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Echo de l'ouest. [volume] (Minneapolis, Minn.) 1883-1929, July 29, 1885, Image 1

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ECHO DE L'OUEST
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-LES
PIONNIERS CANADIENS.
.LE DETROIT.
Connaissez^vo^a' cette riiante et
fertile ccffitrée^liibhé eà-souvènirs
historiques, dont ^es Français nos
ancêtres foulèrent les premiers lè
sol encore vierge
Connaissez-vous ces prairies
verdoyantes et onduleuses, arrosées
dé rivières limpides, ombragées
d'érables, de platanes, de figuiersi
d'accacias, au milieu desquels s'é
lève, brillante de jeunesse et d'à.
venir, la florissante ville du Déi
troit -o
Si vous voulez jouir pleinement
du spectacle enchanteur'que pré
sente cette contrée délicieuse, demt
le climat n'a rien à envier au soleil
d'Italie,- rémontez la rivière du
Détroit par une fraîche matinée dé
priintemps, quand l'aàrore a secoué
sQn aile humide sur ces vastes plàii
nés et que le âbleil de mai trace
un luminenx sillage à traversiez
vapeurs diaphanes du matin.
1
Nulle part le ciel n'ést plus limi
pide, la nature plt» ravissuite.
Nulle part les-lignes onduleuses
de l'horizon né se tjessiuent duis
le lointain avec un.plus pur a^url
Vous rencontrerez des sites
agrestes et poétiqt^s, de romanti
ques paysages, de ipeiâtes îles boi
sées semblables à de gracieuses
corbeilles de Verdures, toutes rei
tentissantes des rires moqueurs
d'une multitude'd'Oiseaux de ioli$
promontoires dont les bras arron
dis encadrent de^^ golfes ptleins
d'ombre et de soleily où la vagué
caressé paridé tièdes halaines viènt
d^ioser sur :1a rive une frange d'éj
cume argentée.
Vous i apercevrez des vallées et
de» collines courqn liées degrappeë
de v^dure, ^qui semblent se pana
cher tout exprès pour se mirer à
loisir dansTonde voisine.
fi
De chaque-côté,'la plage se dé
ploie tour à-tour racailleuse^ o^i
oouvôrté de sable fin et grisâtre,
ou abordée d'une dentelle de ^tsïoi^
ou hérissée de hauts joncs cou^oni
néà de petites aigrettes, parmi lés
quèlSi se perchent et se balaient
de timides martins%échéurs qtte iè
moindre bruit fait envoler.
Ici de frais ruisseaux «ouie^it'éà
murmurant souS^l^l bj^ives fleuries
dès rameau! entlélaiiésV ià i pei
4itk sentiers, bbrdés:^ cle fraises et
id»!XikargQentes^ 8érpeiltént, stir l'ié»
patile'dtt côteau plus loin, la brisé
priiktanière frissozme sur de ve^tà
pâturages *t ptirfume. l'air 4edéii^
cieusessenteurs.
y
Les mille bruissements confus
des eaux et des feuillages, les gaf
zomlleo^nts des oiseaux et deè
vo^x humaines, les {^n^dssements
des? troupeaux,lesyolées lointaines
et argentines desi cloches' des baf
^vapeur
?q^ii
parcourent li
rivière, montent dans l'air*.p^r ini
tervalies, et répandent uq oborm^
indéfinisçalîle dans l^ine jet dans
les séns.-
De distance en distance, de
s
i
'-irf
cieux villages s'échelonnent le long
de la grève, tantôt groupéa dans
l'échanorure d'une anse, tantôt
penchés aux flancs d'une colline,!
ou la couronnant comme d'un dia
dème.
Enfin vous arrivez devant Dé
troit, dont les clochers et les toits
étincellent sous les rayons du so
leil.
Mille embarcations, que son in
dustrie fait mouvoir, se détachent
sans cessé de ses quais et sillon*
nent le fleuve en tous sens.
Si j'étais, poète, jé comparerais
volontiers la gracieuse cité au su
perbe cygne de ces contrées qui,
s'éveillant le matin: au milieu des
joncs de la rive, secoue ses blan
ches ailes en prenant son essor et
fait pleuvoir autour de lui les plu
mes et les gouttelettes de rosée ou
bien encore au splendide magnolia
qui croit sur les bords du fleuve et
qui, balancé par le souffle embau
ché de la brise matinale, répand sur
l'onde où il se mire la poussière fé
conde de sa corolle.
pionnieb.
Fondé en l'année 1700, par M.
de LaMotheCadillàc, le Détroit de
meura longtemps attaché au Cana
da.
Les Anglais en firent la conquê
te en 1700 et le conservèrent jus
qu'à la guerre de 1812.
Depuis lors les Etats-Unis sont
devenus les heureux possesseurs
de toute cette charmante contrée,
que le Père Charlevoix appelait à
juste titre le "jardin du pays."
"Le Détroit, dit l'historien du
Canada, a conservé, malgré toutes
ces vicissitudes, le caractère de son
origine et la langue française y
est toujours en usagé. Comme
toutes les cités fondées par le
grand peuple dont sortent ses ha
bitants ët qui a jalonné l'Amérique
des monuments de son génie, le
Detroit est destiné dévenir un
lieu considérable à cause de sa si
tuation entre le Jac Huron et le lac
Erié."
Vers les années 1770 ou 80, le
Détroit était loin de présenter l'as
pect florissait qu'il offre aujour
d'hui.
Ce n'était qu'un petit fort entou
ré de faibles remparts et de palis
sades, peupé de quelques centaines
de colons canadiens.
Véritable tenté au milieu du dé
sert, ce fort était la sentinelle avan
cée de la colonie et, par suite, ex
posé sans cesse aux excursions des
sauvages.
Autour des fortifications s'éten
d.iient quelques champs conquis
sur la forêt, que les habitants ne
pouvaient cultiver qu'au risque
de leur vie, tenant la pioche d'une
main et le fusil de l'autre et au
delà, en deçà, à droite, à gauche,
partout le désert, partout l'immen
se océan de la forêt, recélant soùs
ses sombres voûtes une multitude
d'êtres mille fois plus cruels, mille
fois plus formidables "que les ti
gres et les reptiles.
Il est faeile d'imaginer de quel
courage indomptable devaient être
trempés ces hardis pionniers- qui
avaient osé venir planter le dra
peau de la civilisation au milieu
de ces lointaines solitudes, malgré
des dangers sans nombre.
t.*•
jjr#
i Une des plus grandes figures
qu'offre l'histoire da missionnaire,
c'est, à mon avis, celle du pionnier
canadien.
Il est le père de là plus forte
racb qui se soit implantée sur le
Continent américain la race cana
dienne. V c.
Le sang le plus noble qui ait ja
mais coulé dan» les veines de l'hu
manité, circule dans, see veines le
sang français.
Partout on retrouve le pionnier
canadien sur ce continent, et par
tout on peut le suivre à la traoe de
son: sang.
Parcourez tute l'Amérique du
Nord,
depuis labai/e d'I^idson jus-
S?ax
fusqu'à San-S'ranciw^8pari
tout vous retrouverez l'empreinte
de ses pas, et sur les neiges du
pOle, et sur les sables d'or de là
Californie sur les grèvés de l'At
lantique et sur la mousse des
tagnes Rocheuses.
mon.
l~v
1^: $
Un insatiable besoin d'activité
le dé vore.
Il faut toujours, toujours avan
cer vers de nouvelles découvertes,
jusqu'à ce que la terre n\anque
sous ses pas*
Maisjce n'est pas le seul amour
des aventures, ni l'&pre soif de l'or
qui le pousse une plus noble am
bition le trayaille un mobile plus
légitime le dirige et l'anime.
Chi sent qu'il a 1% conscience .dé
remplir une véritable mission, un
mystérieuxapostolat,
Feuilletez un moment les pages
de notre histoire et surtout les
Relations des Jésuites, et partout
vous verrez le pionnier Canadien]
animé d'un zèle admirable pour 14
conversion des sauvages, frayant
avec d'héroïques efforts le chemin
aux missionnaires et opérant sou
vent lui-même de merveilleuses
conversions, n
Je retrouve réunis en lui, les
trois plus grands types de l'histoi
re humaine.
Il est à la fois prêtre, laboureur
et soldat.
Prêtre sa piété ardente, sa foi
vive, son zèle pour le salut des
âmes, amollissent les coeurs les
plus durs, et entraînent vers la foi
des peuplades entières.
Fût-il jamais un plus beau sa
cerdoce
Laboureur devant sa hache
puissante la forêt tombe avec fraj
cas autour de lui et sa charrué
ce, à travers les troncs rent
versés, le-sillon où frémira bientôt
le vert duvet de la future moisson^
Soldat c'est par des siècles de
combats qu'il a conquis le sol que
sa main cultive.
Ah! si j'étais peintre, je vou
drais retracer sur la toile cette no
ble figure avec son triple caractère
de prêtre, de laboureur et de sol
dat
Au fond du tableau, je peindrais
l'immense forêt dans toute sa sau
vage majesté.
Plus près, de blonds épis crois
sant parmi les troncs calcinés.
Sur l'avant-scène un pan du
grand fleuve avec ses vagues d'é
meraude étincelant aux rayons du
soleil.
On verrait d'un côté avec ses
remparts et ses palissades, l'angle
d'un fort d'où surgirait un modes
te clocher surmonté de la croix
de l'autre côté, une bande de sau
vages fuyant vers la lisière du bois.
Au centre du tableau apparaî
trait^ les cheveux au vent, un éclair
d»»™ les yeux, le front sanglant
sillonné d'une balle, mon brave
pionnier, près de sa charrue, te
nant (le la main gauche son fusil
dont la batterie fumerait encore
de la droite, versant l'eau du bap
tême sur le front de son ennemi
vaincu et mourant, qu'il vient dé
convertir à la foi
Oh comme j'essayerais de pein
dre sur cette mâle figure et dans
l'attitude de ce soldat laboureur
aux, muscles de fer, et la force cal
me et sereine de l'homme des
champs, et le courage invincible
du soldat et le sublime enthousias
me du prêtre.
Certes, ce tableau ne serait pas
indigne du pinceau de Michel
Ange ou de Rubens.
Foi, travail, courage prêtre, la
boureur, soldat voilà le pionnier
canadien.
C'est Cincinnatus, le soldat la
boureur devenu chrétien.
C'est le guerrier de Sparte qui a
passé par les catacombes.
Lecteur canadien qui parcourez
ces lignes, vous pouvez lever la
tête avec un noble orgueil, car le
sang qtd .coule dans vos veines est
le sang d.e ce héros.
a rempli noblement sa mis
sion la vôtre reste à accomplir.
Le peuple à qui la Providence a
donné de tels ancêtres, s'il est fidè
le aux desseins de Dieu, est néces
sairement destiné à de grandes
choses.
Mais laissons ces enseignements
qui ne siéent qu'aux cheveux
blancs, et revenons .à notre récit
1"
v^'liA
VESPREE. .•
A l'époque reculée que nous dé
crivons, le .commerce des. pelleté^
ries était immense au Détroit.
Attirés par la facilité d'y parve
nir, les sauvages venaient en foulé
y vendre les produits des leurs
chasses.
On y voyait affluer tour à tour
les nations diverses des Iroquois^
des Potowatomi8, des Illinois, des
Miamis et une foule d'autres.
M. Jacques Du Perron Baby
était alora surintendant de Sauva
ges du Détroit.
On conçoit facilement quelle dei.
vait être l'importance de ce poste à
cette époque. Aussi M. Baby
ayait-il réalisé en peu d'années une
brillante fortune.
Presque tout le terrain sur le
quel s'élève aujourd'hui le Détroit
lui appartenait en société avec Mi
Macomb, père d,u général Macomb
qçiç commandé une partie des trou
pes
américaines pendant la guerre
C'est à la anite de cette guerre
que Baby} pour s'être déclaré
en: faveur du Canada^- sa patrie,
pep^lt toutes les propriétés qu'il
avait acquises au Détroit
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Au centre du fort, s'élevait, com
me une charmante oasis au milieu
du désert, une élégante maison en
tourée de jardins.
C'était la demeure du surinten
dant
Aimant le luxe, il avait prodigué
tous ses soins pour l'embellir.
Le jardin, exhaussé au-dessus
du sol, était entouré d'une terrasse
de gazon.
Au centre, la maison, élégam
ment peinte, à demi-cachée derriè
re un rideau de branches d'érables,
de poiriers d'acacias, qui balan
çant leur feuillage chatoyant jus
que au dessus du toit, ressemblait
à une escarboucle enchâssée dans
une guirlande d'émeraude.
Une nuée d'oisdaux, tantôt
cachée sous la feuillée tantôt vol
tigeant dans l'air, se croisant, se
poursuivant, décrivant mille che
mins tortueux avec une prestesse
admirable, abandonnaient aux
vents leurs joyeuses chansons, tan
dis que le petit ramoneur, planant
au-des3us des cheminées, mêlait à
leurs voix ses petits cris aigres et
saccadés.
C'était le soir.
Les derniers rayons du soleil
couchant coloraient de teintes ro
ses et safranées le dôme de la fo
rêt
La chaleur avait été étouffante
pendant tout le jour.
La brisé du soir, gazouillant par
mi les rosiers, les dahlias et les
églantiers en fleur, rafraîchissait
la nature embrasée et parfumait
l'air d'enivrantes senteurs.
Réunis autour d'une table dres
sée en plein air au milieu du jar
din, et chargée de mets et de bou
quets de fleurs dérobés au parter
re, le surintendant et toute sa fa
mille prenaient le repas du soir.
Une jeune officier anglais, arrivé
depuis quelques mois au Détroit,
avait été invité à se joindre à la
famille.
Des esclaves noirs, occupés du
sérvice de la table, se tenaient de
bout derrière les convives, atten
tifs à leurs moindres signes.
Qaelle charmante soirée s'é
criait l'étranger, beau jeune hom
me aux cheveux blonds, aux traits
nobles et expressifs, au front haut,
intelligent et fier, à l'œil vif, mais
un peu rêveur en vérité, je n'ai
vu qu'en Italie un climat aussi
doux, une nature aussi délicieuse,
d'aussi beaux effets de lumière
"Voyez donc là-bas ces flocons
de nuages qui nayent dans l'azur
du ciel. Ne dirait-on pas une su
perbe écharpe à frange de pourpre
et d'or flottant à l'horizon
—Cette soirée est magnifique, en
effet, répondit le surintendant
Nous jouissons dans ce pays d'un
bien beau climat.
"Nulle part je n'ai vu un ciel
plus pur, une lumière plus limpi
de, une nature plus grandiose
mais, d'un autre côté, nous sommes
privés de bien des jouissances ac
cordées aux vieux pays.
"Exilés aux dernières limites de
la civilisation, à combien de dan
gers ne sommes-nous pas exposés
de la part des sauvages
"Vous qui venez à peine de quit
ter les rivages civilisés de l'Euro
pe, vous ne pouvez vous former
une idée de la cruauté de ces peu
ples barbares.
"Ah la vie est encore bien du
re dans ce pays.
—Oui, répartit la femme du su
rintendant dont la belle et mâle
physionomie indiquait une nature
fortement trempée, il y a quelques
années à peine j'étais encore obli
gée de faire la sentinelle, le fusil
au bras, à la porte du fort, pendant
que tous les hommes étaient occu
pés aux environs à la culture des
champs.
La conversation fut ici interrom
pue par un des esclaves noirs qui
vint avertir le surintendant et sa
femme qu'une personne étrangère
désirait les entretenir.
Tous les convives sé levèrent
alors de table.
—Vous m'avez l'air bien triste
ce soir, mademoiselle, dit l'officier
en s'adressant à une jeune fille' de
seize à dix-huit, ans qu'à ses traits
on reconnaissait facilement pour la
fille du surintendant. Que] mal
heur peut donc jeter ce voile de
tristesse sur votre front
"Tandis que tout sourit autour
de vous, votre cœur seul ëst triste.
"Il me semble cependant qu'il
est impossible de Contempler cette
soirée si sereine, cette nature si
ravissante sans éprouver un senti
ment de calme et d'intime sérénité.
"Rien ne m'éblouit comme l'as
pect d'un beau soir.
"Cette {gracieuse harmonie de
l'ombre et de la lumière est pour
moi pleine de mystère et d'ivresse.
~-£Lélà8 1 répondit Mlle Baby'
j'aùrais pin, il y a quelques jours
'La suite sur la quatrième page.)
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Directory
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Sellier 208 First Street North.

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