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L'union. [volume] (Nouvelle-Orléans [La.]) 1862-1864, August 01, 1863, Image 1

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lre Annee.
JOURNAL POLITIQUE , LITTERAPËRE ET PROGRESSISTE.
Les Francais de la Nlle- Orleans et
Leur Petition-
Dans les nonvelles arrivées hier par la voie de
de Mobile, nous trouvons un paragraphe consa
cré à la pétition adressée au vice consul par les
Français, à l’effet d’obtenir l’envoi par l’Empe
reur de quelques navires de guerre dans les eaux
du Mississippi pour protéger ses nationnaux,
voilà un fait digne de méditations, et qui peut
servir à expliquer l’origine de tant de canards,
de tant de faux bruits mis en circulation par les
intéressés d'abord et accueillis cnsuite par une
presse trop partiale. Ainsi donc, dans le Nord,
dans l’Ouest et sans doute jusqu’en France, il sera
dit et répété que la population étrangère, fran
çaise surtout, est menaçée d’un danger imminent
en raison des probabilités d’un “ conflit entre la
race blanche et la race africaine;” ce pourquoi
elle a besoin de protection. Nous ne craignons
pas d’affirmer que c’est là un grossier mensonge.
Il est bien vrai que quelques individus que
nous ne pouvons pas plus considérer comme de
vrais fils de la France que les T'artares ou les
Cosaques du Don, (nous savons de bonne part
que tousceux qui ont le cœur véritablerrent
Français ont protesté contre la conduite de ces
derniers.) Il est vrai, disons-nous, que quelques
individus qui sympathisent avec les rebelles et
qui croyant de bonne foi que les troupes de Ma
gruder qui s'approchaient de plus en plus de la
ville, allaient avec l'aide de leurs nombreux amis
parmi nous, faire voir le tour aux troupes fédé
rales et retablir ici leur règne tant aimé, n’ont
pu voirsans une vive contrariété l’armement
des personnes de couleur qui a eu lieu dans les
premiers jours de juillet, et qui tendait à anéan
tir leurs espérances relatives à l« rentrée triom
phale de leurs amis ;il est vrai encore que ces
hommes écoutant sans douto bien moins la voix
de leur conscience que celle de leu> mauvaise
humeur et de leurs ressentiments, ont fait une
pétition que nous avons publiée, qu’ils ont re
cucilli des signatures et l’ont portée au consulatl
pour être expédiée en France; mais ce qui est}
complètement faux, c’est le danger couru par la
population blanche ; nous affirmons que ces
bruits de massacres sont une invention ridicule, i
et que les hommes de couleur n’ont jamais songé
À se ruer sur une population à laquelle les lic la!
communauté de langage et même en partie ,cellei
d'origine, et avec laquelle ils ne demandent
qu’à fraterniser. |
Nous espérons donc que les Français ou autres
qui ont pu se laisser prendre à de trop hardis
mensonges, voudront bien croire qu’ils n’y a de
(“conflit imminent entre les deux races’) que sur
les champs de bataille, et avec des ennemis ar
més contre leur gouvernement.
Nous ne pouvons, en terminant ces observa
tions, nous empêcher de faire remarquer quelle
immense impertance donneraient à l’Union les
auteurs de la pétition, si comme ils l’afirment
gravement l’Empereur doit y faire droit. Ainsi
donc, nous aurions écrit deux petits articles pour
pousser à l’armement solicité par le gouverneur
et incontinent, toute la ville se serait émue del’ap
pel aux armes, le factotum en question aurait été
expédié, la diplomatie se serait occupée de cette
grave affaire, l’aurait examinée et discutée, cette
petition accompagnée du numéro trop guerrier
de l’Union aurait passé sous les yeux du grand,
du puissant Empereur qui aurait donné ses or-!
dres pour qu’on expédiât immédiatement de
Brest, de Cherbourg, ou de Toulon quelques na
vires de guerre des mieux armés, et quand la
flotte viendrait à remonter le grand fleuve,quand
son apparition causerait dans toute la ville et
même dans tout l'Etat et-dans tout le Sud une
immense sensation, l'Unin alors pourrait se
dresser majestueuse et superbe et se dire avec
un légitime orgueil : c’est là mon œuvre, j’ai
écrit quelques lignes et voilà les résultats qu’elles
ont produits. Ne pourra-t-elle pas alors sans
trop de fanfaronade se comparer à Jupiter fai
sanf remuer l'olympe d'’un coup de sourcil (su
percilio movens olympum.)
Nouvelle-Orleans, Samedi ler Aout 1863.
Une jeune personne de Boston, fille de l’un des
plus respectables citoyens de cette ville vient
d’offrir ses services pour remplir gratuitement
les fonctions d’un employé quelconque qui con
sentirait à s’enroler dans l’armé@et qui aurait
des parents à supgorter. Voici du reste, comment
elle s’exprime: “Je prendrai la place de cette
personne, et tout l’argent qui sera gagné de la
sorte lui sera envoyé pendant les six mois que
devra durer son absence.” On ne dit pas que
l'offre ait été acceptée.
La Prudence est la Mere de la,surete.
Des journaux de Richmond, I'oç\L”“Wæhüg
ton, disent que le gouvernement coŒfiéré à ré
noncé à faire exécuter les deux officiéfk, désign'és
par le sort, que l’on devait pendre ex I‘(Êä;äâil—_
les de l’exécution des deux confédérés éetidam
nés à mort par une cour martiale à Cleveland.
Les mêmes journaux annoncent qu’un, mulâ
tre du nom de Hascoll a été reconnu._a…mcnt\
ou des officiers rebelles étaient occupés à mettre
sur parole les prisonniers fédéraux à Richmond.
Il a été envoyé immédiatement en prison pour
attendre la décision des autorités. Après ? .
À propos, les journaux de Mobile ne disent
pas un mot des deux mulâtres enrégistrés enne
mis qui sont partis il y a quelque temps pour la
terre de Dixie, pas plus que les journaux négro
hobiles de la Nouvelle Orléans ne parlent des mu
lâtres qui se sont fait reconnaître citoyens fran
çais au Consulat de France à la Nouvelle-Or
léane. R,
Tribulations des Voudous.
L’officier spécial Long aidé d’un détachement
d’hommes de police, au mépris de la galanterie
et du respect dû au beau sexe, a fait l’avant der
nière nuït une descente dans une maison de la
vue des Marrais, pendant qu’une cinquantaine
de dames ou donzelles étaient occupées à célé
brer leurs saints mystères voudousiens. Jamais
épervier fondant au milieu d’uno volée de jeunes
perdreaux n'a produit un effet pareil à celui de
l’apparition de la police au milieu,de ces nymphes
blanches, brunes ou noires qui se trouvaient à ce
qu’il paraît dans le costume assez commode du
reste pour la saison de la mére Eve dans le pa
radis terrestre, moins la feuille de vigne, et qui
tout en se levant autour d’un vase remplie de
substances ou d'’ingrédients mystérieux à une
sorte de danse macabre avec une ardeur, une
presteese et unce vivacité de mouvements que
ne pourraient égaler les Champbell ou au
tres méuestruls Biliopiens, eppelaient. dans uno
‘invocation ardente l’intervention puissante du
grand Simbé en faveur de la Confédération qui
sans sou aide,court grand risque d’arriver pro
chainement au terme de sonexistence, Elles ré
pétaient donc toutesen chœur :
Simbé maman oun déré,
Simbé ! Simbé ! Papa O
Simbé ! maman oun déré.
puis : Assou Ladedan Lacatra,
Assou Assou Ladedan.
Mais ces dames n’ont pas reçu ee soir là visite
de Simbé qu’elles attendaient, elles n’ont reçu
que celle de la police qu’elles n’attendaient pas.
Nous n’essaierons pôint de décrire la confusion,
les cris, les alarmes causés par cette malencon
treuse apparition. On s’est précipité par toutes
les issues, portes ou fenêtres ; les braves police
se sont avancés sur le théâtre mème des enchan
tements, en tenant toutefois, par précaution con
tre tant de charmes nus, leurs mains ou leurs
mouchoirs devant leurs yeux et ont réussi à
s’emparer de vingt de ces pauvres effarouchées
parmi lesquelles se trouvent plusieurs femmes
blanches—comme il faut, dit-on, ou plutôt peut
être comme il en faut. Elles ont comparu hier de
vant le juge Hughes, mais leurs délenseurs, Mrs.
Mandeberri et Abell ont demandé que l’affaire fût
renvoyée à aujourd’hui. Nous pensons done que
la foule se portera ce matin comme hier à la
cour prévotale pour voir les inculpées qui pour
tant y paraitront, vêtues commes toutes les autres
mortelles. [
B@ær- L'affaire Gardiner qui tout dernièrement
à tant attiré l'attention publique s’est terminée
hier devant la cour prévôtale par la condamna
tion de l’accusé à une année d’emprisonnement.
L’accusation qui pesait sur Mr Gardiner, était,
comme on sait, d'avoir conçu le plan d’un vol
considérable qu'il se préparait à commettre dans
nn bureau de prêts sur gage de la rue St Charles.
Il y à eu pour preuves contre lui des outils à
l’usage des voleurs de nuit qui ont été trouvés
chez lui, puis sa fréquentation avec trois vauriens
qui devaient être ses complices, puis enfin les
dépositions de ces derniers.
PATRIOTISMNE.
MISCELLANEES.
Les journaux du Sud ne se sentent pas de joie
depuis que les émentiers de New-York ont essayé
d’opposer unce résistance armée aux actes du
gouvernement, Aueun fait dans l'histoire de cet
te guerre n'a plus servi à donner de l’encourage
ment aux rebelles que les scènes de désordre qui
ont- éclaté à New-York à propos de la mise en
vigueur de la loi de conseription. Chaque coup
de fusil tiré dans de semblables émeutes contre
les lois et l’autorité du gouvernement, sert, dit
le Bulletin de Memphis, autant la canse rebelle,
que-si le coup était dirigé par une main - rebelle
et allait frapper droit au cœur un de nos braves
soldats qui se trouvent sur le champ de bataille.
Pour donner une idée de la manière dont les
journaux du Sud envisagent les émeutes de New
York nous citerons le passage suivant de l'En
quirer de Richmond du 18 courant :
“ Emeute, meurtre, incendie ont commencé
leur œuvre de destruction. Il est étonnant que
cela n’ait pas commencé plus tôt, et cette galutai
re éruption n’est que ie prélude d’une redoutable
révolution qui cst appelée à briser en pièces
cette société pourrieet à faire de cette moitié
de l’ancienne Union Américaine, le Nord, un
désert imbibé de sang et couvert de cendres.
, Navigation sur le Missisippi.
L’amiral Porter à qui est confiée la protection
de la navigation sar le Mississippi vient de lan
cer l’ordre suivant :
Les Steamers destinés pour la Nouvelle-Orlé
ans avec des marchandises permises par la loi
seront conduits jusqu’à Vicksburg par une for
ce suffisante qui partira tous les lundis au matin
pour protéger le convoi. Il ne sera permis a au
cun navire de descendre le fleuve, sans avoir,
pour le moment, un convoi, et les steamers se
ront obligés de mouiller pendant une semaine
s’ils n’arrivent pas le jour ou la veille du jour
de la semaine quele convoi doit partir. Les
navires armés cependant, qui voyagent cntre le
temps spécifié pourront à l’occasion servir de
convoi ; mais on ne doit attendre aucune régula
vité de leur part, car ils peuvent avoir à s’'arrê
ter souvent én chuvmin.
Cet arrangement commencera à partir du 10
Août 1863. :
L'Emaneïpation dans le Missourt.
La Convention de l’Etat du Missouri avait
arrangé une petite loi, grâce à laquelle l’escla
vage aurait eu encore de longs jours à vivre dans
le Missouri et qui nous l’avons déjà dit ne répon
dait plus aux exigences de l’opinion publique.
L'événement vient de justifier nos prévisions.
Le 9 juillet, un meeting de tous les principaux
citoyens de St-Louis se réunissait dans une salle
du palais de justice, dans le but d’aviser au mo
yens de s'opposer à l’exécution du programme
de la convention. Parmi les résolutions adoptées,
plusieurs sont caractéristiques et montrent
mieux que tout le reste, la situation des esprits
dans son veritable jour. Ainsi l’une de ces réso
lutions porte : us
“ Attendu que cette loi, quoique intitulée :
“ ordonnance pour l’émancipation des esclaves ”
ne peut-être considérée que comme un nioyen ca
ché de perpétuer l'esclavage dans le Missouri
sous le couvert et le but avoué de proclamer la
liberté, et que dans notre jugement, la condition
présente du Missouri exige une prompte amélio
ration qui ne peut-être procurée que par l’éman—
cipation immédiate et non par l’émancipation
indéfiniment remise, nous nous prononçons en
faveur d’un plañ qui agisse le plus rapidement
possible.
En conséquence. nous demandons à la législa
ture d’ordonner l’élection d’une nouvelle con
vention dans le plus bref délai possible, et nous
prions nos sénateurs et nos représentants de
consacrer leurs votes et leur influence au suc
cès de cette Mesure.”
Ces faits n’ont pas besoin de commentaires.
Ils prouvent une fois de plus, toute l’inflfuence
de l’opinion publique sur les questions sociales
et sont un nouvel enseignement pour ceux qui,
de même que les membres de la Convention du
Missouri, prétendent enrayer le mouvement du
progrès et de la civilisation.
Singuller Cas de Divorce.
Une femme du comté de Monroe, dans l’[adia
na, vient de plaider en divorce, en alléguant que
son mavwi a les pieds froids, ce qui la gêne beau
coup. Elle prétendait que cette incompatibilité
corporelle était de nature à justifier sa demande
auprès de la cour, mais les juges en ont décidé
autrement et ont donné gain de cause au tendre
époux, qui désirait vivement, paraît-il ne pas
ètre séparé de sa susceptible moitié. ‘
Bes- Les coups de canon que l’on à entendus
ce matin ont été tirés en l’honneur de l'amiral
Porter qui est grrivé dans notre port.
Vol. 11---Num. 19.

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