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Le pionnier de l'Assomption. (Napoleonville [La.]) 1850-185?, October 13, 1850, Image 2

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parte, il est au contraire palpable que
t e serait un immense avantage pour le
Président actuel. Mis au pied du mur
par le National , M. de Girardin a de
mandé que les feuilles de l'opposition
soutinssent toutes ce thème : plus de pré
sidence en 1852! ajoutant que, si le?
journaux voulaient accepter cet ultima
tum , la Presse s'engageait à se ranger de
leur bord, et à abandonner les candida
tures de Louis Bonaparte, du prince de
Joinville, ou de tout autre prétendant.
C'était un coup de maître que cette
déclaration, car elle plaçait le National,
entièrement dévoué au général Cavai.
gnac, dans la nécessité de rompre avec
ce grand républicain, ou de donner un
démenti ù ses précédents. — Comment
les habiles rédacteurs du National se
sont-ils tirés de ce mauvais pas? c'est ce
que nous ignorons encore et ce que nous
diront les plus prochaines nouvelles.
Quoiqu'il en soit, la révision de la
Constitution est la grande affaire du mo
ment; question brûlante qui donnera cer
tainement lieu aux plus violentes polé.
iniques, et dg &nt il est difficile de pressen
tir l'issue. Les conseils généraux, qui
d.ins maintes occasions ont «assez mal
traduit et exprimé les désirs de la popu
lation, se sont prononcé en faveur de la
révision. Sur 86 conseils, 51 ont voté
d'emblée l'adoption de cette mesure
dans les délais voulus par la Constitu
tion, et quatre seulement ont demandé
une révision immmédiate; le conseil du
Puy de Dame s'est fait remarquer par sa
chaleur et son impatience, mais l'hono
rable M. C hurras a protesté au nom du
peuple, contre un vote qui est un appel
direct à la perpétration d'un crime de
haute trahison. Les nobles paroles de
M. de Charrns ont trouvé peu d'écho,
nous le disons avec peine, mais nous es
pérons que les feuilles libérales sauront
en cette circonstance, faire leur devoir,
il est constant que la révision immédiate
de la Constitution serait un premier pas
en faveur de la prolongation des pouvoir.«
du chef de l'Exécutif; or il n'y a que le
premier pas qui coûte, celte révision
pounv.it bien n'être que le prologue d'un
coup d'Etat.
Le peuple est-il prêt Û subir un nou
veau 1S brumaire? — Alors pourquoi a-t
il fait la révolution de Février?
Le but des petits voyages du Président
est de sonder l'opinion publique, mais ce
but est des plus difficile« à atteindre, car
dans toutes les villes que parcourt Loui
Bonaparte, on chauffe les vivats, et ce
n'est qu'une expression figurée de l'opi
iiion. qui arrive aux oreilles du prince.
Le jour où le neveu de son oncle, aveu
glé par l'enthousiasme de commande
des homines en place, voudra tenter un
coup d'Etat, il saura ce qu'est à son
égard l'opinion vraie du pouple fran
çais.
Les différents paitis qui sont en pié
scuce depuis deux ans, resteront proba
blement passifs pendant quelques mois
encore, mais quand sonnera l'heure de
Ja discussion sérieuse Fur la révision de
l'œuvre de la Constituante, on les verra
se lever et arborer chacun son drapeau.
Alors la lutte s'engagera activement.
— Puisse le succès couronner le» efforts
des Républicains! puisse alors la France
sortir de l'ornière où la retient depui
deux ans, un gouvernement t âtnrd et
impuissant.
DONALDSONVILLE.
ecoles publiques.
Nous apprenons avec un plaisir sin
cère que les habitants de Donald son vil le
ont lieu d'être tiers de la direction donnée
à l'école publique de cette ville par le
nouveau surintendant. Honneur à M
wo n si ni la,'»drv et aux directeurs! Hon
neurégai à MM. martin et higgason
les habile* professeurs qui viennent de
prouver au public ce que peut une bonne
méthode!
L'élève qui s'est le plus distingué est
je jeune Félix Rcymtud qui a obtenu
mieux qu'un succès d'écolier à la dis
distribution des prix. Un joli discours
3u'ii a prononcé, lui a valu des applau
issements mérités. Puisse notre petit
ami être toujours à l'avenir aussi heu
reux qu 'à son début!
Dans la 3me classe, les élèves qui ont
reçu des prix sont MM. Frédéric Dufïel
pt Hofinère Cire; dans la 3me. MM.
John Rood, Adrien Juge çt Victor Ri
chard j dans la 4me MM. Vi:tor Ta
neur, Aristide Landry et Joseph Mar
tin. ,
MM. Charles ?lsley William Com
stock et John Com^tock, ont reçu aussi
divors prix. * y
Gloire aux vainqueurs! Espérance et
-courage aux vaiocjcis! Persévérance et
Miches il tous!
LE SENATEUR DOWNS.
Voici la lettre que M. Downs vient
d'adresser à M. 11. C. Martin, en
réponse, à l'envoi des célèbres conclu
sions de l'assemblée du 24 août.
W ashington, D. C. 11 septembre 1850.
Cr en, R. C. Martin.
Mon cher monsieur,
J'ai reçu votre lettre du 26 courant
me transmettant, à la requête de M.
Foley, président, les procédures d'une
assemblée, tenue à Napoléonville, le 24
août.
Je vois avec plaisir que l'assemblée,
que vous avez eue à l'Assomption, ap
prouve la conduite que j'ai suivie au Sé
nat des Etats-Unis et je vous remercie
de la manière honnête dont vous me
l'avez communiquée. Ce sentiment de
reconnaissance ne provient pas, veuillez
le croire, de ce que cette expression
m'est adressée par les whigs, non; car
avant tout, je suis le représentant de tous
et à ce titre l'approbation de tout le
monde m'est agréable.
Je ne puis cependant, comme l'une
des résolutions des procédures que tous
m'avez envoyées en exprime le vœu, 'es
présenter au Sénat et ecla parce qae
l'une d'elles fait mention d'un membre
de ce corps en de tels termes qu'elles
deviennent toutes inadmissibles d'après
les réglemens qui jious gouvernent.
Respectueusement votre dévoué serviteur.
S. W. Downs.
Il était impossible de se tirer plus ga
lamment d'une fausse position, d'être
d'une plus mordante politesse, d'une plus
line raillerie, de dire plus spirituellement
aux vaillants ennemis de Soulé, qu'ils
étalaient une ignorance complète des
usagesdu monde.etfaisaient preuved'une
ignorance non moins piquante, des us
cl coutumes des honorables sénateurs.
La leçon sera-t elle perdue?
A PIERRE SOULE.
Nous reproduisons avec un vrai .plaisir
la lettre d'une manifestation démocrati
que, en l'honneur de Pierre Soûle.
A voyelles . (Le.) 10 septembre.
Les citoyens de Marksville et des Avoyelles
en général, animés du désir d'exprimer à leur
digne sénateur P ierke S oûle leur approbation
de la conduite qu'il a tenue et de la position qu'il
a prise au Congres au sujet du terrible bill du
compromis, déclarent se joindre à la majorité du
peuple de la Louisiane, pour proclamer comme
grands, fermes, purs et patriotiques les talents,
la conduite et les principes de leur cloqueiit séna
teur, l'honorable Pierre Soulé.
A. Lafargue,
Auguste Forestier,
David Lemoine,
E. Gallot,
Joseph Chetelai,
Zénon /»aborde, junr.
Wm Roy,
/tdolphe Chatclain,
Adrien Desselles,
Léandre Roy, junr.
J. Pnirot,
Charles Moreau,
Charles Gombuult,
Louis Prévost,
St James Lemoine,
J. Moncla,
E. Saucier,
C. H. Kimball,
J. B. Lemoine,
M. Ducoté,
\V. L. Voorhies,
V. Prostdame,
G. Krebbs,
E. Rabalais,
Léon Gauthier,
Jh Joffrion,
Paulin Tassin,
Sitneon Convillon,
Engène Tassin,
J. Desfossé,
H. Rftvard,
Julien Gaudeau,
G. Callege,
A.B. Coco,
Paul J. Bordelon,
Martin Du four,
François Tassin,
Pierre Lemoine, .
Alcée Roy,
Symphorien Couvillor.,
" alery Rabalais, senr.
Auguste Bordelon,
Valéry Rabalais, junr. Hippolyte Gauthier, jr.
J. M. B. Lacour,
Alphonse Lacour,
Sosthène Convillon,
J. Ducote, junr.
J. B. Bordelon,
H. N. Bordelon,
Céiestin Gauthier,
Zénon N. .Mayeux,
Joseph D. Mayeux,
Benjamin Pontieux,
Valéry Mayeux,
Henry Kohtn,
Maillet,
J. B. Gremillon,
Aristide Barbin,
E. Lacour,
Barthélémy Baudin,
Joseph Junot.
Joseph Gauthier,
J. Descamps.
Augustin Mayeux,
Fabius Äicord,
Zénon Lemoine, jr.
A. G. Morrow,
Louis Mayeux,
Joseph Armand,
Joseph Ducoté,
St James Rabalais,
Valéry Guillot,
Emile Bordelon,
Pierre Estranuques,
B. P. Delavallade,
E.Reynaud,
P. J. Normand,
L. Drouin,
H. O. Convillon,
D. Armand,
Drosin Mayeux,
Rp.ffanan,
A. P. Bordelon.
REVUE AGRICOLE.
11 est une erreur déplorable dans la
quelle les joui naux de la campagne tom
bent toujours. L'amour paroissial, qui
est une bonne chose dans son principe
produit cependant quelquefois des con
séquences funestes pour le? planteurs.
Cet orgeuil de localité pousse beaucoup
d 'habitants à exagérer la perspective des
récoltes. Le publicise, trop crédule,
obéit à un sentiment de satisfaction et
exagère à son tour les exagérations de
ces habitants. Les journaux de la ville,
tout aussi peu sceptiques que ceux de la
campagne, reproduisent les belles pro
messes des feuilles do villages. Let jour*
naux du Nord répètent ces reproductions
en y ajoutant quelque chose et le re
tentissement den immenses succès obte
nus par les planteurs, au lieu d'exercer
une influence avantageuse sur le mar
ché, tend évidemment & faire vendre le
sucre au dessous de ta valeur.
Voilà une question de tarif que les
whigs et les démocrates peuvent appro
fondir sans peine, et sur lequelle nous
avons l'espoir qu'ils seront tous d'ac
cord.
Nous sommes tombé comme la plupart
de nod confrères, dans cette erreur que
nous déploron«. Cependant cc que nous *
avons dit des champs que nous avons
parcourus est exactement vrai. La can
ne y est bien fournie et de belle taille;
mais coupez-la, c'est un roseau sans suc.
Aussi le rendement est-il très peu abon
dant sur les sucreries où l'on a commen
cé à rouler. Chez le général R. Martin,
un arpent de cannes ne donne guère plus
de 400 livres de sucre, lorsque la mo
yenne des récoltes faites sur sa terre est
de 1000 à 1200 livres par arpent.
Le colonel Pugh a commencé lui aussi
sa roulaison; sa récolte ordinaire lui
donne 900 à 1000 boucauts de sucre; il
ne compte pas cette année sur plus de
sept à huit cents.
Parmi les planteurs avec qui nous
avons eu à ce sujet des entretiens sérieux,
un des plus experts, M. Robert Maurin
nous assure que la récolte de la paroisse
sera d'un quart, moindre que l'année
dernière. Il nous a fait voir des cannes
de la plus Welle venue qui auraient pu
donner deux mille livres de sucre par
arpent, si des pluies bienfaisantes les
avaient rendues juteuses, et qui n'en
donneront pas six cents livres, si le so
leil torréfiant qui nous grille, continue à
les dessécher.
Ainsi le planteur qui comptera sur
les faveurs des cataractes célestes et re
tardcr.i sa roulaison, aura une chance
pour obtenir de sa récolte de plus beaux
résultats. Mais cette espérance l'expo
sera-à un danger réel: voilà deux hivers
qui ont passé sans faire éprouver à no?
sucriers la moindre rigueur; en sera-t il
de même cette année? Les glace? ne
prendront-elles pas leur revanche? Elles
sont bien capables, les importunes ! de
revenir désoler notre belle Louisiane et
ruiner les planteurs trop confiants. — La
confiance souvent porte bonheur, cepen
dant pas trop n'en faut. Les déceptions
arrivent plus souvent que les succès.
Nous désirons que les plus prudents aient
tort et qu'ils n'aient pas à être trop
fâchés de leur précipitation; nous sou
haitons aux moins confiants des pluies
abondantes et un succès égal à celui de
l'année dernière.
La maladie qui s'est déclarée dans les
cannes, il y a trois ans, exerce une in
fluence funeste sur les produits des ter
res sucrières. Le plant attaqué de cette
maladie n'a ni sève ni vigueur. C'est
à ce plant qu'on attribue la maigreur
de certaines pousses but certains points
de terres également riches, également
cultivées dans toute leur étendue. Nous
nous berçons de l'espoir que l'intelligen
ce de nos planteurs finira par détruire
cette canne-sue ruineuse.
LOCALITE.
cannes
Pas de rixes dans la Paroisse, décrois
sance remarquable dans le dingue ; ab
sence totale d'empoisonnements hebdo
madaires par le viskey; pas un seul tout
petit meurtre à raconter. C'est un état
de choses fort moral pour notre société,
très agréable pour les malades, excessi
vement rare pour les ivrognes et on ne
peut plus satisfaisant pour tous ceux qui
auraient pu devenir victimes de quel
que meurtrier. Mais cet état de choses
ne saurait remplir une colonne; ce qui
fait plaisir à tout le monde met le chro
niqueur dans un grand embarras; au
moment où nous enfantons cet article,
nous nous apitoyons sincèrement sur le
père de famille pauvre, que sa femme
abandonne, lui laissant pour souvenir
deux marmots sur les bras et une demi
douzaine d'autres fruits de ses entrailles'
que ces bras devront vêtir et élever. De
las! il y n de l'égoïsme dans notre pitié,
mais il y a aussi de la sincérité. A la
femme et aux marmots près, notre posi
tion est tout aussi intéressante. Lecteur
verse une larme sur notre infortune.
Nous aurions quelques velléités de
faire un article politique, mais on nous
dit que la politique est une grande en
nuyeuse, bonne à pas grand chose. Si
nous imaginions une litanie d'injures à
l'adresse de nos ennemis,nous trouverions
dans ce travail un passe-temps fort agré
able, mais... nous nous assurerions mala
droitement la perpétuité de leur haine.
Et dire que les articles d'intérêt géné
ral sont déjà traités! quelle amplification,
quel développement* nous leur donne
rions ! Mais c'est trop lard ! Fameux mot
que ce trop tard! Il a fait une république,
mais il se fait pas toujours de belles
choses. Ainsi il nous empêche de verser
tin pleur rar notre canal desséché; le fa
tal trop tard coupe le sifflet au canard que
nous aurions pu vous servir à propos de
En voilà des horreurt!
Prenons notre parti et causons diver
lissements; c'est un fort joli sujet et fort
vaste aussi; il comprend tout l'espace
compris entre les jeux innocent? et le?
bals les plus débraillés. Mais arrêtons
nous ici... Ces bals pourrait nous amener
à la description de jeux très-peu inno
cents. Puis c'est des divertissements de
Napoléonville que nous aurions ù parler
et franchement, le titre plaisirs, suivi
d'une colonne do points, ne serait pas la
description la moins exacte et la moins
éloquente que nous pourrions donner.
Voilà une idée juste et ingénieuse ot>
nous n'en aurons jamais. Lecteurs, si
nous y avions pensé plutôt, nous ru rions
fait cette description; vous y auriez ga
gné beaucoup et nous aussi, mais c'est
trop lard : décidément ce mot là commen
ce à devenir néfaste. Le mal est fait,
consolez-vous en, nous tâcheron? de vous
donner l'équivalent de l'éloquente des
cription.
Mais la localité pourrait nous accuser
de mauvais vouloir (Dieu nous garde de
jamais mériter ce reproche) si nous nous
arrêtions là, au sujet de ses jeux et de ses
plaisirs. Nous déclarons qu'elle possède
deux billards assez fréquentés, trois ta
bles de poker, régulièrement occupées
par des joueurs décents, quatre tables de
piquet où nos imprudents jeunes hommes
vont apprendre à compter des quintes et
des quatorze. Nous avouons que tous
les soirs on peut se procurer le bonheur
de voir passer au galop trois ou quatre
élégantes amazones. Si elles ne défilaient
pas comme des éclairs, la vue des mo
destes piétons en serait très flattée, mais
qui sait... peut-être les cœurs battraient
ils moins fort, peut-être ces belles pro
meneuses savent-elles que l'apparition
d'un sylphe qu'on ne fait qu'entrevoir,
rend l'imagination du voyant,plus ardente
que ne pourrait le faire l'analyse de la
beauté la plus parfaite.
Nous vous dirions bien mille jolis con
tes qui nous ont été confiés par une Egé
rio, que nous avons rencontrée sous des
pacaniers dans line de nos chasses; mais
elle porte le nom que nous aimons le plus ;
elle a des qualités physiques et morales
que nous tenons infiniment à voir rester
dans l'obscurité. Puis elle nous a défen
du de Bouffier un seul mot de sa douce
causerie et de notre rencontre. Ce que
femme veut, Dieu le veut! elle nous l'a dit.
Nous sommes incapable de désobéis
sance; par respect pour le précepte
qu'elle nous a rappelé nous nous mon
trons discret.
Lecteurs, si hous vous avons donné
l'équivalent de l'article PLAISIRS, sui
vi d'une colonne de points, tant mieux.
Si nous n'avons pas réussi, nous sommes
encore votre débiteur et nous vous paie
rons dimanche prochain.
O ^rMerci aux officiers du Taylor et
du Mary Foley pour les feuilles de la
Nouvelle-Orléans qu'ils ont eu l'attention
de nous envoyer.
CAUSERIES.
La plus horrible peste, la peste la plus
mortelle, ce n'est pas le choléra-morbus,
asiatique ou non, la fièvre jaune, le vo
mito, c'est la politique! il est impossible
de calculer les maux irréparables qu'a
enfantés cette drôlesse, de nombre r les
malheureux dont elle a empoisonné
l'existence, de chifFer les infortunes que
les pauvres hnmains lui doivent. — Quel
est donc le coquin qui a inventé la poli
tique? Evidemment cet inventeur existe,
car la politique, comme toute perfection,
tout bienfait de la civilisation, a eu un
commencement, (Dieu veuille qu'elle ait
aussi une fin !) mais je commence à croire
qu'inventeur et invention se perdent
dans la nuit des tenr.ps, et que pour dé
couvrir la première victime de la polili
que, il faudrait remonter jusqu'au père
Adam, qui fut parfaitement trompé par
Madatqe Eve, de serpentine mémoire.
Tous les peuples connus, et je suppose
encore toutes les nations inconnues, ont
dû leurs principales dissensions à la poli
tique, cette peste a sur ses rivales un im
mense avantage, elle peut être partout
en même temps, exercer ses ravages sur
vingt contrées à la fois, tandis que le
choléra (assez bon diable au fond) et la
fièvre jaune (qui se fait terriblement
vieille) ne sévissent d'ordinaire que dans
une localité , parcourant le monde à
l'instaf.du beau Joconde, mais ne jouis
sant pas de la faculté d'êtie à la même
heure dans les deux hémisphères. Ce
dernier argument prouve d'une façon ir
récusable, que les deux susdits fléaux sont
d'une qualité inférieure, et que la politi
que, en tant que peste, est d'une marque
bien plus distinguée.
Si je connaissais, je ne dirai pas un
pays, je ne dirai pas une grande ville,
je ne dirai pas un village, je ne dirai
pas une maison, mais un petit coin du
monde* d'où la politique 1ht bannie,
j'irais m'y blottir avec bonheur, aifèc vo
'"pté! P° ur mo ' cet a . s y'®' 11011 P est ifê r *
serait le Paradis trouvé!—Pauvre et cher
Paradis, faut-il qu'une simple pomme, (et
quelle pomme encore!) en facilitant la
chûte de la mère d'Abel, nous ait forcés
à te conquérir à la pointe de toutes les
vertus possibles! Pour te gagner, terres
tre paradis, était-il besoin de te perdre?
Mais... d'où me vient aujourd'hui cet
air sombre et sévère 7 Pourquoi ces mé
disances sur la politique qui fait le bon
heur de tant de désœuvrés? Pourquoi
fils ingrat, ai je l'impudeur de reprocher
à l'ombre de notre grand-maman, ses
mignons péchés? A sa place, vous en
auriez fait autant, vous ses charmantes
filles; à sa place j'en aurais fait bien
plus, moi pécheur indigne! Ce paradis
que je fais mine de regretter, sur la per
te duquel je viens de pleurer dix lignes
insignifiantes, et vingt larmes d'une noir
ceur, dont mon encre n'est pas seule
coupable, ce paradis je ne le connais pas,
et tout porte à croire que je n'aurai ja
mais le plaisir ou l'ennui d'y couler mon
éternité! Ce que je viens d'écrire est
donc d'une haute inconvenance, et si la
paresse n'était plus forte que le repentir,
recommencerais cette demi colonne.
!l Ma j 8 80yez en pa«,je ne la recom
nous aimons.
mencerai pas. — Refaire une demi-co
lonne! J'aimerais mieux me pendre!
Du reste j'ai tort de dire que j'ai eu tort
de parler irrévérencieusement de la poli
tique, on n'en saurait trop médire, et je
sais deux amoureux transis qui la mau
ditsent aujourd'hui, un peu plus énergi
quement que moi.
Un page aimait la jeune Adèle, affir
me je ne sais quel couplet; avec une
légère variante je dirai moi: Alphonse
B....adorait la belle Marguerite. — Al
phonse a vingt quatre ans, Margueiite
compte dix-sept printemps sans hivers;
le jeune homme est assez bel-homme, il
n'est pas sot car il possède une quaran
taine de milliers de piastres, il est asso
cié d'une des bonnes maisons de com
merce de la Nouvelle-Orléans, il polke
décemment, est très blanc sous le linge,
et gante la lettre K. de Jouvin; il a
donc, l'heureux mortel, toutes les quali
tés essentielles qu'un père bien élevé doit
demander au mari de sa Tflle, tous les
élémens nécessaire aux succès de salons;
je ne veux pas oublier d'ajouter que l'Al
phonse en question, est démocrate de
puis la pointe de sa botte Vernie jusqu'à
la plateforme de son chapeau Janin.
Marguerite est une brune très piquan
te, qui ne connaît (qui ne connaissait il
y h liuit jours) que le bonheur tranquille
du foyer, et la facile joie du bal; qui
honore ses père et mère, selon les com
mandemensdeDieu; qui aura vingt mil
le piastres de dot, qui mazourke à mira
cle, et pianote comme toutes Ips jeunes
filles de dix sept ans,c'est à dire beaucoup.
Alphonse et Marguerite, élevés ensem
ble, ensemble ayant grandis s'aimaient
d'amour tendre, (quoi déplus naturel ?)
et auraient pu s'épouser très bien, voire
même faire un couple charmant. — Vous
pensez comme moi, n'est-il pas vrai?
Eh bien! l'odieuse politique en a dé
cidé autrement.
Le père de Marguerite est un des
chefs du parti whig; à ia défense de ses
principes il a consacré toute sa vie, sa
crifié la moitié de sa fortune; d'après
lui, hors du whiggisme il n'est pas de sa
lut! par conséquent, il a en une profon
de horreur tout ce qui ne pense pas,
ne sait pas, ne comprend pas comme lui.
politiquement parlant. Le salon de ce
personnage, un des plus agréables de la
seconde municipalité, ne s'ouvre guère
qu'aux citoyens bien-pensants , whigs
dans l'âme, et ce n'était que par une
faveur toute particulière, que mons Al
phonse y était admis. H devait cette
honorable exception à l'intimité qui avait
toujours existé entre l'auteur de ses jours
et M. L....jusqu'à l'heure de la mort
de son ami, M. L.. .. l'avait préché, (car
le papa d'Alphonse était un démocrate
très influent) mais inutilement, M. B....
tenait fort à ses principes aussi, et. selon
la pittoresque expression du farouche
politique, il était mort dans l'impéniten
ce finale. Un peu désorienté par son
insuccès, M. L. n'avait pas voulu sermo
ner le jeune Alphonse, il prétendait que
la démocratie était chez les B.....unc
maladie de famille, que né démocrate,
Alphonse ne manquerait pas de finir
comme son père, et dans la crainte
d'éprouver un nouvel échec, il avait ré
solu de ne point entreprendre une cure
qu'il jugeait impossible.
Depuis six mois, Alphonse ruminait sa
demande en mariage; vingt fois il fut sur
le pc of de laisser échapper son secret,
mais l'accueil glacial que lui faisait M.
L...arrêtait toute parole sur ses lèvres,
et renfonçait dans son cœur le doux aveu
de son amour. Chose particulière, M.
L... avait pendant ^ingt ans, traité Al
phonse, plutôt en fils qu'en étranger, et
cette amitié paternelle ne s'était changée
en froideur manifeste, que le jour où Al
phonse avait essayé d'amener !a conver
sation sur le terrain conjugal.
Cependant, pressé timidement mais
journellement, par Marguerite, le jeune
homme prit un beau soir, son courage à
deux mains, et s'ouvrit tout franchement
à M. L-.
— Hein fil ce dernier, lorsqu'Alphonse
lui eut formulé sa demande, tu veux être
mon gendre?
— C'est mon désir le plus cher, mon
vœu le plus ardent, et votre fille partage
ces sentiments j'en ai la certitude; nous
— Oh! abomination de la désolation!
loi un démocrate endurci, (il est impos
sible de rendre sur le papier l'expression
de colère et de pitié, avec laquelle, le
hon père prononça ce démocrate et cet
endurci ) tu oses me demander la main de
mai fille.
— Mais beau-père, l'amour n'est d'au
cun parti.
— D'abord, Monsieur, je vous défends
de m'appeler beau-père, ensuite je vous
ordonne de ne plus revoir Marguerite.
Ah! je suis cruellement puni de la con
fiance que vous m'aviez inspirée quoique
démocrate; enfin puiäque j'ai été cou
pable, je veux vous laisser une chance
de réussite, voici donemon dernier mot:
— Ah! respira Alphonse, tout n'est
pas perdu.
— Abjurez les principes que vous avez
cultivés depuis votre enfance, brûlez les
dieux que vous avez adores,adorez ceux
que vous avez brûlées! cessez d'être dé
mocrate, soyez whig!
— Ah! Monsieur, je n'ai pas mérilé
cette insulte.
— La main de ma fille est à ce prix,
c'est à prendre ou à laisser.
— Me demander le sacrifice de me«
convictions, presque une trahison, c'est
impossible... un mot encore, monsieur,
vous dites m'avoir aimé, je vous ai long
temps regardé comme un père, eh bien!
si vous ne me laissez pas épouser Mar
guerite... j'en mourrai!
— Eh! Monsieur, mourez-en, mais ne
m'en parlez plus! — J'ai dit.
Le père féroce sortit sur ce mot bar
bare.
Marguerite, la fleur vivante et parfu
mée qui égayait le salon de son père,
l'aube fraîche et rosée qui éclairait le
seuil du tombeau de ce vieux égoïste,
bouda l'auteur de ses jours et de ses
malheurs pendant une semaine. Un ma
tin, après déjeuner, M. L... la pria de
se mettre au piano; elle se leva, mais
au lieu de jouer le morceau demandé,
elle alla droit à son père et laissant tom
ber sa tête virginale sur ce cœur de par- ,
chemin, elle s'écria toute en larmes :
— Oh! j'en mourrai!
— Ingrate!! répondit le père politique.
Cet " ingrate " pouvait se traduire
par ceci : Eh quoi! Mademoiselle, vous
avez l'impertinence de me menacer d'un
horrible malheur, vous voulez briser mon
bâton de vieillesse, faire la nuit du jou»
qui m'éclaire et dont vous êtes ie soleif
et tout cela péronnelle, parce qu'il me
plait de chasser l'homme que vous aimez,
d'assombrir votre horizon, de froisser
vos sentimens, de briser votre cœur et
celui de votre amant!
Marguerite comprit, devina tout ce
qu'il y avait de soi, d'égeïsme, de révol
tant dans ce reproche, " ingrate! " aussi
prit-elle de suite une grrrrande résolu
tion.
— Mon père, dit-elle, j'ainrw Alphon
se; il m'a proposé de m'enlever mais
par vertu, par devoir, et surtout pour
vous j'ai refusé; je n'obéirai plus désor
mais qu'à inon cœur, et dans huit jours
au plus tard, je serai la femme de cet
horrible démocrate.
Le père est tenace, mais Alphonse est
entreprenant et de plus amoureux;
quanta Marguerite, elle aime et elle est
aimée !
A l'heure où j'écris ces lignes, Made
moiselle L... doit être Madame B... —
L'amour, je l'espère, aura su vaincre uue
fois la politique... snns poliliqurr
LAUC-Ä
Ed. de
-MARY AT.
amerique du sud . — Le Diario de la
Marina , feuille havanaise qui nous est
parvenue parle dernier arrivage de Cube,
nous donne sur l'Amérique du Sud des
détails que nous croyons devoir repro
duire. Les dernières dates sont du 28
juillet pour Valparaiso, pour Carthagènc,
la Nouvelle-Grenade, et les autres par
lies de l'Amérique du Sud elles vont jus
qu'au 29 août. L'expulsion des Jésuites,
de la Nouvelle Grenade, et quelques au
tres mesures prises par le gouvernement,
ont souverainement déplu au peuple, et
dana les derniers jour« d'août l'excitation
était à son comble, aussi s 'occupait -on
fort activement de la prochaine élection
présidentielle, et demandait-on aux con
ventions, un candidat dont les opinions
fussent diamétralement opposées à celles
du Président actuel. Les conservateurs
ont depuis longtemps fait leur choix et
San José Juan de Francisco Martin est
le seul candidat à la vice-présideucc qui
ait quelque chances de succès.
Le Commcrcio de Valparaiso, annonce
que dans presque toutes les provinces de
l'équateur, deux candidats 8e partagent
les faveurs du peuple, et jouissent d'une
égale popularité; ce «ont MM. Diego
Novoa et Antonio Elizalde. Le mène
journal ajoute que l'élection prochaine
du Président péruvien, n'aura pas lieu
sans eflusion de sang; il parait que le»
rivaux qui sont en présence, ont chacun
un parti déterminé.
Au Chili, tout est tranquille; on a pré
senté aux Chambres, en Juillet dernier,
un projet d'amendement relatif à la loi
de 1833; on espère que ce projet sera
adopté.
Le général Belzu a été élu président
de la République de Bolivia, à une im
mense majorité.

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