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Echo de l'ouest. [volume] (Minneapolis, Minn.) 1883-1929, February 25, 1885, Image 1

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VOLUME II.
ECHO DE L'OUEST.
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LA FILLE
DES CAMELOTS
(SUITE.)
—La Cagnotte, monsieur Hora
ce, interrompit Caminade, d'un ton
plus ferme qui frappa son interlocu
teur la Cagnotte et moi, nous étions
dans le train de Paris à Angoulè
me le jour où le caissier de la Ban
que manqué être assassiné.
—M. Desgranges fit Horace.
—Précisément et à notre retour
de Bordeaux, à cette même station
d'Angoulème. savez-vous qui nous
avons aperçu sur le quai du départ,
donnant le bras au pauvre bon
homme, que l'on ramenait à Paris?
—Raymonde, peut- être.'
—Vous avez mis dans le mille
oui mademoiselle Raymonde, et
ce qu'il y a de plus renversant,
c'est que ce jour-là, au moment de
monter en wagon, quand elle pou
vait cïoire que nul ne la voyait,
elle a échangé quelques mots a vac
un certain vieillard qui a joué dans
toute cette affaire un rôle des plus
suspect.
—Quel vieillard?
—Jean-Louis Margaine, qui se
prétendait de Sainte-Foy (Giron
de,) et qui n'était pas plus de
Sainte-Foy, qu'il ne s'appelait
Margaioe, à preuve qu'on a jamais
pu le retrouver, et qu'il s'est déro
bé à toutes les recherches.
—Quelle raison de croire qu'il
existât des, relations entre ce
Margaine et.Mademoiselle Ray
monde?
—Ca c'est singulier,pas vrai?
—Et tu n'as pas designé cet
homme à la justice.
—J'aurais dû le faire.... Sans
doute.... Mais le train partait et il
n'était que temps d'embarquer...
d'ailleurs, on a toujours tort de se
mêler des affaires des autres
éurtout quand on est pas bién sûr
de. soi.
—Enfin, que pense la Cagnotte
de tout ceci?
Caminade se leva et fit deux ou
troirt tours dans la chambre avant
de répondre.
Puis, il s'arrêta, le front penché,
comme sous l'empire d'une pensée
dont il eût été obsédé.
-Voyez-vous, monsieur Horace,
reprit-il alors, moi je connais bien
la Cagnotte c'est une excellente
camarade, dévouée, aimante comme
pas une, et je ne l'ai jamais sur
prise à mentir. C'est pur autant
que l'or, quoi Eh bien, quand je
l'ai revue cette fois, je l'ai trouvée
tout à fait changée.
—Qu'entends-tu par là?
—C'est un peu difficile à expli
quer, toujours est-il que jusqu'à
présent, j'en étais encore à relever
le moindre trouble dans son regard,
et elle laissait voir dans ses yeux
tout ce qu'elle avait dans le cœur.
—Et cette fois?
—Ah bien, oui Cette fois, ce
n'était plus ça. On jurerait qu'elle
a quelque gros secret qui la tour
mente et qu'elle a peur de laisser
échapper ou surprendre.
—Qui peut te faire supposer?..
Caminade releva le front, et son
œil se prit à briller.
-—Bien malin sera celui qui
pourra dire ce qu'il y a dans une
petite tête de femme, dit-il avec un
pli moqueur à la lèvre une preur
ve Savez-vous de qui la Cagnotte
m'a parlé?....
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—De qui donc?
—L'autre soir, à la bràëéefie,
n'avez-vous pas remarqué une jolie
fille qui, un moment, a fait mine
de Vouloir s'interposer entre M.
Rèné'et son adversaire?
—Brunette! fit vivement Ho
race.
a
—Ca y est 1 vous avez de l'œil..
oui, la petite Brunette, et aussi le
pète Bricole.
—Est-ce que tu les connais?
—Pas encore.. .Mai? avant peu
je saurai à quoi m'en tenir sur le
compte.
—La Cagnotte s'intéresse donc à
la petite?
—A tous les deux.
—A quel propos? 4
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c^tv-é J- tV v-' v
d'Angoulème, et la Cagnotte trou
ve que Mademoiselle Raynionde
ressemble bien à la petite Brunette,
et que le père Bricole pourrait
bien être pris pour Jean-Louis
Margaine, de Sainte-Foy (Giron
de.)
Horace tressaillit.
Ce que disait Caminade était si
grave que ce n'est qu'en frémis
sant qu'il y arrêtait sa pensée.
—Eh quoi fit-il, au bout de
quelques secondes, cette petite
fille pourrait avoir trempé dans
une pareille aventure. Je né l'ai
vue qu'un instant, et un semblable
soupçon me paraît monstrueux.
—Moi! ce que j'en dis, répliqua
Caminkde, vous comprenez, il y a
quelquefois des idées qui passent
passent par la tête, qu'on ne sait
ni d'où ni pourquoi ça nous vient
et cependant, quant à la ressem
blance, lorsque la Cagnotte m'a
dit ca, je me suis senti comme un
frisson dans le dos.
—Enfin, quelle est la conclusion
que ta camarade croit tirer de tout
ceci?
Caminade allait répondre lors
que la porte s'ouvrit.
Un valet entra.
—Qu'y a-t-il? demanda Horace.
—Que monsieur m'excuse, si je
me suis permis d'entrer, dit le va
let, mais il y a là un ami de mon
sieur.
—Qui cela?
—M. René.
—Lui Ah il arrive à propos..
qu'il entre à l'instant.
Et se tournant vers Caminade
qui, par discrétion, faisait mine de
se retirer:
—Reste ajouta-t-il... .qui sait!
peut-être René apportë-t-il quel
que lumière sur cette affaire, qui
commencer à me paraître singuliè
rement obscure!
René entra sur ces mots, et à
première vue il fut facile de juger
qu'il était en proie à une agitation
extraordinaire.
—Eh qu'arrive-t-il? fit Horace,
en allant à lui te voilà tout trou
blé et ému.
Mais au lieu de répondre, René
tourna son regard inquiet vers
l'ex-barvton.
—M. Caminade un artiste de
mes amis, dit Horace... .11 voulait
se retirer, je l'ai retenu car il
connait la Cagnotte et mademoi
selle Brunette, et sa présence ne
peut que nous être utile.. C'est un
homme sûr, et il ne retiendra de
tes paroles que celles qu'on ne le
priera pas d'oublier.
René serra la main d'Horace.
—Soit, dit-il, en faisant un ef
fort pofir reprendre son calme, je
m'expliquerai devant M. Caminade,
quoique l'on m'ait recommandé la
plus grande discrétion mais j'es
père qu'il gardera pour lui la con
fidence qu'il va recueillir.
—Ah! ça, fit Horace, que se
passe-t-il donc?
—Quelque chose de très simple
en apparence mais au fond
Tout en parlant de la sorte, Re
né tirait de sa poche une lettre,
qu'il se mit à déplier.
—Une lettre encore s'écria
Horace, et..elle est de Brunette?
--Oui.
—La pauvre enfant passe sa vie
àtécrire.
—Ne raille pas, je t'en conjure.
—Eh je n'en ai pas la moindre
ènvie d'ailleurs elle écrit fort
bien voyons la première, nous
l'avons lue ensemble, et je me sou
viens encore des recommandations
attendries qu'elle contenait. .J'es
père que cette ^fois, elle a entamé
un autre sujet.—Il n'y a pas d'in
discrétion?
René lui tendit la lettre.
—Lis toi-même, répondit-il sim
plement
Et Horace se mit à lire:.
Monsieur René,
"11 faut que je vous parle sans
tarder il y va de votre vie même
Ce soir, à dix heures, un homme
vous attendra à l'angle du boule
vard Poissonnière et de la rue du
Faubourg-Montmartre. Cet hom
me vous a déjà vu, il vous recon
naîtra dès que vous paraîtrez. Il
ira à vous et vous dira ces mots
BRUNETTE et BRICOLE. Alors,
vou# le suivrez, et il vous conduira
à l'endroit où je vous attendrai.
Par grâce, monsieur René, n'hé
sitez pas à vous rendre à l'appel
que je vous adresse, et soyez dis
cret, car il y va, je le répète, de
votre vie même.
Une ombre soucieuse assombrit
le front de Caminade.
—Ah voilà répondit-il en se
rapprochant de son interlocuteur,
ça se rattache toujours à l'histoire pense que mademoiselle Brunette
l't
BRUNETTE.
P-S.—Brûlez cettre lettre, dès
que vous l'aurez lue."
—Eh bien, qu'en dis-tu interro
gea René après que Horace eut
achevé Sa lecture.
Ma foi, répondit oe dernier, je
-v v v 1
•l&AZi-A 'J
rk'ë.iïïSi
est une fillelplus avisée encore que
je ne le croyais, et elle me paraît
ne t'avôir sauvé l'antre jour que
pour mieux te perdre aujourd'hui
—Quel intérêt lui supposes-tu
o n
—Ca je n'en sais rien, mais
après les confidences très graves
que je viens de recevoir à l'instant
de Caminade, j'estime qu'il ne faut
pas s'emballer.
—De quelles confidences veux
tu parler?
—Au fait, poursuivit Horace
après une courte hésitation, je
crois qu'il serait imprudent de te
laisser ignorer des choses qui peu
vent peser sur la détermination
que tu as à prendre. Ecoute donc.
Caminade et la Cagnotte trouvent
comme toi que mademoiselle Bru
nette, et qu'en tout cas celle-ci a
des amis qui pourraient bien voir
avant peu quelques démêlés avec
la justice.
—Qui a dit cela? interrompit
violemment René.
Ce dernier répéta nettement ce
que Caminade venait de lui dire.
René eut un regard de flamme.
—C'est odieux balbutia-t-il la
gorge serrée, et tu peux ajouter foi
à de pareilles calomnies?
•—Moi, mon cher René, j'écoute
et j'apprécie. Je n'ai pas pour
habitude de condamner les gens
sans les entendre, et mademoiselle
Brunette profitera de ces heureu
ses dispositions naturelles toute
fois, réfléchis un peu et, tout en
accordant à la jolie enfant le béné
fice des circonstances atténuantes,
il faut bien reconnaître que le mi
lieu dans lequel elle s'est présentée
à nous n'est pas fait pour lui être
favorable.
C'est vrai, dit René, mais il y a
des exceptions.
—Bien peu..
—La pauvre enfant est si douce,
si affectueuse.
—Sans doute.. elle, n'est pas
responsable peut-être, et c'est ce
qu'on peut dire de mieux pour la
justifier. mais tout de même, il
faut être prudent
—Je|le serai.
—Que comptes-tu faire?
—Ce que tu fèrais à ma place,
j'en suis convaincu je me trouve
rai ce soir, à l'angle du boulevard
Poissonnière
—Seul?
—Sois tranquille., je serai ar
mé! il ne m'arrivera rien.
—Tu es bien décidé..
—Demain, je viendrai te racon
ter ce qui se sera passé^ cette nuit
—Allons.. je n'insiste pas..
C'est une imprudence! Mais, com
me tu l'as dit, à ta place, j'agirais
de la même façon.. Seulement au
nom de notre vieille amitié.. tu
me promets que demain, je te ver
rai à la première heure.
—Je lé jure.
—A demain alors, et bonne chan
ce
René s'éloigna.
Dès qu'il eut disparu, Horace
se tourna^ vers Caminade, dont la
physionomie était tout à coup de
venue soucieuse et avait pris un
air mécontent
—Eh bien 1 d'où te vient cet air
sévère? demanda Horace en sou
riant
—Yous avez eu tort de le laisser
partir répondit Caminade avec
fermeté moi, voyez-vous, décidé
ment, je me méfie de cette petite
Brunette et si vous voulez me le
permettre..'
—Que veux-tu faire?
—Ce soir, je me trouverai à l'an
gle du boulevard.
—Mais si l'on te reconnaît
Caminade se redressa avec or
gueil.
—Je ne sais, dit-il d'un ton im
portant et prudhommes que, quel
souvenir j'ai laissé de moi aux po
pulations chez lesquelles j'ai chan
té mais si on a pu me contester
quelquefois—rarement—ma répu
tation de baryton, il n'y a jamais
eu qu'une voix sur mon talent de
gi ime !.. vous peuvez fouiller tous
les théâtres de Paris, vous ne trou
verez pas un artiste qui sache se
faire une tête comme papa
Horace approuva du geste, .à
—Soit! dit-il je m'en rapporte
à toi, et je "ne serai pas facbêïvtié
sa voir que quelqu'un de sûr veil
lera, si Rénë. couràit quelque dan
ger. Au surplus, je 'prendrai moi
mêmé deé me^ës en conséquence,
et j'espèrè qtie tout'se passera bien!
Comme it parlait ainsi, il s'aper
çut qu'il tenait encore à* la main
la lettre de. Brunette, que René
avait oublié de lui redemander.
Il y jeta de nouveau un rapide
coup d'œil, et il se mit à la plier
lentement
Caminade l'observait'd'un regard
oblique.
Quand il le vit faire disparaître
dans sa poohe le billet plié en qua
tre, il se prit à sourire.
4
«1
y V",-.
—X la bonne heure! dit-il en
v '"T" ^"jl*
NUMERO 44
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même temps, on ne sait pas ce qui
peut arriver, et il^ne faut jamais
écarter les atouts.
—Que veux-tu dire? fit Horace
{étonné.
—Bon! on n'a pas une taie sur
l'œil, je suppose., et ces sortes
d'autographes, c'est toujours bon à
conserver!
—Décidément, tu te méfies de
Brunette.
:—Il n'y a peut-être pas de quoi
.. mais patience.. demain, nous
aurons du nouveau.
Le soir, vere dix heures, il y
avait foulé sur le boulevard Mont
martre: c'était l'entracte aux Va
riétés les spectateurs s'étaient ré
pandus à droite et à gauche, les
nna cherchant une place sur les
terrasses éblouissantes, les autres
arpentant les trottoirs en fumant
une cigarette, quelques-uns même
franchissant la rue Montmartre,
encombrée, pour échapper à la co
hue envahissante
Mais comment fuir la cohue!..
Elle est partout
D'innombrables voitures, sillon
nent la chaussée, soulevant un tu
multe assourdissant: la crue des
promeneurs augmente à chaque
instant avac des flux et des reflux
d'où s'élèvent des cris empruntés
aux dialectes les plus discordants,
et audessus de ce bruit et de ce
tumulte dominent les appels gut
turaux que lancent quelques came
lots, sollicitant la curiosité des ba
dauds par des titres de canards
tous plus pittoresques les uns que
le autres.
Il faudrait ne jamais avoir mis
le pied sur l'asphalte parisien,
pour ne pas avoir retenu le souve
nir de ce tableau unique
Us sont cinq ou six au plus et
ils remplissent la rue et le boule
vard des éclats de leur voix érail
lée et canaille.
Ce soir-là, deux de ces indus
triels de la rue se faisaient remar
quer par l'entrain exceptionnel
avec lequel ils excitaient la curio
sité des passants.
L'un, petit, maigre, seize ans à
peine, coiffé d'une casquette de
soie, vêtu d'une blouse étriquée
sous laquelle pointaient des épau
les osseuses, appelait les -clients
d'une voix aiguë et dolente, en agi
tant ses deux mains pleines de
grandes feuilles imprimées, dont
un titre en grosses capitales voyan
tes occupait toute la partie supé
rieure.
—Demandez ce qui^vient de pa
raître
"Le testament de l'impératrice
Eugénie."
"La mort du comte de Cham
bord."
Le mariage de Gambetta et de
Louise Michel, etc."
L'autre, plus robuste et plus
grand, coiffé d'un chapeau mou qui
lui couvrait les yeux, vêtu d'un pa
letot usé, également armé de ca
nards aux titres aveuglants, sem
blait vouloir couvrir de sa voix de
baryton le malingre concurrent
qui lui faisait pendant
—Demandez ce qui vient de pa
raître
Le mariage de Louise Michel
et de Rochefort"
Les amours secrètes de Napo
léon ITL"
"Les mystères de la baronne
d'Age."
L'a -t de dompter les belles-mè
res, etc."
Et les canards s'enlevaient, au
milieu des rires et des quolibets
des badauda
Cette lutte dura ainsi une demi
heure, au bout de laquelle le plus
petit des deux camelots cessa tout
à coup de lancer ses appels assour
dissants, passa lentement sa mar
chandise à un camelot voisin, et
se dirigea à pas rapides vers un
jeune homme qui venait de débou
cher par le boulevard Montmartre,
et se disposait à tourner l'angle de
la rue.
XT-Ce jeune homme n'était autre
que René, qui arrivait ponctuel au
rendez-vous donné.
Il n'avait pas fait dix pas que le
camelot le rejoignit» et le poussant
légèrement du coude, lui jeta à
l'oreille ces deux mots: Brunette
vt Bricole.
René "se retourna.
—Est-ce à moi que vous en avez?
interrogea-t-il en dévisageant son
étrange interlocuteur.
—A vous, répondit celui-ci, si
vous êtes disposé à me suivre.
—Où devez-vous me conduire?
—A deux pas venez et vous
verrez.
Et il se mit en marche.
Rèné le suivit
fils descendirent da la sorte la
rue Montmartre, s'engagèrent dans
la rue du Croissant et continuèrent.
d'avancer jusqu'aux approches des
dernières maisons.
{À. continuer.)
r'
*4
'/v
til

W. F. SCRIPTURE.
Epiciers No 27.—1st Street South.
B. Bloch.
Octave Leblanc.

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