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L'union. [volume] (Nouvelle-Orléans [La.]) 1862-1864, April 07, 1864, Image 1

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- BUREAU: |
BUE CONTI ENTRE CHARTBE ET LEVEE. i
PRIX DEL’ABONNEMENT., |
(PAYABLE D'AVANCE.) |
,'n .n.-.-....)--..-‘....,.................5c 00 f
n . e
51665 E QE OR
Un Numéro cinq sous. Ï
DEUXIÈME ANNEE.
En 1845 la vaste salle de l’Hôtel St-Louis réunissait
dans son sein les sommités du barreau louisianais et les
hommes d'Etat les plus éloquents que renfermait alors
is Louisiaue. Il s’aglssait. de reviser la Constitution
ie 1812, qui avait été pendant 38 ans la loi du pays.
à cette époque où l'éjément esclavagiste était le plus in
tense, où il était dangereux d’exprimer des idées libé
ralee en fayeur d’une ciasse d'hommes injustement oppri
més, un des nobles fils de la Louisiane, quoique proprié
taire d’esclaves, ne craignit pas alors de donner cours aux
élans de son cœur juste et généreux, et les paroles qu'il
a prononcées dans l'enceinte de l'Hôtel St-Louis, en face
des esclavagistes enragés qui représentaient les sauvages
paroisses de la Louisiane, ont pour nous bien plus de
valeur que le soit-disant libéralisme des nouveaux con-‘
vertis qui, avec une eubtilité qui viole tout principe de
justice et d’humanité, cherchent à substituer à l’esclavage, !
un système de servage qui peut bien être de quelque bé
néfice, pour un certain tempe, aux spéculateurs sans en
trailles ; mais qui préparerait des maux incalculables an :
pays, si ceux qui doivent donner à l'Etat une Constitu
tion qui soit en rapport uvec l'esprit du siècle, ne dé
jouent pas les vues ambitieuses et la mauvaise foi des
politiciens de bas étage que les circonstances présentes
ont fait surgir, comme les champignons daus les plaines
après une pluie abondante.
Pour en revenir à M. de Marigny, écoutez ce que
faisait entendre ce conventionnel couragenx devant un au
ditoire esclavagisteet excessivement jaloux de sa propriété |
humaine : |
“Que sont devenues ces protections? (celles que le gou
vernement espagnol accordait aux esclaves) elles ont dis
paru devant le Code Noir que vous avez appliqué an.rsÎ
eslaues pour contenter la soif que vous avez de commander ” !
Voila ce qu’un homme de cœur, un propriétaire d'es |
claves ici méme, Osa avoner en pleine séance devant lan
} des plus nombreux auditoires qui se soient encore réunis
à la Nlle-Orléans, ville classique de l’esclavage. Nous le
demandons maintenant si, il y a vingt ans, un convention
nel laissa entendre au sujet de l'infâme code. noir les
paroles que nous venons de citer, que ne devons nous pas |
attendre des présents conventionnels qui ont été élus au |
nom de la liberté et qui viennent d'i B:rire au frontispice |
de leur nouveau temple : LIBERTY HALL ?On nous accu {
sera peut être d'optimisme ; mais uous qui avons toujours
eu foi dans l’intelligence et dans la droiture du cœur, la \
‘présence de M. Christian Roselius, nous donne, malgré |
sou titre de conservateur, l’assurance que le grand ora
teur emploiera son éloquence en faveur du droit et de la}
Jjustice. Notre cause a besoin d'être discutée, sans pas- |
sion et eans prévention. La tradition doit faire place au |
raisonnement, et, dahs notre opinion, il n’appartientï
qu'aux hautes intelligences de comprendre combien sont î'
‘injustes les restrictions dont a été frappée jusqu’ici une
«classe respectable de la population Louisianaise. |
Parmi les Conventionnels nous remarquons des hom-‘
:mes honorables à plus d'un titre et dont les principes |
libéraux sont connus depuis longtemps. Nous n'avons!
pas besoin de dire que parmi ce nombre se trouve le Dr. I
Maas, l'apôtre incarné de la liberté. A ceux là nons f:
n’avons pas besoin d'exhiber nos titres pour que justice |
nous soit rendue, mais aux nouveaux venus parmi nous qui, | (
malgré tout ce qui a été dit sur ce sujet, semblent ne pas .I (
apprécier notre population comme elle doit l’être, qu’il î l
nous soit permis encore une fois de citer M. de Ma- ;î
rigny :sa voix paraitra moins partiale que lanôtre : ‘ i
“ Le gouverneur de la Louisiarñe, Galvez, a dit l'hono-|1
rable Louisianais à la Convention constitutionnelle de |
“ 46, ” médita la conquête des Florides : mais comme il | |
man3uait de troupe de ligne et que la population blan- J Ï
che de la province ne s'élevait en tout à plus de 20 mille }
âmes, il mit sur pied tous les hommes blancs an dessous ! j
de 45 ans, tous les gens de couleur que cette perspective | «
de citoyenneté attachait au pays. Ils partirent à travers‘ |
les bas fouds qui conduisent àla rivière ‘des Perles, sui-| ;
virent après l'avoir passée comme ils purent, les bords du ! Ë
golfe, et arrivèrent devant Pensacole où Campbell com
mandait. Un naturalisé espagnol du nom de Rousseau | ?
et dont la réputation est aussi grande que ses descen- à
dants furent nombreux, avait transporté sur des bateaux A
plats l’artillerie nécessaire. Un autre nommé Guilemard ’ "
la disposa pour l’attaque ; et deux brèches une fois fai-_ E
tes, nos gens de couleur se précipitèrent sous les ordres | Îv}
d'un aide-decamp de Galvez, à travers l’une d'elles, et_ Ÿ
entrèrent lesEpremiers dans le fort St-Michel ; si bien | {
que lc roi d’Espague, eachanté d'apprendre un si bel acte l Î,,
NOUVELLE-ORLEANS, JEUDI, 7 AVRIL 1864
| d'héroïsme, accorda à cinq d’entre eux : D'Orville, Tho
;mas. Cannel, Simon et Carrière, e Privilège de porter
l’épée, et un ruban à la boutonnière. 4
_ “Et qui ne sait encore, ajoute le même orateur, que ce
furent les hommes de couleur qui délivrèrent le pays du
célèbre Bowls ? Cet homme élevé parmi les sauvages,
forma le projet de civiliser les Crecks et les Séminoles
dans le but d’enlever les Florides à l’Espagne. Tout d’a
bord lui réussit. Il part pour la Jamaïque. en revient
avec des forces et des moyens qu’il y avait obtenus, prend
terre à Apachicola, se dirige vers le fort St-Marc que
Portel commandait, s’en empare avec hardiesse, et com
mence ses déprédations. Mais au bruit des horreurs qui
les accompagne, la Louisiane erffayée songe à se délivrer
d’an ennemi si redontable. De Caza Calvo réunit un
corps de 2000 hommes qu'il met sous les ordres du colo
nel Trudeau. Entreprise inutile ! ces hommes s’inquiètent
de la carabine et du scapel des Indiens. Que faire donce ?
En appeler aux gens de couleur ! 800 d’entre eux se
mettent en marche soug les ordres de Desalles et de Bro
nier Desclouet. Ils arrivent au fort qu'ils enlèvent d’as
saut, Bowls fut pris peu de temps après et mourut dans
les prisons de la Havane, ” ,
Oui, messieurs, voilà ce que ces hommes ont fait sous
le gouvyernement espagnol, alors qu'ils avaient la perspec
tive de citoyenneté pour leurs enfants et que plusieurs d'entre
eux en exerçaient les droits.
ec e
Les Candidatures Presidentielles,
_ À mesure que s'abrège le temps qui nous sépare encore
de l’élection présidentielle de novembre prochain, les es
prits dans toutes les régions et dans les partis de toutes
les nuances se préoccupent davantage de cet acte impor
tant. Chacun se demande avec auxiété quel sera l'hom
me qui conviendra le mieux pour la magistrature suprême,
qui sera le plus capable de diriger le char de l’État et
de le faire sortir de la route difficile et semée d’écueils
où il se trouve si malheureusement engagé. Ces préoc
cupations du reste s'expliquent aisément, puisque jamais
encore le pays n’a été appelé à ajouter un nom nouveau
à la liste si glorieusement commencée par Washington,
dans des circonstances aussi solennelles et œussi graves
que celles où nous nous trouvons actuellement, car si
dans les temps ordinaires et lorsque les pouvoirs du
Président sont assez restreints, il importe de faire un bon
choix, ce choix doit avoir une importance beaucoup plus
grande lorsque les pouvoirs remis par le Congrès entre
les mains de ce Président ge trouvent beaucoup plus
étendus et constituent une sorte de dictature nécessaire
pour l’uuité d’action.
On ne saurait prévoir encore quel sera l’élu du peupie,
nous n’osons pas dire l’heureux élu, cette charge nous
semblant plus à redouter qu’à désirer, car si dans lesî
temps ordinaires, dans ces longues années de paix et de |
prospérité qui se sont écoulées depuis la dernière guerre !
avec l'Angleterre, on pouvait être poussé par dès motifs
d’ambition à briguer l'hoaueur de s’asseoir sur le siège
présidentiel, s’il pouvait sembler doux de se trouver
pendant quatre années à la tête d’une nation puissante
alors que son gouvernement fonctionnait régulièrement,
il nous semble que aujourd’hui les hommes dévoués au
pays qui consentent à accepter la haute responsabilité at
tachée à la Présidence ont besoin d’abnégation et sur-‘
out d’un courage inflexible ; aussi ne peut-on s’empêcher
le remarquer que cette année nous n’aurons pas à assis- l
er à une sorte de “ steeple chase ” à la maison blanche |
3omme celui que nous présentait ordinairement l’élection
Quatriennale, puisque les candidats ne semblent guère
vouloir se présenter d’eux mêmes, mais sont plutôt mis
?n avant par leurs amis, par des partis qui les désignent
3omme représentant une idée, un besoin, une nécessité de |
’époque, ou comme les seuls pilotes assez habiles et dont !
à main est assez ferme pour conduire à bon port le vais
ieau de l’état,
Parmi les candidats qui nous semblent avoir le plus
le ehances dans la campagne qui va s’ouvrir, se trouve
l’abord le Président actuel qui a déjà été désigné par
es législatures d’un certain nombre d’Etats et qui sera
outenu par quelques feuilles influentes et entr’autres par
e Times de New-York. Sans prétendre nous prononcer
ci sur le mérite des divers candidats, nous ne pouvons
ious empêcher de faire observer que M. Lincoln fait
weuve d'un grand courage, en ne se retirant pas de la
ice, car jamais Président n’a eu à soutenir des luttes
areilles au*milieu des agitations et des déchirements du
ays depuis trois ans, nul n’a eu tant de dangers à con
arer, tant de travaux à exécuter et de si formidables
uestions à résoudre.… |
Vient ensuite le Général Frémont qui parait devoir !
tre soutenu par toute la portion radicale du parti répu
licain. C’est un homme de science, inftexible dans ses
rincipes et d'une grando énergie; il y a longtemps déjà
u il s'est fait connaître par ses tendances progressistes,
m patriotisme et son dévouement à la cause de la liber
… C'est à lui que revient l’honneur d’avoir levé le
‘emier le drapeau de l’émancipation dans un Etat à
claves; son nom est très populaire, surtout dans
Juest, et il a été choisi par le parti radical de New
ork qui s'est réuni dernièrement au Cooper Institute
qui a adopté la plateforme que nous avons publiée
ns notre avant dernier numéro. .
Prix des Annonces
(PATABLE D’AVANCE.) ;
Les anmonces se païent à raison de jsl, le carré de
dix lignesÿ
On traite de gré à gré pour les annonees du cammeree
à l’année, au semestre ét au trimestre.
-| Le nom du Secrétaire Chase qui à figuré queelque
r | temps parmi celui des candidats et qui était présenté par
une fraction du parti républicain semblait @evoir êtrd
o | fortement soutena, mais il paraitrait que ses amis avaient
u | mis son nom en avant sans son assentiment, paisqu'il
; l vient de décliner la candidature.
s, —Le général MeClellan sera souteru par le parti de la
- | vieille démocratie nationale qui est hostile à l’adminis
t | tration actuelle ; son nom vient d'être acclamé dans une
l |réunion qui a eu lieu au Cooper Institute et qui était
e ‘ présidée par M. Kendall qui a fait honneur au Général
-| de tous ses succès, et a rejeté sur le Président la respon
l î sabilité de tous les revers, du sacrifice de plus de 60,000
r ( hommes de l’armée du Potomac. Dans les résolutions
! /adoptées à cette assemblée, sont résumés tous les griefs
- |du parti démocrate contre l’administration de M. Lin
t | coln à qui on. doit imputer les horreurs de la guerre
? | civile, le sang versé, la saspension de l’habeas corpus, la
> |ruine qui nous menace, tout enfin, et, selon ces Emves
- | patriotes, c’est évidemment le petit Général qui doit
- | être -notre messie, le libérateur providentiel, le sauveur
3| de la patrie. v
; Il y a encore deux ou trois candidatures militaires dont
S l'aucune ne nous semble devoir être bien solidement ap
-{puyée. C'’est d’abord le vainqueur de Vieksburg, le Ëé
e | néral Grant, dont le nom à été mis en avant par le ‘“He
rald” de New-York. Puis l'ancien Commandant da
Département du Golfe, le général Butler qui, comme on
sait, à d’assez nombreux partisans, dans le Nord surtout.
Puis enfin, son successeur, le Commandant actuél de
notre Département—le général Banks.
! C'’est là, pensons-nous, à-peu-près tous les noms qui ont
“ | été choisis jusqu’ici ; pourtant, il se peut qu’il en surgisse
* { d’autres avant la réunion, en juin prochain, à Baltimore,
“|de la Convention du partr républican, ou celle du parti
“ | démocrate convoquée à Chicago pour le 4 juillet,
E —- # @ihe—
; Hier matin de bonne heure la Salle du Lycée qui a pris
| le nom de Salle de Liberté ouvrait ses portes aux'citoyens
| à qui était confié le soin d’en faire la dédicace.
| _ Nous avons remarqué en face de la porte d’entrée cette
| devise bien connue de la Louisiane écrite en gros carac
tères : ‘
UNION, JUSTICE ET CONFIANCE.
'H‘élas ! nous ne savons pas si ceux qui ont en vue de
régénérer l’Eta ontaussi l’intention de donner à cette
noble demq toute son application ; mais l’expèrience
nous à appris combien peu il fallait avoir confance dans
la justice de l’Union, telle que la comprenait les partisans
de l’esclavage en Louisiane.
| A l'heure fixée un chœur composé de dames et de
! messieurs entonnèrent des hymuçs' sacrées_et des airs
| nationaux en honneur de la solennité de la circonstance.
| Le Docteur; J. P. Newman que nous avons déjà eu le
| bonheur d’entendre dans une autre occasion avait été
| choisi pour faire le discours de consécration. La place
nous manque pour rapporter son discours qui n’est pas
un des moins beaux qu’ait prononcé cet éloquent pasteur.
Mais nous ne saurions décrire l’effet de ses paroles ma
giques lorsqu’il a dit : “Nous nous sommes réunisee ma
| tin pour consac:er cette Salle à la liberté, mais une
|-liberté dar;s lcî sens le plus étendu de ce mot, la liberté
pour tous les hommes sans distinction de c
! uationalités ou de couleur.” e
| Puisse-til dire vrai! puissent surtout les transforma
] teurs de l'esclavage en servage reconnaître tout ce qui’l
i y a de grand, de beau, de noble dans ces sentiments ex
| primés par le Docteur Newman !
ê E E E
LES NOUVELLESs. ‘
“ Tms * , - à
L Exa. * dans son é.dmo:Ï d’hier soir, annonce l’arrivéé
en cette ville de 11 prisonniers coufédérés dont 1 lieute
nant, deux sergents. et 8 soldats. Ces prisonniers ont
âfc faits dans le voxsxf)age d.e Grand Bayou àla suito
etune eîcarmo;cîeÛqul a feu(ll lieu entre 30 soldats fédéraux
une lorce de 50 confédérés. Aprè i
duré environ dix minutes | - ÀP“î3 ps .
1x minutes les confédérés ont laché pied
et se sont enfuis en grande confusion.
n()L_zæ.;3erte dâ _l'ennemi dar.ns cet.te rencontre a été, comme
sé3u.—;cal\ionîl lt£' de 11 prisonniers et_ls en tués et bles
sès. Lelles des fédéraux à été-de trois, dant un lieute
nant. ,
« , » k
; t'LErÏ an_nouc_:c;encom que la plrg terrible persé
é3_ ;on les exer cé.e à l'égard des perso.nnes qui faient pour
‘ Iter :1 dconfscnptnon. Des centaïnes d’hommes, d’en
fants et de eu:mes sont cachés daus les marais et un
grand nombre d’entro sont déjà morts de faim
Il y à envi . i ;
; y & environ dgux semalnes un batey ‘contenant
es réfugiés poussait au large dans ‘ ; ;
; 14 -Baïe d’Eagle
Pass dans le but d’abandonner la Co» if3dérâtion. À peino
le bateau étaitil à cent yards du r se
décharge du qui tua trois des ( {Pag,e qu'il reçut ano
‘ q, …»'_& °3 ASitilP ct on blessa deuse
VOL: lI.—No. 120.

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