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Le pionnier de l'Assomption. (Napoleonville [La.]) 1850-185?, October 20, 1850, Image 2

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(ornent l.i citi.edtale. Si ions arrachez
< en arbres, par quoi les remplacerez,
vous? Par ces massifs d'arbustes et de
leurs, dites -vous, par des plate-bande?,|
•^ar des gazons, -etc., etc. Mais alors
tous n aurez plus une place publique,
vous aurez une contrefaçon de pavterre!
-Laisser, donc à la place d'armes son
«■spect grandiose; ces deux rangées d'ar
bres contre lesquelles vous protestez,
"sont d'un fort bel effet, et pour faire de
»ette place quelque chose de digne de la
Nouvelle-Orléans, ratissez tout simple
ment les nllées, élaguez les arbres au
printemps, tondez le gazon de mois en
mois« placez, «i vos moyens vous le per
mettent, une jolie fontaine à l'endroit où
se trouve aujourd'hui le canon; vous au
rez une place suberbe.
Quant à lu grille, passablement déla
brée, qui entoure la Place d'Armes,
peut-être ne ferait-on pas si mal de la
jeter ban; cette grille est triste à l'impos
sible et joue à s'y mépr*nde la grille de
prison; elle n'est d 'aucune utilité, et qui
pis est, elle produit un cfftt des plus dis
gracieux. — Nous n'avons jamais compris
une grille entourant une place publique ;
pour faire oublier cet anachronisme du
^ bon sens, il faut que la grille rachète par
Sa richesse et son élégance, ^on péché
originel.
Ces deux graves question 8 , ont mis,
comme nous t'avons dit plus haut, les
journaux de la Nouvelle-Orléans en émoi.
— Les uns disaient : On abattra les ar
bres, on ôtera la errille !— On ne les abat,
tra pas, on ne I ôtera pas! répondaient
les autres.— Vous n'êtes qu'un ta- de
routiniers, s 'écriaient les premiers; vous,
répondaient les seconds, vous êtes des
Vandales.
Nous avons laissé soupçonner le moyen
terme a prendre entre ces deux extrêmes,
à nos confrères de juger si ce moyen ter
me est le bon.
I<es travaux de la nouvelle Douane,
vont être probablement suspendus, car
on vient de reconnaître (un peu tard, il
en faut convenir) que le plan adopté est
défectueux, et que la distribution inté
rieure est des plus mauvaises! Croiriez
vous que l'habile architecte auquel on
avait confié cette importante construc
tion, a oublié une cour! de sorte que cet
immense pâté de pierre, ne laisserait en
aucune «dson, l'air s'infiltrei dans l'inté
rieur; en été, la douane serait una aima
ble fournaise où commis et visiteurs rô
tiraient à qui mieux mieux! — L' Abeille
nous fait espérer que d 'importantes mo
difications vont être apportées au plan
primitif, quant à ce qui concerne la dis
position des bureaux; les quatre belles
façades extérieures seront achevées com
me le veut ce premier plan. — Ces modi
fication« retarderont de quelques mois,
l'ouverture de la nouvelle Douane.
REVUE. AGRICOLE.
Toujours la désolante sécheresse qui
porte un si rude coup à nos planteurs;
■ l chaque matin, le même gros brouillard,
gflp précurseur d'une journée brûlante. Le
manque absolu d'eau non seulement
nuit au développement et à la richesse
de la canne, main il met beaucoup d'ha
hi tints dans une rigoureuse impossibi
lité de commencer leur rotilaison. Quel
les seront les conséquences de ce contre
I temps! Nous ne voirons pas être les
organes de mauvais augures, mais nous
avons bien peur que les sucriers n'aient
à compter l'année 1850 parmi les plus
!. mauvaises dont on se souvienne.
Mille circonstances funestes ont con
couru celte année i notre ruine. Au
printemps des pluies torrentielles ont
inondé nos champs et porté une atteinte
terrible i la végétation; les débordemens
du Mississippi ont doublé les masses d 'eau
de nos lacs et radkeoiement noyé nos
terres basses, terres neuves sur lcsqoellet
le planteur était en droit de fonder de
belles espérances. Après l'excès d'eau
est venue la sèche reise porter le dernier
coup à nos produits, nous ravir le der
nier espoir.
Du reste le planteur saga avait prévu
co résultat; au lieu de chant or, comme
certains habitants qoi vantent leurs ré
coltes pour refaire leer crédit et préci
piter leur ruine, ce planteur sage parait
par l'ordre et l 'économie auf déceptions
qoi arrivent toujours lorsque le printemps
est pluvieux.
Ce que nous avons dit des espérances
que les sucriers pouvaient fuuder sur
leurs nouvelles terres, se trouve confirmé
par cet exemple de développement au
quej «ne pomme de terre est parvenue au
bru/y Olivier, sur Sa propriété de M. Ca
mille Nicolas:
Les proportions de cette pomme de
terre sont monstreuses comme on peut
se le figurer par son poids, 12 livres 7
onces. On peut s'assurer de la vérité
de cette assertion chez M. Jules Co
meanx de Paincourtville, entre les mains
de qui elle se trouve.
Au moment où nous faisons cette re
vue, nom recevons des nouvelles du ba
you " l'Ours " on ne peut plus satisfai
santes, quant à la venue des cannes. Les
habitants privilégiés de ces heureux pa
rages sont sûrs d'obtenir cette année,
maudite par tant d'autres planteurs, un
succès reel.
Par malheur nous recevons en même
temps du bayou " Bmuf" des renseigne
ments d'une toute autre nature. La can
ne y est littéralement grillée. L'an
1850 sera ruineux pour les riverains de
ce bayou.
Quand au coton, les avis que nous re
cevons ne sont point alarmants, bien s'en
faut; mais c'est une culture qui a trop
peu d'extention dans cette paroisse pour
déterminer une diminution bien sensible
dans les pertes que nous déplorons. Les
chenilles ne sont pas venues cette année
joindre 1 rors ravages à toutes les calom
nités qui nous débordent. C'est un mal
heur de moins, remercions en le ciel qui
nous a déjà éprouves par trop de fléaux.
Nous terminons celte revue en faisant
mention d'une nouvelle manière d'en
graisser les terres fatiguées. L'expé
rience qui en a été faite, a donné les plus
heureux résultats. On sème & la volée
d»i maïs sur ces terres et lorsque le plant
est parvenu à une hauteur de 18 pouces
on laboure et l'on obtient ainsi un en
grais de beaucoup préférable à celui du
trèfle et des fèves. Sans doute nos in
telligents planteurs éprouveront ce mo
yen et n'auront qu'à s'en féliciter.
DEUX GRANDS PROJETS
L'opinion publique est vivement pré
occupée des deux grandes entreprises
dont la presse du Sud et celle du Nord
exposent depuis quelque temps les avan
tages et les difficultés.
A la Nouvelle-Orléans il n'est bruit
que de l'établissement d'un chemin de
fer qui traverse l'isthme de Tehuantepec,
ou d'un canal qui »fasse deux immenses
presqu'îles du vaste continent Améri
cain, en unissant les deux grands océans
qui nous séparent du vieux monde. Une
compagnie Louisianaise qui existe déjà
attend pour commencer ses travaux, une
session extraordinaire de la législature,
afin d'obtenir une loi qui rappelle celle
qui régit er ce moment toutes les corpo
rations de l'état. Cette loi que les en
treprenants actionnaires voudraient faire
rappeler, limite à 500,000 piastres le
capital de toute compagnie et il leur
faut pour réaliser leur admirable piojet,
•in capital de neuf millions de piastres.
S'ils réussissent auprès de notre législa
ture, ils comptent trouver à la Nouvelle
Orléans deux millions pour être destinés
au percement de l'isthme. Les autres
sept millions seront bientôt en caisse.
Les capitalistes s'associent toujours avec
empressement aux entreprises qui pro
mettent d'immenses succès.
Que la compagnie Louisianaise réalise
ce projet et avant long-temps l'impor
tance do v la métropole du Sud sera tri
plée. Si au contraire elle ne réussit pas
à te constituer en obtenant une charte
exceptionnelle, il est à craindre pour la
Louisiane et à espérer pour le monde
que quelque compagnie plus heureuse
réalisera cette gigantesque entreprise.
L'isthme percé, le voyage autour du
monde se fera comme un voyage en
Italie, un séjour aux bains ; ce ne sera
plus qu'une partie de plaisir.
Le second grand projet que toutes les
feuille? du Nord s'efforcent de propager,
c'est une ligne entre la Nouvelle-Ecosse
et le Vieux Monde. Cette grande idée
a vivement impressionné l'esprit hardi
des spéculateurs du Nord et tout fait sup
poser que la réalisation de cette nouvelle
voie ne se fora pas long-temps attendre.
On calcule que les communications de
l'Europe avec l'Amérique arriveraient
pa r Gal way 48 heures plutôt que par les
autres voies, et comme dans le siècle où
nous vivons l'économie du temps a inspiré
les sublimes applications de la vapeur a
la navigation et de l'électricité au télégra
phe, l'établissement de la voie fie Gui way
à Halifax est une chose inévitable dans
un avenir peu éloigné. A Saint-Jean,
ville du Nouveau Brunstvick,U a été pris
en quelques instants plus de deux cent
mille piastres d'actions. Peut-être cette
ligne est-elle sur le point d'être établie
en ce moment. Les spéculateurs du
Nord ont cet avantage sur ceux du Sud
de ne jamais compromettre un projet par
une malheureuse indécision.
Ce projet promet à la pauvre Irlande
sa part des bienfaits que le commerce
répand sur la Grande Bretagne. Toutes
ses ressources industrielles et manufac
turières seront vivifiées et dès ce mo
ment elle cessera de donner au monde
le spectacle d'un pays maudit. Ainsi cette
nouvelle voie présentera l'avantage hu
manitaire d'arracher l'Irlande à son cré
tinisme et à son avilissement.
CAUSERIES.
Me dîrez-vous pourquoi toujours on parle en prose
Lorsque l'on veut causer? le vers, à quelque chose
Doit être bon pourtant, se pouvoir employer
Sans apprêts, sans efforts, en style familier.
Vous ne souffrez le vers que dans la tragédie,
L'aimez-vous seulement pareequ'il vous ennuie?
L'Alexandrin pompeux, je veux en convenir,
N 'est pas drôle souvent... il peut le devenir.
Son allure peut être enjouée ou timide,
Tour à tour humble et fière, et sa marche rapide
(Ses douze pieds ici doivent beaucoup l'aider.)
lîref, s'il est lourd parfois, il peut être léger.
Aujourd'hui je veux dire en vers, ma causerie.
Prose ou vers, c'est tout un,pensez-vous, je parie?
Cela se pourrait bien, mais ce serait fâcheux,
Malheureux dans ma pro3e, en mes vers malheu
[reux,
Peste quel triste sort! — Cependant je le brave,
Je me livre au destin. — Si la rime en esclave
Ne veut pas obéir, nous lui mettrons Te bât.
Elle sera docile. — Est-ce pas son état?
— Causons donc en amis, (je vous ai vu sourire.)
Comme on cause en un mot, quand on n'a rien à
[dire
L'Eté brûlant s'endort, vaincu par ses ardeurs;
Octobre naît... propice à tous les vendangeurs...
C'est la fécondité par le printemps promise,
Le fruit après la fleur! — Qne Dieu te favorise,
Mois où la terre donne au laboureur, le prix
De ses rudes travaux. — Quand le pressoir snrpris
Laisse échapper le vin qui jaillit de la grappe,
Et que le jus vermeil aime à rougir la nappe
Du vigneron joyeux... Octobre tu me plais!
A la lèvre altérée, alors que tu promets
Un facile bonheur,oh! tn me plais encore.
Va, tes généreux vins, tout mortel les adore!
(Ils nous viennent de Dieu.) vrais chrétiens nons
[devons
Les goûter, les aimer... surtout quand ils sont
[bons.
Sur ton liquide autel, je sacrifie, Automne
Tu le vois; cependant j'aime mieux ce que donne
Ton aince, une fleur de saison! de tout temps
Automne, vous m'avez rappelé le Printemps!
J'aime à revoir, surtout quand les feuilles ja*
[nissent,
Le mois frais et charmant où les arbres verdis
[sent,
Le mois plein de parfums, d'enivrantes senteurs»
Où naissent à la fois, les amours et les fleurs.
Le mois cher au poète, à l'amant, où la vie
.Est dans tout et partout : le doux mois de Marie!
Mai!- -Rien qu'à ce nom là, les champs, les bois,
[les prés
Vous semblent plus coquets, de verdure parés.
C'est que l'esprit fleurit lorsque fleurit la rose;
L'àme s'épanouit près de la fleur éclose;
Les amours qu'ont glacés les neiges des hivers,
Se réveillent ardents, pour nous forger des fers;
De royales splendeurs le soleil s'environne,
Sur le front des forêts il pose une couronne,
De l'homme faible enfin, il éclaire la nuit ;
Il luit!...
Octobre est le présent, Mai le passé.—Peut-être
Est-ce aussi l'avenir dont Dieu seul est le maître!
— La question est grave et bête, néanmoins
Je vais la trancher par une ligne de points.
• • ; * • •
Mais c'est hors de saison, tout cela : — Causerie!
Encor des points
.... Vingt ans, le printemps delà vie,
L'âge où l'on voit l'amour comme un divin flam
[beau
Qui doit illuminer l'âme jusqu'au tombeau!
Hélas! dix ans plus tard, la triste expérience
De sa brutale main, de sa froide science,
Eteint de ce flambeau le feu pur et sacré!
Printemps, combien de jours t'avons-nous adoré?
— C'est dans la pauvreté qu'on prise la richesse,
C'est quand on ne l'a plus, qu'on aime la jeu
[nesse
L'homme est ainsi bâti : le bonheur est un mot
Dont il ne connaîtra jamais le sens. — sot!
Sa vie ont un supplice : il regrette ou désire;
L'impossible est le bien ponr lequel il soupire
II vit par le passé pour le seul avenir,
Se nourrissant d'espoir ou bien de souvenir!
Et voilà comme au saut du fleuve, l'on arrive,
Sans avoir respiré les parfums de la rive.
L'homme fort, soutenu par sa vocation,
A cette règle eeuî, peut faire exception.
Vers le but qu'il choisit il marche avec courage,
L'obstacle le grandit et le grandit l'orage!
Stas cesse il lutte et vainct; cœur fier, solide
[bras,
Les ronces du chemin n'arrêtent point ses paa ;
Pins sombre est le présent, plus l'avenir est rose
C'est quand il a touché le but qu'il se repose!
J'ai connu l'un de ces travailleurs: il était
Poète, (pauvre diable!) et tout jeune, il avait
Vingt ans & peine; heureux, il entrait dans la vie,
Et voyait tout en beau... même l'Académie.
II était plein d'esprit et n'avait pas le boo,
Travaillait joar et nuit et logeait dans un trou;
Il faisait des romans et rimait à miracle,
Mais il dixiait par cœur pour aller au spectacle!
■Il portait sa misère avec beaucoup de cœur,
Rie!» de ses rin^t ans, il narguait le malheur!
Après huit ou dix mois, d'étude opiniâtre,
Mon poète avait fait deux pièces de théâtre,
Donné le jour à trois romans de mœurs, rimé
Force ballades et sonnets, pour l'ange aimé!
Les romans, présentés à messieurs les libraires,
Furent tous rejetés. — Des sentiers ordinaires
Le poète B'était écarté! — Le fatal
De ce livre, monsieur, c'est d'être original!
Dit un des gros bonets de notre librairie,
Au jeune homme, en lisant sa dive poésie!
Je renonce au roman, se dit l'auteur confus;
J'aurais du pressentir le pourquoi du refus.
Mais le théâtre va me venger du libraire;
(il comptait sursondrame.-Un drame littéraire!)
Los succès do la scène, ont de parfait, ceci :
Ils sont plus productifs, plus sérieux aussi
Que d'un livre nouveau la vogue passagère;
Le dramaturge est roi...Quand le veut le parterre!
— Sur co, ("non doux poète, au Théâtre-Français,
Porte une comédie! en plus un drame.- -Mais
Le directeur est sourd, muet; la jeune muse
.Reprenant ses essais, le maudit, et l'accuse
D'entraver les débuts de tout nouvel auteur,
Dont son devoir serait d'être le protecteur!
Cinq théâtres, auxquels et comédie et drame
Sont offerts, les renvoient ornés d'une épigram
[me!
- -A près douze cahots, (douze coups de poignard.)
Le drame tout sanglant s'arrête au boulevard.
Un directeur adroit, de la littérature
Le plus ferme soutien, promet une lecture!
Il écrit au poète un billet presque doux,
Et pour le lendemain lui donne rendez-vous.
J'étais chez notre auteur, quand il reçut l'épître,
De son dernier roman je lisais un chapitre;
Il m'arrête aussitôt; je sens son cœur bondir,
Je vois trembler sa main... il aurait dû mourir,
Si le bonheur tuait, si l'on mourait do joie!
Il se voyait déjà triomphant; de la voie
Qu'il avait labource, enfant, avec amour,
Il venait de toucher le but. — Dieu! le beau jour.
Non, je n'ai jamais vu plus rayonnante ivresse,
Il avdfc le soleil dans le cœur. — O jeunesse! —
Le lendemain matin, tous les deux nous partons»
Au théâtre bientôt, joyeux nous arrivons;
Je quitte mon poète; il monte, il sonne, on ouvre
—Je le laisse parler : il entre dans son Louvre
Je suis à la régie, et d'abord j'aperçois,
Quatre ou cinq employés hurlant tous à la fois
L'un, du nouveau journal prédisait la ruine;
Un autre abîmait fort et Corneille et Racine;
Un troisième parlait de.rime... sans raison,
Pendant qu'un quatrième entonnait la chanson
Des En/ans de Bacchus! Et chacun, sans com
[prendre
Ce que lui disait l'autre, ou plutôt sans entendre.
Pérorait, discutait, raisonnait et chantait.
Sans écouter autrui, là chacun s'écoutait.
— On ne me voyait pas. — Je m'avance et salue
Mais la discussion n'est point interrompue...
Alors de m'annoncer je me fais un devoir;
L'un des phraseurs enfin daigne m'apercevoir.
Je décline mon nom, je lui remets ma lettre,
Et sans difficultés on consent à m'admettre.
Le directeur parut; il était tourmente,
Un.orage grondait au sein du comité,
Il voulait, me dit-il, tuer la coterie...
Puis, m'entraînant à part, venez donc je vous prie
J'ai lu votre chef-d'œuvre, et vous fais compli
ment.
— Monsieur, vous vous moquez... — Non pas, non
[pas vraiment,
Chef-d'œuvre c'est le mot; j'aime fort la donnée
De votre drame, puis l'action est menée
De main de maître, enfin un chef-d'œuvre com
[plet;
Fort peu d'assassinats, mais beaucoup d'iatérêt
Le vers est élégant, et tout ce qu'il vent dire
Il le dit clairement; il est facile à lire;
Sans travail on comprend bien les positions,
Rien de faux, de forcé, des situations
Pleines de vérité, d'intérêt; une verve
Qui ne tarit jamais, qui jamais ne s'énerve;
Votre héros me semble un amoureux charmant
Et sans peine on le suitjusques au dénoûment.
Avec soin vous avez tracé les caractères,
Les uns sont gais et francs, les autres sont sé
[vères;
Le dialogue est bien fait souvent spirituel,
Bref, je ne doute pas que, si monsieur... un tel
Consent à le signer, un succès légitime
N'accueille votre drame, un succès et d'estime
Et d'argent à la fois!—Pardon, fis-je ausstôt,
Mais je n'ai pas l'honneur de comprendre un seul
[mot?
—Je suis précis pourtant. — C'est une raillerie,
Et je veux croire encore à la plaisanterie...
— Je plaisante tris peu, mon bon monsieur; j'ai
,, , ' [dit :
Vous avez du talent, vous avez de l'esprit,
C'est beaucoup; pas assez pour trôner sur l'affi
• [che;
Le public est un âne, il faut bien qu'on le trtche!
Il veut un nom connu, vous débutez; je dois
Vous couvrir d'un auteur aimé; ceci, j» crois,
Est logique, et j'agis dans toute cette af&ire,
En homme délicat, désireux de vous plaire?
--Je n'ai pas mérité, monsieur, cette bonté,
Répondis-je au marchand, (il m'avait dégoûté.)
Je ne l'accepte point; à pareille manœuvre,
Je ne veux pas devoir le succès de mon œuvre.
Quant 1 l'auteur aimé, triomphant sans combat.
J'avais toujours douté qu'un tel homme existât!
Le directeur sortit, sans un mot, sans un geste;
J'allais en faire autant; une voix me dit : Reste
Je me retourne, un homme est là; lui me sourit,
D'une main il me tend mon pauvre manuscrit,
De l'autre m'attirant vers lui : J'ai lu ton drame,
Viens mon fils, près de moi viens réchauffer ton
_ , [âme!
Garde ton œuvre, grande en sa virginité;
Ton avenir est beau... Car tu n'as pas douté!
—Maître, de vous jamais je ne puis être digne...
■Espère et crois, me dit Casimir Delavigne.
...
Or, cette histoire est vraie, en gros comme en
» . . , [détail,
Le jeune homme a tenu largement la promesse
Du viellard; son talent grandi par le travail,
L'a posé proraptement, et de notre jeunesse
Littéraire, Ponroy (Ponroy, car c'était lui.)
Est le chef aujourd'hui.
ED. DK LAÜC MARYAT.
retour de M. S oûle : — Après iii) vo
yageai n'a été qu'une longue suite d'o
vations méritées,notre sénateur l'honora
ble Pierre Soulé, est arrivé h la Nllc-Or
léans où ses nombreux amis l'attendaient
depuis plusieurs jours. Les témoignages
de sympathie qui ont entouré l'éloquent
tribun, aussitôt que l'on a su son retour,
parlent hautement en faveur des louisia
nais. Le soir même de son retour, Pierre
Soulé a pu apprécier combien était
grande sa popularité dans le Sud; une
deputation composée de citoyens démo
crates et whigs, s'est dirigée v< rs la rue
des remparts où demeure notre sénateur;
arrivé à l'hôtel de ce dernier, la depu
tation s'est arrêtée, et l'un des membres
se détachant du groupe principal, a
adressée à M. Soulé, que les vivats de
ses admirateurs avaient appelé, quelques
mots chaleureux, auxquels le grand ora
teur a répondu avec ce tact et ce patrio
tisme qui le distinguent. — On parle d'une
fête que les démocrates se proposent d'of
frir incessamment à l'illustre sénateur. —
Ce ne sera que justice,
assemblee a paincourtville. Noil?
ipprenons a ver plaisir que les démocra
tes de Paincourtville, jaloux de témoi
gner publiquement leur reconnaissance
à M. Pierre Soulé doivent s'assembler
dimanche prochain, afin de prendre des
résolutions relatives à la conduite tenue
par notre sénateur, dans la question du
bill du compromis. Les démocrates de
Paincourtville invitent leurs frères poli
tiques des paioisses Ascension et Assomp
tion. à se joindre à eux. — Cette invitation
sera acceptée avec empressement, nous
n'en doutons pas.
Q^7~N ous remercions lus officiers du
Mary-Foley de l'aimable invitation qu'ils
nous ont faite, de nous joindre aux nom
breux passagers qui se sont embarqués
hier à bord de ce joli bateau, pour visi
ter Bâton-Rouge. Nous garantissons que
les voyageurs se souviendront long-temps
de cette partie de plaisir, quoique nous
ayons à regretter de n'avoir pu cette fois
faire avec eux cette agréable excursion.
La garantie que nous dbnnons est basée
sur le tact et Id courtoisie du capitaine
et des officiers du Mary-Foley . C'est la
meilleure de toutes.
l'amour apres l\ politique: — Ce
n 'est guerre que lorsqu'ils ont abdiqué,
que Ses hommes politiques se livrent aux
douceurs de l'amour; de cette vérité nous
avons aujourd'hui une nouvelle preuve :
l'ex-gouverneur de la Louisiane, Isaac
Johnson, dont jusqu'à ce jour, tous les
instants avaient été absorbés par les
graves questions de bien public vient
d'allumer les flambeaux de l'hymen, a
Lexington, en plein Kentucky.— L'ho
norable Johnson a épousé le ïer octobre,
une jeune et jolie personne, Mis? Julia
Johnson. — Long jours à notre ancien
gouverneur, à sa jeune femme jours
fleuris.
deux instituteurs assassines: — l'â
lexandria Démocrat nous annonce, que
la semaine dernière, le même jour et
presque à la même heure, deux institu
teurs du Bayou Boeuf, Messieurs Roach
et Bloomfield, ont été assassinés, le pre
mier à roups de couteau, le second à
coup de fusil. — On n'a aucun renseigne
ment détaillé sur ces <ieux meurtres.
mm. foote et fremont — L Baltimore
Sun a publié une lettre du colonel Fré
mont, dans laquelle ce Sénateur affirme
que M. Foote s'est conduit d'une manière
honteuse et déloyale, dans la dernière
affaire que ces deux personnages ont eue
à Washington. Cett« lettre qui n'a point
encore obtenu de réponse, menace de
réveiller la vieille haine qui existe entre
MM. Fremont et Foote; sous ce dernier
rapport surtout, elle est parfaitement in*
convenante.
h. clay et daniel webster. — m.
Henry Clay est arrivé à Louisville, il
y a quelques jours; le vénérable fermier
d'Ashland, voit sa santé déc'iner rapide
ment; les médecins qui l'entourent lais
sent peu d'espoir à sa famille. Daniel
Webster parcourt en ce moment le Mas
sachusetts et partout sur son passage, la
population le salue de hurrahs enthou
siastes; l'honorable sénateur est attendu
à Boston pour le 1er novembre.
election dans l'ohio . —- Les démo
crates de l'Ohio ont élu lenr candidat à
la place de gouverneur, à une immense
majorité. A la législature on compte en
nombre égal, les démocrates et les whi^n.
O
vol . — La malle qui fait le trajet de
Philadelphie à Baltimore, a été arrêtée
dans la nuit du 12 octobre; h- postillon i
été tué, et ,$100,000 ont. été enlevées.
On n 'a jusqu 'à présent de soupeons sur
personne.
lacune i>\. ns lv loi . — Parmi les abus
de la législation de plusieurs Etats <j'
I*Union. 1e plus criant est sans conti edit
l'élasticité qu'on laisse ù certaines lois
de répression, élasticité dont beaucoup
déjugés ne manquent jamais d'abuser.
Que la faim vous fasse voler un pair:,
vous serez impitoyablement envoyé au
pénitentiaire; mais soyez déjà riche e<"
volez au gouvernement des titres qui
vous assurent la possession prochaine do
terres immenses, vous serez absous d'une
manière honorable.
Un nouvel exemple de cette dernière
justice vient de nous être donné par l'ac
quittement d'Henry Miller. Ce respcc
ble industriel avait trouvé le moyen d'ac
quérir, sans suer le moins du monde, des
titres qui lui assui aient une belle fortu
ne. Traduit par l 'Etat devant un tribu
nal de Baltimore pour cette concussion,
il,aété honorablement acquitté, parcequo
dans l'acte du Congrès de 1833, chapi
tre 39, où la pénalité de la concussion se
trouve déterminée, on a défini la concus
sion '• vol de sommes d'argent fait au
gouvernement. " L'avocat de l'accusé
a fait comprendre aux jurés que son
client n'était pas coupable du vol d'une
pomme d'argent; ce défenseur a été se
condé par la Cour qui a dit aux jurés :
" Evidemment l'accusé est innocent; il
n'a volé que d^s titres de terres. " O
Thémis! ta balance est parfois une im
pudente voleuse.
l'arbre des affections . — C'est lors
que l'enfant atteint l'âge de trois ans,
que l'amour filial commenced germer et ,
se développe jusqu'à huit ans. A dix
ans, ce que l'enfant aime le plus ce sont
les jours de congé; à seize ans. le jeune
homme n'est vivement préoccupé que de
su toilette et à vingt ans, cte ses amours.
A vingt-cinq ans, on aime sa femme; à
quarante, ses enfants et à soixante on
n'aime plus que soi. Cette dernière pas
sion accompagne le vieillard jusqu'au
tombeau.
accident . — Le 16 octobre, dnita 1'«
près-midi. le bureau du- recorder de la
municipalité a été le théâtre d'un dou
loureux accident.
M. C. Joute, secrétaire du recorder,
venait de donner un revolver à un de
ses jeunes cousins,, partant pour la Calir
fornie. Pendant que ce dernier exami
minait l'arme, un des coups partit et la
balle alla frapper M. Jonte à la poitrine,
près du sein droit«.. Un médecin fut ap
pelé aussitôt. Après avoir sondé la plaie,
il l'a déclara grave, mais il ne put ^Oli
ver la balle. Alors M. Jonte fut trans
porté dans une voiture et conduit chez
lui par ses amis. Ce qu'il y a de singu
lier dans cet accident, q^est que pen
dant le trajet, la balle fut trouvée com
plètement applatie dans le devant do
i'habit de M. Jonte, elle avait frappé
une côte, était ressortie et s'était logée
dans l'habit après avoir grièvement bles
sé M. Jonte. Heureusement, la blessure
n'est pas dangereuse.
steamboat perdu . — Le capitaine
Gwartney, du steamboat Munroe , arrivé
ce matin de la ville de Yazoo, rapporte
que le steamer Jefferson Davis , allant de
Yayoo à Vicksburg, a touché contre un
chicot, le 10 du courant, à environ trois
milles au-dessous de Startion, et qu'il a
coulé immédiatement. Le Jefferson Da
vis était chargé de 300 balles de coton
qu'on a sauvées; mais le bateau lui-même
est perdu.
important traite . — Le 8 septembre
de rnier, l'honorable N. B. Robinson, a
conclu avec les indiens Chippewas ha
bitans les côtes Nord du lac Supérieur
et du lac Huron, un traité par lequel les
Indiens ont cédé toutes les terres qui s'é
tendent de l'extrémité Est du lac Huron
jusqu'à la rivière Pigeon, sur le lac Su
périeur, et tout l'intérieur des terres jus
qu'à la hauteur du continent, avec les
îles, lacs et rivières. Ce traité a eu lieu
moyennant §10,000. Redevance an
nuelle et perpétuelle de §4,000.
M assachusetts — M. Wakefield, apo
thicaire de Boston, sur lequel pesait une
accusation d'homicide, pour avoir, par
erreur, donné du sublimé corrosif au lieu
de calomel, que portait la formule du
médecin, et avoir ainsi causé la mort de
Samuel D. Hall, vient d'être jugé et
acquitté par la Cour municipale de Bos
ton.
— Le major James Barett, le citoyen îe
plus âgé de Concord et qui était l'un de
ceux qui avaient eu la charge de cacher
les munitions de bouche et de guerre des
Américains à la journée du 19 avril
1775, est mort à Concord le 17 du moi»
dernier. Il avait atteint sa OOèmc année»

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