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Le pionnier de l'Assomption. (Napoleonville [La.]) 1850-185?, September 22, 1850, Image 1

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LG PIONNIER DE L'ASSOMPTION
JOURNAL POLITIQUE, AGBICOLE, LITTERAIRE ET COMMERCIAL.
VOIi. I.
NAPOLEONVH.LE, DIMANCHE. 22 SEPTEMBRE 1850.
HO, 3.
LE PIONNIER DE L'ASSOMPTION,
publie par
SUPERVIELLE & DEVILLIERS.
gonpitcona su tournai :
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ble à l'expiration du premier trimestre.
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quinze jours au moins, avant l'expiration du
trimestre.
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avis, etc., etc., les conditions sont les suivantes :
par cent mots , pour la 1ère insertion $1 00
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On exécute à l'imprimere du Pionnier , et ce,
aux prix les plus modérés, toutes espèces d'ou
vrages typographiques, (Jobs,) tels que, cartes,
factures, pamphlets, blancs, etc., etc.
AGENTS DU PIONNIER.
ylscENsioN MM. Richard & Templet.
Iberville M. J. Breau.
St-Jacques .... M. Auguste Thériot
St-Jean Baptiste . > Edgard Perret.
St. Charles ... S
Nlle-Okleans . . M. Michel Lapcyre, Jr.
Thibodaux .... M. Adolphe Blanchard.
IIouma M. F. Gagné.
Ste-Marie .... M. Etienne Pénisson.
Belle Riviere . . M. Pierre Thériot.
O^rNous prions les personnes à qui
nous adressons le Pionnier et qui n'ont
pas l'intention de b'abonner, de nous le
faire savoir en nous retournant la feuille
CANDIDAT DU PEUPLE
POUR LE CONGRES,
HENRY JOMSOI.
Election le 30 Septembre .
L'ELECTION DU 30 SEPTEMBRE.
La célèbre Convention de Dbnaldson
ville, n'a pas été heureusement inspirée
dans les résolutions qu'elle a adoptées,
non plus que dans le choix de son candi
dat; elle a su s'aliéner tous les whigs de
la seconde municipalité, et la bonne
moitié des hommes du parti de la> pre
mière et de la vieille troisième; elle a su
indigner les habitants de la paroisse Jef
fcrson, en permettant à un de ses mem
bres d'insulter les whigs de cette paroisse,
dans la personne de leur délégué; enfin
pile a si adroitement combiné ses plans,
posé ses conclusions, adopté ses résolu
tions, qu'aujourd'hui les whigs sont sé
parés en deux camps bien distincts, ce
qui rédiait leurs.forces à un chiffre insi
gnifiant, ce qui les condamne, pour ainsi
dire à travailler eux-mêmes à leur chute.
Certes c'est là pour nous, un heureux
augure^ qui nous promet le plus beau ré
sultat. — A ce titre lia Convention de Do
naldsonville a droit à nos remerciemcns!
Les whigs mécontents de la Nouvcllc
Orléan?, et ils sont nombreux à en juger
par le langage de leurs organes, ont ré
solu de se venger du coup de Jarnac que
leur a porté la Convention du S septem
bre, et en» dépit des résolutions adoptées
par les partisans du juge Bullard, ils ont
ehoiei scmi-ofiicicHcment, un candidat
plus populaire,. l'honorable Henry John,
son.
De leur côté, nos amis les démocrates
se sont mis à l'œuvre,et comme le choix de
M. Henry Johnson leur convenait, (plus
♦fue celui de tout autre whig) ils ont rés
soh d'appuyer chaudement sa candida
ture. De cette façon, le résultat de lia
campagne électorale ne saurait être dou
teux. Soutenu d'un côté par les démo
crates en masse, d'autrç part acclamé
par tous les whigs de la Nlle-Orléans, et
les whig* des campagnes, qui n'ont pu
, oublier la sage et glorieuse administra
tion de l'ancien gouverneur, ni ses titres
nombreux à la sympathie, à l'estime de
ses concitoyens, Henry Johnson obtien
dra une écrasante majorité, et la Loui
siane aura bientôt un digne représentant
de plus au Congrès. Le siège de M.
Conrad ne saurait être mieux occupé.
Le juge Bullard est un brave et hono
rable citoyen, d'une moralité incontesta
ble, dont la carrière n'est pas sans quel
que éclat, et dont le talent comme
jurisconsulte est réel, mais nous le répé
tons, il est loin de jouir de la popularité
<iu» s'attache à Henry Johnson. Tout
parallèle entre ces deux hommes, ne
peut être que défavorable au premier ;
• Bullard n'a jamais donné de preuves
une supériorité positive, et nous ne
,a c lions pas qu'il soit un seul de ses
•Êtes politiques, que puissent invoquer en
w «aveur et avec quelque chance de
w ccè?, 5CS rnrcs partisans.
Les whigs eux-mêmes qui, sans trop
savoir pourquoi^ ont voté pour M» Bul
lard, ont peu d'espoir, et l'on ne pourrait
pas leur appliquer le proverbe: c'est lu
foi qui sauve;
Mais à défaut de lit foi dhns le candi
dat adopté, quelques membres de la con
vention de DonalÜsonville, ont prouvé
qu'ils avaient la haine dir candidat que
les whigs libéraux et lès démocrates, ont
résolu de soutenir. Ainsi l\f. Martin de
notre paroisse, a osé'dire en pleine as
semblée, que M. Ilenry Johnson était
un apostat ! cette inconvenante sortie
donne la mesure de l'homme qui l'a
faite, mais elle est restée sans écho!' les
whigs ne se sont point senti le triste cou^
rage d'approuver cette insulte, à l'une
des gloires les plus pures de In Loui
siane.
Le juge Bullard, convaincu des mau
vaises dispositions de la Nouvelle-Orléans
à son égard r et désespérant de vaincre
les antipathies des whigs citadins,- s'es*
rejeté sur les paroisses, qu'il arpente
avec un ceurage héroïque, depuis huit
jours!—l'honorable juge saura le 30
septembre [trop tard hélas!] qu'il 1 a 1 per
du son temps.
JYola bene:— An moment de mettre
sous presse, notre correspondant particu
lier de Donaldsonville nous apprend' que
les whigs de l'Ascension, tiendront au
jourd'hui, 22' septembre, une assemblée
à Donaldsonville,. afiir de prendre des
mesures efficaces, pour faire triompher
la candidature dUenry Johnson f — Nous
ne sommes pas d'une curiosité trop in
discrète, ajoute ce correspondant, mais
nous voudrions bien savoir comment ces
whigs qualifieront la conduite de M. R .
Martin^ à la dernière conventions II' est
impossible qu'ils ne relèvent pas la viru
lente apostrophe^ d"un dfes chefs du par
ti, au> candidht qu'ilb veulent soutenir,
mais comment l'a relèveront-ils ?
LA LOUISIANE *U CONGRES^
Deux bills d'un immense intérêt pour
la Louisiane viennent d'être adoptés par
le Sénat des Etats-Unis. Nous voulons
parler des projets d'e lois présentés par
M. Soulé et M. Downs.
Le premfer de ces projet^ dont l'adop<
lion par le Sénat est dû à la persistante
activité de l'honorable M. Soulé ? a pour
but l'établissement d'une ligne de stea
mers réguliers entre l'a Nouvelle-Oïléans
et Vera-Cruz. Cette ligne est destinée
à donner un accroissement incalculable
à la lucrative exportation des produits de
l'Ouest. lie bill d'e M. Soulé présente
donc le double avantage de favoriser le
commerce de la Nouvelle-Orléans en as
surant un nouveau débouché pour nos
produits, et de stimuler la culture que les
hommes de l'Ouest ont déjà poussée à
un si haut degré de développement. C'est
là de la part de M. Soulé, une œuvre qui
a une haute portée, an point de vue po
litique comme au point de vue commer
cial. C'est un acte de patriotisme qu'il
accomplit à point pour répondre à ces
insultcurs qui l'appellent désunionniste,
parce qu'il a émis et soutenu une opinion
qui lui était dictée par un jugement sain
et par la législature elle-même, dont il
est te mandataire; un Jft. Pierre Soulé ,
parce que Français d'origine, son civisme
et son grand talent l'ont élevé à la haute
position sociale qu?il occupe d'une ma
nière si utile, si noble et si-glorieuse pour
la Louisiane.
Le bill de M. Downs n'est pas moins
avantageux pour la Louisiane. Le dessè
chement des terres marécageuses nous as
sure d'immenses ressources : aux plan
teurs, le moyen de vaincre l'inondation ; à
la culture,une immense extension ; à la po
pulation, un grand accroissement; à l'E
tat, une prospérité absolue. En présen
tant ce bill, M. Downs a donné des
preuves d'une haute intelligence et d'un
patriotisme qui ne saurait être équivoque;
en le faisant adopter, il a ajouté à ses
succès passés, un succès plus glorieux,
dont le peuple lui tiendra toujours
compte.
Nons donnons le3 principales conclu
sions de ce bill :
1 ° La dévastation produite par les
inondations est immense, et h». Louisiane
seule ne peut les prévenir si le gouverne
veHiement fédéral ne lui vient en aide.
2° Le gouvernement fédéral a le
pouvoir et est, en tonte équité, tenu
d'accorder le secours qui lui est deman
dé.
3 ° C'est là une haute question na
tionale, surtout en ce qui concerne la
Nouvelle-Orléans.
4° Le secours demandé s'accorde
parfaitement ave les recommandations
de l'Exécutif et du Comité des terres pu
bliques.
Nos sénateurs, par ces deux actes se
sont montrés dignes du poste élevé qu'ils
occupent. Ils ont différé d'opinion
dans une grande question, mais k
combien d'errements, le libre arbitre
n'expose-t-il pas les hommes? L'un ne
voulait pas du compromis parce qu'il
craignait l'anéantissement de l'équilibre
des Etats, l'autre est pour ce compromis
parce qu'il y voit le salut de la patrie ;
ni l'un ni l'autre ne peuvent être accu
sés que par la partialité, d'anarchie et de
trahison. Lequel des deux s'est trompé ?
— L'avenir nous l'apprendra. Voici des
faits constants : lorsqu'il s'est agi des in
térêts de l'Etat qu'ils représentent, ils
les ont servis aussi bien sinon mieux,
qu'aurait pu faire toute autre délégation,
lisant deux opinions différentes dans une
question générale, mais assurément ils
ont un même cœur pour l'Union et pour
la Louisiane.
Il manque à ces bills pour devenir lois,
d'être adoptés par la Chambre des Re
présentants et sanctionnés par le Prési
dent. Tout porte à supposer qu'ils ne
rencontreront qu'une faible opposition,
si opposition il y n. On peut donc es
pérer que la Louisiane aura sa bonne
part des faveurs de la fédération,
LA PEAU*DU LION.
" Et c'est toujours quand il dresse l'oreille,
Chcra électeurs, qu'il la laisse percer! "
Les progrès que les principes démo
cratiques ont faits en Louisiane depuis
dix ans, sont incontestables, et s'il nous
en fallait une preuve plus convaincante
que l'élection récente des généraux Wal
ker et Plauché^ la presse whig, nous fa
fournirait; depuis dix ans, en effet, elle
ne cesse de nous harceler, et renversant
le cri de guerre des Barbares, elle ex
clame à chacune de nos victoires, Va
vidoribus !" honte aux vainqueurs, tel est
son mot d'ordre, sa phrase de ralliement.
Cette haine que l'es organes du parti
whig ont vouée à la démocratie, se tra
hit dans l'es plus petits détails; ainsi,
lorsqu'un journal, qui ne partage pas les
principes anti-progressi6tes du whiggis
me, vient à paraître, cette partie de la
presse, qui vit de scandale et meurt d'en
vie, dresse immédiatement ses batterie?,
et fait feu de toutes ses pièces contre le
nouveau-né, dans lequel elle devine un
rival, et craint un vainqueur! Si elle le
combattait avec des armes courtoises, et
mieux avec des arguments serrés, l'atta
que serait de bonne guerre et nous la
comprendrions, mais le plus souvent elle
cherche à l'enterrer sous un tas d'insul
tes ordurières, à le bâillonner en déna
turant ses articles, à le tuer en le calom
niant.
Le Pionnier a reçu le baptême politi
que de rigueur, mais hélas! quel pauvre
parrain les whigs lui ont donné
Non pas que ce paTrain ait manqué
aux injures traditionnelles, mais il a tel
lement été grossier, en distillantsur nous,
et son fiel et sa haine, il a mis tant d'exa
gération dans les formules bilieuses qu'il
nous a lancées malhabilement à la tête,
que franchement,nous avons été peines,et
de la pauvreté de son sac et de la ri
chesse de ses honteux adjectifs. L'usage
cependant, veut que nous répondions
à ce parrain accusateur, conformons-nous
donc à l'usage, et espérons que c'est la
première et la dernière fois, que nous
avons à rompre des lançcs avec ce triste
adversaire.
Et d'abord, nous voulons établir clai
rement notre position vis-à-vis de notre
accusateur, constater un fait patent, qui
ne peut être d'une influence secondaire,
dans cette réponse. Nous avons déclaré
que In brutalité no» plus que la person
nalité ne seraient jamais notre fait, nous
répondrons donc aux injures gratuites de
notre adversaire par des raisons nr. otivées ;
quant à le nommer nous ne lui ferons pas
cet honneur, persuadés qu'il se recon
naîtra facilement, et que nos lecteurs le
devineront au premier alinéa. — Nous ne
prétendons pas dire pour cela que ce
journal ait le monopole exclusif de l'in
sulte banale !
Ceci dit une fois pour toutes, voyons
ce dont on nous accuse :
Dans le premier numéro du Pionnier ,
article du bill du Compromis , nous avons
dit : Si M. Downs, au lieu de soutenir
quand même, tous les bills possibles, les
îivait combattus, les whigs auraient porté
M. Downs aux nues!
Voici comment notre confrère a tra
duit cette phrase :
" Si M, Downs au lieu d'être, whiu;
était démocrate , les whigs épuiseraient en
invectives contre lui, tous les adjectifs du
monde les plus malsonnans. "
En quoi cette quasi-tirade, assez inco
lore mais trop peu française, ressemble
t-elle à notre phrase? Il est palpable
que le journal whig, a tronqué notre
prose; sa mauvaise foi est flagrante!
Mais pourquoi a-t-il dénaturé le sens
de notre article? Pour arriver à prou
ver que nous considérions M. Downs
comme whig! — Vous nous direz que
c'est tristement tirer les mots par
leurs syllabes, que cela accuse une pé
nurie atroce, etc., etc. D'accord, mais
le fait existe, nous le consignons. Or,
puisque notre cher confrère, non content
de ne pas comprendre le sens de nos pa
roles (ce qui nous étonne peu, vu sa fa
cilité surprenante et bien connue....) a
cherché à nous faire dire, ce que r»ous
ne pouvions penser, nous allons nous
mettre à sa portée et nous dirons :
M. Soulé a été blâmé par les whigs,
pour deux raisons : 1 ° Parce qu'il est
Démocrate; 2° parce qu'il est Fran
çais, naturalisé citoyen américain. f
M. Downs a été choyé par les whigs,
pour deux raisons :
I ° Parce qu'il a voté dans une cir
constance des plus graves avec et pour
les whigs; 2° parce que les whigs ont
voulu nettement établir la distance qu'ils
mettaient entre deux hommes de mérites
et de talents égaux, mais dont l'un est
citoyen-né des Etats-Unis, et l'autre ci
toyen naturalisé de l'Union.
Voilà (\cv\x parce que fort clhifs, nous
le pensons du moins, et pour en compren
dre la lettre il n'est pas besoin d'avoir
inventé aucune espèce de poudre. — No
tre confrère daignera le soupçonner.
Peut-être ne serait-il point superflu de
faire remarquer ici que le journal qui
nous attaque si loyalement, qui n'a pas
trouvé d'épithètes assez flétrissantes pour
M. Soulé, est Français (oh! de nom seu
lement, il faut le croire); pour le peuple
français si noblement représenté en
Amérique, nous en avons rougi.
Après l'explication en deux points,
que nous venons de donner, nous espé
rons qu'il n'y a plus rien d'obscur dans
notre première phrase, et que nos adver
saires voudront bien le comprendre;
peut-être aurions-nous aussi sagement
fait de ne pas nous donner la peine d'é
tablir une distinction que tout le monde
a comprise, et qui ne pouvait prêter à
aucune méchante interprétation, de la
part d'ennemis loyaux? A nos lecteurs
de juger la question. — Nous ferons en
core remarquer en passant, qu'une des
principales feuilles de la Nlle-Orléans,
en reproduisant l'article précisément in
criminé par le journal whig auquel nous
répondons, s'est bien gardée d'altcrer
la phrase citée : le sens de cette phrase
était clair, il fallait pour le trouver du
bitatif, un esprit aveugle ou plutôt un
esprit aveuglé.
Viennent, après (a traduction par
trop libre de notre phrase, de nouvelles
grossièretés à l'adresse de M. Soulé !
pour ce journal, cette dernière façon
d'argumenter et de discuter, semble
être obligatoire. — Nous ne le suivrons
pas sur le terrain difficile à tenir, où
il vient de se poser; nous devons l'avouer,
nous serions complètement battus dans
cette bitte d'adjectifs orageux, de quali"
licutils échevclés, du métaphores indé
centes, nous ru: savons pas minier avec
celte habileté qui le distingue et ce talent
dont nous sommes fui t peu jaloux, les
tristes armes dont il se sert; nous avons
entendu dire par tous io3 gens de bonne
compagnie, [démocrates et whigs!] que
c'était se salir soi même que de vouloir
salir les autres, et que la calomnie était
un joujou dangereux, qui frappait sou
vent le malheureux qui avait l'impru
dence de s'en servir. — Selon nous on le
voit, Iîazilc n'est qu'un hypocrite spin
tuel.
Notre cher confrère, dans un para
graphe que personne n'a pu nous tra
duire en français, parle de la "raillerie
publique," sans doute cela doit s'adres
ser à nous, mais ce savantissime journa
liste a cherché trop souvent à se con
fondre avec le public, pour que nous
prenions son assertion au sérieux; ajou
tons de suite que le public, qui n'est
pas si bête que le veulent faire certains
individus, a toujours repoussé cette fu
sion, comme une vraie mésalliance; ce
qui n'empêche pas le dit journaliste de
persister dans ses prétentions.
Nous nous résumons : en descendant
dans l'arène du journalisme ; nous avons
entendu défendre nos principes et com
battre les doctrines de nos adversaires
politiques, nous remplirons loyalement
notre devoir, mais nous voulons que nos
ennemis soient loyaux à leur tour. S'ils
ne peuvent remplir cette conditon sine
quâ non , nous les laisserons discuter seuls,
et mourir en paix.
Nous estimons trop nos lecteurs, poul
ies familiariser avec un vocabulaire que
ne doivent point connaître les gens qui
se respectent, aussi n'entamerons nous
jamais une polémique dans laquelle l'in
jure puisse usurper la place du raisonne
ment ; nous serons toujours calmes et
dignes dans nos discussions, parce que
nous avons à défendre de grands prin
cipes, à soutenir une cause sainte, celle
du peuple !
La fureur de l'adversaire que nous
venons de réfuter, prouve une seule
chose, son impuissance ! Son pauvre ar
ticle porte le cachet de l'insignifiance !
Sachons n'être ni insignifians, ni im
puissans.
Il n'est pas hors de propos, de Consta*
ter en finissant, que notre farouche ac
cusateur, se prétend le Lion du parti
whig!— Il faut croire qu'on a troué bien
souvent sa peau d'emprunt, car le bout
de l'oreille perce à chaque instant. —
Nous lui conseillons de faire peau
neuve.
Nous ne saurions mieux terminer cet
article, que par le résumé très succinct
des gracieusetés que nous a adressées
notre brave adversaire, mi-lion, mi-oreil
le. Voici les principales, nos colonnes
ne pourraient les contenir toutes. — nous
citons textuellement.
•'Vous êtes la tourbe des scribes! —
vous vous horripilez contre le vénérable
fermier d 4 Ashland! — Vous dardez l'or
gueil, lancez l'injure à vos adversaires,
et finissez par assoupir amis et ennemis
sous une infusion d'absurdités présentées
avec grâce ! !.. .
Comment trouvez vous cette tourbe,
et cette horripilation, et cet orgueil
dardé, [oh ! dardé !] et cette injure lancée
à nos adversaires ? comme cette infusion
d'absurdités, (comprenne qui pourra)
est rejetée avec grâce, présentée avec
gentillesse ?— goûtez-vous ce breuva
ge?
Mais ce n'est pas fini, écoutez plutôt,
si le cœur ne vous faillit pas :
Vous êtes une réunion de nullités . . .
[oh!] votre gesticulation est effrénée !
[oh! oh?] vous avez des exhalaisons qui
sont inconnues au génie! [les avez vous
respirées, voisin?] Vous êtes d'absurdes
fabricants de phrases! [confrère, confrè
re, vous allez vous oublier!] vous êtes des
rageurs impitoyables! [confrère vous vous
êtes oublié; vous n'écrivezplu6, vous hur
lez! parole d'honneur!]
Et voila comme le Lion du whiggisme
entend la polémique! vous venez de lire
ses meilleures raisons, ses plus forts ar
gumens; ne lui demandez pas la logi
que, . . .11 you* répondra que vous »"-tes
un grand curieux et un vilain indiscret,
puis il lâchera après von- uni: demi don
zaine de phrases bâtardes, et comme
personne ne l'applaudira, il se fourrcr.i
trois grains il encens dans son plus pio
chai» numéro! — grand bien lui fasse!
Arrêtons nous ici, soyons généreux. ( |.
ne faisons pas plus longtemps respiicr ;>
uotre cher confrère, le parfum nauséa
bond des fleurs fanées qu'il s?me ù foison
dans ses longues tartines; contentons
nous de lui dire en manière d'adieu :
Allez et ne péchez plus' et que vo.
lecteurs vous pardonnent!
POLITIQUE'EXTERIEURE.
Un événement qui, sans doute, a du
causer une sensation profonde dims le
monde politique européen, et qui ne peut
manquer d'avoir un immense retentisse
ment de ce côté de l'Atlantique, vient
de réduire à néant les espérances d'une
restauration constitutionnelle, que pou
valent conserver encore les orléanistes.
La mort de Louis-Philippe, ruine bien
des projets, brise des liens qu'on aurait
cru indissolubles, 'Jen rendant aux hom
mes qui ont servi la branche cadette,
leur liberté, leurs serments et avec eux
les moyens de se jeter, qui dans les bras
de la République, qui sui les pas du
comte de Chambord.
Nous ne ferons point ici l'analyse du
règne de Louis-Philippe, nous n'entre
prendrons pas la critique de ses actes ,
respect aux morts! tou'c haine doit s'é
teindre devant une tombe! nous dirons
seulement quelques mots des membres
qui composaient la famille du feu roi.
Si Louis-Philippe a tout sacrifié, par
fois la dignité de la France, toujours les
intérêts du pays, à une idée dynastique,
sa marotte, c'est que probablement il
voyait dans sa famille d-.s hommes capa
bles de gouverner dignement et sage
ment le peuple français. A ce point de
vue, on doit avouer que le roi des barri
cadcs raisonnait sur de grandes probabi
lités; ses fils étaient aimés et populaires,
ses filles étaient respectée? et aimées. La
mort du duc d'Orléans porta un coup fa
tal à la monarchie de Juillet, mais l'a
mour que l'on avait pour ce brave jeune,
homme, couvrit bientôt et sa veuve, la
duchesse Hélène, et son fils le comte de
Paris. Nemours n'avait guère de sym
pathies, lui, que dans le noble faubourg,
mais doué d'une intelligence supérieure,
il espérait se servir un jour de cette vieille
noblesse française, et la rallier à la mo
narchie constitutionnelle, qu'elle aw it
en une sainte horreur. Joinville, assez
mal eu cour, était un Dieu pour les ma
rins; il alliait à une bravoure réelle,
beaucoup d'habileté, une connaissance
approfondie des hommes et des besoins
de son pays, enfin il savait commander
sans ordonner, et soumis sans servilité h
ses chefs, il était avec ses inférieurs d'une
simplicité qui n'avait rien que de digne;
Joinville ?e battait en brave soldat et
combinait ses attaques en homme de
guerre habile; sa popularité était im
mense. — Disons de suite que son opposi
tion au ministère Guizot la hâta, en lui
attachant les républicains modérés.
D'Aumale, sans être aussi populaire
que Joinville, jouissait de l'estime de tous
les Français, et était l'ami du soldat. Sa
noble conduite en Algérie, lui valut d'u
nanimes éloges et l'attentat dont il fail
lit devenir victime en rentrant à Paris,
des sympathies universelles. D'Aumale
est de ceux dont le peuple regrette la
proscription forcée.
M. de Montpcnsier avait eu l'intclli.
gence de se gagner la bourgeoisie, dont
il patronait les membres les plus distin
gués; il n'clait que médiocrement aimé
de l'armée, mais il savait que sous le rè
gne de son père, là n'était pas la puis.-,
gancc. Ses câlinerie* aux bourgeois pou
vaient être peu honorables, mais à coup
sûr elles prouvaient de l'habileté.
L'idée dynastique, dont nous parlions
tout-à-l'heure, était tellement ancrée,
dans la lêic de Louis-Philippe, qu'au
triomphe de cette idée, ce roi trop paci
fique sacrifia une douzaine de ministres,
et risqua un coup de partie, qu'on ne de
vait pa le croire capable d'oser. ■ Nous

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