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Echo de l'ouest. [volume] (Minneapolis, Minn.) 1883-1929, November 17, 1916, Image 1

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34eme Annee
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ÀfBNUB
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WASMWOTO V
ramasa
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'i.
Il ne l'a pas voulu
On sait que l'empereur Guillau
me, pour arrêter la sourde irrita
tion qui commence en Allemagne
à frémir contre lui, craint que son
nom fut chargé de tous ces deuils
accumulés, deuils inouïs, invrai
semblables. Et alors, il a dit, répé
té et écrit ces paroles de tardif
repentir: "Je ne l'ai pas voulu!"
S'il entendait par là l'immense
désastre, l'entrée en jeu de l'An
gleterre d'abord, puis de l'Italie,
puis bier, de la Roumanie, puis
demain de la Grèce, non, il ne l'a
pas voulu!
Une guerre durant depuis plus
de deux ans avec un blocus chaque
jour plus implacable, avec une fa
mine chaque jour plus menaçante
non, il ne l'a pas voulu.
Il n'a pas voulu la défaite de la
Marne, la défaite de l'Yser, l'échec
sur Verdun la reculade sur la
Somme, non, certes, il n'a pas vou
lu tout cela.
Il voulait autre chose, la victoire
brutale et rapide, et totale. Voici
que la défaite arrive, quoique len
te, brutale et totale. Quand donc il
dit je n'ai pas voulu la défaite.
Mais en vérité il a voulu la guerre.
Ne nous lassons pas de l'affir
mer: la responsabilité de cet ef
froyable carnage est si écrasante
qu'aucune conscience humaine ne
devrait pouvoir en supporter le
poids. Puisque la guerre a été dé
chaînée par certains hommes on
ne comprend pas que ces hommes
puissent dormir encore. Depuis
denx ans, cinq millions de morts,
douze millions de blessés. L'élite
de la jeunesse européenne fauchée
par la mort. La haine et la douleur
roulant dans leurs flot* noirs cinq
cent millions d'âmes humaines.
Depuis deux ans pas un des habi
tants de l'Europe n'a eu lé Coura
ge de sourire.
On dit d'ailleurs que Guillaume
est tourmenté par des insomnies
rebelles. J'avoue que je n'en suis
pas étonné.
Peut-être espérait-il que la
France, la Russie, l'Angleterre,
nations pacifiques, toutes les trois
le laisseraient en paix promener
ses menaces de toute parts, et ne
répondraient pas à ses provoca
tions, en prenant les armes. Oui!
je croirais volontiers que Guillau
me n'était pas—comme son fils le
kronprinz, comme le parti militai
re des hobereaux pangermanistes
énormément désireux d'une gran
de guerre. Car enfin, quelle que
fut sa confiance, l'événement com
porte toujours une incertitude, et
la lutte promettait d'être redouta
ble. Il lui eut été, je pense, extrê
mement doux de pouvoir affirmer
en Afrique et en Asie, à Bagdad,
au Maroc et sur le Danube, sa tou
te puissante ingérence, sans ren
contrer d'obstacle. C'eut été beau
coup plus simple et plus sur que
la guerre.
Sans doute, ce n'était pas l'opi
nion du parti- militaire prussien,
amoureux de la guerre. Mais enfin,
Guillaume était le maître.
Tout de même, comme il ne prê
tait pas tout à fait aux injonctions
de son fils et aux avidités de son
état-major, sa popularité baissait
et il en souffrait. La faveur popu
laire était 1q mobile de tous ses ac
tes et le guide de tous ses dis
cours.
L'assassinat de l'archiduc autri
chien—peut-être inspiré par l'Au
triche elle-même—devint une oc
casion favorable. Quelle plus belle
attitude à prendre que de se faire le
vengeur d'un crime! Alors fut en
voyé à la Serbie ce sinistre ulti
matum, provocation due évidem
ment à l'odieux gouvernement au
trichien, mais cependant provoca
tion conçue, consentie, approuvée,
encouragée par l'empereur alle
mand. Il n'a même pas essayé de
s'en défèndre.
Est-ce vouloir la .paix que de
menacer avec arrogance une na
tion indépendante? Est-ce vouloir
la paix que de dire: Cédez à mes
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ordres, abaissez-vous, humiliez
vous et je ne ferai pas la guerre.
De même le bandit qui détrousse
un passant lui dit: Donne-moi ta
montre et ta bourse et je ne te fe
rai pas de mal. Tu vois bien que
je suis pacifique."
L'Autriche et l'Allemagne ont
agi avec la Serbie comme ce ban
dit aveo le passant.
Il est vraisemblable qae Guil
laume eut préféré que la Serbie
acceptât la honte et le vasselage,
que la Russie docile subit, après
la mainmise sur la Bosnie et
l'Herzégovine, la mainmise sur
une autre nation slave, et que la
France tolérât l'humiliation de la
Russie, et que l'Angleterre ne se
révoltât pas contre l'invasion de la
Belgique.
C'eut été beaucoup mieux ainsi
Dès les premières négociations di
plomatiques, Guillaume,—(car l'o
dieux Tisza et le vieux François
Joseph ne sont que de grotesques
comparses) —indique nettement
par toutes ses paroles aux ambassa
deurs que si la Serbie (c'est-à-dire
la France, c'est-à-dire la Russie),
ne cède pas aux insolences autri
chiennes, c'est la guerre.
Vingt fois un délai, une média
tion, une conférence, un arbitrage
sont proposés. Guillaume répon
dait toujours .Non! Non à un dé
lai non à une médiation non à
une conférece, non à un arbitrage!
"C'est affaire, disait-il cynique
ment, entre la Serbie et l'Autri
che. Ni les uns ni les autres nous
n'avons à intervenir. Mais tout de
même si. la Russie intervient et
veut défendre la Serbie, moi je dé
fendrai l'Autriche."
Voilà comment il comprenait la
paix. Quoi! L'Angleterre et la
France disent: "Prenez des juges
désignez des arbitres attendez
quelques neutres avant de canno
ner Belgrade. Laissez la justice
internâtior aie'décider de ce conflit
entre deux nations." Et Guillaume
répond, fier de son armée toute prê
te, de son épée éguisée et de sa
poudre sèche: "Pas de justice in
ternationale pas de tribunal pas
de conférences. Laissez l'Autriche
faire ce qu'elle vent de la Serbie.
Ne touchez pas à l'Autriche, car
alors vous aurez affaire à moi!"
Vouloir la paix ainsi, c'est vou
loir la guerre.
Et le voici maintenant chargé
du plus lourd attentat qui ait été
commis par un homme contre l'hu
manité. Ii en a honte et il dit: "Je
ne l'ai pas voulu!"
Non! tu Tas voulue la guerre. Il
faut qu'on le sache en Allemagne,
dans cette absurde et aveugle Alle
magne, à la fois victime et compli
ce.
Il faut qu'on le sache dans le
monde entier il faut que l'histoire
vengeresse parlant de Guillaume
le Fossoyeur dise: "C'est lui qui a
voulu la guerre."
Un mot, un geste aurait suffi à
tout arrêter. Il n'a eu ni ce mot, ni
ce geste.
Il a voulu la guerre.
Mais le jour viendra où la justi
ce internationale, si misérable et
si opprimée à cette heure, triom
phera sur ses ruines. Alors il n'y
aura plus de potentat dont la fan
taisie pourra estralner la mort et
la ruine de millions et de millions
de créatures humaines. Alors les
peuples seront maîtres de leurs des
tinées. Ce sera l'avènement de Sa
Majesté, le Droit.
CHABLES RICHET.
de l'Institut.
La Surabondance
de l'Or
Par ce temps de cherté de tout
ce qui s'achète, il est intéressant
de savoir quelle relation il peut y
avoir entre la quantité excessive
de monnaie d'or dans un pays et
les hauts prix.
Les principaux banquiers des
Etats Unis en sont venus
à la conclusion que les
Etats Unis souffrent actuelle
ment d'une surabondance d'or et
que cette situation anormale est
responsable dans une grande me
sure des prix excessifs des choses
nécessaires à la vie, ce dont on se
plaint généralement dans tout le
pays. Les Etats-Unis ont été inon
dé» d'or de l'étranger, avec le ré
sultat que le pouvoir d'achat du
dbllar a baissé à un point qui fait
que la prétendue prospérité pré
sente semblerait un paradoxe.
Ce pays a constamment reçu de
l'or de l'Europe depuis que la
guerre est commencée. Il en a été
reçu pour environ $47,000,000 la
semaine dernière. Près de cent
millions de dollars en or sont en
trés aux Etats-Unis depuis le com-
MINNEAPOLIS EX ST. PAUL, M1NJV.Î VBNBKBUi, 17 Nov." 1916'
jfate ce que bois arienne que pourra
mencement d'octobre./Il en est ve
nu près de 500 millions depuis le
commencement de l'année. Plus
d'un milliard de dollars ont été re
çus depuis le début de la grande
guerre, en denrées alimentaires.
Mais plus d'or qrôm pays ait
jamais été appelé à diriger dans un
semblable laps de temps. Un bon
nombre d'autorités attribuent à ce
la la hausse extraordinaire dans
les prix des choses nécessaires à la
vie. Le sujet est envisagé avec une
inquiétude croissante!et les ban
quiers cherchent de t^iis côtés un
remède à cette situatiqû anormale.
La maison J. Morgan & Co. a
suggéré que le gouvernement
prenne des mesures jàour arrêter
l'importation du précieux métal. A
cette fin, elle proposé d'accorder
un plus grand crédit n nos princi
paux clients—les Alliés, Selon le
plan Morgan, il serait Opportun de
prêter notre crédit au$ Alliés, non
sur des billets collatéraux, qu'ils
peuvent être en position de nous
garantir, mais sur fèurs billets
sans garanties. Le
peut-on dire, n'est
ment en faveur de
tion, mais la sugg
cueillie favorablem
grand nombre.
Les Etats-Unis ayant importé
près d'un milliard de dollars en or
depuis que la guerre est comien
cée, ont augmenté leur capacité de
crédit six ou sept fois ce montant
de ce chef seulement Mais tout
n'est pas dit sur le sujet de la su
rabondance de l'or.
Les crédits ont été étendus à
cause d'autres développements.
Nous avons prêté encore, sur des
crédits de banque et sur des obli
gations étrangères, plus de deux
milliards de dollars. Ce crédit a été
dépensé, ici, aux Etats-Unis, ce
qui rend encore l'or plus abon
dant. Puis les prix des obligations
ont monté dans des proportions
formidables, ce qui est encore une
cause de la pléthore de l'or. Et
ainsi de suite.
De ce que cette pléthore ait
maintenant atteint des propor
tions sans précédent, cela est
prouvé par. le fait que le montant
par tête d'argent en circulation
aux Etats-Unis s'est élevé de $33.
96 le 1er août 1914 à $40.62 le 1er
octobre 1916. Cela seulement mon
tre une expansion en circulation
d'argent d'environ $670,000,000.
Dans le même intervalle, les
prêts par les banques nationales
ont augmenté de $1,250,000,000.
Les chiffres montrant les augmen
tations dans ces deux items dans
les banques d'Etat, compagnies de
Trust et banques d'Epargne dans
le pays ne peuvent s'obtenir sous
une forme exacte ou complète,
mais on sait que l'expansion a été
plus grande, pour la raison que la
force financière de ce dernier
groupe est plus considérable que
celle des banques nationales.
La spéculation, la rareté du tra
vail, les petites récoltes et les ex
travagances sont d'autres facteurs
dans le bouleversement de la si
tuation économique. Mais on esti
me généralement que l'effroyable
afflux de l'or est principalement
responsable des hauts prix des
choses nécessaires à la vie, des
énormes profits réalisés par un pe
tit nombre et des souffrances de
ceux qui doivent vivre sur des re
venus limités et fixés.
Dès lors l'on pourrait se deman
der si la prospérité apparente qui
couvre le pays n'est pas une pros
périté factice.
"Une femme supérieure dont l'i
déal n'est pas rempli, les aspira
tions satisfaites, dont la nature a
besoin d'épanchements, d'affection,
de soutien, mais qui, désabusée de
bien des illusions, qui,danB la plei
ne et absolue maîtrise d'elle-même
veut et peut demeurer fidèle à son
devoir, peut-être à ses croyances
religieuses, devient un terrain pro
pice à l'amitié. Une telle amitié
peut venir d'elle-même sans l'ap
pétit des sens. Les psycologues ét
les confesseurs en connaissent
quelque chose. —XXX.
!•.- L-^ V.,., i
ide financier
unanime
|te proposi
tion est ac
Lt par un
l'or est pro-
La surabondance
duite par le fait que l'çr, sous tous
les systèmes de banque dans le
monde civilisé est la bj§se de crédit
et le seul médium d-échange ac
ceptable dans le rçjgmde entier.
C'est l'intermédiaire unique par
lequel une nation peut payer ses
dettes à une autre. De même, d'a
près la pratique des banques, il
peut être haussé en crédit dans la
proportion d'environ ôix ou huit à
un. Quelques autorités demandent
même une plus hautéf proportion.
Cela signifie que lorsqu'un pays
est en possession de, 'lisons,$100,
000,000 en or, son crédit peut-être
porté à 700 miliioii^ki 800 mil
lions, sans encourir aucun risque.
La France aux
Etats-Unis
Au mois d'août 1914, Berlin
avait rempli son ambassade à Wa
shington de secrétaires supplémen
taires: ces envoyés de la Wilhelm
strèsse devaient assister le comte
von Bernstorff dans ses entrepri
ses d'espionnage et de propagande.
On connaît le sort de certain d'en
tre eux leur zèle ayant dépassé
même les limites de liberté accor
dées par les Etats-Unis aux puis
sances étrangères, ils ont été invi
tés par le gouvernement américain
à regagner aussi vite que possible
le noble "Vaterland".
Le même appel aux armes avait
presque viaé l'ambassade de Fran
ce. M. et Mme Jusserand y sont
restés pour de longs mois sans ai
de, quasi seuls.
Et l'on a pu relever ce contraste
réconfortant: devant la maison
d'Allemagne, sur un fond de bri
ques rouges, étriqué, laid, on- ap
percevait un policeman qui, nuit
et jour, allait de long en large,
prêt à parer les coups de violence
que pouvait tenter une opinion pu
blique exaspérée. A la même mi
nute, les portes de la belle demeu
re française s'ouvraient sur un
foyer d'activité bienfaisante, un
centre où tous les élans généreux
du peuple américain vers la Fran
ce se ralliaient. A mesure que le
nombre des sécretaires diminuait,
M. et Mme Jusserand se multi
pliaient: leur patriotisme militant
rayonnait au dehors il attirait à
soi d'innombrables témoignages de
la tendre affection, de l'admiration
éblouie des vrais Américains pour
la France dans sa douleur et dans
sa gloire.
Déjà, avant la guerre, quand
tout allait bien—trop bien—M.
Jusserand avait su gagner l'amitié
des Américains. Ils lui sont main
tenant attachés par ce lien serré
qui se forge dans les épreuves d'un
tel drame. On l'aime à présent
pour ceux de chez lui qui ont sau
vé le pays qu'il représente.
M. Jusserand a choisi cetta mi
nute propice pour publier, dans
cette langue anglaise dont il est un
véritable maître, un "recueil d'étu
des sur quelques-uns des hommes
éminents qui représentent le plus
grand intérêt au poiut de vue des
relations franco-améncaines."
Ambassadeur à Washington de
puis treize ans, M. Jusserand a vé
cu la vie des Etats-Unis pendant
la onzième partie de leur histoire
au cours de ces années, nous dit-il,
il a vu la population s'accroître
d'un cinquième, le gouvernement
prendre sous sa protection trois
Etats nouveaux, les rapports com
merciaux avec la France plus que
doubler. De cette longue expéri
ence, de toutes ces observarions va
riées, M. Jusserand conclu:
"Les deux républiques établies
de chaque côté du vaste océan doi
vent vivre toujours en termes d'a
mitié, voire d'intimité. Elles ont
beaucoup de liens dans le passé,
elles poursuivent, avec des problê
mes analogues, des buts sembla
bles elles doivent s'entr'aider com
me elles l'ont fait déjà, oomme el
les auront l'occasion de le faire
dans l'avenir."
Sous le titre de: "With Ameri
cans of Past and Present Days",
M. Jusserand fait défiler devant
nos yeux les grands Français qui
furent les collaborateurs de l'indé
pendance américaine, les Améri
cains éminents qui, fidèles aux ad
mirables traditions de la première
heure de leur histoire, ont, dans
les minutes de crise, gardé intacts
l'union et le prestige des Etats.
Pendant son long séjour en
Amérique, M. Jusserand a recher
ché des documents inédits sur des
personnages aussi connus que
Washington. Il nous donne sur
lui ce détail charmant et qui, sans
doute, a son prix le futur, "père
des Etats-Unis" a puisé ses premi
ères leçons dans un manuel fran
çais intitulé "Règle de la civilité
et de la bonne tenue dans la socié
té et dans la conversation". Ces
préceptes avaient un caractère aus
tère qui correspondait à la nature
de Washington. On y lit: "11 ne
faut point flatter" "que vos plai
sirs soient virils et sans péché"
"travaillez pour entretenir dans
votre cœur cette étincelle du feu
céleste qui s'appelle conscience"....
Ailleurs, c'est une anecdote sur
un grand seigneur français que M.
Jusserand a recueillie de vive voix.
On le sait, en 1861-1865, pendant
la guerre du Nord contre le Midi,
Monsieur le Comte de Paris a ser
vi dans l'armée américaine oomme
offîoier d'état-major. Un compa­
passa»!
I
•u*NJ11
«IHNESCrtA 1
fllSTORi™*
®ÇC!.£~
gnon d'armes de ce prince royal a
gardé de lui ce souvenir élégant:
Monsieur le comte de Paris pré
sentait d'ordinaire une attitude in
clinée et qui raccourcissait sa sta
ture. Un jour, il reçut l'ordre de
porter un message à travers le
champ de bataille, sous le feu de
l'ennemi. En selle, il redressa et
il accomplit sa mission la tête hau
te sur les épaules.
Plus loin, c'est une petite note
de gaieté sur Lincoln, qui éclaire
d'un sourire ce grand visage mé
lancolique.
Le 55e régiment, de New-York,
était composé presqu 'entièrement
de Français. Commandé par le
colonel de Trobriand, il portait le
titre de "Lafayette Guards". Ces
hommes attendaient impatiem
ment l'occasion de se distinguer au
cours de la guerre de Sécession.
Dans un banquet que lui offraient
les Lafayette Guards, Lincoln,
avec son penchant très américain
pour la paix, proposa comme toast
"le rétablissement rapide de l'u
nion". Là dessus, le colonel de
Trobriand s'écria, impulsivement:
—Pas rie paix avant que les La
fayette Guards aient accompli sur
le champ de bataille quelque ac
tion d'éclat.
Lincoln sourit et riposta.
—Je bois à la bataille du 55e.
Qu'elle se livre au plus vite!
Mêlés à ces rayons de lumière,
M. Jusserand rapporte de façon
poignante des souvenirs plus som
bres.
Quand Lincoln fut assassiné,
des Français de cœur, tels que
Victor Hugo, Edgar Quinet, Lit
tré, etc., firent frapper une médail
le d'or qu'ils envoyèrent à la veu
ve du feu Président. Ils avaient
joint ce mot de recommandation
pour l'ambassadeur chargé de la
présentation:
"Dites à Mme Lincoln que cet
écrin contient le cueur de la Fran
ce".
Aussi bien, lorsque Washington
a fermé les yeux sur ce monde, les
officiers de l'armée française ont
pris le deuil et les drapeaux sont
restés en berne. Bonaparte a pu
blié l'ordre suivant:
Washington est mort. Son
souvenir sera toujours cher au
peuple français, aux hommes li
bres des deux mondes, surtout aux
soldats français, qui, comme lui,
comme les soldats américains, lut
tent à présent pour la liberté."
Nulle part, M. Jusserand ne fait
allusion au sentiment de regret
qu'il doit rencontrer dans le cœur
de tout vrai Américain à la pensée
que ces soldats, autrefois si épris
de liberté, ne participent point au
jourd'hui à la grande lutte de la
civilisation contre l'esclavage. Il
pousse plus loin la délicatesse:
dans les chapitres admirables qu'il
a consacrés à Rochambeau, jamais
il n'insiste sur la dette incalcula
ble que les Américains ont con
tractée vis-à-vis de la chère alliée
qui vint de si loin pour rendre pos
sible leur affranchissement.
C'est ainsi que M. Jusserand ne
dit pas devant qui les Anglais pe
sèrent leurs armes quand tout fut
fini pour eux. A ce moment-là, les
deux armées alliées s'étaient ran
gées en double haie: à droite, Wa
shington, commandant en chef,
avec les troupes américaines à
gauche, Lafayette, avec les régi
ments français, plus nombreux.
Lord Cornwallis, malade, avait
chargé le colonel O'Hara de la tâ
che cruelle de se rendre. L'Irlan
dais, fier, hautain, alla droit à La
fayette. Ce geste, militairement
incorrect, marquait bien de quel
côté l'opinion anglaise voyait les
vrais victorieux.
Avec ce goût de vérité et de jus
tice, M. Jusserand est plus quali
fié que personne pour écrire un
jour l'histoire de la guerre de l'In
dépendance. Elle sera accueillie
chaleureusement aux Etats-Unis,
où les noms de Lafayette et de Ro
chambeau sont, parmi les vrais
Américains, l'objet d'un véritable
culte.
Du temps de ces grands Fran
çais, on n'était point obligé pour
distinguer les patriotes de parler
de "vrais" Américains. A l'heure
actuelle, la présence parmi la po
pulation des Etats-Unis d'innom
brables traîtres, d'espions natura
lisés, complique péniblement les
problêmes qui boulversent le pays.
La politique en a été faussée, mais
le sentiment populaire ne saurait
être dénaturé. Malgré la propa
gande germanique si active, ce qui,
aux yeux des Américains, a le plus
disqualifié les Allemands, c'est la
façon dont les Allemands eux-mê
mes se sont comportés au cours de
cette guerre.
Quand on a fermé le livre de M.
Jusserand, on se demande:
v a
ANNONCES:
rif des annonces donr« sur app
cation.
Demandes d'emploi—demande de do
mestiques on d'emlojfés—annonces pdDt
chambie ou pension annonces pofo
objets perdus on trouvés.
Au taux de UN CENT du mot-
Nous enverrons un numéro spi&NQfji
du journal ft toute peraonne qui en fèi»
a demande
Bureaux: 305 East Hennepin Ave
—Si Washington ressuscitait,
que ferait-il
Dans ses vieux jours, il avait
écrit à Lafayette:
"Mon vœu, je le sais, est con
traire à la profession des armes,
mais je voudrais voir le monde en
tier en paix."
Il verrait aujourd'hui toutes les
grandes nations en guerra.... tou
tes hormis la sienne. Peut-on dou
ter qu'une fois de plus il tirerait
l'épée?....
B. Van Vorst.
LE CLERGE DANS
MONDE
Il y a quelques mois
publiait l'entrefilet
LE
un journal
suivant, don
prêtres dans le
nant le nombre de
monde:
"Il y a aujourd'hui, 4,782 prêtres
au Canada 19,600 aux Etats-Unis
23,367 en Allemagne 24,079 en
Autriche 10,000 en Belgique 35,
378 en Espagne 9,623 en Hongrie
3,777 en Hollande 3,725 en Irlan
de 3,990 en Angleterre l'Italie,
67,079 et la France, 38,822,
L'Italie a 274 évêques les Etats
Unis, 111 la Grande-Bretagne, 16
l'Irlande, 27 la France 85 la Bel
gique, 6 l'Allemagne, 30 l'Autri
triche, 34 Ja Hongrie, 33 l'Espa
gne, 56 le Canada 38 la Hollan
de, 5.
Dans l'amour le plus parfait, le
bonheur des deux êtres les plus
unis n'est pas exactement le même,
et c'est bien certainement le meil
leur qui aime le mieux et est le
plus heureux. —Maeterlinck
Qu'est-ce par elle-même la vie.
de l'homme? Pleine de tourments,
d9 souffrances, de déceptions, de
désirs non satisfaits elle passe et
s'éteint: mais voici que Dieu ap
proche de lui sa vie infinie pour
lui donner la force, la consolation,
la paix en attendant la plénitude
de l'immortalité.
Chez le dentiste.
—Pourrez-vous bien l'arracher?
C'est une michelière, elle est soli
dement plantée.—Oh! je l'aurai,
allez dussé-je arracher la moitié de
la mâchoire.
"Mon mari" écrit Mme M. C.
Johanson, de Brainerd, Sta. N.if.,
était bien malade d'une maladie
des reins de laquelle il fut vite
soulagé, par l'emploi du Novoro.
En même temps il fut débarrassé
d'une maladie d'estomac qui le fai
sait souffrir depuis bien des an
nées." Un journal et une brochure
descrivant l'histoire intéressante
de la découverte de ce vieux remè
de herbeux, éprouvé par le temps,
ainsi que d'autres faits intéres
sants, sont envoyés gratuitement
sur demande. S'adresser au Dr.
Peter Fahrney & Sons Co., 19—25
So.. Hoyne Ave, Chicago, 111.
Salonique, 13.— La section
d'ambulances américaines de cam
pagne No 3, qui a quitté la Fran
ce à la fin d'octobre vient d'arriver
à Salonique. Elle est composée
presque exclusivement d'anciens
élèves de Yale et d'Harvard elle
comprend 31 voitures ambulan
ce.
Bucharest, 13—Le nombre de
prisonniers que les Allemands pré
tendent avoir fait du 1er au 21 oc
tobre, est très exagéré. Au contrai
re, la communication affirme Que
les Roumains ont capturé pendant
la même période 5,822 Austro-Al
lemands. Les Roumains ont égale
ment pris 25 canons, 88 mitrailleu
ses et beaucoup de matériel.
CercfeSte Anne, réunions les
2e et 4e lundis du mois, salle A. O*
U. 310 Ave., Centrale. Mme
E. Sharland, Sec.-Fin., 827 4e rue
N. E
Pantages
Les plus soeptiques auront iinê
nouvelle occasion d'exercer leuf
jugement sur le programme qui
sera représenté au Pantages la se
maine prochaine, commençant à la
matinée de dimanche après-midi/
on y verra le sérieux drame "Di
vorce* de la plume de Wm Antho
ny McGuire qui a eu tant de vo
gue à New-York. Il y aura en
plus une comédie musicale par les
4'Ped
Heads'' une troupe compo­
sée dés plus jolies femmes. Enfin
il y aura en surplus plusieurs au
tres numéros intéressants qui en
feront le programme le plus inté
ressant dans la ville.
3
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NUMÉRO 33
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