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Le Louisianais. [volume] (Convent, La.) 1865-1883, September 13, 1879, Image 1

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Ce Conieianais
L. S. U.
Library \
^ Baton Keuga
JOURNAL POLITIQUE, LITTERAIRE ET CAMPAGNARD
VOL. XV.
PAROISSE ST. JACQUES, LOUISIANE, SAMEDI 13 SEPTEMBRE 1879.
NO. 46.
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;j OURN_A-Xj officiel
— l>i; LA—
Paroisse St. Jncqucs,
l'IHLIK CIIAQl'F. SAM Kl» I DANS LA
Paroisse St. Jacquow,
Convent I*. 0.>
Loui«iaiie.
J . GENTIL,
r:i)i te vu e r i: ev.iv te i u.
Abonnement :
£55.00 PAR ANNEE.
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»•1.
|eu
,\ï .utiîi s.
Je no suis point. brave homme,
Exactement, mon nom ,
Si j'apparl iens ù lîonie,
A la Uéforine, ou non.
< 'iir si Iîoinc est la reine
lit. le rayonnement.
Je ne sens nulle Inline
l 'ont - Genève, vraiment.
Cai' uni IiIh'C pensée
N'a pus, liilele au • 'lirisl,
I.a tu rem insensée'
< t »ui profane ou proscrit.
Car je sais que les hommes,
Ayant divers autels,
Etant ce (pie, nous sommes,
Sont faibles et mortels.
Car je crois, sur mon âme,
Que tonte vérité,
Dans l'homme et dans la femme.
Se nomme Charité.
( 'ar le vrai I )ieu lui même
Ne nous a point permis
1 >e lancer l'anathéme
< 'outre nos ennemis.
Car ee Dieu, not re' niait re
Et notre créateur,
N'a point (lit à son prêtre :
Sois un persécuteur !
Car ee Dieu, notre père,
Aime tous ses entants
Et dit à l'homme : Espère
Les grands cicux triomphants.
l',u vérité, qu'importa
La hauteur du plancher,
La grandeur de la poite
Uu le 110111 du clocher '
Le temple vaut le temple,
Et le haut monument
< Iii j 'admire et contemple,
Se nomme firmament.
Tous les antres, de forme
Humaine, auront toujours
Quelque chose d'informe,
Kt vivront plusieurs jours.
Mais le saint Evangile,
Que je lis très souvent,
N'est point bâti d'argile
Et ne craint pas le \eut.
Clarté grande et suprême,
Splendide vérité,
II est celui qu'on aime,
Il est l'éternité.
j
:
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:
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;
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j
.
!
|
'
:
Oui, chrétien , mon brave homme!
11 est la foi, la vie,
Le guide et le soutien,
Et notre âme ravie
y voit ce mot : Chrelii u.
Et je puis l'être aussi
Bien à Paris qu'à Koine,
A Genève qu'ici.
Mais je lis un passage
Dans le Livre divin,
Qui me semble très sage.
Qui ue peut-être vain,
.
Et qui s adresse aux prêtres,
Aux hommes du saint Lieu :
"Vous n'aurez point deux m ai très
V l i fois • //or et Dim "
-Y la lois . 1j oi er jju n.
J " G"
Le sort en est jeté — aléa jiicfa est,
comme 011 «lisait autrefois, et la
France est désormais républicaine.
C'est là 1111 fait qui s'allirme à cha
que minute, qui se confirme à cha
que heure, et que les jours, ces lac
j tours «le tout progrès et ces agents
: «le toute vérité, dégagent «le plus
j en plus des doutes, des incertitudes
et des prohabilités de l'hypothèse.
' Il n'y a plus «le rêve dans la répu
: blique. 1-e lève d'hier est. devenu la
i réalité, et l'aspiration est doréna
! vaut une évidence et un fait. Car
'la démocratie, cette justice si long
I temps cherchée, pour laquelle tant
I d'hommes ont combattu, et qui por
; te en elle l'avenir et les destinées
(lu monde, ne saurait vouloir poul
ies peuples affranchis et pour les
! nations libres une autre maison que
j celle de la souveraineté du peuple
et de la république du droit. La mo
narchie et l'empire sont les contrai
res de toute démocratie véritable,
j et le despotisme qu'ils contiennent
! plus 011 moins, sous une forme on
' sous une autre, avec, des castes, des
I classes et des privilèges, les expo
; sent nécessairement à la force, et à
l ia légitimité des révolutions. Seule,
la république, avec la somme de dé
mocratie invessnire et sage, ne re
doute point ces révolutions, et l'on
peut dire que. ce mot, effrayant pour
beaucoup, parce qu'il comporte l'i
! dée de désordres et de bou'everse
! 111 ci 1 1 s sociaux, devient iuolVensi f et
paisible comme un bon et honnête
1 bourgeois par la simple suppression
i de la lettre lî. La L'rrolulion est
I supprimée par V Erohition.
1 1 faut donc, pour la France elle
j même et pour les autres nations, se
' réjouir que la France soit désormais
une république, et une république
inv vocable.
Car rien ne prévaudra plus cois
Les partis hostiles à cette
de gouvernement nécessaire
mot ratique, divisés ou réunis
forme
et de-I
• d'un
nom ou d'un autre, sont, dès loi s et
pour jamais impuissants contre elle.
: Ils useront vainement leurs ongles,
Meurs griffes et leurs armes contre I
! sa raison, son bon sens et sa justice, j
! Ils 11'niirciit plus que des fureurs
impuissantes et ridicules. Car le j
i peuple n'est point avec eux. Il les
a quittes pour toujours, portant said«..
i loi. sa force et ses espérances ail- j
I leurs, et bien résolu à vivre dans la j
vie, dans la liberté, dans le progrès j
et dans l'ordre snpei leur.
Voyez ou en sont ces part h.
Si hier, quand la république était
encore incertaine et douteuse dans
les esprits, ils s'entendaient comme
Marrons en foire, ou sait bien qu'ils
[ ne s'entendent plus guère aujour
I d'hui. Chacun deux a repris sa co
) carde et son drapeau. l'Ius de co
ndition. Sans sortir complètement
! du mensonge, ils sont au moins sor
I tis de ce mensonge là.
M a is qu'ils sont faibles !
On peut presque en parler com
, me d'une légende des temps pas
j sés, — en paler comme on parle des
morts.
Xc serait il pas même bon d'avoir
uu peu de pitié et de commisération
pour eux Car il s'op -re dans leur
sein un singulier travail de désa
grégation, et beaucoup de leurs
homines, chefs et soldats, las d'at
1 tendre ou fatigués de leurs dieux,
j arrachent chaque jour la cocarde de
I leurs bonnets et vont servir sous
les drapeaux de la république. Ces
partis seront des groupes demain.
l.es d ( )i léans eux meines, à l'heu
re présente, sont ils autre chose
! qu'un groupe, et quand la famille
j est assemblée, avec quelques rares
fidèles dont l'humeur est pacifique,
; cela ressemble t il beaucoup à une
royauté ou à une monarchic ■
I II n'y a pas en France de monur
' ehie plus oubliée (pie la monarchie
'constitutionnelle de lx.K). Tombée
j avec Cni/.ot, elle a été ensevelie
par Thiers. Quant à son chef, si
. toutefois elle en a un, on sait que
t-sa maladroite soumission à son cou
sin Chambord lui a enlevé toute la
! popularité qu'il aurait pu gagner à
!
!
1
!
:
:
!
;

:
tine attitude entièrement different«;. |
| Il e>t vrai que ce brave Cham
bord, qui depuis m longtemps dor
' niait dans le lève du dioit divin et
des lis blancs, vient de se reveiller.
: Il parle, i! écrit, il fait l'homme. La
mort du petit Louis lui a fait eotice
voir des espérances sérieuses. L'eut
l'il eu soit, cet homme
monde se' lève et dit : !
i des petits tils de lieu- !
nnuie-t il en .Vu11 iclie, sa pa
trie. Quoi ipi
d'un auire moud«
"Je suis l'un des pi
ri IV ! La France m'appartient!"
Bien dit, Chuinhord.
Mais viens la prendre.
En vérité, c.etto monarchie est,
I bien morte, et sa résurrection est
ilussi i u) p 0 issiltle que celle de Char
j | em agne ou de Charles -Martel.
uiL chussenots nai tiraient i
l„ in. ssipi.is Ii.iim.ut n
d eux meines, a «ht le vieux Mac
j M alio u.
|
\
I
j
j
i
j
Est-ce que le peuple connaît cet
te antiquité là 1 Est-ce que ce peu
ple, sorti delà Révolution françai
se, ayant passé à travers les guer
res et les gloires «lu premier Empi
re, démocratisé par quatre vingt
dix ans de, luttes, de travaux et «le
libertés, connaît le drapeau Manc,
aime les fleurs de lis et se soucie
beaucoup d'Henri IV et de ses
petits-fils? Si les nobles «1e la
fidélité nnté-diluvienne ont con
servé dans ee qui reste do leurs
pigeonniers antiques un cuite au
droit divin et. au droit féodal—qui
sont la même chose — ces braves no
bles sont peu nombreux, peu dan
gereux et pas du tout révolution
naiies. Ne les trouve t on pas même
un peu dans tons les camps? La
Vendée n'existe plus, et les gars du
Bocage, en voyant passer les che
mins de fer de la civilisation et du
progrès, ont 1111 peu changé d'habit
et d'esprit. Ils sont peu disposés à
imiter le cri de la chouette au profit
de Louis Vciiillot et (lu comte de
Chambord.
Il y aura sans doute des pèleri
nages à Lourdes, bien chauffés, bien
nourris d'enthousiasme, bien dévots
et bien religieux, surtout an prin
temps prochain, quand les neiges
seront, tondues et que les truites du
Cave seront saumonées à point — et
l'on fera tout naturellement des mi
racles d'un genre édifiant et parti
culier, bien que Léon XIII n'ait pas
l'air de, donner . beaucoup dans
ce genre d'affaires pieuses — mais
les pèlerinages et les miracles de
Lourdes, bons dans certains cas
et pour certains éeloppés, sont im
puissants quand il s'agit de ressuci
ter les morts.
Et la royauté légitime est assu
rément bien morte.
L'esté le parti bonapartiste.
.Mais qu'est il devenu depuis la
11101 1 tragique de l'héritii r présomp
tif et présomptueux de la couronne
impériale ?
A propos de ce jenr.e homme,
dont la cendre n'est plus chaude et
a mère seule pleure encore—
que
on peut-être impératrice et mere—
' il paraît qu'il avait d'étranges idées
| sm h' peuple, sur le gouvernement,
| { .f stlr |,, J'rance. Ayant appris l'his
>0 j,. 0 sait oil et sous les aus
I pj (; os de Dieu sait'qui, il haïssait
j d'une haine cléricalement et fa
piement espagnole la "révolu
j t ion française. Jeune Hercule, il
voulait l'étouffer comme le lion
said«.. Neiuée. Il lui avait promis
j IVxterniination. Filleul du pape,
j j| avait oublié que c'était la révolu
j lion française qui avait pris son
grand oncle dans les rangs obscurs
d'une noblesse douteuse et corse, eu
avait l'ait • un officier de fortu
ne et d'audace, et l'avirt, selon
sii propre expression, couché dans
le lit de ses maîtres. Mais les
parvenus oublient facilement Fur
origine,
et le tils de N ipoléou
111 et d'Eugénie, un peu français,
un peu corse, 1111 peu anglais, un
peu espagnol, mais pas par 'e cote
du Cid, avait, dit on, pour ideal ee
sombre, cruel et fanatique duc d'Aï
! be (pli fut presque trop féroce pour '
Philippe IL j
Avouez que ce singulier jeune :
! homme aurait fait uu singulier em- 1
pcleur. j
Mais la fortune, qu'on dit aveu
1 gle, a d'étonnants dénouements, et
! c'est en Afrique, parmi des nègres
et dans un champ de maïs, que le
: jeune et redoutable ennemi de la
révolution française perdit la vie,
: son scnpulaire et la montre de son
! grand oncle. U était alors déguisé
; en Anglais.
■ De tMs dénouements feraient croi
re a Dieu, si on était tenté de le
méconnaître. Car ils disent tout ce
: qu'il y a île, vain, de pitoyable et de
misérable dans certains êtres qui
nai.-s uiee et l'origine.
Exceptionnels !
Pourquoi pas infaillibles?
Mais les coliques, les maladies,
les infirmités et la mort sont heu
reusement là pour rappeller a ce:
supposent exceptionnels par la
d'exception et d'infaillibilité j
qu'ils sont un peu de poussière, un
pen de néant et beaucoup de sotte ;
et ab
Ce
urde vaiiite
;t donc Jérôme,
lil bête noi
| re de la famille, qui est devenu l'in
ritier présomptif et peu probable de
l'empire.
Car Jérôme déplaît à Cassaguac
père et fils, a un passé fort peu clé
rical, ressemblerait presque à un ré
publicain, si les lïonupartes pou
vaient avoir une semblable foi, et
n'osera jamais tenter un décembre
quelconque. Ou ne l'aime peint, on j
! Ill> l'admire pas, et chacun sait qu'il i
! :l 'nar.gé de la viande un vendredi j
i , - , , . -
j p,-ouner îmnrstre de Jeromo.
saint avec Ste. Beuve et autres. j
| C'était fort bete sans doute, et la ,
\ véritable philosophie ne s'amuse pas j
I à des farces de ce genre ; mais des j
j plaisanteries de cette mit uro font |
j souvent du mal. Veuillot lui en vent i
i d'une dent canine, et n'a pas tort, j
j On sait du reste qu'Ollivier serait |
Le parti bonapartiste est donc!
j dit
iibsoluineiit disloqué. Outre que la '
légende n'est plus là pour servir
d'auréole à son iront, et que Sedan
et Metz ont abaissé l'empire au des
sous «les choses qui ne se nomment
pas, les hommes comme Boulier se
sont discrètement et prudemment
détachés du groupe. Et vous voyez
tomber les uns après les autres,
comme autant «le feuilles d'autom
ne, les feuilles subventionnées
hier par l'ardente Eugénie et. son
jeune fils. La foi bonapartiste est
morte. Plus «l'argent. Les uns s'en
vont à droite, les autres à gauche.
La débandade est commencée. Cham
bord héritera «le quelques bonapar
tistes cléricaux. Mais la république
a déjà hérité «1<î la foule de
ceux qu'on nommait hier les ru
raux. Pour Jérôme, malgré sa (ines
se, sa souplesse et sa supériorité
d'esprit, il ne sera jamais plus em
pereur de France que vous et moi.
Son fils aîné, un tout jeune Savoy
ard qui plaît à Cassagnac père et
fils, vivra et mourra aussi sans cou
ronne.
La France, voyez-veus, n'a plus
de couronne que pour elle-même.
Elle est désormais républicaine et
irrévocablement démocratique. Il
n'y a plus de parti royaliste ou
impérialiste qui puisse l'agiter sé
rieusement et la faire, sortir de la
voie où elle est entrée. Quant au
parti clérical, bruyant pour le
<1 naît d'heure, mais impuissant
d'autant, 011 l'apaisera par la plus
juste et la plus rationnelle des so
lotions démocratiques. Car il n'est
pas méchant au fond. On supprime
ra le Concordat, ou séparera l'Egli
se de l'Etat, ou rendra à l'Univer
sité son droit, sa force et sa légiti
me et libérale influence sur les es
prits.
La République est faite.
Ne pleurons pas.
Cette république, du reste, est si
peu terrible, si honnêtement bour
il
geoise, si conservatrice, comme 011
I
Elle a des précations touchantes •
et des conciliations admirables. j
Ceux qui l'attaquent et la calom
nient out bien tort vraiment. Ils
trouvent la mariée trop belle et sont
des ingrats. Comment la voudraient
ils donc, et pourquoi cherchent ils à
l'irriter ? Est-ce «pie la modera
tion de Gambetta et la sagesse
de Grévy leur déplairaient, et pré
féreraient-ils (pie. cette république
eût la pique des heures sanglantes
et des jours révolutionnaires ? Mais
eu
npeut. Cette république ;
est prndenre, est modérée, ,
le siècle et selon l'intérêt j
mocratie et
ee
' bh
j générations qui tournent le dos au
: passé et qui font f'aee à l'avenir.
1 Aussi, loin de pleurer, réjouissons
j nous
ils se tr
e>t sage,
est selon
de la franc.'. Elle restera ainsi. Les
réformes qu'elle accomplira graduel
lement, s'accompliront sans violence
et sans précipitation, par la seule
force et la seule logique des choses.
Car hi France, Dieu merci, est dans
le grand chemin du droit, «le la dé
justice, et s'il a fal
lu la terrible brèche de O.i pour sou
viïr un chemin et, passer, la France
est aujourd'hui loin de cette brèche !
historique et révolutionnaire, loin |
de ces jours redoutables et formula
loin en avant sur la route des 1
"" '.„'"bü^s
I tats- I ^ÏS,
Depuis qu'ils ont traversé la
grande crise de la Confédération,
qui fut après tout la seconde pério
de révolutionnaire et la deuxième
partie du programme d'affranchis
sèment, les Etats-Unis il ont assu
rément pas baissé.
Ils jouissent présentement d'une
paix profonde, et personne, pas
pins au Nord qu'au Sud, à l'Est
qu'à L'Ouest, ne songe à troubler
cette paix par des rêves de divi
sion, de separation ou de dissolu
tion politique. Il semble même que le
E phiribus uiiiim soit plus vrai et
plus fort que jamais. Les deux par
j {js de la république, un instant sé
parés par un abinie, se sont nip
; proehés et ont effacé la distance de
haine que la guerre avait faite en
tre eux. Les républicains veulent
moins hi centralisation, les démo
crates moins la confédération, et
j ] a patrie est une nécessité et 1111
i valut. Si l'Etat est quoique chose, il
j u ' 0 st pas tout. Si l'Etat était, tout, à
l'Union gagne à ce rapprochement, j
Car si l'extrême centralisation !
n'est pas bonne, il faut bien cepen- j
dant que les Etats-Unis soient un i
peuple et une nation. L'unité dans
la langue, la législation, l'enseigne
ment, les principes, la doctrine et j
j ppjne [attaché à l'ensemble par un
, ij t i n facile à rompre, lu nation existe
j ruit-elle ? Dem lin, en vertu de cette
j doctrine, vous verriez les Etats
| Unis perdre leur nom, se désunir,
i S e morceler et mourir. 11 faut que
j Washington reste la capitale, de ce
| pays. Washington est un dogme I
politique et national. |
E?t ce à dite que le parti républi-1
' cain soit absolument dans le vrai, I
ou la parti démocratique absolu
ment dans le vrai !
Il n'est aucun parti dans ces condi
tions de vérité absolue. Chacun
d'eux a sa part de raison et de né
cessité. Mais ils sont tous les deux
utiles. Dans un pays comme les
Etats-Unis, avec un gouvernement
reconnu par tous et des institutions
que personne n'attaque, l'un d'eux
marche, et l'autre modère ou régu
larise. Mais aucun n'est dangereux.
La nation, avec sa souveraineté, avec
ses pouvoirs pondérés, avec l'élec
tion «pii répare et corrige à temps,
domine toujours les partis. Ce n'est
en r(alité que par elle et pour elle
que tout se fait.
Aussi, à l'heure actuelle et dans
l'état actuel des choses, bien qu'il y
ait des pessimistes çà et là, nous ne
voyons aucun «langer sérieux sus
pendu sur la tête des Etats Unis.
Grant lui-même en est-il 1111 ?
C.ir Grant, après avoir fait son
tour du monde et s'être assis à la
table de tous les souverains de tou
tes les souveraines de la terre, ar
rive.
Il sera dans quelques semaines à
ù San Francisco, et son arrivée sera
un événement.
Car cet homme tranquille , comme
011 l'a nommé, à tort ou à raison est
un homme national. Aucun autre
n'a sa popularité ici et ailleurs. Les
faits, les circonstances et la fortune
l'ont ainsi voulu. Ni grand général,
ni grand président, r.i grand homme,
il a pourtant un peu de tout cela.
Grant est un homme heureux. Cer
tains individus naissent ainsi.
Sera t il candidat à la présidence
des Etats-Unis ?
Pouvez-vous en douter
tés ambitieuses et font cortège à
cet homme. Us 11'ont qu'une popu
larité d'Etat, et cela s'efface devant
I une popularité nationale. Us ne
• peuvent lutter contre lui. S'ils bri
j guent un honneur, ce sera le second
ou le troisième: la vice présideu
ce ou un ministère
Sherman, Conkling, Blaine et les !
autres, à son arrivée, rentrent dans |
l'ombre, s'excusent de leurs velléi- :
à
Mais Grant sera t il l'élu ?
La chose, sans être certaine, n'est
pas improbable. La machine admi
nistrative et républicaine est à. sa
disposition. Grant, après tout, est
moins partisan que Colliding, Blai
ne, Sherman et lîayes lui-même.
Partisan dans la lutte, comme la
nécessité le voulait, peut-il l'être
; dans la paix, quand la raison com
, mande le contraire ?
j Ce n'est pas, bien entendu, que
nous désirions sa réélection, et les
républiques n'ont pas spécialement
besoin d'un homme. Grant, du reste,
est trop soldat, et les soldats, par
la nature de leur éducation et de
leur esprit, par leur ignorance ha
bituelle de la société civile, con
viennent assez peu à la tête d'une
administration politique et supé
rieure. En plus, un troisième terme,
! quand Washington lui même n'eufc !
| point cet honneur quasi-royal, serait
un précédent fâcheux er dan- ]
1 gereux. Mais la réélection de Grant, !
l'homme de l'armée, l'homme d'un
parti militaire, l'homme des classes
aristocratiques du Noid — car il faut
bien avouer que cette démocratie
a des classes semblables, tout au
moins une semblable classe de riches
possesseurs et de hauts financiers — :
ne mettrait pas la république des j
Etats-Unis en péril. j
Car le peuple américain, tant !
dans un parti que dans l'autre, par j
origine, par histoire, par tradition, s
pin - sentiment, par intérêt, par gloi- j
re. et pareeqne ee >LlXe. siècle n'est |
pas précisément celui des royautés,
des empires et des théocraties, croit
à sa souveraineté, aime la liberté et
n'entend à aucun prix sortir de la
démocratie moderne, du droit sou
verain et du progrès suprême.
Toutefois, si c'est possible, évitez
Grant.
cpmsiAjp,
La Louisiane n'est pas heureuse
et pas chanceuse.
Aux temps «le superstition et
«l'impiété où les fléaux s'attribu
aient à Dieu, on aurait assurément
j rendu Dieu responsable des mal
! heurs qui frappent la Louisiane,
j Mais si ces temps de superstition
i et il impiété ue sont plus, les fléaux
n'en frappent pas moins.
Et la fièvre jaune, les ouragans
j et la politique, tour-à-tour, alterna
tivement, souvent même à la fois et
tous ensemble, se disputent ce mal
heureux Etat de l'Union atnéricai
j
I
;
I nomme politique
| Le peuple, dans la souveraineté
de su conscience et de son droit, —
En effet, quand l'ouragan vient
de passer et de détruire, avec la
peste flottant dans l'air et suspen
due sur nos tètes, il nous faut faire
cette chose déplaisante, insolente,
puante, odieuse et misérable qu'on
grand mots sur un néant — est ap
pelé aux urnes, aux polU, si vous
aimez mieux.
Il lui faut, paraît -il, ratifier la
Constitution faite hier, et se choi
sir des gouvernenrs, des législa»
teurs, dos juges et un tas de fonc
tionnaires indispensables.
Pas moyeu d'éviter cela. C 'est
une nécessité. La machine ne mar
cherait point sans toutes ces inven
tions. Nous sommes une société, une
civilisation et un gouvernement.
Et nous sommes citoyens.
Donc, non parcequ'elle est très
bonne, mais parcequ'elle est moins
mauvaise, on ratifiera la nouvelle
Constitution.
On c'est le peuple.
Mais si, dans ce magnifique On
collectif, il en est quatre sur mille
ayant lu et connaissant la nouvel
le Constitution de la Louisiane,
c'est tout le bout du monde. ÎNotie
chiffre est même très généreux.
La population de la Louisiane est
composée de gens qui 11e savent
pas lire, de gens qui 11e lisent point
et de quelques braves gens qui li
sent pour les autres.
Mais si le peuple, avec 1111e com
plaisance sincère et très peu d'en
thousiasme, ratifie la nouvelle Loi,
il est certain que ce même peuple,
avec un instinct supérieur et 1111
flair qui 11e trompe pas, «lira à la
dette : Comptons, s'il te plait, et
mets les pouces, ma belle. Je n'en
tends pas être étranglé par toi. Je
veux bien payer les fautes, les frau
des et les vols de mes agents et de
mes commis, mais pas jusqu'à la rui
ne, l'esclavage et la mort sur le fu
mier. Seliylock, défalquons.
Si l'avocat et le conventionnel
Sem mes a fait une magnifique pé
! roraison sur les ressources et les
| richesses de la Louisiane, la formi
: «labln queue du dernier ouragan a
la
foudroyé la péroraison et les argu
ment s de l'avocat Semiues.
Oil est le, coton ?
Où est le riz ?
Où ert le sucre?
Où la misère n'est-elle pas ?
Salua patriœ en t lex suprema.
Et le peuple, sans savoir le latin
comme Sommes, un curé ou un pro
fesseur, sait que le salut de M patrie
est ht loi suprême.
Reste la question des individus
ou des candidats, qui n'est par la
moins importante, paraît-il.
Mais tous sont «l'accord sur «e
point, tous: démocrates, républi
cains, greenbackistes,conservateurs,
réformateurs, journalistes, avocats,
marchands, médecins, ouvriers,
agriculteurs, blancs, noirs, jaunes et
philosophes.
! de lièvre, mais un lièvre. Car le ci
vet de lièvre est chose excellente,
] et nous ne voyons par pourquoi lo
! peuple ne se passerait point la fan
C'est une splendide unanimité.
Par un voix discordante.
Un mémo cri, que voici: Choisis
sons de bons hom mes !
C'est clair, très clair, excessive
ment clair. Nous voulons tous de
bons hommes. Personne n'en veut
ouveitement de mauvais. Ce n'est
pas un lapin qu'il faut pour un civet
taisie d'un tel civet.
Mais où sont les lièvres?
Mais où sont les hommes?
Et ceux qui sont bons pour celui
ci sont-ils bons pour celui-là? La
bonté, en politique, n'est-elle pas
: une chose essentiellement relative
j aux goûts et aux appréciations des
j individus? Cette relativité serait-elle
! même spéciale il la politique, et ne
j trouvez vous pas parfois, même en
s cette république de liberté et de lo
j léranee, des sectaires qui se maltrai
| tent volontiers et s'excommunient
peu charitablement ?
La bonté !
Quel admirable joyau sur la terre!
Ce pays, toutefois, pas plus quo
les autres, n'est sans hommes bons,
courageux, vertueux, dévoués et
désintéressés.
Les chercher importe.
Les trouver importe
ment.
C'est ce que les délégués f
veution «le Bâton-Rouge,
avec une lanterne de Diogène, fe
ront le mois prochain. Et nous es
j péi-ons que quatre on cinq cents
I lanternes suffiront à découvrir en
; Louisiane cinq ou six hommes d'in
telligence, de patriotisme et d'hon
neur.
Disons même que la chose est
facile et faite.
égale
i la Con
cliacun

la
Le 3 août a eu lieu an Château
d'Eau, sous la présidence «le M. Vic
tor Hugo, et au profit du congrès
ouvrier «le Marseille, une conférence
dans laquelle le grand poète a fait
allusion au futur canal «1e Panama.
Nous en détachons le passage que
voici :
"Lu question unique à cette licure, eVnfc
lo travail. La question politique e.st réso
lue; la Révolution est laite, et. rien ne la
défera. La question sociale reste ; elle est
terrible, mais elk- est simple; c'est la «jued-

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