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Echo de l'ouest. [volume] (Minneapolis, Minn.) 1883-1929, November 24, 1916, Image 1

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1221 À fBNUE WA8BINOTO i
L'Episcopat Fran
çais et la Guerre
19 Octobre, 1916.
Voici quelques jours, la France
catholique avait l'occasion d'admi
rer ses évêques et de reconnaître,
en même temps que la valeur de
leur enseignement doctrinal, l'ar
deur de leur patriotisme. Elle ad
hérait, tout entière, au vœu natio
nal dont ils avaient pris l'initiati
ve.
Des circonstances nouvelles
mettent une fois de plus en relief
le rôle et l'esprit de notre épisco
PAFC*
Cette guerre aurait fait briller,
d'un incomparable éclat, le patrio
tisme ardent et désintéressé du
clergé de France. Le Cardinal
Gasparri, dans la récente inter
view qu'il accordait au correspon
dant du "Journal" et où il affirma
si hautement l'affection du Souve
rain Pontife envers la fille aînée
de l'Eglise, a témoigné son admi
ration émue pour les manifesta
tions de ce patriotisme. Or, il faut
reconnaître qu'à supposer que nos
prêtrôs eussent eu besoin d'être
entraînés dans cette voie, nos
évêques leur auraient donné un
exemple décisif. Dès les 'premiers
jours de la mobilisation, l'épisco
pat de France, exhortant le peuple
chrétien à remplir tout son devoir,
a inauguré cette action patriotique
dont l'ardeur ne s'est jamais ralen
tie. Maintes fois, le gouvernement
en a reconnu la valeur et l'impor
tance et, si un rapprochement s'o
père entre l'Eglise et l'Etat,—ou,
du moins, pour commencer, en
tre les représentants de l'autorité
religieuse et les fonctionnaires du
pouvoir civil,—on le doit, pour
une grande part, à l'attitude et
aux efforts de nos évêques.
Dans certains pays neutres, on
s'est étonné parfois de ce patrio
tisme actif et chaleureux. On sup
posait que la politique anticlérica
le du gouvernement français avait
refroidi, chez les catholiques, l'a
mour de la France. C'est qu'on ne
faisait point la distinction indis
pensable entre les partis qui ont
accaparé chez nous la direction
des affaires et les forces vives de
la nation.
La Patrie et l'Etat sont deux
choses essentiellement différentes.
On peut se plaindre avec raison de
celui-ci, sans cesser de tenir à cel
le-là par les liens les plus intimes
et les plus imbrisables. Et c'est
précisément la situation des catho
liques de France et, tout d'abord
de leurs évêques. Ils connaissent
mieux que personne, les beautés,
les noblesses, les incalculables ri
chesses morales de leur patrie. Et,
cette patrie française, ils l'aiment
d'une tendresse passionnée.
Croyez
bien, amis étrangers qui me faites
l'honneur de me lire, qu'une patrie
qui provoque chez tous ses enfants
de tels élans d'amour, de générosi
té, d'abnégation, mérite les dé
vouements qu'elle obtient et porte
en elle des sources de vie, de gran
deur et de prospérité, qui sont
loin d'être taries.
D'ailleurs, rien n'est plus éloi
gné d'un nationalisme aveugle et
partial, que la foi patriotique affir
mée par nos évêques. Notre épis
copat n'a jamais fermé les yeux
sur les fautes dont nous devons
implorer miséricorde et offrir répa
ration. Toujours il s'est efforcé de
tirer de cette grande épreuve un
enseignement moral et chrétien.
Sa dernière lettre collective se ter
mine encore par un appel à la pé
nitence et dais la prière qui Tac
compagne, par une demande de
pardon.
En réBumé, nos évêques en se
montrant patriotes, n'ont pas cessé
de parler en évêques. Et c'est pré
cisément pour ce motif que leur
attitude, en même temps qu'une
force nationalê, est un véritable
apostolat religieux.
Or, en ce moment, ce patriotis
me affirme de nouveau sa clair­
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HITlVNflAPOLlS et ST. PAUL,
voyance et sa vigueur et, d'autre
part, il est officiellement reconnu
par le gouvernement.
Il s'affirme à l'occasion du deu
xième emprunt national, ouvert
depuis quelques jours. Tous nos
évêques ont adressé d'éloquents
appels à leurs diocésains pour les
presser de soutenir financièrement
chacun dans la mesuie de ses res
sources, l'effort de la guerre de
justice et de libération. Ces appels
sont affichés à la porte des églises
et réitérés souvent du haut de la
chaire. En leurs qualités de défini
teurs du devoir et du droit, de di
recteurs des consciences, les évê
ques rappellent aux citoyens les
obligations sacrées qu'ils ont en
vers la patrie. Ce n'est pas la pre
mière fois, d'ailleurs,, qu'ils inter
viennent sur ce terrain, de la mo
rale civique, où naguère on contes
aait volontiers leurs initiatives et
où maintenant on les remercie de
leurs concours. Déjà, ils avaient
apporté cet appui très précieux au
premier Emprunt et avaient en-'
couragé les fidèlês à porter leur or
aux guichets de la Banque. Ainsi,
le succès de ce nouvel effort finan
cier, sera dû, pour une part nota
ble, à l'autorité de l'épiscopat.
Est-ce pour rendre grâces à nos
évêques de cette aide nouvelle ap
portée à la cause nationale est-ce
par le simple effet d'une heureuse
coïncidence que le gouvernement
a choisi cette heure pour honorer
l'un de nos plus vaillants prélats?
Toujours est-il que ce rapproche
ment s'impose et que la Croix de
la Légion d'Honneur accordée, par
le ministère à Mgr Lobbedey, évê
que d'Arras, en reçoit comme une
signification plus olaire et un lus
tre plus éclatant. C'est bien le pa
triotisme de l'épiscopat français
qui s'est mis tout entier en relief
par la distinction décernée à l'un
de ses membres.
Mgr Lobbedey est je deuxième
êvêque décqré de la Croix d'Hon
neur, depuis le début des hostili
tés. Le premier fut Mgr Ruch, co
adjuteur de Nancy.
Mgr Huch a été fait chevalier de
la Légion d'Honnear, pour ainsi
dire à titre de soldat. Car le jeune
et valeureux prélat compte parmi
nos plus héroïques et dévoués au
môniers militaires. Il a été décoré
sur le champ de bataille.
La Croix décernée à Mgr Lobbe
dey offre un caractère différent et
encore plus significatif. Bien
qu'accordée pour faits de guerre,
e'ie est donnée spécialement à l'é
vêque. Mgr Lobbedey gouverne un
de ces diocèses du Nord qui ont le
plus souffert de l'invasion et de la
guerre de tranchées. Dans cette
ville d'Arrras, impitoyablement
mutilée par les canons allemands,
presque environnée par leurs li
gnes, il n'a cessé de maintenir le
moral des populations et des trou
pes. Cent fois il' s'est exposé à la
mort pour protéger ses diocésains
écrasés d'obus ou pour réconforter
les soldats arrosés de mitraille.
Rehaussé par le prestige de sa di
gnité épiscopale, son courage in
trépide a été générateur d'héroïs
me. A côté de la Croix du pasteur,
la patrie reconnaissante attache
sur sa poitrine la Croix des Bra
ves. C'est plus qu'un témoignage
de gratitude et un acte de justice,
—un symbole!
Une cérémonie peu ordinaire
dans leur établissement a été célé
brée samedi matin à la chapelle
des Petites Sœrs des Pauvres de
cette ville. C'était le 50e anniver
saire du mariage de M. et Mme Jo
seph Pérusse, qui, depuis huit ans
sont pensionnaires à l'institutiçn.
Les bonnes Sœurs avaient décoré
l'autel comme aux grandes fêtes
fleurs et lumières à profusion. Le
vénérable couple a renouvelé ses
promesses au pied de l'autel. Mgr
Guillot a béni l'aneau de leur
union, et prononcé une allocution
en rapport avec la circonstance.
Tous les vieillards ont reçu la sain,
te communion avec les vieux époux
et uni leurs prières aux leurs. Un
magnifique déjeûner a été offert
par les bonnes Sœurs aux heureux
jubilaires, qui paraissaient rajeu
nis par le sonvenir de la cérémo
nie qui les unissait il y a cinquan
te ans.
La partie de cartes donnée mer
credi de la semaine dernière, sous
les auspices de la Cour Notre
Dame de Lourdes des Dames
Forestières Catholiques a ré
sulté comme suit: le 1er prix des
dames a été gagné par Mme Morin
le 2d, par LVt me Beaudette et le
prix de consolation par Mlle Pay
ette. M. Fk. Raymond a gagné le
1er prix des messieurs, M. Geo.
Sabourin, lé 2d, et M. Jos Morin
le prix de consolation. M. Biais a
gagné le prix, de chance.
V"
jfate ce que bois advienne que pourra
"VË^DHEDf,
itx
M'
Tout d'abord, pour rendre la me
sure plus acceptablé et ia faire
passer, on convint d'incorporer les
ecclésiastiques dans le service de
santé, où l'on ferait ainsi appel à
leur dévouement sàné/ies contrain
dre à porter les armes et à en fai
re usage. Mais ce palliatif n'eut
qu'un caractère transitoire, et
quand, pour faire passer la loi de
deux ans, on supprima toute espè
ce de discours on soumit, en même
temps les ecclésiastiques, que l'on
ignorait désormais, à la loi com
mune, en les astreignant au servi
ce armé.
Ces mesures ne produisirent
pourtant pas tout l'effet qu'on en
attendait elles éliminèrent, sans
doute, à l'origine de la carrière,
des vocations peu affirmées, et si
la quotité du recrutement eut
peut-être à en souffrir dans une
certaine mesure, la qualité s'en
ressentit à son avantage. De son
côté, le séjour de la caserne cons
titue comme un deuxième crible à
travers lequel ne passèrent que de
rares naufragés. Or, dans toute
carrière, un naufrage dès le port
n'est-il pas toujours préférable à
celui qui n'a lieu qu'au cours de la
traversée?
La grande majorité des prêtres
incorporés parvint, avec beaucoup
de tact et un peu de fermeté, à fai
re respecter, dans nos chambréses,
ses croyances jusque dans leurs
manifestations extérieures. En
même temps, leur bonne humeur,
leur simplicité, leur esprit de ca
maraderie et la conscience qu'ils
apportaient dans l'exécution de
leurs devoirs, leur conciliaient la
sympathie de leurs camarades et
l'estime de leurs chefs. D'autre
part, ils acquéraient, dans ce mi
lieu, sur certaines tristes réalités
de la vie, que leur éducation leur
avaient tenues voilées, des préci
sions que, seul, un exercice pro
longé de leur ministère leur eût,
peu à peu, apportées. En perdant,
aux dépens de la candeur de leur
esprit, nombre d'illusions, ils ac
quéraient, un peu brutalement, il
est vrai, une précoce expérience
des hommes et des choses qu'ils
pourraient mettre à profit dans
leur rôle de conseillers et de direc
teurs de consciences.
Quelques évêques—ce furent, à
mon avis, les plus clairvoyants et
les mieux avisés,—crurent devoir
engager leurs prêtres à briguer, au
cours de leur passage à., la caserne,
des galons, voire l'épaulette d'offi
cier. Puisqu'il n'y avait aucun
moyen de les soustraire au service
armé, pourquoi ne mettraient-ils
pas à profit, et l'instruction supé
rieure qu'ils
avaient
reçue et l'es­
prit de devoir qui les animait et
qui s'était confirmé au séminaire,
pour tenter de jouer, dans l'armée
où ils avaient été enrôlés à leur
corps défendant, un rôle de direc
tion, plutôt que dè s'en tenir à ce
lui de l'exécution passive et tou
jours subalterne?
En ce qui concerne le temps de
paix, le clergé sortit donc d'une
épreuve que l'on peut qualifier de
douloureuse, sans que ni son re
crutement, ni 'surtout sa valeur
24
Scènes de la Guerre, par
PREFACE
Dans les les divers pays d'Euro
pe où fonctionne le service person
nel et obligatoire, les membres du
Clergé jouissent de fa dispense de
ce service. La raisoiijtën éclate aux
yeux: Ministres à'uf? religion de
paix, c'est les contraindre à agir
contrairement à leur mission que
les mêler aux luttes des champs
de bataille. Dans toutes les armées
donc, sauf dans la nôtre, ils ne fi
gurent qu'à titre de prêtres, ayee
leur caractère sacerdotal, et sont
attachés aux différentes unités en
vue de mettre à la portée des com
battants les secours de leur minis
tère.
Lorsque, lans notre pays, sans
couleur d'égalité, oi| crut devoir
rompre avec cette doctrine, ce ne
fut pas, chez un certain nombre de
nos législateurs, sans nourrir l'ar
rière-pensée de tarir la source du
recrutement du clergé. On attri
buait, en effet, à la dispense, une
grande influence sur l'origine de
certaines vocations, et on comptait
sur un séjour prolongé à la caser
ne pour en faire sombrer nombre
d'autres.
REÎïE GAELL, PBETRE-INFIRMIER 1
sous
morale et sacerdotale eussent res
senti trop de dommages.
Qu'allait-il se passer, si la gran
de épreuve de la guerre venait à
surgir? Et comment le clergé al
lait-il répondre àla mobilisation
et se comporter au feu?
Il est constant que ceux de nos
législateurs qui avaient escompté
la ruine du clergé par le passage à
la caserne ne pouvaient qu'appar
tenir à la catégorie des pacifites, à
la fois têtus et crédule, qui,
croyant la guerre désormais impos
sible, en écartaient obstinément de
leur pensée jusqu'à l'éventualité.
Sinon, ils auraient, pourvu toute
fois qu'ils fussent doués d'une par
celle de psychologie, prévu que les
vertus de devoir, de renoncement
et de sacrifice, qui sont la base de
l'éducation et la règle de la vie sa
cerdotale, vertus qui se manifes
tent surtout quand survient l'é
preuve, allaient faire de ce person
nel, que l'on avait marqué d'infa
mie en lui interdisant l'enseigne
ment, contre lequel on avait attisé
les préventions, un exemple vivant
des vertus militaires qui, elles aus
si, sont de devoir, d'abnégation et
de sacrifice. Ils auraient compris
qu'ils préparaient, pour le temps
de guerre, la glorification publique
et manifeste de ce clergé qu'ils
s'étaient mis en tête de détruire.
Si à l'intérieur, lors de la mobi
lisation, les prêtres rejoignirent,
comnie tout le monde,. ayee em
pressement, leurs corps d'affecta
tion, à l'étranger, ils excitèrent
l'admiration de tous par l'ardeur
qu'ils témoignèrent, et par l'ingé
niosité qu'ils mirent à vaincre les
obstacles qui, sur certains points,
furent semés sous leurs pas. Dans
son rapport officiel, notre ambassa
deur à Constantinople. M. Bom
pard, nous montre tous ces Régu
liers des ordres les plus divers,
dont l'existence se passe à ensei
gner notrë langue et à inculquer
l'amour de notre pays aux enfants
de races et de religions diverses
qu'on leur confie, rivalisent d'ar
deur et d'entrain pour rentrer un
France dans le plus bref délai et y
apporter le témoignage le plus vi
vant et le plus complet de leur at
tachement à la patrie d'autant
plus aimée que plus lointaine.
Dans les rangs de l'armée, l'ac
tion de nos prêtres trouva à se ma
nifester sous les formes les plus
diverses: aumôniers régulièrement
attaches aux ambulances et dont
la désignation, différée quoique ré
glementaire, ne fut faite qu'au
dernier moment aumôniers volon
taires et surnuméraires, dernière
création du regretté comte de
Mun, œuvre comme tant d'autres,
à la charge des catholiques et des
tinée à suppléer à l'insuffisance
numérique des aumôniers titulai
res prêtres incorporés sous le ré
gime de transition, et attribués
aux formations sanitaires de l'ar
mée, à titre d'infirmiers ou de
brancardiers, ou aux hôpitaux per
manents ou temporaires de l'inté
rieur enfin, prêtres soldats, sortes
de "Maître-Jacques", qui, contrai
rement au dicton, ont su se mon
trer, tour à tour, et même tout à
la fois, vaillants soldats, parce que
prêts à mourir, ils ne craignaient
pas la mort, et prêtres sublimes
parce que, soit avant, soit après
l'action, ils étaient à la disposition
de leurs frères d'armes pour leur
procurer le meilleur moyen de ne
point la craindre.
Les récits des journaux, les cita
tions à l'ordre de l'armée, les mi
ses aux tableaux d'avancement et
de concours pour la légion d'hon
neur et la médaille militaire, nous
ont montré nos prêtres à l'œuvre,
donnant autour d'eux, l'exemple
de la brovoure, encourageant les
hommes pas leur attitude et la sé
rénité de leur humeur, leur appre
nant à mourir en leur adoucissant
le sacrifice de leur vie, pansant les
blessures, bénissant et absolvant
avant la ruée à l'assaut, célébrant
le saint sacrifice en plein air, en
laissant voir, sous les vêtements
sacerdotaux, leur pantalon rouge
et leurs.brodequins, rampant entre
les tranchées adverses pour sauver
quelque blessé, recueillant les der
nières volontés des moribonds.
Mais ce n'était pas assez de ces
récits épars et de ces citations il
convenait de les grouper, de les
jT"
Nov. .1916 Numéro
condenser dans un livre qui fut
comme un monument élevé pour
la glorification de l'œuvre de notre
beau clergé catholique français.
C'est ce livre que M. René Gaël
«ous présente, en homme qui, par
faitement documenté—et pour
cause—sur l'âme du prêtre et sur
celle du soldat, nous les montre,
tantôt côte à côte, tantôt se con
fondant en un seul et même per
sonnage, toujours en action et pris
sur le vif.
Il nous peint le soldat français,
tel que je l'ai connu au cours de
ma longue carrière, avec son lan
gage imagé, sa belle cr&nerie, le
sourire gouailleur dont il se plait
à couvrir une sentimentalité dont
il a la pudeur il nous le fait voir
soucieux de l'au-delà, parce qu'il a
un fond religieux, et profitant,
avec empressement, de la présence
du prêtre pour éliminer une pré
occupation qui l'assiège et pourrait
le rendre moins vaillant, moins
disposé à ''mettre sa peau en ban
que." Il nous le montre mâtant sa
douleur crâribnt jusque sur le "bil
lard" à opérations, sachant admi
rablement, en présence de la sœur,
de l'infirmière et du prêtre, rame
ner son langage au "pittoresque"
et s'adaptant, sans effort, à un mi
lieu qui n'est plus celui de la
chambrée.
Je sais un gré infini à M. René
Gaël de nous l'avoir ainsi mis au
point, sous une attitude vraie,aussi
éloignée du trivial que d'un in
vraisemblable idéal, et d'avoir,
dans des tableaux très réels sans
être réalistes, provoqué tour à tour
l'admiration, i'enthoiisiasme du
lecteur devant les faits et gestes
de nos inimitables troupiers.
Il m'a. paru^-car, sous ce rap
port, je ne saurais être, comme
pour le soldat, un juge compétent
—que ses prêtres aussi sont très
vrais. Le séjour à la caserne lsur a
donné la "manière" de s'adresser
aux différents troupiers il leur a
enseigné comment, en mêlant à
l'autorité morale la nuance d'aban
don qui convient à-chaque cas, on
met le soldat en confiance, et l'on
provoque ses confidences, son re
tour aux pratiques religieuses.
L'expérience acquise au milieu
des misères de la caserne est ex
ploitée au profit de l'exercice du
ministère sacré.
Les prêtres de M. René Gaël
sont vivants et agissants, sublimes
dans et par leur simplicité. A tous
leurs actes militaires est associé
un sentiment chrétien et sacerdo
tal et la description dé ce mélange
du- devoir militaire et du devoir
spirituel, l'un étayant et sanctifi
ant l'autre, est un des charmes du
livre.
Il est un passage—et je ne cite
rai que celui-là pour ne pas gâter
le plaisir du lecteur—qui a parti
culièrement retenu mon attention.
Un prêtre, sergent, s'est offert
pour accomplir une mission péril
leuse le salut des siens command*
que l'éveil ne soit pas donné. Une
sentinelle ennemie est là, que le
moindre bruit peut avertir et qui,
alors, donnera l'alerte. Il faut la
supprimer, et sans bruit. Le ser
gent s'approche en rampant, l'é
trangle et l'achève d'un coup de
baïonnette. Il vient d'agir en sol
dat, en soldat avisé, qui a mis au
service de sa mission, toute son
intelligence, son courage, sa force
musculaire, puis sa baïonnette,
l'arme silencieuse. Le travail fait—
et il a dû coûter à son âme de prê
tre—le soldat redevient prêtre,et il
pr»e pour l'âme de celui qu'il vient
d'immoler par devoir. Plus tard, à
l'ambulance où il soignera sa bles
sure, sa première messe sera dite
à l'intention de sa victime.
En même temps qu'il nous a
fait pénétrer dans la conscience du
prêtre-soldat, qu'il nous a fait en
trevoir tout ce qu'a de douloureu
sement pénible cette antinomie
entre le meurtre légal qu'il com
met pour le compte de sa patrie et
la mission de paix à laquelie il a
voué son existence, M. René Gaël
a voulu—et il y a très heureuse
ment réussi—fixer un point de
doctrine. Il nous a montré com
ment une âme droite sait concilier,
sans les sacrifier l'un à l'autre,
deux devoirs en apparence incon
ciliables et les accomplir tous
•deux en vaillant soldat et en prê
tre scrupuleux. Ce chapitre du li
vre est vraiment beau.
Point n'est besoin de seuhaiter
à l'œuvre de M. René Gaël un bon
accueil. En la lisant, le soldat ne
pourra que se félicitér d'avoir été.
ainsi photographié sous la forme
d'instantanés, tour à tour gais,
émouvants, poignants et toujours
pris au bon moment le prêtre se
convaincra, une fois de plus, et
l'histoire nè cessera de l'enseigner,
que l'épreuve subie avec résigna­
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tion et accueillie avec fierté tourne
toujours au profit de celui à qui
elle a été imposée et souvent—
c'est ici le cas—à sa glorification.
Quant au lecteur qui, ni prêtre,,
ni soldat, voudra tirer de ce livre
un enseignement, il pourra y pui
ser, s'il ne l'a déjà, 1a conviction
que la religion est et sera toujours
un puissant levier, qu'elle consti
tue l'appui le plus sûr et le plus
efficace du patriotisme, et que ne
fut-ce qu'à ce titre, elle mérite de
tenir la place d'honneur dans l'é
ducation d'une nation.
GENERAL HUMBEL.
Un Grand General Catholi'
que
Le général Foch est maintenu
sans limite d'âge, dans son com
mandement. On ne peut qu'ap
plaudir à la décision qui main
tient à la tête du groupe d'armées
qu'il communde l'un des chefs les
plus brillants qui aient paru dans
cette guerre.
L'enseignement et les livres du
général Foch, prennent toute la
valeur quand on le voit, dans son
quartier général de Picardie. Un
homme de taille moyenne, à dé
marche de cavalier, la vivacité mê
me, et l'intelligence en personne.-
Nous n'avons pas à exposer ici
sa théorie de la guerre.' Mais la
manœuvre autour des points fixes
caractéristiques de la manière
française, est, si je ne me trompe,
un des points essentiels de sa doc
trine. Je l'ai entendu la dévelop
per lui-même, et il l'a expliquée
dans la campagne d'Ypres. Au mo
ment de la guerre actuelle il était
le héoricien incontesté de l'art mi
litaire en France.
Dans la guerre, il s'est montré
un manœuvrier admirable.
Deux de ces opérations suffi»:
raient à la gloire d'un général.
Pendant la bataille de la Marne, à
Fère-Champenoiee, se sentant plus
faible que l'ennemi aux deux ailes»
il eut la hardiesse étonnante de ne.
laisser qu'un rideau à sa gauche,,
et de faire filer le gros de cette ai
le à l'aile droite, dont il a pris les
assaillants en flanc. Cette ma
nœuvre restera comme modèle^
dans les traités de tactique de l'a
venir. Si l'on se rappelle que les
Allemands cherchaient contre l'ar
mée de Foch la revanche de leur
défaite de l'Ourcq, on verra le rô
le capital joué par la victoire dé
Fère- Champenoise dans la bataille
de la Marne.
La bataille de l'Yser et d'Ypres
est une des plus belles victoires de
la guerre. Le général Foch a lutté
avec six corps contre seize. Mais
cette inégalité de force ne repré
sente qu'une dotinée de l'action.
Ce qui est admirable, c'est que,
avec cette infériorité, le général
français n'a pas cessé d'attaquer
et, ce qui est mieux encore, de va
rier chaque jour le thème tactique
des unités engagées.
1
Ce thème de l'offensive",,
le général Foch l'a déve
loppé par 1a suite avec des moyens
nouveaux. Quand la guerre est
devenue une guerre de siège, c'est
lui qui a inventé 1a bataille d'as
saut qui a dominé toute l'histoire
ultérieure des opérations.
L'histoire dira son rôle dans les
événements actuels. Ce qui est
déjà connu de tous les Français,
c'est l'alliance admirable, chez ce
chef énergique, des dons dn tech
nicien et des dons du soldat. Tout
ce que l'esprit le plus égu peut
ajouter à l'énergie la plus vive,
tout cela forme le caractère même
du vainqueur'de l'Yser.
Colonel X....
Une lettre courte.
"J'étais
malade et mon état de santé était
bien mauvais." écrit M. J. H. Bor
wiek, de Van Metre, S. Dak.f
"lorsque je fis la demande pour
une caisse échantillon de Novoro,
Votre remède ui'aida je suis bien
maintenant."Des milliers de per
sonnes ont témoigné des qualités
merveilleuses de ce vieux remède
herbeux. Aucun cas n'a pu être si
si mauvais et aucune maladie si
grave, pour qu'il n'ait pu apporter
du soulagement. Il n'est pas vendu
dans les pharmacies. Des agents
spéciaux le fournissent au public
directement du laboratoire des fa
bricants, le Dr Peter Fahrney &.
Sons Co., 19—25 S. Hoyne Ave.,
Chicago, 111. —Ann.
Le chemin que je suivrai dès
mes jeunes années, je ne le quitte
rai pas aisément dans la suite et
les habitudes de ma jeunesse me
suivront ordinairement dans la
vieillesse.

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