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Le pionnier de l'Assomption. (Napoleonville [La.]) 1850-185?, October 06, 1850, Image 1

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ItE PIONNIER DE IS ASSOMPTION,
JOURNAL POLITIQUE, AGRICOLE. LITTERAIRE ET COMMERCIAL.
VOL I.
NAPOLEONVTLLE, DIMANCHE, 6 OCTOBRE 1850.
NO. 5.
LE PIONNIER DE L'ASSOMPTION,
publie pak
SUPERVIELLE & DEVILLIERS
eonîrcttonô îm tournai:
ABONNEMENT :— L'abonnement est paya
ble à. l'expiration du premier trimestre.
pour un ak : : : : : : : : : : : : : : $5 00
four six mois :::::::::::: 3 00
Tout abonné qui voudra suspendra son abon
nement, devra prévenir, par écrit, les éditeurs,
quinze jours au moins, avant l'expiration J ~
trimestre.
ANNONCES :— Pour les insertions,annonces,
avis, etc., etc., les conditions sont les suivantes :
Par cent mots , pour la 1ère insertion $1 00
Pour les insertions suivantes :::::: 60
On exécute à l'imprimere du Pionnier , et ce,
aux Drix les plus modérés, toutes espèces d'ou
vrages typographiques, {Jobs,) tels que, cartes,
factures, pamphlets , blascs, etc., etc.
AGENTS DU PIONNIER.
)M. Michel Lapeyre, Jr.
Nlle-Orleans . . > M. Francis Boimare, Li
) braire, 118 rue ftoyale
A scension MM. Richard & Templet..
Iberville M. J. Breau.
St-Jacques .... M. Auguste Thériot
_ _ :TË " ( M. Edgard Perret
St. Charles . . . s
St-Jean Baptiste.
Thibodaux .... M. Adolphe Blanchard.
Houma M. F. Gagné.
Ste-Marie .... M. Etienne Pénisson.
Assomption ..... G. Rodriguez, Café Slar
Belle Riviere . . M. Pierre Thériot
Paincourtville , . M. C. J. E. Gauthier, p. m.
ET Dans les paroisses où nous n'avons pas
nommé d'agents, nous prions les Maîtres de Poste
de vouloir se charger de l'agence de notre feuille.
CHANGEMENT DE DOMICILE.
Les bureaux et l'imprimerie du Pion
nier sont transportés de la propriété du
juge Morel, dans te vaste local, apparte
nant à M. Helluin sur le bord du bayou,
à côté du bureau de poste de Napoléon
ville.
Ö^-Nous avons reçu et nous pourrions
publier aujourd'hui, des documens qui
détruiraient toutes les atteintes portées
à la réputation de M. de Lauc-Maryat.
Comme il vient de répondre avec une
autre arme que la plume, à la plus grave
de ces atteintes, nous pensons que tout le
monde croit que celui gui peut le plus
peut le moins et nous nous abstenons de
remplir nos colonnes de communiqués
d'un intérêt tout personnel.
Voici l'affaire : une longue lutte s'est
engagée à l'épée, entre M. de Lauc.
Maryat et M. Marciacq, éditeur de la
feuille whig qui a ouvert la polémique
en attaquant le Pionnier , et fini cette
polémique en insultant M. de Lauc
Maryat, whig qui n'est attaché au Pion
nier que pour la rédaction de la partie
littéraire. M. Marciacq appelé à donner
satisfaction de ses insultes avait choisi
l'épée, comme les usages dm pays lui en
donnent le droit. Sil engagements ayant
eu lieu, sans blessure de part ni d^autre^
M. de Lauc Maryat a offert par l'entre
mise de ses témoins, d'échanger une
balle. A cette demande il a été répon
du par les témoins de l'adversaire de
M. de Lauc Maryat qu'il» espéraient
obtenir une solution à l'épée. Il leur a
été accordé qu'on essaierait encore, et
au second engagement, qui a suivi ce
pourparler, M. Marciacq a été blessé au
bras droit, puis déclaré hors de combat
par ses témoins.
La satisfaction demandée par M. de
Lauc Maryat était tin duel hors de com
bat.
Si nous donnons autant de détails sur
cette affaire, c'est qœ le brait a couru
que M . de Lauc Maryat avait été trois
fois blessé, et que nous croyons devoir
rassurer ses amis sur l'issue de cette affai
re, en déclarant qu'il en est sorti intact
Pour tout homme d'honneur, les mots
qui flétrissent s'effacent avec du sang;
M. de Lauc Maiyàt, pénétré de cet
nxiôme, a cédé aux pressantes sollicita
tions des chargés de pouvoirs de M.
Marciacq et de ses propres amis; les
deux adversaires ont alors renoué les
liens de bonne confraternité qui lea unis
saient avant ce différend.
Nous avons le désir que ces nouveaux
lieus soient durables.
LES EDITEURS.
CORRESPONDANCE DE BATON-ROUGE. —
Ce spirituel communiqué aurait pu pa
raître dans le démit* numéro du Pion
«Jer,- mais aujourd'hui not» ne saurions
te publier, attendu qu'il renferme une
critique fort mordante d'une des derniè
res causeries du Vigilant.
Notre correspondant comprendra qu'en
^ette occasion, nous obéissons à une sim
ple loi de convenances.
POLITIQUE INTERIEURE.
La dernière cession du Congrûs a été
l'une des plus agitées qu 'il soit possible
de trouver dans nos annales parlemen
taires; nos honorables Sénateurs et Re
présentants, négligeant parfois de se sou
venir qu'ils parlaient au nom du plus
grand peuple du Nouveau-Monde, ont
engagé de ces discussions orageuses, dans
lesquelles on oublie vite les hommes que
l'on représente, pour n'obéir qu'à des
sentiments personnels, et dans plusieurs
occasions on a eu à déplorer de ces
quasi-rixes« qui n'ont rien, mais rien
de parlementaire.
Heureusement le dernier mois n'a pas
vu de semblables discussions, toutes les
séances ont été à peu près bien em
ployées, la fin de la cession a été plus la
borieuse que le commencement; est-ce
parce que nos représentants sentaient
venir les vacances, qu'ils ont hâté leurs
travaux? nous voulons ne pas le croire
absolument, et supposer au contraire, que
leur activité n'a été que la conséquence
naturelle de leur patriotisme.
Aujourd'hui que les questions brûlan
tes, soulevées au sein du Congrès l'hiver
dernier sont résolues, et que le pays sait
enfin à quoi s'en tenir, il serait au moins
ridicule de venir discuter des bills adop
tés, mais il nous semble qu'il n'est point
inopportun de jeter un coup-d'oeil en ar
rière, et sans vouloir sonder les profon
deurs de l'avenir, de raisonner sur le
présert.
Quelle position a desssînée au Sud, l'a
doption successive, nous allions dire si
multanée, des quatre bills principaux du
bill général du compromis? Une posi
tion mixte, qui recule la grande so
lution de cette autre question tou
jours palpitante parce qu'elle est vitale,
de l'esclavage! On voudrait en vain se
le dissimuler, il existe aux Etats-Unis,
un parti nombreux, actif et puissant,
composé presque uniquement d'hommes
du Nord, qui veut l'abolition de l'escla
vage; or comme la richesse et la prospé
rité du Sud reposent uniquement sur
cette institution, de même que la pros
périté et la richesse du Nord reposent
sur le travail libre, il est de notre devoir
de maintenir nos droits, en défendant les
principes qui sont la base essentielle de
notre civilisation .
Chaque (ois qu'une question un peu
sérieuse a été soumise au congrès des
Etats-Unis, vous avez vu deux camps se
dessmer bien nettement, et les cham
pions les plus hardis, les plus remarqua
bles de ces partis, fouiller la question,
pour y découvrir des arguments en fa
veur de l'esclavage ou contre cette ins
titution, retourner encore cette question
sous toutes- ses feces, afin de démontrer
qu'elle était uw simple point de départ.
En effet les discussions le* plus chaudes,
et nous dirons même, Tes mieux raison
nées, ont prouvé que tout se réduisait à
ceci : l'esclavage sera-t-il continué ou
arrêté? l'esclavage sera-t-il toléré ou pro.
hibé?
Non seulement on ne saurait, à moins
d'anéantir à tout jamais le Sud, prohiber
Peselavage, mais encore on ne devrait en
aucun cas, empêcher à nouveau, l'éta
blissement de cette institution dans les
Etats que la Confédération américaine
pourra acquérir au Sud. Là, nous le
répétons, gît notre puissance principale,
notre grande richesse ! M. Soulé lors,
qu'il défendait le compromis du Missouri,
lorsqu'il combattait le compromis d'Hen.
ry Clay, savait bien que les 25,000
milles carrés de plus que donnait à l'es
clavage la parallèle du 36° 30' était une
conquête trop importante, pour qu'elle
ne devint pas une condition sine quâ non.
C'est pourquoi, abstraction faite de tout
esprit de parti, nous avons soutenu la
conduite de notre honorable Sénateur;
il serait vraiment inconséquent que les
défenseurs nés des Etats à esclaves, fis
sent cause commune avec les hommes
qui veulent anéantir leurs institutions.
Nous ne demandons pas aux Etats
libres d'adopter l'esclavage, pourquoi
les Etats libres voudraient-ils nous pri
ver d'une institution qui nous est néces
saire? Ce serait vouloir rompre l'équi
libre américain, ce serait vouloir primer
le Sud! nous n'accepterons jamais une
position secondaire,inférieure; nous vou
lons l'égalité! c'est pour l'obtenir que
nos pères ont combattu sous Washington
et Lafayette ; après l'avoir conquise, nous
ne saurions la perdre.
Si l'adoption des quatre bills territo
riaux, englobés d'abord sous le titre de :
Compromis national, doit porter de bons
fruits, c'est qu'en définitive cette adop
tion n'a eu lieu qu'après d'importantes
modifications; le bill d'Henry Clay, tel
que l'avait élaboré le fermier d'Ashland,
était incomplet et portait préjudice à nos
droits. — Amendé, revu et complété, ce
bill aura peut-être d'heureuses conséquen
ces : Qui vivra verra !
LEGISLATURE
de la louisiane. — session extraordinaire.
La presse de la Nouvelle-Orléans est
divisée sur la question du jour, question
qui a trait à la nécessité d'une session
extraordirnaire de la Législature. Si
les publicistcs qui sont opposés à cette
session, rompaient pendant quelques
jours, avec leurs habitudes et parcou
raient quelques-unes des campagnes que
l'inondation a envahies; s'ils compaia ent
ces champs désolés aux plantations que
les eaux n'ont pas dépouillées de leurs
richesses; s'ils appréciaient dans sa na
vrante vérité, la quantité de sucre que
perd la Louisiane; s'ils calculaient le
coût pour l'Etat de l'application d'un
système de sûreté, et le dommage occa
sionné par la plus petite inondation, cer
tes il s'en trouverait bien peu disposés à
consacrer leur talent et leur influence à
la propagatiou d'une pensée impopulaire,
qui expose les habitants à une ruine im
minente et annuelle, qui eutrave le dé.
veloppement de la culture et partant,
la prospérité du pays.
Mais ce ne sont pas les publicistes qui
partagent avec l'hon. gouverneur de l'E
tat, l'opinion qu'il est inutile de convo
quer une session extraordinaire, qui mé
ritent le plus de reproches. Les torts
principaux appartiennent à la majorité
imprévoyante, pour ne pas dire inintel
ligente, de la Législature. Si cette ma
jorité, au lieu d'embrouiller notre Code
de plusieurs douzaines de lois de plus,
avait bien compris sa mission, elle au
rait adopté.quelques bonnes mesures sur
cette importante question et il ne serait
pas aujourd'hui rigoureusement néces
saire de l'engraisser extraordinairement,
aux frais de l'Etat. Si les cent mille
piastres que coûtera une nouvelle session,
avaient été allouées pour ta consolida
tion des levées, nos honorables pour
raient se féliciter à l'expiration de leur
terme, d'avoir servi leur |?ays moins
longtemps et mieux qu'ils ne l'auront
fait.
Quoiqu'il en soit le planteur ne mé
rite pas d'être ruiné parce que ses man
dataires font preuve d'impéritie. L'ho
norable et populaire J. Walker qui est
à la tête du gouvernement, par la volon
té des démocrates, sait qu'il doit entou
rer le peuple de sa sollicitude et donner
à totftes les propriétés, à toutes les for
tunes, la haute protection de l'Etat, les
garanties de sécurité, auxquelles toute
société a droit de la part de l'exécutif.
C'est parce que nous comptons sur cette
sollicitude du cbef de l'Etat et sur sa
haute sagesse, que nous nous attendons
prochainement à voir lancer une procla
mation qui convoque une session extra
ordinaire.
Fuissent nos honorables, dans cette
nouvelle occasion qui leur sera offerte
de rendre à leur pays un service signalé,
attacher leurs noms à un acte grand,
utile, impérissablè!
LE COLLECTEUR BE LA DOUANE.
Les journaux de la Nouvelle -Orléans
nous font savoir que la nomtmnation par
le général Taylor de M. F. Peters au
poste de collecteur de la douane de la
Nouvelle-Orléans, n'a pas été confirmée
par le sénat. Les feuilles whig« pré
tendent ^ue ce vejet a été dicté par
esprit de^ parti.
Le rejet de M. F. Peters prouverait
tout jjj , plus que le sénat était informe
que M. Peters préside une banque et
qu'il possède une fortune colossale. Avec
cette fortune et cette présidence le cu
mul d'une place lucrative, augmentait
par trop la grande influence de M, Peters
dans la métropole du Sud. C'est là ce
que la majorité démocratique du sénat a
parfaitement compris. La crainte de la
puissance de l'or réunie à la puissance de
la distribution de sinécure?, assembla
ge de pouvoirs trop dangereux pour être
démocratique, a fait condamner à l'ostra
cisme l'élu du héros de Buena-Vista.
Qu'on n'attribue pas à d'autres consi
dérions de parti la conduite des démo
crates du sénat. Si ce o'était là le mo
tif qui les a inspirés, n'auraient ils pas
rejeté tous les whigs possible, ou du moins
ne se seraienl-ils pas bien gardé de
ratifier la nommination de M. William
Fréret, whig de nom qui doit plus d'un
insuccès dans ses courses sur l'arène
populaire, à sa qualité de natif de la plus
belle espèce, natif pur-sang.
POLITIQUE EXTERIEURE.
Après l'Est, l'Ouest, après Strasbourg,
le Havre, et saas doute bientôt, Boulo
gne! Le Président de la République
française veut tout voir par lui-même et
se faire voir partout; c'est à peine si la
mort de Louis-Philippe a pu l'arrêter un
jour dans son voyage princier, c'est à
peine si cette haute leçon que le vent
de l'exil lui envoyait sur les aîles de la
mort, a été compris par lui. Et cepen
dant que d'enseignements, précieux à
conserver, étaient renfermés dans cette
grandeur, cette décadence et cette fin
d'un homme qui fut pendant quelques
années le père de son peuple, et qui
tomba pour avoir oublié les barricades
de juillet, pour s'être laissé aveugler sur
les tendances du parti républicain!
Mais Louis Bonaparte ne veut profiter
d'aucunes leçons : il dédaigne celles des
vivants, celles des morts il les méprise.
Les Représentants en vacances sont
peu satisfaits, dit-on, des promenades po
litiques du Président, et la droite elle
même a manifesté le désir de faire cause
commune avec le centre gauche, à la
réouverture de la Chambre.. Si ce bruit
se confirme, si la majorité de l'Assem
blée nationale veut devenir honnête et
s'opposer enfio aux projets anti-républi
cains du chef de l'Exécutif, la Républi
que française est inébranlable, et pour
saper les principes de la Constitution, il
faudrait que le peuple tout entier se le
vât contre une forme de gouvernement,
qu'il a acclamée en 1848; il faudrait
que ce même peuple qui a arrosé de son
sang, la terr^ républicaine qu'il a trois
fois fécondée, mentît à ses glorieux pré
cédents!
Or ce n'est pas du peuple français
qu'on peut craindre semblable revire
ment.
Que le Bonaparte, entouré de courti
sans et de pique-places , espère arriver par
une façon de coup-d'Etat, à l'empire ou
tout au moins à la présidence éternelle ,
nous le comprenons, nous le croyons mê
me, mais que la France puisse attendre^
espérer un coup -d'Etat, voilà ce que nous
nions positivement.
Depuis 1789 la France est républi
caine, les Français sont démocrates; tout
ce qui pense avec le cœur, lit et com
prend, depuis Hyères jusqu'à Quiévrain,
depuis Besançon jusqu'à Cherbourg, veut
la République une et indivisible. — C'est
aujourd'hui la seule forme de gouverne
ment qui puisse convenir au premier
peuple du vieux monde.
Vainement on annonce que des pré
tendants surgissent de toutes parts,vaine
ment on nous montre des princes exilés
qui changent leurs retraites en cours
somptueuses, vainement quelques hom
mes de psrti quittent l'Assemblée natio
nale, franchissent les frontières et vont
porter à leurs princes légitime j , l'assu
rance de leur fidélité! La France répu
blicaine rit des prétendants, accepte les
Cours pour ce qu'elles valent, et appré
cie le dévouement des chefe royalistes
à sa juste valeur.
Restons donc parfaitement tranquilles
sur les résultats des échauffourées que
pourrait tenter Louis Bonaparte à
l'intérieur, à l'extérieur les d'Orléans et
les Bourbons : toute tentative liberli'ide
échouera devant la souveraine volonté
du peuple.
11 paraît du reste ou'on se préoccupe
fort peu à Paris, des pérégrinations plus
ou moins politiques de l'ancien prison
nier de Ham; les seuls joui naux élyséens
persistent à demander et à pressentir un
changement de gouvernement; on sent
en les lisant, que ces journaux brûlent du
désir d'être déclarés feuilles ernpiriqxce s
officielles.
Pendant que le neveu de son oncle,
gaspille en frais de représentatiovs{comi
ques plutôt que tragiques) les petits mil
lions que les représentans lui ont accor
dés, des événements plus graves s'accom
plissent dans le nord de l'Europe, où la
démocratie marche à pas de géants.
Une guerre semblable en tous point?
à la révolution sociale de la Gallicie,
vient d'éclater en Russie. Les vexations
des boyards ont porté leurs fruits, elles
ont exaspéré les paysans, et leur ont mis
à la main la torche incendiaire! les serfs
se sont révoltés en masse, ils ont d'abord
brûlé les palais de leurs maîtres, puis ils
ont passé les boyards récalcitrants au fil
de l'épée. Le gouvernement russe a
pris aussitôt des mesures pour réprimer
l'insurrection; quelques paysans faits pri
sonniers dans un engagement avec les
troupes,ont été soumis à la torture avant
d'être suppliciés-, les correspondances de
Vienne et de Berlin qui parlent de cette
guerre, disent que des deux côtés il s'est
commis d'épouvantables actes de bar
barie.
La question Schleswico-Holsteinoise
ne semble pas devoir se résoudre avant
l'hiver, on en est toujours au même
point, les hostilités sont suspendues, mais
la guerre est loin d'être terminée. L'An
gleterre a voulu, comme chacun sait, im
poser son rôle à la Prusse et lui tracer la
route qu'elle devait suivre, mais le gou
vernent de Berlin a décliné toute obliga
tion d'intervention, et motivé son refus;
il a dit : La Prusse a pris l'engagement
de laisser aux événemens leur libre cours
et d'abandonner aux parties intéressées
le règlement du différend qui existe en
tr'elles, le gouvernement du roi manque
rait donc à un engagement sacré, à une
parole donnée, p'il intervenait comme
puissance médiatrice, dans le differënd
qui sépare les duchés, du Danemark.
Le cabinet prussien étant en humeur
belliqueuse et contrariante a vo;ulu faire
d'une pierre deux coups; après avoir
nargué l'Angleterre, les ministres ont en
voyé une dépêche au gouvernement au
trichien, annonçant que la Prusse se re
fusait à la restauration de la diète, par
la raigon fort simple que la convocation
de cette diète ne peut avoir lieu qu'avec
l'appui, ou tout au moins l'approbation,
de tous les gouvernements de l'Allema
gne; or, il est plus que probable que ces
gouvernements refuseront de faire cause
commune avec l'Autriche. Quelle con
duite va tenir cette dernière puissance,
c'est ce qu'il est difficile de. prévoir, ce
pendant il est permis de croire que de
vant le refus si net et si explicite de la
Prusse, le cabinet de Vienne prendra,
lui aussi, une décision définitive, one me
absolue, qui organise une fois pour toutes
ie pouvoir central.
La Russie, représentée par M. de Nes
selrode, a fait savoir à l'empereur d'Au.
triche, que la question allemande devait
avoir une solution pacifique, qu'à tout
piix la paix devait être maintenue, et
que dans un cas de guerre, le gouverne
ment autrichien ne pouvait compter, sur
l'appui de l'autocrate. On pense géné.
ralement que Nicolas menacé par les
démocrates qui commencent à pousser
dans les steppes de son vaste empire,
craint d'avoir assez à combattre pour
son propre compte.
La récente expédition dirigée contre
l'île de Cube, a réveillé l'Espagne,et les
brurts d'une nouvelle invasion ne font
pas de nature à calmer l'ire du cabinet
de Madrid. Les dernières feuilles espa
gnoles que nous avons sous les yeux,
nous annoncent qu'un crédit extraordi
naire de dix millions de réàux. vient d*ê
tre ouvert au ministre de l'intérieur, afir.
de faciliter l'organisation d'un service
régulier entre Cube et Puerto-Rico; ce
nouveau crédit, dans l'état financier où
se trouve le gouvernement espagnol est
un acte impolitique, en ce qu'il augmen
te le déficit du trésor, et obère de rechef
des finances déjà fort obérées.
Mais depuis M, Salamana, l'Espagne
n'a pas su dénicher un ministre habile.
En Italie, la répression poursuit ses
exploits; le Saint-Père, trompé par les
hommes qui l'entourent, suit de nouveau
le système qui l'a précipité du trône pon
tifical, en 1848.— Faudrait-il donc qu'une
seconde révolution vienne l'éclairer? —
Hélas! cette révolution pourrait ne lui
montrer l'abîme que lorsqu'il y serait
tombé.
REVUE AGRICOLE.
Malgré les fortes chaleurs des derniè
res semaines et la sécheresse de l'été, les
récoltes s'annoncent sous un fort bel as
pect, dans les paroisses Assomption, La
fourche Interne et Ascension. Les pluies
bienfaisantes que nos planteurs nppenent
de tous leurs vœux depuis un mois, n'ont
pas encore voulu arroser nos champ?,
mais cependant nous n'avons point à
nous plaindre, et la rigueur du soleil ne
sera point désastreuse ainsi qu'on le crais
gnait, il y a quinze jours à peine.
La canne est forte et fournie, elle ren
dra presqu'autant que l'année dernière,
qui a été une année exceptionnelle; elle
est du reste arrivée à sa maturité, quel
ques jours encore, et les opérations su
crières commenceront, chez nos planteurs
les plus favorisés.
Les nouvelles que nous recevons de
deux ou trois paroisses ne sont point tout
à fait aussi heureuses; dans les Attaka
pas l'on se plaint de la sécheresse, et
l'on pense que le rendement de la canne
sera médiocre; la moyenne des récolte»
sera, dit-on, au dessous des récoltes or
dinaires, à l'exception des plantations
situées sur le bord de la mer, ou les
champs sont couverts de cannes magnifi
ques, parvenues à toute leur maturité.
La paroisse Saint-Martin sans être aussi
favorisée n'aura point à se plaindre,
mais la paroisse Sainte-Marie, qui en
1849 a fait des récoltes superbes, sera
pauvre cette année; dsns cette dernière
paroisse surtout les chaleurs ont été écra
santes et la triste apparence de la canne,
promet une maigre récolte.
Dans les paroisses tout à fait au Nord,
les promesses sont superbes;les quelques
pluies qui ont rafraîchi le coton et la
canne, ont fait le plus grand bien et l'on
compte sur une abondance semblable à
celle de 1849. On voit que somme tou
te, les récoltes ne seront pas mauvaises;
il y aura au moins compensation, et les
localités les plus mal partagées n'auront
point encore trop a maugréer, là pa
roisse Sainte-Marie aurait seule, nous R î
répétons, le droit de se plaindre, et nous
savons de bonne source qu'elle se conso
lera de sa pauvre récolte en voyant la
rid asse de ses sœurs.
Il paraît que la Société agricole de la
Géorgie, vient de prendre en considéra
tion un mémoire fort intéressant sur la
reproduction du coton par bouture. Le
planteur qui a présenté ce mémoire a,
pendant plusieus« années, appliqué ce
système et ses terres lui ont rapporté tri
ples récoltes! Au lieu de semer le co
ton, il s'agit tout simplement de conser
ver le plant, de le couper & fleur de ter
re; de le planter à la saison propice,
de 6 pouces en 6 pouces, et de laisser
à la nature le soin de le mûrir. On
comprend que de cette façon, 1e travail
est de beaucoup simplifié; l'on n]a pas
besoin après avoir ensemencé les sillons,
d'éclaircir le coton, et de recommencer
presque entièrement une opération très
longue. Nous ne donnons cette impor
tante nouvelle que sous toutes réserves,
mais nous ne serions nullement surpris
de la voir confirmée, et avant peu adop
tée par nos planteurs Louisianais.—-On
ajoute même (l'inventeur du procède)
que par ce moyen , le coton atteint
beaucoup plus vite sa parfaite maturité.
Dès-lors ne pourrait-on pas espérer faire
deux récoltes par an ?
Nous reviendrons sur cette découverte
en temps ppportun, mais nous croyons
devoir appeler dès aujourd'hui, l'atten
tion de nos habitant» sur un système qui
serait pour eux, s'il pouvait être mis en
pratique, une nouvelle source de riches
ses.

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