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Echo de l'ouest. [volume] (Minneapolis, Minn.) 1883-1929, August 05, 1885, Image 1

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VOLUME III.
ECHÔ: bE i'^UEST I
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Journal Hebdomadaire.
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La marchandise est de qualité Supérieure, .#
Les prix defient toute competition.
M. Scripture s'est assuré les services d'un commis canadien, notre
sympathique compatriote M. Frank Thibeault» 4on* î'exP^
rience en affaire et l'urbanité assurent d'avance, a la pratique de lan
gue française^ toute garantie de satisfaction pour le choix et le prix de
la marchandise.
fi®°*Une visite à ce populaire magasin de meubles vous convain
crera de ces faits.Œ^8
No 23 BRIDGE SQUABE.
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Les Canadiens Français sont priés de patroner cet établisse
ment- .•.
GILBERT I. LE\rEILLE.

a
Cette compagnie d'assurance est la seule qui soit incorporée pour
cent $ns et qui ait un dépôt de $250,000 en bons du gouvernement
portant intérêt. Son fond de réserve est de $300,000, et chacun des
assurés retire dix pour cent d'intérêt en sus des profits ^accrus sur sa
police. C'est aussi la seule compagnie qui accorde line policé conjoin
te entre mari et femme poor un capital variant de fl^OOO S ^0^0 dont'
le survivant puisse retirer le montant complet. .71
Un autre grand avantage que présente cette compagnie sur. lés au
tres institutions du même genre, outre ses garanties indiscutables sous
le( rapport de son capital, c'est qu'elle accorde des polices conjointes
sur
quatre modes différents:—entre mari et femme, entre le père et
l'un de ses enfants, entre la mère et l'un de ses enfants et entre le
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Chambre I --2 etage,
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W C. LEBER.
BIJOUTIER & HORLOGIER.
No. 208 Hennepin Avenue,
Annonce au public qu'il a cons
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tQTN'pùbliez point d'aller faire visite.au magasin numéro, -.n
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Demeules & Laramee
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®ta,ir«s
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aiLBERT I. LE VEILLE.

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M. le Dr Thos. L. Laliberté, No 127 Central Avenue, a été légale
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ASSOCIATION CANADIENNE FRAN.
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polis
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Secrétaire L. Desresierg, No. 20» Hen
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CONFERENCE ST. VINCENT DE
PAUL.PAROÏSSE STE CLOTILDE.
Président Revd père R. O. Noug&ét,
No. 727—lle Avenue, Nord, Minneapolis
UNION ST JOSEPH DE MINNEA
POLIS.
Président M.
A.
MERCREDI 5 AOUT, 1885.
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Almanach d*adresses
E. R.DUFRESNE, Redacteur
-LES-
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(SUITE.)
"Noua attendions dans les tran
ses de l'agonie l'issue du combat,
qui n'aurait pas été douteuse si les
sauvages avaient eu affaire à un
ënnemi ordinaire.
"Mais Joseph était, un terrible
adversaire.
"Blotti derrière son arbre, à pei
ne avait-il tiré un coup, qu'on une
seconde il avait rechargé son fusil.
"Alors avec un sang-froid admi
rable, pendant que les balles sif
flaient autour dé lui et balayaient
les feuilles de l'arbre qui l'abri
tait, il passait tout dOuCemont le
canon de son fusil à travers les
branches, et au moment de viser,
faisait un grand signe de croix
ensuite il ajustait et pressait la
détente le coup partait et nous
poufîôns
moms.
v
"Chaque fois que je voyais tom
ber une nouvelle victime, je ne
pouvais réprimer un indicible tres
saillement d'ivresse.
"Le plomb de Joseph venait de
frapper un quatrième ennemi.
"Nous commencions à avoir
quelque espérance, lorsque nous
vîmes un des sauvages se glisser
en rampant derrière lui.
"Le serpent ne s'avance pas vers
son ennemi avec plus de ruse et
d'adresse.
"Sans faire rouler un caillou,
sans froisser unè feuille, il s'ap
prochait lentement, se cachant
tantôt derrière une petite élévation
tantôt derrière une touffe de brous
sailles, né se hasardant qu'au mo
ment où il voyait Joseph tout en
tier occupé à viser.
"Enfin il arriva à deux pas de
lui saris avoir été découvert
"Alors, il s'arrêta et attendit que
Joseph eût rechai gé son arm e.
"Sans rien soupçonner celui-ci
élevait un moment après son fusil
à son épaulé pour viser nous le
vîmes abaisser tout à coup son ar
me et se retourner. y::
"Il avait cru entendre un léger
frôlement derrière lui.
"Elevant un peu la tête, il écou
te un instant, puis se penche à
droite et à gauche, mais sans rien
apercevoir, car le sauvage était'
couché à plat entre derrière un
tas de branches.
'«Entièrement rassuré dé ce côté,
il
se
Plusse, No. 122 Cen­
tral Avenue.
Secrétaire A. Davignon, No. 105 Cen
a A y e n u e
CERCLE LITTERAIRE DE LA JEÙ-
S,
NESSE CANADIENNE FRAN?
1 CAISE DE MINNEAPOLIS,?
I^ésiâenî J- Marcoux, Ne. 209 Nicol
lét« Av6nù6*
Secrétaire A. J. Vinet, No. 119 Nicol-?
Jet Avenue, .gp •. j"»
UNION FRANÇAISE ÔT PAUL.
u
Président T. O. Dufresne, No. 92—
lie rue, Est.
Secrétaire Alphonse St-Pierre, No.
597 rue Fairview.
îml}-M !i
SOCIETE DE CONSTRUCTION LAFA
(|,3&YETTE«St Paul
Président T. O. Dufregne, No. 92—
lie 'rue. Est., •,
v
retourna et appuya de nou
veau la crosse de son fusil à son
épaule. Mais en même temps le
sauvage, avec un sourire infernal,
se redressait de tout» sa hauteur.
"Au moment où Joseph s'apprê
tait à immoler un nouvel ennemi,
l'Indien brandissait son couteau:
"Un dernier coup de fusil reten
tit,' une dernière
mais
Jfi.* {-^T S
rvictime
'-•i%t¥.l*rïi
RIENNE
QUE POURRA
*&r*.
tomba
Joseph tomba aussi, frappé
au cœur pair son lâché ennemi.
"Après
lui avoir enlevé la cheve
lure, le Potowatomis le dépouilla
de ses vêtements «t s'en revêtit.
LAMENTATION.
"Glacées d'horreur et d'é{. ou van
te, nous ne songions pas même à
prendre la faite."
"Dans son désespoir, ma sœur,
serrant son enfant entre ses bras,
se précipita eiu pied du crucifix et
le saisissant entre ses mains, muet
te, elle le couvrait de ses baisers,
et de ses larriles.
"Anéantie, hors de moi, je me
tenais à genottx près d'elle, mêlant
,mes larmes aux siennes.
''Pauvre mère !, elle. tremblait
moins pour elle-même que pour
son enfant, ce çhetf petit ange
[u'elle aimait tant II était si beau
avait à. peine dix-bùit mois.
"Déjà il commençait à bégayer
son nom.
—O mon Dieu s'écriait-elle à
travers ses sanglots, s'il faut mou
rir je vous offre volontiers ma vie,
mais sauvez mon enfant
"Et l'embrassarit, et l'arrosant
de larmes/ et lé pressant contre
son cœur elle s'affaissa sur elle
même, privée, de, sentiment. v
"Quoique je fusse plus morte
que vive, j'essayais cependant de
la soutenir, quand l'assassin de Jo
seph entra tout & ûoup, smvi,de ses
cruels çoinpagnons.
"Sans proférer une parole, il s a^
yança vers nous et arracha violem
ment l'enfant dea
rbras
de sa mère.
"EUé ne s'était pas aperçue de
leur arrivée, mais dèé qu'elle sen
tit son enfant lui échapper, elle
tressaillit et parut revenu4 à la vie.
"Exaspérés d'avoir perdu cinq
de leurs compagnons, les saunages
ne respiraient que la rage et la
vengeance -ï
"L'assassin de Joseph, élevant
l'enfant au bout de ses bras, le con
templa-un instant avec ce regard
infernal. du serpent. qui savoure
'v$
V /f
Le monstre il souriait.'
"Satan doit rire ainsi.
"Comme pour implorer sa pitié,
l'enfant souriait aussi de ce rire de
candeur et d'innocence, capable
d'attendrir les entrailles les plas
endurcies.
"Mais lui, le saisissant par une
jambe, le fit tournoyer-un moment
au bout de son bras et...Ô horreur!
il lui brisa le crâne sur l'angle
du poêle.
"La cervelle rejaillit sur le visa
ge de la mère.
"Comme un tigre, elle bondit sur
le meurtrier de son enfant, et l'a
mour maternel lui prêtant une for
cé surhumaine, elle le saisit à la
gorge ses doigts crispésVetifoncè
rent dans son cou il chancela: ses
yeux s'injectèrent de sans:, sa figu
re devint noire, et il tomba lourde
dement étouffé par son étreinte
désespéré.
Elle l'eût infailliblement étran
glé, si en ce moment un sauvage
ne lui eût fendu le. tête d'un coup
de hache.
Pauvre sœur la mort a été
cruelle mais ses angoisses n'ont
duré qu'un moment ses maux
sont finis elle est maintenant heu
reuse au ciel.
Mais moi, mon Dieu que vais
je devenir
Vous voyez dans quel affreux
état ils m'ont mise...
Mon Dieu mon Dieu ayez
pitié de moi
Et l'infortunée, se tordant dans
l'agonie du désespoir, se jeta en
sanglotant dans nos bras, nous
pressant contre son cœur et nous
suppliant d'avoir pitié d'elle, de ne
Das l'abandonner, de l'arracher des
mains de ses bourreaux.
Ah qu'il est triste, qu'il est
déchirant d'être témoin d'un mal
heur qu'on se sent incapable de
consoler
"Nous passâmes toute la nuit à
pleurer avec elle, cherchant à l'en
courager et à lui donner quelque
espoir.
"Je sentais qu'il y avait une
sorte de cruauté à lui inspirer une
confiance que je n'avais pas car
je connaissais les sauvages.
"Je savais que ces monstres n'a
bandonnent jamais leurs victimes.
Le lendemain, mon père, après
avoir longtemps caressé les sauva
ges, intercéda auprès d'eux en fa
veur de la jeune captive, et leur
offrit toute espèce de présents pour
la racheter mais rien ne put les
tenter.
"Ils étaient encore à moitié
ivres.
Il employa tour à tour les priè
res et les menaces pour les toucher.
"Mais ni les présents, ni les priè
res, ni les menaces ne purent l'ar
racher de leurs mains.
"L'infortunée jeune fille se jeta
même à leurs pieds, embrassa leurs
genoux pour les fléchir mais les
monstres ils répondaient à ses
supplications par des éclata rire.
"Et malgré ses prières, malgré
ses sanglots, malgré ses supplica
tions, ils l'entraînèrent avec eux.
"Hélas monsieur, ajouta Mlle
Baby en jetant un regard baigné de
larmes sur le jeune oflficier, com
ment avoir le courage de sourire et
d'être gaie après avoir été témojn
de pareilles scènes
v—Les démons s'écria le jeune
homme en trépignant d'horreur et
d'indignation. Ne devrait-on pas
exterminer jusqu'au dernier cette
race infâme qui n'est altérée que
de carnage et de sang
"Que n'ai-je su cela plus tôt
"Hier, un Potowatomis est entré
chez moi pour me vendre quelques
pelleteries.
"Comme je n'en avais nul besoin,
qu'il me les faisait le triple de leur
valeur et qu'il m'importunait déjà
depuis assez longtemps, je lui si
gnifiai de se retirer. ..
"11 osa me résister.
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dès yeux sa victime ayant de la
frapper.
"On eût dit un ange entre les
griffes d'un démon.
s'"
"Alors, impatienté, je me levai
de mon siège et le conduisis jus
qu'à la porte à coups de pied. Il
s'éloigna en me menaçant et me
montrant un poignard.
"J'avais un bâton à la main.
"Je regrette maintenant de né
pas l'avoir
Mlïè Baly,
Iinpruderit, dit
vous n'auriez jamais dû provoquer
cet indien.
"Ne savëz-vous pas qu'un sauva
ge n'oublie jamais une injure
"Il peut rôder toute une année
autour du fort pour vous suivre
des yeux, observer vos mouve
ments, épier vos démarchés, flairer
vos traces, se cacher parmi les tail
lis, parmi les joncs de la rivière,
s'approoher de vous avec toute la
ruse et finesse 4u. serpent, s'é-
lancer comme un tigre, et vous
frapper au cœur au moment où
vous vous y attendrez le moins.
"Je vous vois tous les jours sor
tir du fort pour aller pêcher sur les
bords de la rivière je vous conseil
le de n'y plus retourner. Il vous
arrivera malheur.
—Bab fit le jeune homme, vous
êtes trop craintive.
"Je l'ai vu repartir ce matin avec
une
troupe de guerriers de sa na
tion.
:v
r'
"Ils descendent à Québec pour
y vendre leurs pelleteries dont ils
n'ont pu se débarrasser ici.
REVE
Une heure vient de sonner à
l'horloge du salon.
Assise, avec sa fille, dans l'em
brasure de la fenêtre ouverte, Mme
Baby est occupée à coudre devant
une petite table à ouvragé.
Monsieur Baby est o»rti ce m^
ffiJSSr'all^vî&itér^e^M^î^
priétés qu'ils vient d'acquérir de
l'autre côté dé la rivière.
Les rues sont désertes.
Presque tous les habitants du
fort sont occupés aux alentours à
cultiver leurs terres.
La chaleur est étouffante.
Au-dessus des toits et: des cô
teaux,
on voit ondoyer l'air embra
sé par les rayons du soleil.
Pas un souffle n'agite les arbres
du jardin, dont les rameaux et les
feuilleb immobiles et languissantes
se penchent vers la terre comme
pour implorer un peu de fraîcheur,
une goutte de rosée.
Une esclave-noire se promène le
long de* allées, étendant sur les
buissons du linge blanc qu'elle fait
sécher, et elle met en fuite à SOL
oassage quelgues poules qui bâil
lent de chaleur à l'ombre du feuil
lage.
Le silence est complet.
On n'entend que le bourdonne
ment des insectes et le bruit sac
cadé que font les sauterelles en
voltigeant parmi des flots de soleil.
De l'extérieur, en aperçoit dans
l'ouverture de la fenêtre, garnie de
bouquets, la tête de la jeune fille
qui, pâle, silencieuse, mélancoli
qne, se penche sur une fleur épa
nouie et semble se mirer dans sa
corolle odorante.
—Maman, dit-elle enfin en rele
vant doucement la tête, pensez
vous que papa soit longtemps dans
son voyage
—Je crois qu'il sera de retour
dans quatre ou cinq jours, au plus
mais pourquoi me fais-tu cette
question?
—Ah c'est que j'ai bien hâte
qu'il soit revenu. Je veux lui de
mander que nous descendions im
médiatement à Québec, au lieu
d'attendre au mois prochain.
Ce voyage me distraira un peu.
Tenez, depuis que les sauva
ges sont venus l'autre jour ici avec
la pauvre enfant qu'ils avaient fai
te prisonnière, je n'ai pas un mo
ment de repos.
Je l'ai toujours devant les
yeux.
Il me semble toujours la voir.
Elle me suit partout
Je l'ai encore vu en rêve cette
nuit. v
fft
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éfèfpjl- f0$Êk i
wJ'Éih
r»tyHm
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1 v"
Je croyais être assise au milieu
d'une forêt sombre et immense,
près d'un torrent impétueux qui
s'abîmait à quelques pas de moi
dans un gouffre sans fond.
Sur l'autre rive, qui m'appa
raissait toute riante, émaillée de
bosquets fleuris et éclairée par une
lumière douce et sereine, la jeune
captive se tenait debout, pâle,
mais calme.
Elle me semblait habiter un
monde meilleur..., s ..
Tenant entre ses mains un li
vre ouvert et tourné vers moi, elle
le feuilletait lentement
Elle tourna ainsi seize feuil
lets.
Alors elle s'arrêta, jeta siir moi
un regard plein de tristesse et de
compassion et fit un signe à quel
qu'un qui se tenait à mon côté de
traverser le torrent.
A ce signal, il trembla de tous
ses membres, ses genoux s'entre
choquèrent, ses yeux se dilatèrent,
sa bouche s'entrouvrit de terreur,
une sueur froide ruissela sur son
front
U essaya de reculer, mais une
force invincible l'entraînait vers
'abîme
J'éprouvais pour lm une pro
fonde compassion/
Mais en v^m essayais je de lui
tendre les mains pour le secourir
d'invincibles liens enchaînaient
tous mes membres et m'enpê
chaient de faire aucun monvement.
"En vain essayait-il de se. cram­
NUMERO 15.
TARIF DES A5S0NCK8.
ïi^^Hsrfaih
v,-
'%&&&*. -ru
Smuiie
Un Fonce .00
Un quart'de Colonne •./., 2.00
Une demi Colonne 3.26
Une Colonne 5.0(r*f
Tarif spécial pour les annonces au mois
6t à l'année. Par Ligne#
Avis—Chaque Insertion 10 cents
Avis de Décès 0 cento
Avif de Mariage*. 00 cents.
Demandes d'emploi—demandes de do
mestiques ou employés—annonces pour
A. Davignon, Administrateur.
ponner aux rochers du rivage il
sé sentait toujours poussé vers l'a
bîme.
Déjà il s'était avancé jusqu'au
milieu du torrent dont les eaux
profondes et écumantes bondis
saient et mugissaient autour de lui
comme impatientes de l'engloutir.
A chaque pas, il chancelait et
était près de perdre l'équilibre
maie il se raffermissait bientôt et'
avançait toujours.
Enfin, une vague plus impé
tueuse vint se déchaîner contre lui
et le fit chanceler de nouveau. Seâ
pieds glissèrent il jeta sur moi un
regard d'inexprimable angoisse et
tomba.
"En un instant, il fut entraîné
jusqu'au bord du précipice où il
allait être englouti, lorsque sa
main rencontra l'angle du rocher
qui sortait de l'eau.
"Ses doigts crispés s'enfoncè
rent dans la mousse verdâtre et li
moneuse de la roche une seconde
it s'y cramponna avec toute la su
prême énergie du désespoir.
Son corps, arrêté tout à coup
dans son élan précipité parut un
moment hors des flots.
"L'écume et la vapeur d'eau
l'enveloppaient d'un nuage, et le
vent de la chute agitait violem
ment sa chevelure humide.
Ses yeux dilatés étaient fixés
sur la roche. qui déjà cédait sous
son étreinte convulsive.
Enfin, un cri terrible retentit
et il disparut dans le gouffre.
Transie d'angoisse et d'épou
vante, je regardais la jeune captiva
Mais elle, essuyant une larme,
m'indiqua, sans proférer une paro
le, le dernier feuillet du livre, qui
m'apparut tout dégouttant de sang.
"Je jetai un cri d'horreur et
m'éveillai en sursaut. .Mon
Dieu serait-ce une page de ma
vie
SANG.
À peine Mlle Baby avait-èlle fini
de parler, qu'on entendit à' la por
te un bruit de pas précipités et un
homme entra à la course, tout effa
ré, tout couvert de sang.
C'était le jeune officier.
avait le bras droit cassé et
pendant
—Yite vite s'écria-t-il, cachez
moi je suis poursuivi par les sau
vages.
—Montez au grenier, lui dit
Mme BAby, et ne bougez pas, au
trement vous êtes mort
Un moment après, les sauvages
entraient
Avant qu'ils eussent proféré une
parole, Mme Baby leur indiqua du
doigt la rue voisine.
Et ilE sortirent aussitôt, persua
dés que le jeune homme s'était
évadé de ce côté.
L'admirable sang froid de "Mme
Baby les avait complètement trom
pés. En effet pas un muscle de
son visage n'avait trahi son émo
tion.
Et, par bonheur, ils n'avaient
pas eu le temps de remarquer la
pâleur mortelle empreinte sur les.
traits de la jeune fille, qui, le cou
de appuyé sur la fenêtre, la figure
à demi cachée derrière les bouqets
de fleurs se sentait près, de défail
lir. y! V
Il y eut alors un de ces moments
d'inexprimable angoisse qui fait
subitement- monter au cœur le
froid de la mort
Mme Baby espérait bien que les
sauvages,, par crainte du surinten
dant, n'oseraient pas s'introduire
malgré elle dans la maison mais,
qui pouvait prévoir où s'arrête
raient ces barbares, une fois allé
chés par l'odeur du sang?
Elle avait l'espoir que, fatigués
bientôt de lei'rs- inutiles recher
ches, ils abandonneraient leur en
nemi,
ou que, du moins, s'ils per
sistaient à vouloir le découvrir,
elle aurait le temps d'obtenir du
secours pour leB repousser, s'ils
osaient revenir sur leurs pas.
Faisant un signe à l'esclave qui
travaillait au jardin, elle lui ordon
na de courir en toute hâte avertir
au fort du danger qui les mena
çait
•V •*.
Quelques minutes pleines d'alar
mes et d'anxiété s'écoulèrent enco
re et les sauvages ne reparaissaient
pas.
Croyez-vous qu'ils se soient éloî
nés murmura tout bas la jeune
ille, dont la figure commençait à
'illuminer d'un rayon d'espoir.
gn
Eli
--'J
Se tournant vers moi, il nie
suppliait avec d'amers gén?isse
merits, de lui porter Bécours.
Quand même ils reviendraient,
répondit Mme Baby, ils n'oseront.*.
Elle n'acheva pas.
Penchée vers la fenêtre, elle prê
tait l'oreille et cherchait à distin
guer un bruit de voix humaines
qui se faisait entendre dans le loin
tain.
Etait-ce le secours qu'ellç avwt
J, n
demandé?
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7
chambre ou pension annonces pour
objets perdus ou trouvés, $
Au taux de u* cmrmr par met. //,!
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4
11
La Butte sur la quatrième page.)

ROOM I, 2 FLOOR.
1S1 ITioollet A.V0
I -MINNEAPOLIS
Directory
B. Bloch.
Tuscany.

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