rendra sans doute
au sentiment de la vie, du devoir et
du progrès. Et c'est ainsi que le. par
ti ( Icmoeratiquc , vieux comme Jef
ferson, couvert d'ans et de gloire,
mais endormi dans l'égoïsme d'un
pouvoir à peine disputé, s'est vu
tout à coup mettre à la. qnrantaiiie
«les malades par un adversaire qui
n uit changé «le peau,d'armes et de
la
tactique. L'adversaire, ilu reste,était
audacieux, parlait bien et revêtait
l'armure du jour. N'était-ce pas lui
qui était le. démocrate vivant, et son
républicanisme ne s'affirmai'-il point
par une doctrine absolument libé
rale ? Washington ne l'aurait pas
désavoué dans sa lutTe, et, Jefferson,
qui fut l'ennemi le plus redoutable
ties servitudes et l'ami le plus clair
voyant. «le cette république, l'unrait
approuvé «Jes deux mains. Car ce
parti, qui triompha dans Lincoln et
«pli se meurt avec Hayes, fut un ins
tant la justice et la vérité de l'Union
américaine. Son principe, même en
des mains indignes, devait nécessai
rement triompher.
I
;
!
Le parti républicain, triomphant
avec Lincoln, se corrompant avec
Grautet, mourant avec llayes, aura
vécu vingt ans.
Car, quoi qu'il arrive, que le pro
chain président se nomme Tilden
ou se nomme Grant, on peut affir
mer que ce parti est bien mort.
Et si la justice «le l'histoire, veut
que vous l'honoriez pour une page
éclatante, l'affranchissement du qua
tre millions d'hommes, la même jus
tice veut aussi que vous disiez ses
erreurs, ses alms et sa décomposi
tion morale. Tant qu'il a lutté pour
le droit, dans le sens de la vérité et
de la démocratie, son rôle n'a pas
été sans grandeur et sans éclat.
Mais pouvez-vous l'approuver pour
son esprit «le centralisation, «le mili
tarisme et «l'aristocratie ? Car l'a
ri st ocra tie, par privilege de mono
poles et par accroissement de riches- j
s«'s dans certaines classes, s'est plus
développée pendant ses vingt
liées «le pouvoir qu'elle ne s'était
développée pendant 1111 siècle? îse
pent-on même pas dire qu'elle lui
doit sa création ? Car, avant lui,
si nous avions des politiciens qui
n'étaient pas complètement irrépro
chables, le politiciauisme n'était pas
devenu une fièvre générale et un
trafic universel. Le fonctionna
risme avait encore de la réserve, et
le judiciaire de la dignité. Le Con
grès était, quelque chose, et ses
hommes d'Etat, en n 'abaissant à de
vils moyens, se seraient justement
crus déshonorés. Connaissait-on
une. classe de soldats, et de soldats
disposés à saluer César? Car les !
titres militaires, liier une plaisan
! teriiysout malheureusement «pichpic
j chose aujourd'hui. Grant le sait
bien, lui qui prend des leçons (le
Bismark, voit sans chagrin surgir
la question sociale, et se dit qu'une
épée est nécessaire et réclamée en
temps «le désordres, d'agitations et.
de révolutions. Il a lu assez d'his
toire ancienne et romaine pour ne
pas ignorer «pie Sylla «'t qu'Octave
viennent après les mouvements
agraires et. les Tibérius Gracchus.
Kst ce (pic le parti républicain,«lont
il fut l'un (les chefs, ne, lui a pas
préparé la route, et ne voit-il pas,
dans les classes enrichies et, frein
blantes, peu républicaines et peu
«lémocratiques, l'aristocratie et le
piivilè S u qui demandent un pou
voir fort, protecteur et uiiique? Il
n'est, pas jusqu'aux quatre millions
«l'affranchis et de citoyens noirs, qui,
dans l'excès de leur reconnaissance
ou de leur ignorance; ne soient tous
prêts à mettre n'importe quelle cou
ronne sur la tête du singulier per
sonnage qui cause tout bas avec le
militarisme, le despotisme et l'aris
tocratie d'Europe, mais qui passe à
côté (lu peuple sans daigner le con
naître et l'interroger. Graut est
l'hôte d'une reine, d'un roi ou d'un
empereur. Il inangc familièrement
à la table des têtes couronnées, et
cet homme, avec tous les instincts
de la gourmandise, a tous les in
stincts de l'ambition et de la domi
nation. Mais vous auriez tort (1e
ne lui accorder que de l'instinct, et
ce demi-muet procède par calcul.
Car ce n'est pas le seul amour des
voyages qui l'éloigné momentané
ment (le son pays, et le besoin da
voir et de se montrer ne domine pas
toutes ses pensées. Depuis qu'il a
quitté la Maison Blanche des prési
dents élus, cédant la place à un
président douteux, il s'est passé
bien (les choses en cette république.
Et il règne ici nne espèce (l'anarchie
morale qui n'annonce lieu de bon.
Les partis se dissolvent. Il y a coin
ineuue anxiété et comme une inquié
tude générale partout. Le monta
ment des grévistes, qui a presqno
été une révolution, a fait surgir un
étrange inconnu dans les destinées
de la république américaine. Car
si vous croyez que la dernière et
formidable grève (le ce pays, qui
fut sanglante et qui fut incendiaire,
n'a pas été 1111 événement d'une im
portance effrayante, vous vous
trompez. Cet. événement a été ca
pital comme la sécession, peut-être
plus dangereux encore. Car si la
sécession, sous le 110111 de ( Confédé
ration, fut la guerre civile, la grève
a été et. est la guerre sociale, la
guerre du travail contre le capital,
la guerre du pauvre contre le riche,
la guerre «les classes. Et sachez
que ce problème est autrement dit
heile à résoudre qu'un simple pro
blèjue politique. Il y a «le la lui
sère, du paupérisme et du proléta
riat ail fond, c'est-à-dire de la colère,
«le la violence et de l'anarchie.
Tout cela n'est guère rassurant.
Quand les classes, qui 111; devraient
que peu ou point exister dans 1111e
république et une democratic, car la
république et la démocratie vérita
bles boitent par les classes et tom
bent par les aristocraties, en vien
nent aux mains, la lutte est terri
ble.
Mais Grant se dit peut-être : J'ar
riverai à temps.
Méfions-nous île cet. homme, et;
crovous bien qu'IIendricks n'a pas
tort.
VI.
Si vous preniez Denis Kearney,
le dru y ma 11 de San Francisco, pour
nu agitateur ordinaire et sans por
tée, vous auriez une épaisse taie sur
les deux yeux.
Tant que Denis Kearney n'a été
que l'homme de San Francisco,
l'ennemi lié et juré des Chinois, le
leader local d'un parti d'ouvriers ca
liforniens, Kearney a été presque
sans importance. On pouvait lire
et sourire à son originalités On de
vait aussi, eu bonne justice, trou
ver que sa rage, anti chinoise le je
tait. en dehors des principes améri
cains, et qu'il répondait à la Chine
ouverte par les arguments (l'une
Amérique fermée. Nous ne pouvons
pas plus fermer nos portes à l'Asie
«pi'à l'Europe, et si le commerce est
j et doit être une source de richesses
pour ce pays, (pie San Francisco
soit au Pacifique ce que New-York
est à l'Océan Atlantique. Tout ce
qui peut venir de la Chine et «lu Ja
pon ne doit pas être mauvais, et
nous- n'avons point, pour 110s pro
duits ef, nos échanges, à redouter
la concurrence de l'Asie.
Mais quand Kearney a mis le
pieil dans l'Est, à Boston, à Fanenil
Hall, qui fut pour ainsi dire le ber
ceau de la liberté américaine, l'agi
tateur a pris des proportions plus
qu'ordinaires. Car cet lmmiuo incul
te, irrité, énergique, ambitieux sans
doute, mais peuple, par son langa
ge et ses m (curs, a trouvé une tri
bune plus liante et plusretentissan
! te, des auditeurs plus nombreux
et moins hétérogènes, un inilmu
politique et social d'où peut sortir
un programme nouveau et 1111 pro
gramme armé. Tous les éléments
de bien et de mal sont là. Et Kear
ney, sans détour, sans hésitation et
d'uiic façon parfaitement brutale,
a poussé le cri de souffrance et lu
cri de révolte de l'esclave blanc.
Car l'ouvrier de l'Est et «lu Nord,
ilevaiit le million, la machine et la.
I fabrique, malgré ses libertés civiles
| et ses droits politiques, qui ne l'uni
jiêehent. uiu'iineini'iit. «lt; mourir de.
I l'aini, est, un esclave à plus «l'un ti
tre. A-t-il le toit, le pain et la vie?
j N'est-il pas, esclave «le la niaehine,
impitoyablement, broyé par la ma
Chine? Son salaire, flottant, insuffi.
[ saut et baissant cha.pie joui, ne lu

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