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Le Louisianais. [volume] (Convent, La.) 1865-1883, December 14, 1878, Image 1

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Ce £ou ist «mais
J OUR N AT, POLITIQUE, LITTERAIRE ET CAM PA Gr N A R £> .
VOL. XV.
PAROISSE ST. JACQUES, LOUISIANE, SAMEDI 14 DECEMBRE , 1878.
NO. 7.
|p cfeouisipjys.
JOURNAL OFFICILE
— UK I.A—
l'aroissc St. Jacques.
1TI1MK UIIAQUK SAM Kill DAX H I.A
Paroisse St. Jacques,
Convent P. 0.,
Louisiane.
J- GENTIL,
i:i>m:uu ict iii;i>acteuh.
Abonnement:
$5,00 PAR ANNEE.
PA YA11LK D'AVANCK.
PB1X DES ANNONCES:
P:\c carré «1«' lignes, «ni moins, jire
mifcre insert ion $1 ,'H).
l'ar earré «1 o chaque implication sub
Bé«|iiente 75.
Len roininnuuinés de nature personnelle
et les avis à l'année se régleront de gré à
y;ré avec l'éditeur.
AGENTS DU LOU ISIAXAIS.
X« »il vt lle-Orléans: — A.G. IJoniain,Tehou
pitoiilas St., X'>. t."».
St.-Jacques, St.-Jean-lSa]»tiste. Therville,
Assomption et Ascension: —Just. Cmiie.H,
Donaldson vilie.
Lafayette, Attakapas:— Kdouard H.Mou
ton.
Non velle-Tliérie :—
Vacherie: — Morris l'eitel.
51 Propos
I »ES
?REMMES c
domine et d'ilypoei isie. vous aeeuse
i-iml d'irréligion et d'immoralité : niais
'•|,fs vcun . de rKlfi 'nei sont « mi tous
lieux, voyant link-hunts et les
lions."
Sapikns.
î.
Nous ne savons point si cVst à
Benjamin Constant ou à M. de Kocca
«pic la I >a ion i it* <le Staël dit un jour)
ces paroles bien connues cl peu Mat
N'Uses: Depuis que je connais les
hommes, j'ainie les chiens.
Madame de Staël avait de l'es
prit.
Mais s'il est un personnage fasti
dieux, plein d'ennui, vilain meine,
grossier souvent, privé de charme
«•t d'intérêt, aveu lequel ou lie peut
«pie s'encanailler de la façon la plus
absurde, c'est assurément l'homme
en général et le politicien en parti
culier.
lit plutôt que de perdre son temps,
son style et ses mteurs avec ce po
liticien,plu tôt rpiede hanter les clubs,
les législatures et le l'ouvres, ci:
nous détournant de I laves, qui écrit
des messages, de Sherman, qui s'oc
cupe de finances, et de Butler, qui
louche horriblement, entrons dans
le monde gracieux et charmant des
femmes.
La femme nous consolera sans don
te de l'homme.
Car cet homme, nous le répé
tons, est dépourvu «le toute grâce,
vain et sot, et «piaud vous le voyez
dans la boutique, au comptoir, au
club, au Sénat, au l'on grès et par
tout, habillé, ou en «leshabillé, ven
dant, achetant, pérorant, légiférant,
jugeant, faisant la roue, h' polichi
nelle ou de la politique, vous éprou
vez. mi mâle ennui et vous avez l'im
prescriptible droit de répéter le mot
«le la baronne «le Staël. < V mot n'est
humiliant que pour les chiens.
Mais la fein me, d'ordinaire, est
charmante. Plus ou lu commit, plus
ou l'aime. 11 faut respectueusement
courber la tête et plier le genou de
vant elle. C'est le chef «l'uni vre tie
la création, et un chef-d'uMivre qui
«léfie toute comparaison, qui lie sera
jamais surpasse «laus les temps à
venir, et qui portera toujours à sou
front le nimbe «les anges.
Le poète persan a donc eu raison
«le «lire: line faut pas frapper la
femme, même avec une feuille «1e
rose.
Aussi, c'est nu genou en terre, le
front incliné, l'aine pleine d'un res
pect qui touche à l'adoration, c'est
iVdiro avec un culte «1«! «lulie, que
nous commentions et «pie nous fi
nissons ce premier chapitre. Et si
nous n'étions point en hiver, saison
triste et sans Heurs, nous voudrions
remplir ciuquuntc-ilcux corbeilles
avec, «les ros«>s embaumées et en se
mer les feuilles aux pieds adorables
«Iii chcf-dVeuvrc «le la création.
Mais ce sera pour le printemps
prochain. Ou est toujours plus poë
ti«|iie au printemps qu'eu hiver, à la
saison «les roses qu'à la saison des
neigea.
I
'
II.
Toutefois, si nous payons un légi
time tribut de respect à la femme,la
mettant à dix coudées .au-des
sus «le l'homme,lui trouvant des ver
tus de clioi x et «le |lerfeetion que l'hom
me ignore le pluscommiiiicmeut — car
la femme est belle, douce, aimante
intelligente, dévouée et héroïque —
il nous semble bon que la femme
reste dans sa nature, son rang et
son rôle. Nous la voulons «ligne et
vraie, simple et chaste, dans la dis
crétion «le son sexe, la pureté «le son
«levoir et la sainteté «le sa famille.
Elle nous paraîtrait arrogante dans
In cité politique, et nous la mépri
sons dans la rue.
Au reste, qui ne. connaît pas le
véritable rôle «le la femme et le
christianisme n'a t il point fixé ce
rôle dans la morale la plus elevée et
la plus vraie Est-ce que le maria
ge, avec sa légitimité «!«■ droits, «le
devoirs, d'affections et «1«* sentiments
communs, n'est pas la plus haute
îles institutions sociales, — l'institu
tion sur laquelle reposent la famille,
la patrie et l'humanité? Par «pioi
vous plairait il de la remplacer pour
que lions ayons «I« s pères, des inè
res et «les fils? Votre liberté abso
lue, rêvée par «pielques fous ou
quelques dévergondées, produirait
pour la femme l'immoralité la plus
profonde et l'esclavage le. plus hon
teux. Ne supprimerait-elle point la
paternité et la maternité?
Oui, h; rôle «le la femme, rôle
chrétien n>Ie do son sexe et île si:
nature, est bien connu. Et ce n'est
pas en détachant la fcnnye de l'hom
me «pic vous « lèverez l'homme et la
femme. Car ils doivent marcher en
semble, grandir ensemble et s'asso
cier autrement «pie pour un jour
dans cette vie d'affections, d'o'iivres
et de responsabilités morales. Le
lien fait leur force, «?t tout ce qui
tendrait à relâcher ce lien, faisant
la femme plus libre, plus masculine
et plus politique, compromettrait
l'honneur de la IVmtne et, ne vau
drait iien de bon â l'homme.
Ce n'est pas, bien entendu, «pie
nous nous élevions en faux contre
la séparation et le divorce, et nous
n'admettons point l'indissolubilité
«pii consacrerait la misère, la guerre
et la honte", niais l'exception n'est
jamais que. l'aflirination «le la rè
gle, et nous pensons «pie le lien ne
doit pas être rompu sans cause, à la
légère et pour une fantaisie malsai
ne. Il est sacré. C'est m.e institu
tion suprême. C'est par lui que la
société existe, «pie la civilisation se
développe et «pic nous marchons
tous «laus la lumière, dans la vente
et dans l'honneur. Sans lui, encore
une fois, nous vivrions dans la pro
miscuitc et dans l'opprobre« plutôt
selon le règne animal «pie selon
l'intelligence et la coiisienec.
lîespectous le.
Plaignons «le même ceux «pii ne
le croiitraetent point et qui sont
immoraux.
III.
11 y a beaucoup «le femmes chré
tiennes aux Etats- i 'nis.
Nous «levons même dire que les
femnieschrét iclines sont la très gran
de majorité.
Et lions entendons aussi bien cel
les qui sont catholiques «pic celles «pu
son protestantes, l'ne légère «litte
renee dans le culte ne constitue point
une inorale «littérente, et ceux «pii
marchent dans les pas de l'Evan
gile, ayant la vérité de .lesus «laus
lecteur, n'étant ni menteurs, ni hy
pocrites, ni superstitieux, ni persé
«•iiteurs, ne sont assurément pas
(les païens. On trouve même bon
nombre «le philosophes tpii sont
aussi bons chrétiens «pus les pères
Jésuiti-s. Si les pèlerinages à lîome
ou à Lourdes sont bons, ils ne sont
aucunement «le rigueur, et croyez
fermement «pi'on peut être honnête
teiuine sans chanter absolument
les mêmes psaumes. Dieu va dans
tous les temples, se donne à tous
les cti'iirs sincères et ne damne pas
les uns pour faire plaisir aux autres.
Il est le même polir les protestants
de bonne toi que, pour les catholi
ques «h* bonne foi.
Nous disons donc que la femme
américaine est chrétienne. Et c'est
sa gloire. Ne lui en cherchez pas
une autre. Et tant qu'elle persévé
rera dans cette foi, dans cette loi,
dans ces meurs, elle sera «ligne, et
l'homme sera «ligne par elle. Car
c'est la dignité «le la femme qui fait
la dignité «le l'homme, Bien plus, la
dignité d'un peuple se mesure à la
dignité des femmes «le ce peuple.
Voyez les vieux Germains du temps
«le César, alors «pie la femme assis
tait aux conseils «les guerriers.
Quand la matrone filait, croyait à
N'esta et ne se couvrait point de bi
joux vains, lîome était lilire, fière
et forte. Mais si la Turquie, au
joiird'hui encore, est une houle pour!
le siècle et la civilisation, c'est (pie,
la femme s'y vend, n'a pas d'âme et
n'est qu'un objet de plaisir ou un
moyen de reproduction.
Oui, si vous voulez savoir ce
qu'e<l nn peuple, ce qu'il vaut en
intelligence, en moralité et en lu
mière, voyez ses filles et ses fem
mes. Le fils dit la inère encore
plus que le père. Et croyez bien
que d'une femme asservie, flétrie,
n'étant pas le reine (le la famille,
l'exemple du foyer et la conscience
(le la maison, il ne peut point sor
tir une race saine courageuse et,
faite pour de hautes destinées. Et
si — entre parenthèse — il nous était
permis «le ilire ici qu'il est nil grand
peuple dans le monde,très laborieux,
très généreux, ayant autant surpris
le monde par le miracle (le sa ré
surrection récente «pie par les mira
cles «le ses gloires passées, nous «li
rions que ce peuple possède, une
femme «pii est la divinité du travail,
de l'ordre et de IV-conoinie. Et cette
femme, une associée, une égale, nue
épouse et une mère, ne rêve pas
plus des libertés absurdes dans un
rôle masculin qu'elle lie consentirait
à s'avilir dans une polygamie im
pure.
IV.
Car, aux Etats-Unis, en dehors de
la grande majorité «les femmescliré
tiennes et sages, nous avons les fein
mes des deux extrêmes.
Et c'est bien le cas «le «lire que les
deux extrême* se, touchent. Lu ser
vitude et la licence donnent les
mêmes fruits, «les fruits pourris.
Le gynécée d'esclaves et le club «les
femmes libres se valent. Il y a la
même morale au fond. Et c'est au
nom «le la justice, «le la morale,
«le la civilisation et «le la raison,
«jn'il faut combattre toute doctri
ne ou toute religion faisant «le la
femme une espèce «le gars politique
on une Mormone abrutie et vil«?.
Mais commençons par le gars po
litùpie. Car c'est la raillerie qu'il
faut dans ce cas, tandis que dans
l'autre, bien que tout ce «pli ressem
ble à de la persécution nous «léplai
s«', il nous sera peut-être nécessaire
d'invoquer le concours des législa
teurs.
!

I
!
:
t
!
1
i
i
!
[
teurs.
Or, mesdames et mesdemoiselles!
«le la politique, «lu suffrage uni ver-1
sel et «le l'émancipation, n'il est
juste que la femme, beaucoup moins
mère et presque pas du tout épouse,
devienne citoyenne, électrice, vo
tante, représentante, sénatrice,
juge, constable, membre «l'un jury
et membre de la milice, ainsi que
l'égalité le veut et «pie les théories
nouvelles le réclament, i! faut pre
mièrement changer «l'habit. Vos
nouvelles fonctions civiles, judieiai
l'es, militaires, politiques et sociales,
lie s'accommodent plus «le la robe
et «le la jupe. La culotte devient
rigoureusement nécessaire. Ht si
le «levoir m'appelle, comme sol
dat i't milicien, â monter à cheval,
a courir à l'ennemi, à combattre les
Peaux Kooges ou les grévistes en
révolte, il me faut au moins une
paire «le bottes a l'écuyère. Les
longs cheveux de reine sont égalé
ment de trop, comme aussi la mo
destie. Adieu le travail «le la mai
son. le soin «les enfants, l'amour de
là famille, la causerie «lu loyer, la
lecture, le chant. !«• piano et la chas
teté! Oil est mon journal ou mon
fusil? C'est à «lix heures «pie je
pars pour la revue, le club, la < 'bain
lue ou le jury. Et mou discours
n'est pas encore achevé'. .le n'en
trouve point la péroraison, liait!
avant «l'entrer à la Chambre, dont
le séance sera sans doute fort ora
geuse, car on discute la suppression
«les sexes, je prendrai un ou deux
cocktails au cale «lu coin. Mais il
ne faut pas que j'oublie mon revol
ver. On ne sait vraiment pas ce
«pli peut arriver. Quant an gueux
accusé d'avoir maltraité su femme,
parceqne la pauvre malheureuse a
ilonne a souper a «pielques amis po
lltiipies. son compte est clair. Dus
se je retenir le jury renfermé pen
dant trois jours et trois nuits, il se
ra condamné â vingt ans de galères.
Ces hommes sont incroyables. Ils
veulent, toutes les libertés pour eux,
toutes les servitudes pour la femme.
A eux seuls les libri s amours!
Mais la femme, Dieu meici, protes
te. résiste, légifère, commande et
triomphe a son tour. Et c'est là le
progrès. Nous avons assez long
temps souffert, g « 1 111 i , pleuré et porté
la robe. Vivent les culottes, les
bottes à lY-ciiyère et les libres a
mours! La femme est enfin affran
chie !
V.
Pauvres folles.
Les libres amours, ainsi que vous
l'entendez, sont les libres débau
ches. Il n'en peut sortir «pie la mi
sère et l'ignominie. Si vous multi
pliez vos folies ou vos orgies par la
multiplication des hommes, vous
tombez dans le mépris d«^ la publi
cité et de la rue. Vous êtes la
chose flétrie, partagée, passant «le
main eu main et qui s'est livrée
elle-même. Vous n'avez plus «le
nom dans la langue «le la civilisa
tion et du respect. Et le respect,
croyez-le, est bien plus que l'amour
la véritable puissance «le la femme.
L'amour séduit, eut rai ne, emporte,
passe et laisse la vieillesse misera
|
!
,
;
I
:
j
;
j
|
1
ble et déshonorée. Ses écarts, char
mants dans la jeunesse, sont l'amer
tume et le repentir de l'âge mûr et
des vieux jours.
Eu vérité, une maison chrétienne,
honnête et honorée, n'est point une
tente ou une auberge. Quand la jeu
ne femme y entre,avec son mari,et le
mari de son choix et de son cœur,
c'est pour y rester, la faire sienne,
l'embellir, la peupler et ne jamais la
livrer aux maraudeurs de la profa
nation. Dieu, en lui donnant des en
fants, ne lui donne t il pus des an
ges gardiens? Et si elle quittait son
toit pour un autre, puis pour un
troisième, jusqu'à la flétrissure de
sa beauté et jusqu'au dégoût (les
choses, serait-elle bien sûre «le mou
rir dans une maison à moitié honnê
te, si cette maison n'était point un
hôpital ? A la dernière heure, que la
folie hâte toujours, aurait-elle un
mari et des enfants pour prier et
pour pleurer ? Les amants sont loin
à cette heure, et ils n'ont voulu de
vous que le plaisir et la beauté.
Mais si la maison dornest i«pie est le
sanctuaire de la femme, son royau
me et sa souveraineté, sans que le
mari cesse pour cela d'être le seul
et le véritable prêtre delà maison,
la cité politique, avec le forum, la
tribune aux harangues, le prétoire
et les légionnaires, ne vaut absolu
ment rien pour la femme. C'est un
renversement dans les rôles. Il est
des vertus que la femme perd sur la
place publique, et nous ne pouvons
désirer que la nôtre ressemble à
l'Amazone, qui se coupait le scia,
à la Spartiate qui n'était qu'une
reproductrice, ou à une politi
cienne. qui deviendrait une harpie,
lîleu plus, si la femme perd la pre
mière vertu de son sexe,la modestie,
vous pouvez affirmer qu'elle perd
tout. Car la modestie est le grain
précieux d'un divin chapelet «-t
quand vous avez rompu le 111 pour
en airacher la modestie, tous les
grains tombent, s'éparpillent et s'é
crasent sons les pieds des passants.
En d'autres termes, la modestie est,
la pierre précieuse «lu collier «le la
femme. Mais il ne serait pas bon,
non plus, «pie la femme n'eût que
«les vertus extérieures, et qu'elle
fût perfide, hypocrite et menteuse.
si
je
il
a
VI.
A l'opposé île la femme libre,dont
nous lie voulons pas, se trouve la
fejnme esclave, qui est misérable et
honteuse.
Et «piaml nous parlons «le la fem
me esclave, il ne s'agit point «le la
pauvre négresse «le Cube ou d'ail
leurs. Car cette négresse,malgré son
o' igine et sa peau, a autant de droits
à la vie et à la dignité humaine que
la plus blanche des Géorgiennes.
Mais il y a «les Géorgiennes oui
sont esclaves,non seulement en Tur
«plie, oil vous trouvez des marchés
île femmes, mais encore en Amé
rique, aux Etats-Unis, et sous les
plis d'un drapeau «pi'ou dit géné
reux, glorieux et républicain.
Voyez plutôt :
C'est à Salt Lake City que la chose
a eu lien, et ce sont les femmes de
l'I'tah, jeunes et vieilles, belles et
laides, que ont voté les splendides
Ill-solutions suivantes :
Lisez et lie soyez point seandali
•■Nous femmes de l'Eglise de .lé
sus — Christ et «les Saint du Dernier
Jour, a vous été calomniées par «piel
ques unes de nôtres relativement à
nos droits les plus sacrés, droits qui
if coulent des saintes révélations de
l'épouse et de la mère, venons ici
allirmer énergiipieinent nos vrais
sentiments et solliciter un examen
impartial et complet de notre cause,
c'est pourquoi i! est
h'i'soht «/ne—Nous, femmes «le
l'Eglise de Jesus-t ' h list et des Saints
du 1 »eruier .lour, en qualité «le cito
yennes légales des Etats-Unis,récla
mons le droit garanti pas la Consti
tution, à savoir «pie le Congrès lie
promulguera aucune loi relative à
l'établissement «l'un religion quelcon
que ou à son libre exeercice par ses
adhérents, droit que nous entendons
exercer non pour scandaliser au
trui, mais pour y trouver le bon
heur suivant les conceptions «le nos
ecnsciences :
"Jiénolu que. — Nous protesterons
contre la promulgation «le toute loi
tendant à priver «iescitoyens améri
cains, de l'un ou de l'autre sexe,
«le ses droits consiitutionne'ls,et que
nous unissons nos ellôrts pour ob
tenir l'unanimité «les voix des fem
mes «le notre croyance religieuse, re
lativement au vote d'un seizième
amendement pendant la session du
prochain Congrès;
"liétolu que — nous confessons so
lennellement notre, croyance dans la
doctrine «le l'ordre pertriareal du
mariage, doctrine qui procède «le ia
révélation divine et a été pratiquée
par le peuple de Dieu dès les pre
miers âges et est rétablie en ce mo
ment sur la terre par Celui qui a «'-té,
est et sera «le toute éternité, doc
trine qui, si elle était répandue et
pratiquée.suivant les préceptes sur
lesquels elle repose et les principes
et
le
la
le
I les plus purs «le la nature humaine,
1 donnerait la longévité, la force et la
gloire au peuple qui en ferait sa loi.
C'est pourquoi nous l'appuyons com
me étant l'un des principes fonda
mentaux de notre sainte religion et
réclamons le droit de la pratiquer ;
u Rtxolu que — Nous apprécions sin
cèrement les efforts des dames de
la National Woman's Suffrage As
sociation" qui, bien qu'opposées à la
pluralité (les mariages et n'ayant
nullement la même manière de voir
(pie nous à cet égard, ont néanmoins
bravement défendu les droits des
femmes de l'Utah dans les couloirs
du Congrès, et que nous saisissons
cette occasion de leur offrir publique
ment l'expression sincère de notre
cordiale gratitude;
'■•Résolu que — Les femmes de l'U
tah adresseront au Congrès un mé
moire justificatif de leurs doléances
et qu'elles feront toutes les autres
démarches nécessaires à l'effet de se
défendre contre les attaques impito
yables et injustes dirigées contre
leurs «lroits religieux et constitu
tionnels."
Le seizième amendement à la
Constitution, dont parlent ces da
ines, a pour but des protéger la
polygamie et (le lui donner droit de
seleil et «le cité.
VII.
La Polygamie, voilàle mot de ces
dames.
Car ce sont les femmes elles-mê
mes, en ce pays de Mormon, qui
demandent leur déshonneur et leur
honte, qui se groupent en troupeau
sous l'ombre «lu bélier et «pii trou
vent bonne une religion transfor
mant la femme en femelle.
La polygamie, pour elles, est un
dogme religieux. Elles s'en récla
ment comme d'une civilisation et (l'u
ne moralité supérieures. Le mariage,
dans les conditions de la monoga
mie, avec son égalité, son équité et
son respect, ne vaut rien. Les vieux
patriarches, avec leurs femmes et
leurs servantes, ont eu raison, et
c'est en vertu d'une révélution abso
lament divine que Salomon le sage
eut jadis à lui tout seul sept ou huit
cents femmes.
Un instant, les belles!
Oui, l'Orient eut la polygamie, et
il l'a même encore. Mahomet, pas
plus qu'Abraham et Salomon, n'a
été le législateur de la monogamie,
bien que la légende «le la création,
avec Adam et Eve dans l'aube «lu
monde et 1«! premier sourire de l'a
mour, aurait dû leur révéler la loi
sainte ei vraie. Il se peut bien, du
reste, que la nécessiter des premiers
temps et des temps antiques ait
justifié jusqu'à un certain point nu
semblable moyen «le reproduction
ou de multiplication. La Bible par
le d'un crescite et d'une multiplicami
ni très nécessaires. Mais la polyga
mie est la loi «le la force, de la vio
leuce et du mépris de la femme.
Et quand vous dites qu'elle est
«l'ac cord avec la rccéltition ilirine , et,
que cette, doctrine de six femmes
pour un homme a été établie par
"Celui qui a été, est et sera «le tou
te éternité," vous dites certainement
«les choses incongrues. Une demoi
selle qui parlerait ainsi mériterait
d'être fouettée. Quaml Jupiter lui
même, païen cependant, oubliait sa
divinité et ses devoirs, il avait soin
«le s'envelopper dans une nuée mys
térieuse.
Mais s'il est bien vrai que les
patriarche sont été palygames, s'il
est dans la 1 ïible et dans le Coran
tout le contraire de lu monogamie,
sans condamner à posteriori les
institutions de l'antiquité indienne,
arabe ou juive, nous «levons cepen
dant dire aux femmes «lu pays mor
mon : Vous vous trompez, commè
res. Si vous avez pour vous Abra
ham, Salomon, Mahomet, les Ara
bes, les Turcs et les débauchés,
vous avez contre vous l'église de
Jésus-Christ. L'Evangile est contre
vous, et si le christianisme a été bien
positivement la Loi nouvelle, la fin
du mosaïsnie, «lu sabéisme et du sa
loinonisme, c'est parcequ'il a irré
vocablement condamné la polyga
mie. Entreautres affranchissements
admirables, ceux «le l'homme par
exemple, le christianisme a procla
me celui «le la femme. La mère «l'un
Dieu ne peut être que chaste, sain
te et, sublime. Et si vous ne compre
nez point la sainte famille nouvelle,
celle «lu vrai dogme chrétien et ré
dempteur, voyez hi fuite en fJgyyte :
Joseph, Marie et Jésus.
VIII.
Oui, la, polygamie, comme le po
lythéisme, est un retour au passé,
l'homme reprenant, le chemin «le la
servitude, la femme rentrant dans la
boute, la morale redevenant celle
de la force, de la violence et îles
consciences sans lumière.
Il n'en faut point.
Et vous, femmes de l'Utah, vous
êtes des malheureuses. Vous n'avez
pas le droit «le vous nommer citoy
ennes légales, «le vous réclamer de
la Constitution «les Etats-Unis, bien
moins de demander qu'oa flétrisse
ce pays et qu'on souille cette répu
blique par un amendement constitu
tionnel que consacrerait un oppro
bre social. Vous êtes à peine des
filles de tolérence. Les conceptions
de vos consciences sont des concep
tions malsaines. Il ne faut pas
vous servir trop liant de ce mot do
conscience. Il n'y a point de con
science sans liberté et, sans dignité.
Car les femmes du tour de rôle, qui
peuvent au besoin porter des numé
ros pour noms, qui sont plutôt des
concubines quedes épouses, et qui
ne connaissent point la jalousie,
cette exaltation d'un amour vrai et
d'un sentiment profond, out perdu
presque tout droit au respect et
tout titre il la civilisation. On les
excuserait plus volontiers si elles
étaient polygames d'une autre ma
nière. Mais leurs Saints du Der
nier Jour, comme elles disent, no
sont guère plus respectables que
ceux de l'abstinence, qui ne sont
point dans la nature, ou que ceux
qui volent les femmes des-autres, et
dont l'action est criminelle. Ces
Saints du Dernier Jour ou de ht
dernière orgie sont des coquins.
Certes, il n'y a point d'à-peu-près
qui ne trouve assez facilement des
prêtres, et toutes les singularités
ont des admirateurs; mais il n'est
pas bon, à ce siècle de christian
isme, de philosophie et de science,
que l'immoralité ait des temples,
des autels et de l'audace.
Et le mormonisme est une immo
ralité.
Quand la Turquie est à la veille
de se défaire de la polygamie,quand
le Coran lui-même ne vous accor
de que trois femmes, quand l'hu
manité est positivement entrée dans
la voie des vertus supérieures et
«les libertés glorifiantes, quand la
femme américaine, la vraie, la sage
et l'honorable, a pris son rang ci
vil, social et religieux, est-il décent
que les tilles et les esclaves «le
l'Utah réclament effrontément les
temps des patriarches et leur glori
fication ?
En vérité, ces femmes sont folles,
pour ne pas dire autre chose, et si
elles ont droit à un sentiment, nous
leur accordons celui de la pitié ou
«le la commisération.
Au reste, ce ne sont point elles
qui ont rédigé ces singulières Rc.no
lut ion* , et quand elles les ont votées
a l'unanimité, après un discours de
la dixième teuime de Brighain
Young, qui-en eut une vingtaine,
c'est par l'ordre des hommes, des
maîtres ou des Saints du Dernier
Jour. L'on dit même que ce jour-là,
après le meeting, ces malheureuses
ont brisé presque toute la vaisselle
de leurs Saints.
Avaient-elles bu du whiskey?
IX.
Encore 1111 mot.
Nous avons une Constitution, une
législation, des lois et une morale.
Nous pouvons même dire que tout
cela n'est pas absolument mauvais,
bien que certains Fouinets trouvent
le divorce abominable et la liberté
de conscience diabolique.
Or, la monogamie étant dans nos
lois, quand un citoyen de la Nou
velle Orléans,«le Philadelphie ou (le
Boston se marie une fois à Philadel
phie et une fois à la Nouvelle-Or
léans, il est bigame.
Et la loi ne lui demande pas pour
quoi il s'est marié deux fois,quand il
en est d'antres qui ne se marient pas
«lu tout. Elle ne veut pas savoir si la
première femme est sèche, revêche,
pie grièche et désagréable an pos
sible. Elle n'entre point, pourcecas,
dans les imcompatibilités d'hu
meurs, de mœurs et de sentiments.
Vous pouviez vous séparer, et le re
cours légal était là. Notre législation
est généreuse, courageuse et ne re
culant point devant la mal à réparer.
Le mariagenepeutpasêtre uneclmî
ne de deux galériens,avec deux bou
lets «le misère, «le haine et «le honte.
En vérité, la loi ne voit que
le fait, (pie la bigamie , et elle con
damne sans hésitation le citoyen de
la Nouvelle-Orléans, «le Boston ou
de Philadelphie. La morale le veut,
comme aussi le salut de la famille et
la dignité de la femme. Et per
sonne ne proteste, excepté peut
être le bigame. Mais si la bigamie
était facile, possible et autorisée,
que de\ien«lait la société, et la ma
riage, lien d'un jour et d'un capri
ce. existerait-il encore parmi nous ï
Quant à la civilisation, à coup sûr,
elle disparaîtrait. Nous entrerions
dans la sauvagerie des libres amours
etiles enfants sur le chemin. Pauvre
j Agar, que ferais tu «le ton fils Isinaël,
l et toi. honnête Abraham, es-tu bien
sûr «l'avoir respecté Sara, ? Arrière
les momrs du Vieux Testa
tanient !
! Or, entre le Mormon, citoyen «les
Etats-Unis, qui preml quatre, dix et
; vingt femmes, et les citoyen de la.
Nouvelle Orléans ou île Philadel
phie, «pii n'en prend que deux, et
toujours en cachette, quelle grande
différence voyez-vous, et lequel est
! le plus innocent «les deux ? Si"vous
J condamne:: l'un, pourquoi donc ab-

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