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L'union. [volume] (Nouvelle-Orléans [La.]) 1862-1864, May 10, 1864, Image 1

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BÉREAUS / u;
nou coNTi BNTRE CHARTAR OT LEVRE. !
PRIX DEL/ABONNEMENT, .- |
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Un Numéro cing sous. :
DEUXIEME ANNEE.
»-NOS BUREAUX.
# L'lmprimerie et le Bureau de I'UNION, ont été trar
sortés au No, 21, Rue Couti entre Chartres et Lévée.

GRANDE ASSpMDI.ËE PUBLIQUE.
; « # ——— ; P .
“ Une Grande Assemblée Publique aura lieu Mercr
prochain, 11 courant, à Ÿ heures r. M., à la Salle d'E
nomie, pour entendre le rupport des Délégués de la r
pulation de conleur à Washington, rrn
DEBATS DE LA CONVENTION.
Session du 5 et du 6 Mut.
Après M. Henderson, M. À. Hills à prononcé à s
tour, sur la question d'émancipation, un long et rema
quable discours dont nous regrettons de ne pouvoir do
uer qu’une courte analyse,
L'orateur à fait en commençant une citation qui no
a semblé hetreusement choisie, il a dit que Jorsque
proposition d’abolir l'esclavage dans les_coloxges amér
caines appartenant à la France fut faite à la Conventic
Nationale de France, en 1794, un membre de l’asseribl
se leva pour défendre les principes de la liberté unive
selle. sur quoi, un autre membre l'interrompit eu s'écrian
“M, le Président ! ne suuffrez pasque la Convention
déshonore en prolongeant ia discussion 1” N'avoys Noi
pas cu depuis trois jours, a-t-il dit ensuite, an bien étran,
xpectacle, celui d’an corps d'hoïmmes élus sur la plat
forme de l émancipation immédiate et sous la proclama
tion qui rend nulles les lois de cet Etat relatives
l’esclavage, d'hommes qui soutiennent les principes de |
liberté universelle qui ont été obligés d’éconter pendau
trois jours un membre qui a défenda avec chaieur l'
dieux système de l’esclavage américain tel qu'il cxista
avant la rèbellion, Le membre qui vient siéger da:
cette assemblée pour défendre l’esclavage *ous queigu
forme que ce goit, se rend inévitablement coupable d'u
parjure moral.
L'orateur a ensuite combattu l'assertion de M. Abe
qui vent que l'esclavage existe encore en Louisiaue ; il
dit qu'il y à vn élément indispensable à son maintien, qu
consiste dans un pouvoir, dans une force devant contrain
dre l'esc'ave à obéir à son maître, et il a demandé où M
Abell pourrait trouver ce pouvoir coërcitif dans l'Eta
à quelle autorité peut avoir recours lo msître pour fair
fouetter ses esclaves ; -où sont les encans d'esclaves, ce
inarchés où l'on exposait des êtres humains comme on l
fait du bétail. Si M. Abell croit que l’esclavage existe
qu’il e-saie.de vendre un eciave danea lez ligues féde
rales. Supposons qu’il annouce la vente d’un esclave e
que celui-ci, pendaht qu’il cenduirait à l’encan veuill
traverser la rue ou aller d'un autre côté, alors le gentle
man le suivrait, voudrait l'arrêter et le prendre au colle
pour l’entraîner à l’encan, qu’arriverait-il alors? Il se
rait arrêété pour bris de-paix et tradait en cour pour as
saut et batterie. (Rires.) L’orateur en passant en re
vne les arguments du gentleman esclavagiste a fai
ressortir le ridicule de ses moyens de défense, surtour
pour ce qui se ragporte aux exemples des ancieus peuples
lont il a voulu s'étayer, aux livres saints, ete., l a dit qu’i
avait vrä iment bonne grâce à vouloir justifier l’es
clavage par l'exemple des Egyptiens qui offraient sui
leurs autels des sacrifices humains, qui avaient des idole:
plus obscènes, plus grossiers que ceux d’aucune autre na
tion payenne, Hl à dit aussi que les Grecs et.les Romain
cités par M. Abell avaient leurs combats de gladiatenrs,
ot qu’on jetait dans l'arêne des hommes pour les faire
lévorer par des Lêtes féroces ; il a ajouté qu'on pouvait,
yar l'exemple des peuples de l’antiquité, justifier la poly
ramie, le meurtre, et en un mot tons les crimes. au£si
ien que l’esclavage. M. Abell à été aussi fouiller dans
histoire ecclésiastique, dans la Bible pour légitimer
esclavage ; mais de tous temps, il y a eu des hommes
ui ont pris la livrée‘du ciel pour serVir ledémon, des
lultitudes de crimes ont été commis au nom de la reli -
don. Quels sont ceux qu'on ne pourrait pas justi.
er par les Anciennes Ecritures ? S'il s'agissait par
xemple de justifier la fraude, ne pourrait-on pas
iter le cas de dJacob et d’Esau, et le premier
érobant au second frauduleusement son droit d’aînesse.
/‘est vraiment une honte, a ajouté l’orateur, de voir dans
, dernière moitié da dix neuvième ‘siècle un hôïmme
yant des capacités et du savoir, perdre tant de temps et
ire tant d’efforts pour nous convaincre Que J’esclavage
t conforme aux lois divines et aux préceptes de la reli--
on. (Pauvre Abell!) Le prétepte de ne point faire
1x autres ce que nous ne voudrions pas qu’ils nous fis
nt, n'emporté-t-il pas la condanäatiæm forurelle de l’es--
avage qui est par luimême une, injustice criante, qui !
t fondé sur la piraterie et le vol, qui n’est qu’un sys
me de violence et d’usurpation: depais le commencement ‘
squ’à la fin. |
L'orateur a’ dit ensuite que M. Abell non content d'a- |
ir appelé à son aide les Egyptieng, es Juifs, los Gwocs, |
s Romains et les Ecritares, avait voulu aussi s’étaver_
snoms illustres dans l’histoire Américaine et que, en
NOUVELLF-ORLEANS, MARDI, 10 MAI 1864.
faisant observer qu’ils avaient eu des esclaves, il s'étaît
bien gardé de dire ce qu’ils pensaiént de l’esclavage.
e-} Il a dit que Washington cité par M. Abell, détestait
” | lesclavage,et il a rapporté cès paroles du grand hemmcz
“Le désir le plus ardént que forme mon cœu,r,cest de
vôir adopter quelque plan aa moyéh duquel ”l esclavage
… |pourrait être aboli par la loi dans ce pays.” Il a cité
* \aussi Thomaëg Jefferson qui a dit: “Attendons avec
adi | patience l’œuvre de la Providence qui nous gouverne et
espérons qu'’elle nous prépare la délivrance de ceux de
P 0 ! nos frères qui souffrent.”. (lon effet le temps de cette dé-
O- | livrance est arrivé.) ‘
L'orateur a demontré clairement ensuite combien le
sens et lu'logique font défaut dans les raisonnements de
M. Avell ; cette partie de son discours où il à impitoya
blement'combattu ce monsieur par lm_me_me, 8 provoqué
un peu d’hilarité dans la salle ; c’est ainsi qu’il à fait ob
server que M, Abell, après s'être attaché à prouver que
on | les nègres sont par leur nature essentiellement indolents |
y- |et paresseux, et que le fouet est nécessaire pour les con-,
n | traindré au travail, dit ensuite que ces mêèmes fax_néant93
bons à rien, avec leur travail libre, devront faire une}
concurrence qui ruinera les travailleurs blancs. (Rires et {
U*/app.) Il a fuit encore remarquer que M. Abell, ’aËrès%
Ja | avoir parlé des nègres comme-étant dans un état d’abru
i- | tissement et dé'‘dégradation tel qu’ils ne peuvent se suf
n |fire à eux-mêmes, n'en présente pas moius l’esclavage
ée | commte une institution qui ne peut qne les élever et les
- |civiliser ; mais, à continué l’orateur, si après que l’escla
t vage a existé en Louisiane depuis les premieres colonisa
se | tions jusqu’à la rébellion, ils sout encore si dégradés, je
1< | vobdrais qu’on nous dise combien de siècles il faut pour
(* | qu’ils soient assez relevés pour se passer d’un maître et
€ | -e conduire seuls. ï
| L'orateut répondant à cette partie du disccurs de M.
%! Abell où celui-ci se plaint de l'oppression que subit le
F° peuple de la Louisiane, lui a demandé ce que l’oligarchie
P esclavagiste aurait fait de lui (Hills), il y a trois ou
* quatre ant, ‘s’il eût tenu le même langage daus cette eu
n ceinte. La potence, a-t-il dit, était, même en temps de paix,
" jla pénalité par laquelle était réprimée la liberté de la
T parole en Louisiane ; M. Abell ne sait-il pas que l’asser-
Ul vissement iutellectuel est la conséquence forcée de l'es
elavage, ve saitil pas que comme c'est dans les lieux les
1 | plus sombres et les plus ténébreux que l’on trouve les
à | productious de la nature les plas grossières et les plus
i | dégoutantes, de même l'esclavaga ne peut vivre que là
- |où on ne laisse pas arriver toutes les lumières de la civi
| lisation et où l’on exclut la liberté de la parole. L’ora
, | teur lui a demandé aussi pourquoi, s'il croit les intérêts
€| du peuple opposés à un gouvernement civil en L:ouisiane
» |il était venu siéger à la Convention ; il lui à dit aussi
c | que défendre l’esclavage était synonyme de défendre la
. (rébellion, et que si la bannière fédérale était remplacée |
{par le drapeau bâtard de la Confédération, lui Abell,
t{ne pourrait échapper à la cravatte de chanvre qu'’en |
>[raison de sou zèle à défeudre la rébellion, ce qui
-|pourtant pourrait bien encore ne pas suffire pour|,
| sauver sa précieuse personne. M. Abell ird fremens |
|s'est levé pour rappeler à l’ordre M. Hills qui lui |
{a répliqué qu’il avait défendu la rébellion ces trois | j
| derniers jours, le Président à dit que l’orateur était à | ‘
l’ordre ; 1l a donc continué, et il a dit, que de même |
que la vue des hommesivres peut servir à dégoûter ceux | |
|qui ont du peuchant à s’éuivrer, de mème M. Abell | ‘
| aura pu être utile en faisant ressortir d’une mauière |
| Plus frappaute le contraste que fait là doctrine des cop- | ‘
| perheads dont il est le champion, avec celle de ceux | ‘
quipoursuiveut l œuvre glorieuse de | émancipation. Il '}
a raillé ensuite finement M. Abell qui, après avoir ä
vanté les bienfaits de l’esclavage et après avoir soute- ‘
nu qu'il est d'institution divine, qu’il est sanetionné par | ;
l'histoire des peuples anciens, par les Ecritures, etc., | ;
à dit ensuite qu’il était opposé à l’esclavage, c’est-à- | q
dire que saus doute il ne croit à rien de ce qu’il a dit
lui-même. à
{ M. Abell, a t-il dit ensuite, s’est efforcé de prouver que
ila libération des esclaves par des ordonnances intro
| duites dans la Constitution serait une sorte de vol en | n
gros que commettrait la Convention, il a dit en subs- | q
tance que fe Gouvernement avait dérobé aux citoyens
déloyaux toutés leurs propriétés et que maintenant la
| Convention se proposait de voler tout ce qui restait
| entre les maîns des loyaux / maintenant si la valeur que
£repréæentaient les esclaves s’est éteinte, je voudrais sa- | ti
voir qui doit être responsable de ce fait ; s’il y a eu des | p
vots d'esclaves en Louisiane, on devrait au moins nous | E
nomtmer lee voleurs. Je vouws dirai moi Que les voleurs
ne «ont autres que ce peuple déloyal de la Louisiane qui, | te
en passant l'acte de sécession et en inaugurant la rébel- ! ci
Tion, ont ruiné et détrait à jamais les valeurs consistant | d
en esclaves. S'il y a des voleurs, ce sont les sécessio- |lu
nistes ét non les armées de l'Union qui sont venues sou
tenir l'honneut'et l’intégrité dua pays ; on ne saurait con- ( m
sidérer l'émancipation comme un abus de pouvoir, comme | n’
un acte de v:oleqce ; elle est une nécessité militaire et | M
n'a‘en vac que l'honneur de notre drapeau. M: Abell l
pourrait tout aussi bien plaider contre le droit que le Gou- | éc
\'crnement_u_d'uxiger le service du soldat: il ivsa dans l’ar- | lo
mé_c des milliers d'hommes et même des centaines de mille ri
qui,par leut travail ou autroment,gaguaient beancoup plus { la
@ 8144 E 3 /ARRSRUIICES
(ParAËre d'avance.) =
Les annonenr se paiont à raison de $l. le carté de
dix Ùgne.fl;3
On traite de gré à grÀ pour les annonces du comumerce
_ A l’année, au sentesire et 2 trimestte.
d’argent qu’au service. M. Abell, pour être conséquent,
doit voir un vol dans l'obligation qui leur à été faite de
quitter des occupations lucrativez. ‘
En répondant à la partie du discours esclavagiste
'où son adversaire réclame au nom de l'exception faite
pour certaines paroisses dans la proclamation du Pré
sident, l'orateur à dit que ce dernier n’avait nullemen_t
} prétendu garantir le maintien de l’esclavage, gu'xl
avait été simplement aboli dans quelques unes, et däns
les autres abandonné à lui-même, et qu’il n'avait pas pu
se soutenir lui-même dans la paroisse d'Orleans, ni
dans auéune autre, parce qu’il est la créature d'une
loi locale dont le maintien dépend de la législature
d’Etat, et par la rébellion, les lois d’Etat ont été sue=
pendues si non abolies, et il n'a pas été fait de lois
nouvelles pour maintenir l’eclavage dans l'Etat.
L'orateur en démontrant que l’esclavage n'existe
plus , à présenté comme un des Ælus forts arguments
dans ce sens, ce fait, qu'un grand nombre de ceux qui
étaient autrefois esclaves sont aujourd'hui soldats dans
les armées de l'Union ;il a demandé si son adversaire
oserait bien prétendre qu'ils fussent réduits de nou
veau à l'esclavage, les hommes quiont exposé levr vie
en défendant le drapeau de leur pays; les hommes qui
portent le mousquet et l'uniforme de l'Union. Les
champs ensanglantés de Port Hudson témoignent en
faveur de la valeur de ces hommes qui, dans trois
charges successives et à quelques pas des canons de
l'ennemi ont prouvé ce fait, que le noir est disposé à
sacrifier sà vie pour soutenir l’Union. (Vifs app.)
Entend-il que ces hommes, leurs femmes, leurs ‘en
fants soient enchainés de nouveau. Ce serait une
honte, un déshonneur, une tache pour la nation que
le sang de tous nos soldats ne pourrait jamais effacer.
Il n'y à pas de place dans notre pays pour recevoir
dans le même homme homme un esclave et un soldat,
(App.)
Pour répondre à ce que son adversaité à dit contre
l’égalité des noirs, l’orateur lui a demandé s'il craint
assez que la race noire ne prévale sur’ la racé blanche
pour croive qu'on doive exercer toutes sortes d’injustices
contre la première et la tenir constamment sous ses
pieds. Quant à l’amalgation où miscégénation, il a de
mandé si M. Abell craint que les esclaves, étant libérés,
toutes les belles filles du Sud ne brûlent du désir de s 6
marier avec des noirs, et-que les jeunes gens ne veuillent
épouser des négresses. Il a dit que lo croisement des
races était bien plus fréquent dans les Etats à esclaves
ue dans les Etats libres, qu’il n'avait Jatnais vu autant
de mulâtres, de quarterons, et d’hommes à figure blanche «
lassés parmi les Africains, que dans la Louisiane, le
Maryland et la Virginie qu’il a habités dans ces der
vièreg années, '
L'orateur cn terminant a parlé de l'oligarchie esclava
iste à qui on veut attribuer des goûts et un Saractère
hhevaleresques. Si je comprends bien, a-t-il dit, ce qu’était
a chevalevie comme l'ont dépeinte les auteurs qué
‘ai lus, elle avait pour base ce principe qui fait au fort
n devoir de défendre le faible ; toutes les fois qué la
‘ertu, l'innocence, les êtres faibles et sans prôtection se
résentaient au vrai chevalier, et se trouvaient éh péril,
| était tenu de tirer l’épée et de prendre Jeur défense:
nais il me semble que ce sout des chevaliers d'ane toute
utre espèce, ceux qui oppriment les faibles; qui ce sont
istingués teut récomnient au Fort Pillow et duns tant
l'autres lieux et qui semblent vouloir faire de cette
werre une guerre d’extermination et forcer le gouverne
rent à avoir recours à des répresailles sangiantes. L’o
ateur s'est retiré an milieu des applaudissements. MM.
romley, Stocker, Wilson et Charles Smith ont pris en
tite la parole sur la même question ; neus y reviens
rons,
%
ECHANGE DES PRISONNIERS.
Le général Butler à suspendu l'échange des prisou
lers et ne permet plus aux bateaux parlenrentaires
e descendre ni de remonter la rivière St-James.
W…
Nous Hsons dans le Messager:
La France consacre à la prochaine élection présiden--
elle un article dans lequel elle ne réussit qu'à jeter la
us grande confusion dans une question simple et claire.
lle fait toutefois an aveu bon à noter,
Ce qui séparait les républicains avaucés des démocra
s unionistes qui forment la grande majoriteé des
toyens, “c’était la question de la Stppression intmédiate
) l’esclavage, question que la guerre à désormais réso
e pratiquement.”
Nous sommes henreux de voir la France réfater elle -
ème, et en termes si formels, la thèse ridicule qu’elle
avait cessé de sontenir jusqu’à présent. Le journal do
« de la Guéronnière prétendait que la question de
sclavage n’est ponr rien dins la gwerre civile qui a
laté'entre’les Ptaty du' Nord et dn Sud. Sca yeux
ngtemps fermés se sont: enfin ouvorts, ct nous ne sau—
ns trop vivement la féliciter de cet honroux retour à
lumière.
VOL. TI.-——No. 134

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