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Echo de l'ouest. [volume] (Minneapolis, Minn.) 1883-1929, December 23, 1885, Image 2

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MINNEAPOLIS, 23 DECEMBRE, 1885.
A. F. CARRIER REDAOTEUB.
MINNEAPOLIS.:
L'ECHO
DK L'OOFST
n'est pâ* Yelfîon-
ponsable des idées et «pinions timise» par
ses correspendants.
AVIS.
Nous informons -les lecteurs et
les patrons de notre journal, que
M. A. Davignon n'est plus à l'em
ploi de I'ECHO. A l'avenir, toutes
lettres et correspondances concer
nant la rédaction ou l'administra
tion devront être adressées à I'ECHO
DE L'OUEST, 125 Nicollet Avenue,
Minneapolis, Minn.
LE LOUIfc D'OR.
CONTE DE NOEL.
Lorsque Lucien de Hem eût vu
son dernier billet de cent francs
agrippé par le râteau du bauquier,
et qu'il se fut levé de la table de
roulette où il venait de perdre les
débris de sa petite fortune, réunis
par lui pour cette suprême bataille,
il éprouva comme un vertige et
crut qu'il allait tomber.
La tête troublée, il alla se jeter
sur la large banquette de cuir qui
faisait le tour de la salle*de jeu.
Pendant quelques minutes il regar
da vainement le tripot clandestin
dans le quel il avait gâché les plus
belles années de sa jeunesse, son
gea qu'il était ruiné, perdu, se rap
pela qu'il avait chez lui, dans un
tiroir de commode, les pistolets
d'ordonnance dont son père, le gé»
néral de Hem, alors simple capi
taine, s'était si bien servi à l'atta
que de zaatcha puis brisé de fati
gue il s'endormit d'un sommeil
profond.
Quand il se reveilla, la bouche
pâteuse, il constata par un regard
jeté à la pendule, qu'il avait dormi
une demi-heure à peine, et il éprou
va un impérieux besoin de respi
rer l'air de la nuit Les aiguilles
marquaient sur le cadran minuit
moins le quart.
Tout en se levant et en s'étirant
les bras, "Lucien se souvint alors
qu'on était à la veille de Noël et
par un jeu ironique de la mémoire,
il se revit aoudain tout petit enfant
et mettant avant de se coucher, ses
souliers dans la cheminée.
En ce moment le vieux Dronski,
un filier de tripot, le Polonais clas
sique, portant le caban rapé, tout
orné de soutaches et d'olives. S'ap
procha de Lucien et marmotta
quelques mots dans sa sale barbi
che grise.
Prêtez moi donc une pièce de
cinq francs, monsieur. Voilà deux
jours que je n'ai pas bougé du cer
cle, et depuis deux jours le "dix
sept" n'est pas sorti... .Moquez
vous de moi si vous voubz mais je
donnerais mon poing à couper que
toat à l'heure, au coup de minuit,
le numéro sortira.
Lucien de Hem haussa les épau
les il n'avait même plus dans sa
poche de quoi acquitter cet impôt
que les habitués de l'endroit appe
laient "les cent sous du Polonais."
Il passa dans l'antichambre, mit
son chapeau et sa pelisse, et des
cendit l'escalier avec l'agilité des
gens qui ont la fièvre.
Depuis quatre heures que Lu
cien était enfermé dans le tripot,
la neige avait tombé abondamment
et la rue était toute blanche.
Le joueur décavé frissonna sans
ses fourrurus et se mit à marcher
mais après avoir fait quelque pas
il s'arrêta brusquement devant un
navrant spectacle.
Sur un banc de pierre placé, se
lon l'usage d'autre fois, près de la
porte monumentale d'un hôtel, une
petite fille de six ou sept ans, à
peine vêtue d'une robe noire en
loques, était assise dans la neige:
Elle s'était endormie là malgré le
froid cruel dans une attitude ef
frayante de froid et d'accablement,
et «a pauvre petite téte et son
épaule mignonne étaient comme
écroulées dans un angle de la mu
raille et reposaient sur la pierre
glacée. Une des savates dont l'en
fant était chaussée s'était detachée
de son pied qui pendait, et gisait
lugubrement devant elle.
D'un geste machinal, Lucien de
Hem porta la main à son gousset
mais il se souvint .qu'un instant
auparavant il n'y avait même pas
trouvé une pièce de vingt sous ou
bliée, et qu'il n'avait pas pu donner
de pourboire aji garçon du cercle.
Cependant poussé par un ins
tinctif sentiment de pitié, il s'ap
procha de* la petite fille, et il allait
peut être l'emporter dans ses "bras
et lui donner asile pour la nuit,
lorsque, dans la savate tombée sur
la neige, il vit quelque chose de
brillant.
Ils se pencha. C'était un louis
d'or 1
Une personne charitable, une
femme sans doute, avait passé par
là, avait vu, dans cette nuit de
Noel, cette chadssure devant cette
enfant endormie et, se rappelant
la touchante légende, elle avait
mis là, d'une main discrète, une
magnifique aumône, pour que la
petite abandonnée crut encore aux
cadeaux faits par l'enfant Jésus et
conservât, malgré son malheur,
quelque confiance et quelqu'espoir
dans la bonté de la Providence.
Un louis! c'était plusieurs
jours de repas et de richesse pour
la mendiante etJjucien était sur le
point de la reveiller pour lui dire
cela, quand il entendit prés de son
oreille, comme dans une halluoina
ation, une voix, la voix du Polanis—•
ui murmur ait tout par oes mots:
/oila deux jours que je n'ai par
baugé de ce cercle, et depuis deux
jours le "dix-sept" n'est pas sorti,
... .je donnerais mon poing à cou
per que tout à l'heure, le numéro
sortira.
Alors ce jluhë hommé de, vingt
trois ans qui n'avait jamais'failli à
l'honneur, conçut une épouvantable
peusée.
D'un regard il s'assura qu'il
était bien seul dans la rue déserte,
et, pliant le genou, avanoant avec
précaution sa main frémissante, il
vola le louis d'or dans la sa.uate
tombée! Puis, courant de toutes
ses forces, il revint à la maison de
jeu, grimpa l'escalier en quelques
enjambées, poussa d'un coup de
poing la porte rembousrée de là
salle maudite, y pénétra au mo
ment précis où la pendule sonnâit
le premier coup de minuit' posa
la pièce d'or sur Je tapis vert et
cria:
En plein SUJ le dix-sept'
Le "dix-sept" gagna—D'un re
v*rs de main, Lucien pousse les
trente six louis sur la roue. La
rouge gfigna. Il lança les soixante
—douze louis sur la même couleur.
La rouge sortit de nouveau—Deux
fois, trois fois, il fit de même, et
toujours avec -le même bonheur.
Il avait maintenant devant lui un
tas d'or et de billets 11 avait
rattrappé, en une dizaine de coups,
les quelques misérables billets
de mille francs sa dernière
ressource, qu'il avait perdu au
commencement de la soirée. A
présent, portant des deux au trois
cents louis à la fois, et servi bien
tôt regagne et au delà le capital
hériditaire, qu'il avait gaspillé en
si peu d'années, reconstitués sa
fortune- et il jouait toujours,et il
gagnait toujours, comme un furi
eux, comme un homme ivre! et il
jetait ses poignées de louis sur la
table, au hassard, à la vanvole,
avec un geste de certitude et de
de'dain
Seulenent, il avait comme un fer
rouge dans le cœur et il ne pensait
qu à la petite mendiante endormie
dans la nîege, à 1' enfant qu'il avait
volée
"Elle est encore à la même place!
Certainement elle doit y être en
core
!.... Tout à l'heure.... oui,
quand une heure sonnera Je le
jure!... Je sortirai d'ici, j'irai la
prenire, toute endormie, dans mes
bras, je l'emporterai chez moi, je
la caucherai sur mon lit... .Et je
la daterai, je 1' élevérai, je 1' aim
erai comme ma fille, et j'aurai
soin d'elle toujours,toujours! ..
.*
Mais la pendule sonna une heu
re, et le. quart, et la demie et les
trois quarts et Lucien était
toujours assis à la table infernale
Enfin, une minute avant deux
heures, le chef de partie se leva
brisquement et dit à voix haute
... La banque a sautée, mess aura
... .assez pour aujourd hui!
D'un bond Lucien fut debout.
Ecartant avec brutalité les joueurs
qui l'entouraieut et le regardaient
avec une envieuse admiration, il
partit vivement dégringola les
étages et courut jusqu au banc de
pierre. De loin à la lueur d'un
bec de gaz, il appercut la petite
fille.
Dieu soit loué! s'écria-t-il. El
le est encore là.
Il s'approcha d'elle, lui saisit
la main:
Oh qu'elle a froid Pauvre
petite!
Il la prit sous les bras la souleva
pour l'emporter. La tête de l'en
fant retomba en arrière, sans qu'el
le s'éveillât
Comme «n dort, à cet âge là
Mais alors il s'aperçut avec ter
reur que les paupières de l'enfant
étaient entrouvertes et laissaient
voir a demi dès prunelles vitreuses,
éteintes, immobiles. Le cerveau
traversé d'un horrible soupçon,
Lucien mit sa bouche tout près de
la bouche de la petite fille aucun
souffle n'en sortit.
Pendant qu'avec le loois d'or
qu'il avait volé à cette mendiante,
Lucien gagnait au jeu une fortune,
l'enfant sans asile était moite,
morte de froid
Etreint à la gorge par la plus
effroyable des angoissés, Lucien
voulut pousser un cri..... .et dans
l'effort qu'il fit, it se reveilla de son
cauchemar sur la banquette du
cercle, où il s'était endormi un.peu
avant minuit et où le garçon du
tripot, s'en allant le dernier vers
cinq heures du matin, l'avait laissé
tranquille, par bonté d'âme pour le
décavé,
Une brumeuse aurore de décem
bre faisait pâlir les vitrés des croi
sées|§§Lucièn sortit mit sa mon
tre en gage, prit un bain, dejeuna,
et alla au bureau de recrutement
signer un engagement volontaire
au 1er regiment de chasseurs^d'a
frique.
Aujourd'hui, Lucien de Hem est
lieutenant il n'a que sa solde pour
vivre mais il s'en tire, étantun of
ficier très rangé et ne touchant ja
mais nne carte. Il parait même
qu'il trouve encore moyen de faire
des économies car l'autre jour, à
Alger, un de ses camarades qui le
suivait à quelque pas de distance
dans une rue montueuse de la Kas
ba, le vit faire l'aumône à une pe
tite espagnole endormie sous une
porte, et eut l'indiscrétion de re­
garder ce que Lucien avait donné
à la- pauvresse. Le curieux fat
très surpris de la générosité du
pauvre lieutenafit.
Lucien de Hem avait mis- un
louis d'or dans la main de la petite
fille,:- ïffir--
AU BENEFICE DES PAUVRES, ET
DE L'EGLI8E"8T. CLOTILDE.
Lundi prochain 28 Dec.
A (7£) sept heures et demi du soir
6* —DANS
HUNTS
LE PERE LEFEBVRË
Piècé archi-comique en un acte.
Par le cercle littéraire. 1
PER80NNAGE8.,\
M. Lefebre, vieux "tailleur .Jos. Faubert
Mde Lefebvre, sa femme.... A. Grignon
Guillaume, son neveu —..., J. Marcoux
Remi, ouvrier de Guillaume.. *Â. Lacroix
A 11 HEURES.
TIRAGE DE LA LOTERIE.
-Entrée lOcts Enfants accom
pagnés de leurs parents gratis.
Yin Bourgogne à $1.25 le gal
lon, à la Compagnie des vins de la
Californie—office à Minneapolis,
253—2e AVENUE SUD. v
La Sacrée Congrégation de la
Propagande annonce qu'à venir au
1er novembre, dans-la vicartat
apostolique de la Cochinchine, 9
missionaires, 7 prêtres indigènes
6Q catéchistes, 270 membres des
ordres sacrés et 2s 000 chrétiéns
ont été massacrés et que 200 pres
bytères, 17 orphelinats, 10 cou
vents et 225 églises ont été détruits
par le feu-
Des dépêches venues de Rome
annonçant que Sa Sainteté Léon
XIII fst dangereusement malade.
Dimanche prochain, séance ré
gulière de l'Association Canadien
ne Française.
Tous les membres sont priés d'y
assister.
La société "Nordem."
Samedi le 26 Decembre, cette
société donnera une grands soirée
à la salle Harmonia, au bénéfice
du fonds de construction de l'as
sociation Nordem. Il y aura con
cert, distribution de cadeaux de
Noel par Santa Claus en personne,
discours et récitations après l'exé
jeution de ce programme il y aura
an grand bal.
Nos remerciments pour l'envoi
de billets dé faveur.
Nous recommandons à nos lec
teurs'la lecture du conte de Noel
que nous publions ailleurs. Le
louis d'or est du à la plume de
François Coppé.
Au nombre des discours pronon
cés à la dernière séance del'"Union
Nationale" nous aurions du men
tionner celui de notre ami M. Pier
re Jasmin, dont les c^nseils^patrio
tiques et sages seront suivis nous
l'espérons, dans l'organisation du
fonds de secours pour la famille
Riel, qui est en voie de formation
parmi nous.
Vengeance d'un chien.
'je
BOHO DB3
HÀttr§
PLYMOUTH AVENUE NORD.
(Prendre les chars de Plymouth &
1
Cedar Avenue.)
g)-,.* '.
PROG-RAMMED
A 8 hrs.' (huit heures) et toute la
soirée Lunch sgryi par les D^mes
de St Clotilde.
A 9 hrs. Distribution aux enfants
des cadeaux de deux magnifiques
arbres de Noel. Chants patrio
tiques et comiques.
A 10 HEURES.
v
Mme Lewis qui tient une pension à
Parker s Glen près de ïïprt-jervis, Etat
de New York, posëdait un gros chien
avec leqrel sa petite fille, âgée de dix ans
avait l'habitude de jouer. L'enfant etle
chien ont toujours vécu dans le plus par
fait accord jiisqa'à ces urs dernier, lors
rue la petite fille en ferment une porte,
a pincé par mégarde la queue de l'ani
mal entre la porte et le montant. Le
cbien a état .dégagé aussiôUque possible
îmas il s'est montré très irrité d. si. petite
amie il n'a plus voulu la lai«ser appro
cher de lui et il s'en est ailé bouder dans
la cour en faisant entendre quelques
groiînemon's menaçants. On n'» d'abord
ajouté aucune importancè a cet incident,
et déuxou trois le ares après la'-petite fille
est allée jouer dans la cour où se trou
vait' déjà le chien. E le était a peine
Rortie depuis quelques minutes que SH.
mère l'entepdit pousser des cris déchi
rants, est accourue pmir voir ce qui se
passait Le chien n'avait pas pins-tôt
aperçu la pauvre enfant qu'il s'é ait jeté
"sur elle l'avait renvesée àterre et lui dé
chiraet le visage avec ses crocs. En vain
la mère ^yjnlut elle ara.'lieer sa fille,
dont lës joues étaient déga tout ensang
lantées au féroee animal, celui-ci ne
faisait que s'acharner davantage-sur sa
vixtimé. Une autre fille de madame
Lewis, at'iréé par les cris de sa mère et
de saqetite sœur,'étant accourue à son
tour avec un gros batôn, a eu beat'coup
de. peine à arracher là malheureuse en
fant aux crocs du chien en fnrie, celui ci
s'est raènie jeté sur elle et a assayé de la
poursuivre pendant qu'elle emportait sa
sçeur a là maison.( Cependant quand il
les a veils dispàraiti-e il «'est calmé et
Mme Lewis a pu facillement l'emmener
dans une maison vo si»e*où il été abat
tu. Quant à la petite fille ses blessures
sont très graves et le chien l'aurait cer
tainement tu
sans l'intervention de sa
mère et de sa sœur.
Un seul essai du LINEN SOAP
convaincra tout acheteur que c'est
le seul savon que vous 'puissiez
acheter à boa marché. Essavez-le.
Mercredi dernier un grand nom
bre de paraissions du Revd, père
Nougaret, curé de St Clotide, se
reunissaient ohez ce dernier à l'ao
oasion du quinzième anniversaire
de sa conséciation à Torde sacré de
la prêtrise,et lui offraient en cadeau
une magnifique montre d'or.
La présentation fut faite par M.
Z. Demeules, qui se faisant l'inte
preto de personnes pr jsentes lut
l'addresse suivante:
Révérend Père.fSI
il
Vos paroissiens animés par le
vif désir de vous témoigner leur
profonde reconnaissance, sont
heureux que l'aniwsaire de votre
élévation aux ordr¥&*crés du sa
cerdoce leur offre une occasion
favorable tie donner libre cours à
leurs sentiments de respect et de
gratitude pour le zèle apostolique
que vous n'avez cessé de déployer
à un si haut dégré au milieu du
troupeau confié à vos soins.
Oui Révérend Père il y quinze
ans à pareille époque, prosterné
aux pieds des autels, vous faisiez
abnégation de votre vie pour le
salut des âmes plus tard, Dieu
vous demanda un autre sacrifice
Docile à sa voix vous laissiez tout
ce qui vous était le plus cher au
monde, patrie et parents pour
venir sur une terre étrangée pro
diguer les moyens "de salut aux
descendants de cette belle France
fille ainée de l'Eglise.
Dans l'aceomplisement, dp votre
sublime ministère vous n'avez
épagné ni les fatigues, ni les trou
bles d'une direction souvent diffi
cile, rien ne vous à coûté quand il
s'est agi du bien être spirituel et
temporel de votre patoisse.
Grâces à vous, aux attributs au­
gustes
de votre sacerdoce.
Vous vous êtes donc acquis des
droits sacrés à notre graititude et
sous votre égide nour avons sur
monté bien des obstacles et des
écueuils. Puisse là divine provi
dence vous conserver toujours à
l'affection de tour ceux qui vous en
tourent ce soir et que l'auréole
du bonheur, en récompense pour
le grand bien que vous nous avez
fait ceigne votre front, de 1'aureole
céleste.
ReceVez Révérend Père ce faible
cadeau, comme gage de la profonde
reconnaissance qui anime nos cœ
urs, que cette montre marque pour
vous de longues années de bon
heur et de prospérité, Pour nous,
notre seul désir est que ces années
s'écoulent au. milieu de vos parois
8ier,s -de Ste Olotide.
M. le curé repondit en# termes
émus, remerciant tous ses fidèles
de cette délicate marque d'atten
tion et exprima l'espoir qu'il avait
de voir leurs vœux se réaliser.
La soirée se passa des pl
agréablement la musique, le chant
et les jeux se succédant avec le
plus admirable entrain. A minuit
une superbe collaïîou fut servie et
inutile de dire qu'après une jour
nee de jeûne rigoureusement ob
servée| personne ne se fit prier
pour s'asseoir à une table surcha
gée des mêts les plus délicieux
M. CELESTIN LAYIGUEUR.
Un artiste canadien qui a charmé Qué
bec pendant bien des années, vient de
s'éteindre doucement à Lowell où il é'ait
allé continuer'sa carrière musicale.
M. Lavigueur était admirablement doué,
nous oserions dire qu'il avait presque du
génie pour la musique. C'est peut-être
le canadien français le plus fécond que
l'a musiqife de Québec ait pu compter.
Il a eu ses mements de splendeur, ses
heures de soleil, ses inspirations puissan
tes qui ont. remué un temps le tout Qué
bec, et quand Prume venait plus tard
nous enthousiasmer, on disait que Lavi
gueur avait eu de ses éclats de génie.
Lavigueur était le musicien canadien
frauçais par excellence. Il n'a emprunté
à personne pareequ'il s'est formé lui
même. Lés nombreuses mélodies qu'il a
laissé tomber de son violon, émanaient
du terroir. Elles ont germés sous un
souffle exclusivement patriotique
On lui a reproché l'incorrection du
sfyle, l'absence d'école, de vernis classi
que mais, on était éleetri^ quand même
par cette hermonie sauvage, par cette
fougue impétueuse, par ces hardiesses
musicales, par-cette ampleur de phrasé
qui caractérisaient son jeu.
11 a été un violoniste de grande enver
gure, et si l'Europe l'eut dressé, Lavi
gueur n'eut pas été inférieur aux plus
célèbres violonistes de ce continent.
Il fut aussi un compOs'teur. de talent.
La ''Muronnc" est devenue un hymne
national. Nos fanfares la jouent à toutes
les solennités canadiennes Nos sociétés
Chorales la chantent fréquentent. Le club
le "Huron" en a fait, son chant de clan.
Il a composé deux opéras. "La fiancé
des bois" dont il a donué le premier acte
à Qiiébëc, et "Les enfants, dn manoir"'
qu'il viént de terminer Lowell.
Il a laissé un bon nombre de romances
d'un beau souffle. Tous les salons ont
entendu: "Le nom de ma sœur, La fau
vette du canton, Amour, t'oyez les bien,
venus, Thérèse la blonde, O Canada."
Il fut un te.nps où Sabatier, Dessane
et Lavigueur étaient à la tête du mouve.
ment musical à Québec, et certes, ils
n'ont pas buriné les sins belles gages
de l'histoire de la musique çanaeienne
Lavigueur était poète à ses heures. A
l'occasion du grand feu de St-Roch et de
8t-Sauveur en 1866, il fit la musique et
les paroles d'une romance qui fut chantée
à un grand concert pour les incendiés et
qui remporta un vit'succè».
Il eut ses malheurs. Cest dans ces
moments de sombre spleen qu'il exha
lait ses plaintes en de beaux vers que
Gilbert n'eut pas hésité it signer.
Un jour, il tomba dans la plus profon
de détresse. Il lui restait quoique chose
qu'il.adorait, son violon! Il n'avait jamais
80ngé,qu'il pût en être'séparé La famine
fut impitoyable. Lavigueur dut vendr
Son violon. C'était s'arracher le cœur.
Il écrivit "Mon violon" Nos lecteurs
jugeront eux-mêmes de cette pièce remar
quable que nops avons p'i nous procurer.
Elle notait pas destinée au public, et
elle a été enlevée à Lavigueur sans qu'il
s'en soit doute jamais.
Nous.la publions sur notre seconde édi
i o n i 4
Lav*r|ifeti^ e mort' Ëô'^ell Entouré
de l'estime de ses compatriotes. La pe
tite vilte de Lowell a perdu son pluf fort
musicien, et le Cauada perd un artiste de
grande valeur.
r"
.. Gao.
LEMAY,
"Au Canadien"
L'on a souvent regretté dans le
passe, nous dit-on les polémiques
personnelles aux quelles nrs jour
naux français se livraient, polémi
ques qui n'intéressent aucune
ment les lecteurs, qui eux ne s'oc
cupent guère de personnalité des
rédacteurs et dont le seul désir est
d'être renseignés. Connaissant ce
sentiment nous serions presque
tenté de laisser passer sous silence
l'attaque grossière dont nous avons
été l'objet de la part du Canadien
de la semaine dernière, si le ré
dacteur de cette feuille, dans son
désir de nous nuire, ne cherchait
à soulever contre nous les mem
bres d'un société, qui tous ont
droit à notre respect et dont plu
sieurs sont nos amis personnels.
faisant allusion à un compte
rendu d'une séance de l' Union Na
tionale, paru dans notre édition du
9 décembre, le Canadien nous ac
cuse d'avoir commis d?s omissions
regrettables qui constituent une
insulte pour cette société. En ré
ponse, nous dirons simplement au
redacteur du Canadien que son as
sertion est mensongère et qu'il
fausse sciemment la vérité en affir
mant comme vraie, une chose qu'il
sait être fausse. De plus, nous dé
fions le Canadien de donner le nom
d'un seul membre de^l'Union Na
tionale qui se dise insulté par no
tre compte rendu.
Cette explication donnée, et sa
chant d'avance que notre défi ne
sera pas relevé, nous espérons ne
pas être obligé d'ennuyer nos lec
teurs avec ces questions person
nelles seulement nous prions
ceux ci de vouloir bien se souvenir
que nous sommes att-iqué et consé
quemmeut forcé de nous défendre.
Essayez le savon d'OBERNE
ÏÏOSJCK.
Soiree au profit des pauvres.
.Nous attirons l'attention de nos
lecteurs sur le-programme de la
soirée dramatique et musicale que
doit avoir lieu lundi le 25 De
cembre à 7.30 du soir, à la Hunt's
Hall, Plymoth avenue- Le pro
grammk est vari$ et dous ne sau
nons trop engrger nos compatrio
tes à se rendre, en grand nombre à
fête sui ne saurait manquer de les
amusea.
Outre le plaisir qu,il y., a à as
sister à une soirée ce ce genre il y
a encore la satisfaction de contri
buer à soulager les misèies de ceux
qui soffrent. Ainsi qv'il y rit
faule laundi soir à la Hunt's Hall,
Le prix d'admission n'est que
de 10 c. enfants accompagnés de
ieur parents qratis. Nous alléons
aubiier de mentionnes que cette
soirée est spécealement pour les
enfants qui tous recevront un ca
deaux de Noel.
Ce n'est qu'à la compagnie des
vins de la Californie, office à Min
neapolis, 253—2e AVENUE S UP,
que vous pouvez acheter des vins
purs, non falsifiés, et à bon marché.
Assemblee publique.
Dimanche prochain, le '27 dé
cembre, à 3 hrs. de l'après midi,
aura lieu une grande assemblée à
la salle Hush, au-dessus de la City
Bank, à laquelle tous le? canadiens
français de Minneapolis sont spé
cialement tnvités d'assister. Plu
sieurs orateurs canadiens-frauçais
sont inscrits comme devant porter
la parole.
Cette assemblée est convoquée
par le comité chargé de prélever
une souscription pour la famille
Riel.
En reponse à l'invitation faite
par le Président de l'Union Natio
nale, M. Faubert, les MM. suivants
assistaient dimanche dernier à une
réunion convoqué dans le but d'a
viser aux moyens de venir en aide
à la famille de Louis Riel. Nous
donnons ici les noms des délégués
présents et les sociétés qu'ils re.
présentaient.
MM. Pierre Jasmin, Ed. Pelle
tier et Chs. Marchessâult, la socié
té St Vincent de Paul, Z. Demeu
les, Dr Pinault et A. F. Carrier,
l'Associations Canadienne Fran
çaise.
E. J. L'Hérault, de Seneville
remplaçant M. St Hilaire, et F.
Angeré, le club Indépendant du 1er
quartier. M. Jos. Faubert, Jos.
Marcoux et Frs. Trepanier, l'Union
Nationale. La société St Joseph
et la paroisse de N.-ï). de Lourdes
n'étaient pas représentées. Lectu
re fat donnée d'une lettre de M. St
Hilaire secrétaire du club Iudépen
dant, regrettant ne pouvoir assis
tër et promettant son concours.
Une résolution est alors vj^éo re:
mèreiant M. St. Hilaire.
Le comité suivant est ensuite
nommé pour prélever des souscrip
tions. MM. Jasmin, Demeules,
Angers, Faubert, Pinault et Car
rier,
L'assemblée qui était présidée,
par M. E. J. L'Hérault avec M.
Ed Pelletier comme vice-présent,
fut ensuite ajournée à dimanche
prochain.
Un magnifique
TÊSm
La prochaine assemblée de club
Indépendant aura lieu à la salle
Voss Dimancbe le 3 Janvier 1886.
Pour $1.00 vous achetez un gal
lon de Claret pur "et excellent, à la
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thédrale n'était pas "assez vaste
pour contenir la foule enthousias
te qui voulait rendre un dernier
tribut de reconnaissance au grand
patriote.
Mgr Lange vin est le frère de
Sir Hector Langevin
Le patriotisme est bien vivace
dans cette petite ville presque tous
les soirs depuis l'exécution de Riel
Sir John Mcdonald, Hector Lange
vin, hapleau et Caron, ces quatre
lâches meurtriers que toute la na
tion requdie sont pendus et brûlés
en effigie. Vive les Rimouskois!
Ce sont de vrais patriotes de la vieil
le roche, des braves qui sont prêts
à donner leur sang et leur fortune
pour l'honneur de la nation.,
Un soir que l'on brûlait les man
nequins des miniftres fédéraux
quelques jeunes gens, parmi
lesquels se trouvait M. Alphonse
Martin avantageusement connu des
canadiens de Minneapolis et d'Os
seo, ont voulu s'opposer à l'exécu
tion de Sir Hector. Une bagarre
s'en est suivie dans laquelle M.
Martin a été horriblement mal trai
té. On dit qu'il porte des marques
d'un caractère inneffaçable. Il a
poursuivi M. Napoléon Couillard
pour injures personnelles.
Les ouvriers et le conseil de ville.
La presse des deux villes les
conseils municipaux de Minneapo
lis et St Paul, et la Chambre de
commerce discutent dépuis quel
que temps déjà une question de la
plus haute* importance pour la
classe ouvrière. Il s'agit d'aug
menter les gages de nos ouvriers,
de réduire à huit le nombre d'heu
res pendant lesquelles ils seront
obligés de travailler et de modifier
ou d'abolir complètement le systè
me de donner l'ouvrage à l'entre
prise—-contract system—en ce qui
concerne les journaliers et les ou
vrages faits par la ville. Ce sont
là autant de questions d'une im
portance vitale et nous espérons
qu'elles seront toutes résolues avec
l'intention de venir en aide et de
bénéficier notre classe ouvrière.
Nous sommes heureux de voir
ces question agiter, et il est cer
tain que lés justes demandes de
cette "classe importante de notre
communauté ne peuvent et lie doi
vent pas être ignorées. Leurs pré
tentions sont justés et il faut y fai
re droit$^t Vv SxM
L'augmentation des gages de
$1.00 à $1,50 par jour est déjà une
affaire décidée et aura pour effet
de procurer de meilleurs ouvriers
que ceux qui d'ordinaire sont dis
posés à travailler pour $1.00 par
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Nous apprenons par une corres
pondance que Mgr Lange
vin de Rimouski a refusé de laisser
chanter dans sa cathédrale un ser
vice solennel pour le repos de l'â
me de Louis Riel, héros et marty
re. Ce n'est qu'après avoir été
sollicité à plusieures reprises par
les citoyens les plus notables qu'il
a toléré une messe de troisième
classe, à laquelle tout autre prêtre,
avait reçu
de ne pas assister.
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Les agents de la Succursale de
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maintenant ouverte au numéro 253
2eme Avenue Sud, donneront en
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Vins Ciaret, vieux de 3 ans, par gallon
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