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Le Louisianais. [volume] (Convent, La.) 1865-1883, February 12, 1881, Image 2

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(Je n'est pus (pie lu Constitution
fie 1870, eu dehors de «us principes
et de Mes grandes ligues d'ensemble,
dans ses détails intimes et particu
lier», ne soit attaquable et cent Ibis
vulnérable. Les IjÇfslateuis peu
vent le dire, les juges peuvent le di
re, les fonctionnaires publics peu
vent le dire, et mille antres peuvent
le dire ; mais nous croyons, nous,
en avoir assez dit pour lu moment.
Au roste, elle a encore une anuf-e
d'expérience devant elle, et il se
pent bien que cette, année d'expé
rience,toute i\ son avantage et à son
développement, lions la montre e i
1882 sous un jour plus favorable et
avec des vertus que nous ne lui
soupçonnions pas.
Et alors «lie sera sauvée.
Ce que nous lui souhaitons de
tout notre cœur et très sincèrement.
Car nous n'aimons ni les agita
teurs ni les révolutionnaires pour
un pays qui a besoin de travail et
pour un peoplequi a besoin d'ordre.
Mais nous aimons aussi la démo
cratie et la justice.
NOUVELLES.
Vieux Monde. — Le Parlement
français est A l'œuvre, remodelant
et libéralisant les lois sur la presse
et sur les élections. La France tra
vaille dans le calme et la confiance.
Les attaques de ltocliefort contre
le nombril do Gambctta n'ont point
porté.
—Le bill de protection irlandaise
sera signé par la reine vers le 2L. —
L'Irlande est plus calme. Les évê
qnes ont parlé.,—La colonie du Cap
est agitée. Hollandais contre An
glais. — Les liters ont subi un
échec.—Ouragans et désastres sur
la côte d'Irlande.
— Crise ministérielle en Espagne.
— La Grèce agira avec prudence
et modération. Eile n'est point en
couragée il la guerre.
— Pas do complots nihilistes en
Russie. — liismark dort. — Kien de
nouveau ltome. — La Belgique est
fort calme.
Nouveau Monde. — Il n'est ques
tion que d'ouragans aux Etats Unis,
ouragans de neige, de pluies, et au
tres.
— Le Sénat du Texas a voté des
résolutions sympathiques à l'égard
do l'Irlande. C'est quelque chose
et c'est bien.
— Lo Comité dos affaires étrange
res de la Chambre a adopté à l'una
nimité des résolutions réaffirmant la
doctrine Monroe et visant le canal
do Panama. Veut-il la guerre T
—Les Etats-Unis manifestent
dans presque toutes les grandes
villes des sympathies généreuses
pour l<~. pauvre Irlande. La ligne
agraire irlandaise a de nombreuses
succursales aux Etats Unis.
— Un câble sous marin a été posé
entre les Etats-Unis et le Mexique.
— Le comité du commerce «le la
Chambre — Congrès — demande pour
le fleuve Mississippi une allocation
de 8195000.
— Les Péruviens, paraît il,malgré
la prise de Lima, ne se. déclarent
pas vaincus. lis auront sans doute
le courage de la fin et du déses
poir.
— Lo travail libre, par décision
des Cortés espagnoles, a été procla
mé à Cuba.
—Hayes est gai, (iarfield calme,
et tirant triste, tirant sera oublié.
Louisiane. — Kien do nouveau en
Louisiane, ou plutôt, toujours la
même histoire. Constatons cepen
dant que la Nouvelle-Orléans, satu
rée de musique pendant tout l'hiver,
a été, cette semaine, émerveillée
par Sarah Bernhardt, Phèdre, Do
na Sol, Frou-Frou et autres. Les
classiques do la Nouvelle-Orléans,
professeurs et élèves, en entendant
la grande tragédienne française in
terpréter l'œuvre de Racine et réci
ter ses beaux vers, ont été bien cou
vaincus qu'ils n'avaient su jusqu'a
lors ni lire, ni réciter, ni déclamer,
ni comprendre. La tragédie leur a
été révélée dans Phèdre, et le dra
wo dans Hernani.
ICI ET AILLEUitS. '
Au Jury de Police. — Avant de nous
Réparer — car nous sommes peut être
à la veille d 'une séparation— nous
croyons opportun de causer un peu
avec notre estimable et honorable
Jury de Police.
Besogne officielle.
Besogne de l'année 1880.
■Rien de commun avec l'année
courante, bien entendu, et rien qui
touche à l'officialité que messieurs
nos administrateurs paroissiaux
vont conférer aujourd'hui.
Car nous désirons qu'il soit bien
compris de tous, des amis comme
des ennemis, de ceux qui s'intéres
sent à nous comme de ceux qui vou
draient au besoin nous ostraciser,
.des démocrates, des républicains,
des indépendants, des blancs, des
hommes ds couleur, des femmes,
des enfants et de tout lo monde,
que 1« Loumanai» ne sollicite pas,
que le LouUiamis ne flatte point,
et que le Lotittianaig , sensible aux
procédés de ses amis, est parfaite
inent insensible aux procédés de
ses ennemis.
Il ne prio personne de lui main
tenir l'officialité. Personne t Et pour
conserver ce titre, il ue prononcera
même pas un mot d'une syllabe. Il
a l'extrême orgueil de croire qu'il
est de ceux qui douuoot, non de
ceux qui reçoivent, et il pensa quo
ses ilix sept, années d'existence dans
la paroisse St. Jacques valent au
moins autant que dix sept discours
d'avocat. Ces dix-sept années d'ex
istence, bien sérieuses et bien cous
cieiicietlses, traversées par bien
il.s épreuves et bien des luttes,
n'ont déshonoré ni la paroisse St.
Jacques, ni la pensée, ni le journa
lisme. Interrogez la presse de la
Louisiane à cet égard.
Voilà pouiqnoi l'idée de rabais
ou d'enchéri*, contenue dans la loi
concernant l'officialité des journaux
de paroisse, lions semble mauvaise
et immorale. Non à cause de nous,
mais à cause de tous, à cause «le la
pensée et de la diguiié Je la presse,
nous protestons contre elle. Une
semblable loi sent le înnqnignonna
ge. Ht puis le travail ne doit-il pas
itre équitableinent et justement ré
tribué 1 Doit-on faire travailler au
rabais, pour rien ou pour presque
rien t
Mais ce n'est pas précisément sur
ce point que nous voulons nous en
tretenir a' ee messieurs les mein
bres du Jury de police de St. Jac
ques.
Et si nous avons pris la plume,
c'est pour parler de l'année .18S0 et
des travaux officiels du Louisia
nais , — travaux que certains parais
sent croire incomplets ou mal rem
plis.
Et nous ne voulons pas que cet
te croyance,sincère ou malveillante,
soit maintenue ou passe sans être
détruite.
Or, le Louisiana!.*, journal officiel
du la paroisse St Jacques, a, dans
l'année 1880, en vertu de son cou
trat, peut-être même au delà de son
contrat, publié, en français et en
anglais, toutes les procédures du
Jury de Police, tous les avis du dit
Jury, deux tableaux des dépenses
approximatives, l'avis des ferrie, les
venire de la cour de district, les
proclamations d'élection du shé
rif, et les très volumineuses ordou
nances concernant les levées, les
chemins et les syndics — do quoi fai
re un gros volume.
Car notre Jury de Police, en l'an
liée 1880, s'est souvent réuni, a
beaucoup travaillé et élaboré, et n'a
guère laissé chômer son journal of
liciel. La seule question des barriè
res en lit de fer et à dards a donné
lieu à de très longues eommttnica
tions, qui ont été publiées in extenso.
Et qu'il soit dit eu passant, sans
reproche à personne, que presque
toutes les traductions de l'anglais
en français ont été faites par le
Louisianas.
Et le tout pour la somme de
8110.
Uno augmentation do $110 sur
le salaire de l'année précédente,
alors que les procès verbaux et les
actes du Jury de Police se publi
aient en anglais seulement.
Mais augmentation en aucune
manière sollicite par nous.
11 est bien vrai que le Jury de
Police, peu expert en matière d'im
primerie, a décidé un jour que les
Ordonnances concernant les chemins,
les levées et les syndics, au nombre
de -17, seraient publiées en français
et en anglais sous forme de pîuu
phlet.
Un job\ Un vol unie ! Une qties
tion d'impiiraerie et non do journal
officiel I Quelque those n'ayant
rieu de commun avec le contrat ou
l'engagement du Louiiianais !
Un job pouvant peut être coûter
8-00 un 8300 dans une imprimerie
mieux outillée que ne le sont ordi
uaireuieut lés imprimeries de cam
pagne!
Et aucune appropriation pour ce
travail exceptionnel, pour ce tra
vai I d'imprimeur et non de journal,
pour ce'travail long, coûteux et dif
ficile !
Rien ponr ce job !
Mais si les excellents membres du
Jury de Police, peu experts en ma
tière d'impriiniru?, avaient voulu
exactement savoir, ils auraient pu
demander et consulter. Nous au
rions«tlors dit ce que nous disons
aujourd'hui. Mais l'idée qu'on pût
nous imposer gratuitement un job
de cette nature ne pouvait pas nous
venir. A qui donc serait elle venue!
Est ce que cela regardait le journal
offiziell Est-eo que les règlements du
Jury de Police, antérieurement pu
bliés en pamphlets et tirés à qua
tre ou cinq cents exemplaires ne l'ont
pas été en vertu d'appropriations
spéciales et nécessaires T Voyez ce
qu'ils sont coûté. Et où ont ils été
imprimés T
Cette explication était nécessaire.
Car lo Louisianais a la conscien
co d'avoir rempli sou "devoir, et les
$110 qui lui ont été alloués
pour l'officialité pendant l'année
1880, vu les documents en main—
tout un volume de procès-verbaux
et do procédures—ont été légitime
ment gagnés.
Quant aux économies à faire en
matière d'imprimerie, si on veut en
faire encore — car on en a déjà fait
de grandes, et les $410 du Louisia
nais démocrate sont bien loin des
$1200 du Sentinel radical — ou le
peut.
Mais ce n'est point en salariant le
moins possible uutravail sérieux et
respectable. Il est honnête de pay
er le travail quel qu'il soit et le tra
vailleur qnel qu'il puisse être. Le
rabais n'est guère une justice, et il
rend le travailleur misérable. Soy
ons justes. Ce qui vaut quatre sons
ne petit, pour une raison ou pour
une autre, être donné pour deux
sous.
Mais quand l"s Jul is de Police se
contenteront de publier les choses
strictement légales et nécessaires,
celles*qui ont besoin de l'officialité'
pour exister, l'économie sera faite.
En attendant, salut.
Liberté. — nous no savons paâ si
nos paroles valent, grand'choso, et
nous avons tout lieu de croire qu'
elles valent peu.
Les écoute t ont
Mais nous savons quo le'peuple
de St Jacques et de la Louisiane
n entendra bientôt plus lé son,
tout au moins d'une fai;ou régulière
et hebdomadaire.
Demain, nous yous dirons pour «,
quoi.
Eu attendant, quelques mots
encore.
Les voici :
Ni maîtres ni esclaves.
Car, bien qu'Américains, c'est à
dire républicains et hommes libres,
nous subissons trop facilement la
tyrannie de certains hommes et de
certains maîtres.
Et ces maitivs, rois ou roitelets
de ville ou de village, ne se recom
mandent cependant, que par des ti
tres ordinairement peu sérieux.
Un peu de fortune, du politicia
nisiiie, beaucoup de présomption, de
la vanité, de l'audace, notre confian
ce. noire indifference ou notre igno
rance, voilà quelquefois leurs titres.
Mais nous avons des épaules trop
complaisantes.
Mais nous cH'.u;ons trop aisément
notre volonté et notre pensée de
*v»ut la penese et la volonté des au
tres.
Mais nous ne sommes point as
sez maîtres dy notre conscience, et
noa.4 n'estimons point assez haut
l'indépendance du l'esprit.
Cardons nous de même, si c'est
possible, avec une volonté fière et
respectueuse, contre le politieiauis
me envahissant du cléricalisme, de
ru 'traïuontanis'iieet du papisme.
dardons-nous contre les ambitions
souvent peu religieuses' des sacer
doces.
Car si la religion n'est p is (le ra
baissement, m la foi es' une chose
excellente et respectable, si l'hypo
crisie en tout «-si im affreux men
songe et une immoralité profonde,
il est nécessaire, que les prêtres de
toute dénomination restent dans
leurs églises, dans leurs temples ou
dans leurs synagogues.
Tant, qu'à les déclarer sacrés
parcequ'ils sont, prêtres, noii !
Et ne disons point, avec le Cour
rierdu Canada.jouvnu\ ultramoutain
de Québec :
"Nous avons tâché à plusieurs re
prises de faire coin prendre que, lors
même que les piètres se rendent
coupables d'abus, l'autorité civile
n'a pas juridiction — Car l'immunité
du ministère du prêtre étant de
droit naturel et divin, co dernier
n'est pas justifiable du pouvoir ci
vil."
Mais disons plutôt:
"N'ayons pas de maîtres et ne so
yons point esclaves."
"Soyons Américains et libres."
Temps. — Dimanche dernier, jour
du Seigneur, les cataractes du ciel
se sont ouvertes sur nos têtes.
Car, selon la vieille astronomie
lu Moïse, lo ciel a des cataratcs
comme le Niagara.
Plus puissantes même !
Quelle pluie !
Quel vent !
Et cela continue.
Nombre de barrières ont. été ren
versées, et l'église méthodiste du la
Pointe du Coliége.selou une expres
sion locale, a eajioté.
Capota rit Eeelcsia.
Elle était neuve.
Nos chcinius publics sont des abî
mes.
On s'y enfonce jusqu'au cou.
L'intrépide Jean Ferrero lui-même
no peut plus les braver, et l'ami
Jean distribue maintenant sa man
ne quotidienne eu esquif, comme à
Venise.
Il est Italien, du reste.
En vérité,il faudra au moins deux
mois de sécheresse et de beau temps
pour rendre ncs chemins publics à
la circulation des honnêtes gens.
Quelle boue, grand Dieu!
Et collante.
Collante comme de la résine, qu'
on nomme ici rosine.
D'un autre côté, le Mississippi
monte, inontu, monte.
Il menace.
. S'il continue, il aura bientôt cou
vert la batture du collège Ste. Ma
rio Jefferson et emporté la barrière
en fil defer qui s'y trouve.
Petit malheur, du reste.
Car la dite barrière continue à
écorclier les chevanx du voisinage.
Mais la crue du fleuve est à re
douter pour les levées, qui ne Bout
ni bonnes ni solides partout.
Et nous n'entendons point dire
qu'on relève celles qui se sout ébou
lées.
Conséquence: Noyade.
Quant aux cannes, avec ces pluies
du diable — car le bon Dieu n'est
paj aussi méchant—elles pourris
sent, et les souches ne valent pas
grand'chose.
Avec cela, et pour finir un tnbleau
qui menace de devenir assez triste,
disons que la Constitution nouvelle,]
celle de 18,9, commence à paraître'
terriblement mauvaiseau bon peuple
de la Louisiane.
Feu.— Jeudi matin, entre 4 et 5
heures, le magasin de M. Henry
Feitel, situé à la Pointe du Collège,
entre lu Bureau du Louisianais et lé
magasin tirandeury, a été entière
ment consumé par les flammes.
Réveillée" par lo l'en, la famille
Teitel, composée du mari, de la fem
me, do trois petits enfants et d'un
jeune commis, u'n ou quo le temps
de s'échapper.
Le toit brûlait.
Lu feu venait du grenier.
C'est à peine si les premiers voi
sins, accourus aux cris, ont, pu sau
ver quelques meubles et un peu 'de
linge qui se trouvaient à l'arrière
delà bâtisse, dans les chambres oc
cupées par M. Feitel et sa famille.
Magasin, marchandises, meubles,
papiers et argent, tout a été détruit.
Selon toute probabilité, lu leu a
été mis an grenier par une trappe
ouvrant a l'extérieur et sur- lo de
Vifit du magasin.
•Par quelle main ennemie et in
cendiaire t
Mariage. — Malgré pluie, vent et
temps, on se marie.
C'est mémo l^i saison des ma
riages. Avant, le, carême.
Mais on fait bien.
Le mariage est un devoir pour
tous, pour tous. Personne, prêtre
ou non, mais homme, n'a le droit
de s'en exempter.
'Aiissi souiiaitons-nous bonheur
et prospérité à ceux qui se sont en
gagés on s'engagent cette semaine
dans les liens du mariage.
Maries, le lundi 7 février, M. Jus
tin Part et Melle. Noémie Crain,
tout les deux du cette paroisse.
Maries, le jeudi 10 février, M.
Edouard Amlrentann et Melle. Ca
mille tirandeury, tous les deux de
cette.paroissc.
Et c'est ce soir, samedi, à 5 heu
res, (pie la bénédiction nuptia
le unira M. Ortèro Tangui, de
la paroisse St. Jean Baptiste, et
Mademoiselle llortense Plaisance,
de la paroisse .St. Jacques, à laquel
le le Louiiianais, avec toute l'ami
tié (l'un père, souhaite tout le bon
heur «i n i est dû à nue enfant bonne,
affectueuse et charmante.
Décès.— IV'cédée, le samedi 5 jan
vier, à Vermillonville, paroisse La
layette. Madame Ve. Sostliène
Mouton.
Me Ve. Sostliène Mouton avait
00 ans. Elle était née à St. Jac
ques, près du Collège JelTerson.
Me. Sostliène Mouton était une
excellente femme et une mère excel
lente. Sa vie a été noblement et
chrétiennement remplie par toutes
les vertus qui honorent la fem me et
la mère de famille.
Le Louisianais perd en elle une
bonne vieille tante dont la maison
lui fut hospitalière pendant les
temps sombres et douloureux de la
uerre et de l'épreuve.
qui gri'toaeent sur leurs lèvres t"
La jeunesse, avec sa fraîcheur,
«nran»« »t ... ...— .
§Hv\UADE VI,
Mon Premier, Demoiselle,
En anglais est ton nom.
Itien qu'une syllabe. Elle
S'écrit ainsi Mais non.
Mon Second vient d'Asie,
De Chine, de Pékin :
Il est une ambroisie
D'Anglais, d'Américain
Et même .... Mon Troisième,
Cultivé par ici
Et près de l'eau, se sème
En Italie aussi,
En Chine, en Caroline,
Dans l'Inde. Cuit au lait
Par Rose ou Caroline,
Très agréable il e.st.
Moi Quatrième, ô Belle
Aux grands yeux langoureux,
N'est, pus Moi, Vous, 11, Mlle
Et Nous autres, mais llujc.
Mon Tout n'est point facile,
O lecteur curieux :
Je le crois difficile
Et ti'ès mystérieux.
J.ti.
rUUILLKTON
— du—
Oa <£> '33 LI 33 Lt IST 3 Â3
LA POMME.
' DEUXIEME PARTIE.
Diable, d4able ! J'ai cinquante
deux ans aujourd'hui.
Cinquante deux ans!
Ce n'est plus la jeunesse, ce n'est
plus l'âge mûr, et cCla ressemble
beaucoup à la vieillesse.
A la vieillesse !
Triste mot et triste chose !
CjtV y quoi sont donc bons les
vieillards, et qao peuvent-ils bien
vouloir et valoir T
Insupportables à eux mêmes, ils
sont assurément insupportables aux
autre*.
Ont-ils encore droit aux joies et
aux sourires dto la vie ?
Et que -veulent, ils, mou Dieu,
avec leurs cheveux blancs, leur ri
des profondes, leurs jambes qui
tremblent, leur vieux cœur qui ne
bat plus, et les chansons d'autrefois
croyauce et ses roses, a peur d'eux
et les évite. Ils sont 11110 tristesse et
une pitié. Ils font ouibre dans la lu
mière des autres. Quand 011 lus ai
me, c'est par commisératidii.
Cinquante-deux aus!
Et je suia «cul.
Tout, seul.
Les amis ne comptent pas, et l'a
mitié est un mythe. Pour en avoir,
il faut être riche et heureux. Le mal
heur et la pauvreté les chassent.
Et je n'ai point su, dans ma vie
d exilé, dans ma vie gaspillée folle:
ment ou insoucinminciit, par les
mille chemins où j'ai semé ma jeu
nesse et mes jours, mes amours (le
passage et nies affections peu réflé
chies, me créer 1111e famille, nie
consacrer un loyer, et préparer pour
les vieux jours, alors que l'on no
peut plus vivre seul, les douces et
tranquilles affections qui sout la
sainte 'poésie de eu monde.
J'ai été égoïste.
J'ai été insensé.
J'ai lâchement reculé devant le
devoir.
Car riiommo du devoir et de la
raison doit êtie l'homme do famille,
et nul de lions, sain dé corps et d'es
prit, riche ou pauvre, prêtre ou non,
n'a le droit de vivre dans l 'isole
ment, dans l'égoïsme, dans lu céli
bat, ou an loyer des autres.Lo mana
ge est nue loi suprême, une loi so
ciale, voire mémo une loi divine.
Ses joies sont les seules vraies et
les seules morales.
Il faut la famille à l'homme.
Et l'homme qui ne s'en créera
point une, qui vivra comme un in -
ti ns ou comme un étranger dans la
famille des autres, qui n'aura ni
femme à aimer ni enfants à chérir,
qui no connaîtra que des plaisirs
mercenaires et «les attachements
mercenaires, et qui, dans ses der
niers jours, n'intéressera personne
ou n'intéressera (pie la cupidité des
gens, celui-là sera bien cruellement
châtié.
Quelle sera donc sa mort t
Co qui peut, lui arriver des meil
leur, avant d'être vieux, trop vieux
et couché sur un lit de longues souf
frances est la mort, instantanée,
imprévue et foudroyante. Un coup
de, tonnerre, une apoplexie, line
anéviisme! Disparaître comme un
éclair! Etre brusquement éteint
comme une chandelle !
Ali! la fin dus vieillards est fort
triste.
A moins qu'ils n'aient autour
d'eux, quand l'heure mystérieuse, et
formidable ai rive, les soins et les
tendresses des enfants et des petits
enfants.
Mais mourir seul, tout seul, lente
ment, péniblement, l'œil dans la vi
de et le cœur flans le uêaii', est une
fin profondément triste.
Je la redoute.
Mais comment l'éviter f
Est-ce que l'on se crée une famil
le à mou âge, et si je n'ai point enco
re le cœur entièrement mort, puis
qu'un besoin d'affection vraie se
fait sentir en moi, qui donc voudra
lu'écoutor, me croire et me répon
dre î
En tout cas, puisque le pays que
j'habite n'est pas le mien, et que je
n'y ai point, par ma faute ou par la
faute (les untres, trouvé la frater
nelle sympathie que les homme (loi
veut aux homines et la sincère hos
pitalité des cœurs vraiment géné
reux, il me faut, renouvelant la nié
lancolique légende de l'Enfant L'ro
digne, retourner vers la maison qui
tiit la maison paternelle, vers le lier
ceau dont le souvenir n'est point
effacé, et dans la patrie que j'aime
encore, Dieu merci.
Qui sait si je ne retrouverai point
là-bas quelque chose comme nu foy
J er, et pourquoi ce foyei, abandon
né si long temps, négligé avec tant
d'ingratitude, n'suiruit-il pas une
dernière flamme, nu doux rayon et
une consolante tendiesso pour les
jours qui ne restent encore à vivre
sur cette terre et parmi les hom
mes f
En tout cas, je 110 veux point
mourir ici.
Je ne désire pas que cette Amé
rique, qui a eu trente ans de ma vie
et qui ne m'a jamais donné que lo
pain do l'amertume et du regret,
ait ma misérable poussière.
Mou cœur a bien le droit de elioi
sir les pieds qui fouleront cette pous
sière, et il me semble qu'on rendant
cette poussière à uia pâtre, au eiine
tièie où les miens dorment du long
sommeil de la mort, jo réparerai une
partie des erreurs et des malheurs
de ma vie.
U y a, du reste, des acacias au ci
metière de mon village français, et
ces acacias, au printemps, neigent
des fleurs parfumées sur l'herbe
verte et sur les tombes silencieuses.
Je partirai donc.
Et bientôt.
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teiitif de tous les cas offrant une
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Lu traitement de l'Impuissance,do
la Spermntliorréé et de la Débilité
sexuelle par la médecine seule a été
usqu'à présent inutile et mémo
dangereux. C'est l'opinion généra
le do tous les médecins honnêtes,
pes milliers de persnuues y ont per
du leur argent et leur constitution.
Mais lo Dr. Thompson combine
le traitement médical avec l'élec
tricité, — électricité produite par nu
simple appareil et dont lo premier
venu peut se servir. Lo succès est
certain.
La Constipation, cette ruine d#
tant d'existences et ce principe do
tant de souffrances, est guérie par
une méthode très simple, avec peu
ou point (le médicaments.
Les Maladies des femmes Ront
traitées par l'électricité, sans pciuo
ni exposition.
Le rétrécissement de l'Urèto et
(111 Rectum est guéri sans opération
chirurgicale et saus douleur. Lo
V er Solitaire, tes maladies des Ro
gnons et (l(s la Vessie, les Maladies
Secrètes, les Rhumatismes, la Né
vralgie, les Maux do tète,l'Asthme,
l'Affaiblissement et les Douleurs
d'yeux sont guéris sans opération
chirurgicale. La Surdité, le Hour
(lonnemeut d'oreilles, les Maladies
de peau, les Sei ulules, les Tumeurs
et la perte (h; la voix sont traités
avec succès par des remèdes aîné*
liorés.
Les demandes d'informations doivent
f'i re accomi>agt)6cs d'nu timbre j>uur t»| ié
X- H- — Aucun nnm n'est livré an pulili«
.sau« le consentement Pciit de la personne.
On pont n'adresser ans personnes sui
vantes :
<'ai»t Max lUanefiard, Hämorrhoides,
•tas. WalHiillecli, Surintendant du 1»
Fonderie Joli us,ni, h'iiiiiiiatisini's,
t.. il. Patterson, Pilote du liatcau Fairan.
lUmoi-rlioïdcs.
Max Iii ri . Kill ruo du Canal, Névralgie.
Mme. Miller, encoignure des rues Jack
son et Libert., uidité.
E. Dill, Chemin de Fer Morgan, Ver 8o
il aire.
1 lios. Kobinson, II) îrue Conti, liémor*
h ouïes.
Georges Biichcrt, 221 rue Josephine
h <*iii<>itiu>ï<1(u3.
Jacob Ilium, rue Itaruune, Hémosrhol
«er.
Capt.,Pliarr, Morgan City, Patu de la
Voix.
Leo. Wolfson, Grapp'g Bluff, La.,
inorrlioïdes.
Col. \v. O'Neal, Covington, Ky., Fistu
le.
W. F. Sliroek, Goodman, Miss., Hénior
rlioïdes.
J. T. Swim, rue Main, C 'iucitinuti, Fi».
sure.
Uyron Eastman, Mercer, Kr., Kcsacrr
"'en t.
as Alilricli, Covington, Ky„ Diabète
A. l'reidlu inj, lia.trop, La., lléinorriio.
J .'Gordon, 1112 ruo Walnut, Cuicinna*
O , Catarrhe.
1. Hawkins, Mason, Tenu. Décharge
B. W son, Alton, Ky., Epilepsie.
. 1J. ilickcrson, Vicksburg, Miss. Aeth*
. T. Warren, Carrolton, Tenu., Bronchi
II. Shipp, Onon, Ky., Scrofnle.
cures d'oflice, do U liourc« A. 11., è 4
res P M.

KI.EBEB OAÜDET, J. LOUIS G&UDKT,
Attorney at Attorney at Law til
Law. Notary P iblic.
-LT«, m. S3 sai,
ATTUKJiliYS AT LAW AND NOTARY I'UBLIC
Will practice in the Courts of the Fourth
.Judicial I »ist rift sum! S iijuviiu « Court, and
attend to notarial business in the Parish
of St. ,l:iUK's.
Ottlcc« :—Parish of St. James, Right
Hank, a* Mr. J. Billon'* Store, opposite the
( on it lloiirto mu) at the rcHulriiee. tiv*
iinlrH aliovo the oM Court House.
N\ ill bo at Hilton's ofttcu every \Ve<lneft«
«lay Monday Friday of each week.
ROBT. Ct. DUCTUS.
ATT'Ï & COUNSELLOR AT.LAW.
St James P- O.
S t. J ames.
Residence on Choppin'sJIIoMB Plac*.
below the Old Court-House, right bank.
1j. de;poorteh,
Airr.AT LAW.
E dgard. IYO. St Jno., Baptist.
M. L. I )j Poorter has opened an
ofllee iu St. James, left bank, at
Dr. L. De Poorter's residence, where
lie will be every Saturday for pro
fessional business.
S. M. HERAULT. JAS. LF.(.'KM)it£
Convient P. o. Nkw-Oiii.eans.
St. James. Boxim
HERAULT 4L LECtBNDRB
A TTORNE YS A T LA IK.
Will practice in the 22d and «6tli. Jndi
eial District Also in the Unite«
;Ute* court* aud Supreme Court of tk«
J. V. CHENET,
AVOCAT.
Bureau de Puste Bannet Carre.
Pratiquant, dans les paroisses St. Char
les, St. Jean-Baptiste, St. Jacques et A*
ccnsiou, et devant la Cour Suprême.
liritKAU : à sa résidence à ei* willen an
dessus de I Lgtise St. Pierre, ou à lu Mai
solid« Cour tout 1» i«udi«.

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