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Echo de l'ouest. [volume] (Minneapolis, Minn.) 1883-1929, July 15, 1885, Image 1

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1 le rue, Est.
feuilleton.
LA FILLE
DES CAMELOTS
(SUITE.)
Ecoutez
—Qu'y a-t-ii donc
—On marche dans le parc
Les deux femmes se turent
On entendait, en i effet, des pas
précipités sous les allées. Bientôt
quelqu'un monta l'escalier.
Bay monde mordit ses lèvres
pour ne pas crier—Ce n'était pas
Laura !—et, en effet, presque aus
sitôt un homme pénétra dans la
chambre, et s'arrêta frappé de stu
peur, en apercevant madame Pra
dié.
C'était Bené.
Un grand désordre se manifes
tait dans sa tenue, à la vue de la
mère de Laura, il avait baissé les
yeux et n'osait plus les relever.
—Ma fille ma fille s'écria ma
dame Pradié en allant à sa rencon
tre. Vous avez vu Laura, c'est
c'est d'elle que vous venez parler à
Bay monde
—Mais balbutia Bené, en se
tournant vers la jeune fille comme
pour lui demander ce qu'il devait
répondre.
Déjà Baymonde avait pris son
parti et venait de se rapprocher du
jeune homme, i ïtt
—Quoique vous ayez à rtous ap
prendre, dit-elle avec fermeté, par
lez en toute- franchise madame
Pradié et moi, nous voua écoutons.
—C'est que. .hésita Bené, ce que
j'ai à Vous.dire....
—Dites dites tout
—Ma pauvre enfant murmura
madame Pradié.
Et comme Bené se troublait en
core, Baymonde crut devoir venir
à son aide*
Elle avait, elle, vaguement devi
né une partie de la vérité.
—C'est bien de Laura, qu'il s'a
git demanda-t-elle.
—Oui .oui. .répondit Bené. f-,
—Je la quitte à l'instant i
—Et elle vous a dit de venir me
chercher?
—C'est cela venez la voiture
attend, .venez.
—Mais quel maîheur est-il donc
arrivé? interrogea madame Pradié.
Baymonde avait pris un man
teau, s'en était-couvért les épaules^
à la hâte, et s'était emparée du
bras de madame Pradié.
—Partons dit^elle avee autorité
ne perdons pas de temps, et.» en
chemin, M.. d'HarviUe nous fera
connaître ce qui est advenu.
Ce qui était advenu, nous allons
le raconter.
Pendant que Baymonde se pré
cipitait au-devant de madame Pra
dié, Laura n'avait pas eu une se
conde d'hésitation. Le projet qu'el4
le avait formé, elle lie, voulait pad
que rien pût y mettra obstacle, et
v ...
1
EvRT^nFRES^B^Bedâcteur^^r.'i^' V r/«r«W.
¥4
elle avait fui par l'escalier de ser
vice pour ne pas se trouver en pré-,
sence de sa mère.
JEUe avait gagné la rue Payenne
et s'était dirigée vers la plus pro
ohaine station de voitures.
Une fois là, elle s'était adressée
à lin cocher, lui avait donné l'a
dresse du comte, et était montée
dans un coupé de remise.
—Partez tout de suite, dit-elle
en ramenant son voile sur ses yeux.
Le cocher comprit, et ne se fit
pas répéter l'invitation il fouetta
son cheval qui avait encore quel
que feu, et partit d'une allure ex
ceptionnelle.
Il brûla littéralement le pavé.
C'est un miracle s'il n'accrocha
pas en route.
Laura ne songeait guère à cela.
Elle s'était rejeté au fond du
coupé., ne pensant qu'à Mario, im
patiente d'arriver, comprimant son
cœur qui battait violemment.
Et elle françhit comme un trait
le trajet qu'elle avait à parcourir.
Enfin, elle arriva.
Il était neuf heures.
Elle sauta sur le trottoir, ordon
na au cocher de l'attendre, et cou
rut à l'hôtel.
Ses oreilles bourdonnaient elle
était comme sourde et aveugle
elle n'entendait et ne voyait plus
rien.
—M. le comte demanda-t-elle
au valet qui la reçift.
—Si madame veut bien me sui
vre, répondit celui-ci, qui vraisem
blablement était prévenu. /j,
Il gagna aussitôt le vestibule,
traversa l'antichambre, la salle à
manger et ouvrit enfin une derniè
re porte, sur le seuil de laquelle il
s'arrêta.
M. le comte est dans son cabi
net, dit-il alors en s'inclinant..
Et Laura entra, pendant qu'il
refermait la porte derrière elle.
Le comte s'était levé. Il s'em
pressa au-devant de la jeune, fille
et celle-ci ails se réfugier dans ses
bras.
—Mario Mario murmura-t
elle, à demi défaillante.
-—Chère Laurà, répondit le com
te, vous chez moi, à cette heure
ah soyez bénie pour cette preuve
d'amour. Je ne pouvais y croire
c'est une grande imprudence.
—Qu'importe!
Pauvre enfant adorée
—Je voulais vous voir.
—Quand tout le monde m'aban
ne quand des dangers terribles
mé menacent de toutes parts
—C'est de cela que je viens vous
parler. Ce sont ces dangers que je
Viens conjurer avec vous.
—Mais c'est impossible
—Nous essaierons.
—Entreprise folle! puisque vous
ne savez pas même de quel crime
on m'accuse.
-Détrompez-vous.
--Comment
—On m'a tout dit.
—A vous quand cela
—Tout à l'heure.
—Madame Pradié
—Non, non, Mario ma mère ne
sait rien, elle, j'en suis sûre, on lui
a laissé tout ignorer.
—Qui donc alors
—Baymonde.
—Encore.. toujours ellé Ah
je ne sais qui me retient..
—Mario..
Mais déjà Mario avait secoué le
front et était redevenu maître de
lui.
—Vous vous étonnez, reprit-il
aussitôt, parce que vous ne com
prenez pas la colère et la haine qup
ce seul nom de Baymonde soulève
dans mon cœur..
4* V 's Vr
1
—C'est ma meilleure amie.
Elle !.. eh bien osez me répé
ter à moi !.. à moi, que vous aimez,
osez me répéter ce que cette amie
vous a dit.
a i s .
—Elle vous a parlé, n'est-ce pas,
d'un? assassinat commis, il y a- un
an, la nuit dans le train de Paris
à Angouleme.
—Mon Dieu
—Et elle a ajouté que l'assassin
.C'était..®,
-Taisez-vous.
—C'était moi !.. Est-bien cela V
répondez!..
Laura se laissa tomber à genoux,
et leva ses mains jointes vers le
cÔmt& 'toi'( '.
-i-Ah sur sa vie, Mario, dit-elle
sur mon Balut éternel, je jure que
je ne l'ai pas cru v ,r
—"Vraiment
—Elle mentait
—Pourquoi donc
—Vous vous vous vJ
Le comte releva le front, par un
geste farouche,
Ce n'était plus le môme homme
un air d'audace irritée le transfix
gurait une, flamme intense biûlait
son regard ses doigts se crispaient
sur le bras de la jeûne fille, épou
vantée et pantelante.
li:—Tenez, dit-il d'une voix forte
c'est assez de mensonges et de sub
terfuges. .et parce que je vous ai
me, Laura, je veux que vous me
connaissiez tout entier .. Ce cri
me, eh bien, oui c'est moi qui l'ai
commis.
—•Horreur
—M. Desgranges portait sur lui
certains actes arrachés à la faibles
se de mon pèra, et à l'aide des
quels on voulait consommer ma
ruine et mon déshonneur Si je
n'avais pas agi comme je l'ai fait,
on me volait un titre qui n'appar
tenait bien qu'à moi, une fortune
qui ne pouvait aller à d'autres.
C'éteit donc ma vie même qui était
en jeu je n'accomplissais là qu'un
acte de vengeance légitime et
alors..
—Assez, assez balbutia Laura.
—Alors, je n'ai pas hésité."
—Ainsi, ©'était vrai, dit encore la
pauvre enfant, on ne m'avait donc
pas trompée !.. O mon Dieu !....
pourquoi ne suis je pas morte avant
de vous avoir entendu !..
Et elle se laissa tomber sur le
tapis, le corps inerte, les cheveux
dénoués, la face livide comme une
mourante.
Quelques minutes se passèrent
alors le comte avait pris la pau
vre enfant dans ses bras, l'avait
portée dans la salle à manger, où
il l'avait déposée dans un fauteuil
à haut dossier.
Puis, emplissant un verre d'eau,
il l'approcha de ses lèvres..
Laura ne sentit rien.. une tor
peur sans nom s'était emparée d'el
le.. et c'est d'un mouvemt-nt ma
chinal qu'elle repoussa le verre
qu'on lui offrait
—Laura supplia le comte, ne
dites pas que je vous fais horreur
qu« puis-je ajouter !.. moi, je suis
né dans un pays où les coutumes,
les usages diffèrent de ceux des
pays civilisés.. Il ne faut pas nous
juger, nous autres, avec vos idées
et vos sensations européennes. Là
bas, notre soleil de flamme allume
l'incendie dans nos vaines, nos
amours sont ardentes comme nos
haines nous allons à la vengean
ce, bravant les obstacles et les lois
et celui-là est honoré, qui n'a pas
hésité à frapper son ennemi Voi
là ce qu'il faut vous dire, Laura !..
et si vous faites cela, vous trouve
rez dans votre cœur assez de force
pour me rendre votre amoor, un
moment épouvanté
Pendant que le comte s'expri
mait ainsi, Laura était ptu à peu
revenue à elle, cette voix qui lui
parlait, elle ne l'avait jamais enten
dre sans émotion, et un sentiment
singulier se dégageait, qui la péné
trait d'idées inattendues ou tout
au moins ignorées jusqu'alors.
Ce que disait Mario, elle le com
prenait
Après tout, il est des responsa
ilités relatives, et sans chercher
à analyser l'atrange,sensation qu'el
le éprouvait une sorte d'apaise
ment se faisait en elle.
Mais, en même temps, d'autres
pensées lui venaient à travers le
désordre qui la troublàit
Pensées bizarres, mais puissan
tes, qui lui com uuiquaient de
nouvelles résolutions.
Laura était d'une nature excep
tionellement ardente, et si la mal
heureuse enfant avait pu un mo
ment s'abandonner à cet amour ex
clusif, plein d'oubli, elle devait se
retrouver et se reprendre tout en
tière en présence de situations su
prêmes.
Elle releva donc le front et osa
regarder le comte bien en face.
—Soit dit elle d'un ton ferme,
si vous ne vous justifiez pas.. au
moins, vous vous expliquez mais
dans l'extrémité où vous voilà ré
duit, dites-moi ce que vous comp
tez faire.
Mais..
—Bépondez !.. vous comprenez,
n'est-ce pas que le temps n'est plus
aux hésitatious.. Vous êtes accusé
d'assassin. quel parti allez-vous
prendre
—Eh il n'y en a qu'un.
—Lequel
—Tout est préparé pour ma fui
te. -,
—Vous allez partir
A. Davignon, Administrateur.
v
—Préférsz-vous que j'affronte la
honte d'un débat public, que je me
livre à des juges prévenus qui me
condamneront avant même de m'a
voir entendu
—Et dans ce péril, vous n'avez
pas pensé qu'il y avait peut-être
une autre issue.
—En connaissez-vous, vous-mê
me ?. "^3.
—Sans doute, et je vais vous l'of
frir.
Le comte poussa un cri enviré.
—Vous dit-il. Il serait vrai
Vous pourriez me sauver
—Oui, Mario, écoutez Je vous
ai dit souvent n'est-ce pas, que j'é
tais prête à vous donner ma vie
s'il le fallait? Eh bien, ce sacrifice,
je vous propose de l'accomplir au
jourd'hui
i—Comment
—Puisqu'il n'y a plus de bon
heur possible pour nous dans Ja
vie, allons chercher notre dernier
refuge dans la mort
Et en parlant de la sorte, elle
présenta au comte le flacon qu'elle
lui avait déjà montré dans un pré
cédent entretien.
Le comte recula instinctivement
de deux pas.
—Du poison balbutia-t-il en
repoussant le flacon. *.
—Vous avez peur
—C'est de la folie
—Vous préférez la honte
—Je n'ai pas le droit de vous en
traîner dans une aussi fatale réso
lution, LauraJ! vous êtes énervée
toutes ces émotions vous ont trou
blé. il faut revenir à vous.
—Vous n'y pensez pas !.. Don
nez-moi ce flacon.
—Jamais..
Je vous en conjure !.
—Laissez-moi!
Le comte avait fait un geste vio
lent pour enlever le flacon à Lau
ra, mais au moment où il allait
l'atteindre, un bruit s'éleva dans
l'antichambre, qui détourna son
attention.
Tout son être avait frissonné,
car il venait de reconnaître la voix
de Lambert
Alors, il oublia tout, et avant
qu'on ne fût venu le prévenir, il se
précipita au dehors, sans plus s'oc
cuper de Laura.
Celle ci sentit une rougeur subi
te envahir ses joues et son front
—Lâche il est lâche! murmu
ra-t-elle, la lèvre torve.
Et une luèur d'acier traversa
son regard.
—O honte honte dit-elle en
core, en pressant ses tempes et
c'est là, c'est là, l'homme que j'ai
mais
Elle se dressa droite et frémis
sante, la poitrine gonflée, les nari
nes dilatées et se mit à parcourir
la salle avec des mouvements heur
tés.
Elle était méconnaissable. en
un instant, ses traits s'étaient atter
rés, ses dents mordaient ses lèvres
jusqu'au sang, ses ongles irrités
déchiraient les dentelles de son
corsage.
Enfin, elle se laissa tomber à ge
noux, joignit les mains avec fer
veur, et levant les yeux vers le ciel:
—Mon Dieu dit-elle, à travers
une explosion de sanglots. .O ma
mère.. pardonnez-moi pardonnez
moi
Et presque aussitôt, elle se leva
résolue et farouche, et marcha d'un
pas ferme vers la table.
XX
Cependant le comte avait gagné
l'antichambre.
C'était bien Lambert qui venait
d'arriver, et dès le premier regard,
il comprit que quelque chose d'ef
frayant se passait
Le comte l'entraîna vivement
dans son cabinet
—Eh bien dit-il à voix ardente,
qu'as-tu fait? As-tu enfin cette
cassette
—Basé répondit-il, nous som
mes refaits....
—Cependant....
—Ah oui. .cependant, .je sais
ça. Je croyais avoir bien pris mes
précautions mais nous avons eu
affaire à de plus malins.
—Qui cela
Bricole, Caminade, Filoche..
tine bande, quoi
—Mélédiction que faire..que
faire
Lambert haussa les épaulés.
—Il demande ce qu'il faut faire!
•lit-il sur un ton intraduisible.
Mais malheureux, vous ne vous
loutez pas de ce qui se passe
—Explique-toi
v
Ah vous croyez, vous, que la
justice va se contenter de vous re
garder, les mains dans les poches,
et qu'elle vous laissera prendre
votre billet pour l'Amérique Mais
depuis deux jours, elle ne pense
u'à vous. Toutes les brigades sont
sur pied. On en a mis partout,
aux gares, aux ports d'embarque
ment, est-ce que je sais Si vous
perdez une seconde, vous êtes cof
fré
—J'ai pris mes mesures, objecta
Maiio.
—Tant mieux.
—Ma voiture est à deux pas qui
m'attend, .avant deux heures j'au
rai atteint une gare intermédiaire,
et dès demain je sera embarqué.!*
—Je vous, le souhaite..mais,
croyez moi, il n'est que temps
Le comte resta quelques secon
des encore, en proie à une horrible
perplexité il comprenait la jus
tesse dès observations de Lambert,
et son hésitation venait surtout de
la colère qu'il éprouvait à se voir
vaincu sans espoir.
fl§ 'La suite sur la quatrième
m.
ry4M
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L. Tuscany.
Sellier 208 First Street North.

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