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Le pionnier de l'Assomption. (Napoleonville [La.]) 1850-185?, November 08, 1850, Image 1

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ItE PIOMIER DE V ASSOMPTION,
JOUEIAL POLITIQUE, AGRICOLE, LITTERAIRE ET COMMERCIAL.
VOL. I.
N.aPOLEONVILLE, VENDREDI. 8 NOVEMBRE 1850.
NO. 10.
LE PIONNIE R DE L'ASS OMPTION,
publie par
yUPERVIELLE & DEVILLIERS.
conations xtu journal :
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On exécute à l'imprimere du Pionnier , et ce,
aux prix les plus modérés, toutes espèces d'ou
vrages typographiques, (Jobs,) tels que, cartes,
11ctvres. pamphlets, blancs, etc., etc.
AGENTS DÛ PIONNIER.
ÎM. Michel Lapeyre, Jr
M. Francis Boimare, Li
braire, 118 rueRoyale
A scension MM. Richard &• Templet.
Riviere-Neuve . . M. Firmin Duplessis.
Iberville M. J. Breau.
Si-Jacques .... M. Auguste The riot.
St-Jea.n Baptiste, M. Edward Perret.
St. Charles . . . Rizan Frères, négociants
S te- M arie , (AU.): ) ZlI)0I , Perret .
i s ... . S
. M. Adolphe Blanchard.
. M. F. Gagné.
. M. Etienne Pénisson.
, G. Rodriguez, Café Stur.
. M. Pierre Tin'riot.
M C. J. E. Gauthier, r. m
Chakenton
Tiiibodaux . .
Houma ....
Ste-Marte . .
Assomption . .
Belle Riviere
Paincourtville,
(CT Dans les paroisses où nous n'avons pas
nommé d'agents, nous prions les Maîtres de Poste
de vouloir se charger de l'agence de notre feuille.
POLITIQUE INTERIEURE.
Les bills dn Compromis ont eu pour
premières conséquences l'agitation qui
règne dans le Mississippi et dans la Gé
orgie; aujourd'hui cette agitation se ré
pand dans tous les Etat» du Sud, qui ap
prend enfin qu'il fait tous les sacrifices;
elle envahit le Nord, qui est tellement
attaché aux prinripes abolttionistes qu'il
se révolte contre l'application du bill des
esclaves fugitifs, bill qui n'est en réalité
que la mise en viguenr d'un article de'Ia
Constitution fédérale. Nous avons cité
cette clause de la Constitution dans un
écrit précédent; aujourd'hui qu'il nous
suffire de mentionner la dixième preuve
de soumission des hommes du Nord au
Compromis qui devait préserver l'Union
et qui jusqu'à présent n'a engendré que
le péril d'une imminente dissolution.
Les aldermen de la ville de Chicago
t-c sont dernièrement réunis et ont passé
dos résolutions qui nullifient la loi du
Congrès relative à l 'extradition des es
claves fugitifs et font un devoir r la po
lice de ne pas la mettre à exécution.
Voilà ce qui a été déterminé par une
réunion de magistrats de l 'flTmois; le
le maire de Chirago a bien protesté, en
«'entourant de quelques habitants, cdn
tre cette insurrection immédiate, mais
cette protestation triomphera -t~elle de la
volonté inébranlable qui anime les phi
Innlroprs , ces bons frères des hommes du
Sud, de cette infernale volonté qui leur
a inspiré dans toutes les occasions, des
attaques si violentes contre nos institu
tions, nos droits, notre propriété.
Certes avant les fameux bilfe, le Süd
n'était pas à l'abri de ces violences; mais
depuis qu'on a fait semblant d'exécuter
celui qui a rapport aux esclaves, ces vio
lences n'ont fait qu'augmenter. Où s'ar
rêteront-elles? Tout le monde le prévoit,
quelques-uns le disent, personne n'ose
l'écrire. Malheur anx hommes qui n'ont
pas cherché à le prévenir! Qui «auvera
l'Union î
Mai« abandonnons celte idée föcheuse
en nous fiant à la Providence et à la sa
gesse de la nation, qui triompheront
peut-être des mauvaises passions qui bou •
levereent en ce moment les Etats-Unis,
et enregistrons le succès que vient d'ob.
tenir dans la Pennsylvanie le ticket dé
inorratique. Il résulte de la proclama
tion da gouverneur de cet Etat que
quinze démocrates et neuf whigs ont été
nommés pour représenter la Pennsylva
nie au Congrès. C 'est un beau triomphe
P^ur la démocratie; nous le chanterions
•i dans les jours de deuil où nous vivons,
un Américain véritablement attaché à
son ptys, pouvait se livrer è des réjouis*
sancet pour un succès de parti. Le seul
paiti auquel on pourrait applaudir, ce
serait i celui qui assurerait k l'Union
l'ordre et l'harmonie qui dans quelques
années, en ont fait une des premières na
tion* du monde, cc serait i une ligue de
tous les bon« whigs et dp tous les bons
démocrates qui aurait pour but d'assou
vir nos ennemis du Nord et d'assurer au
Sud une représentation au Congr.ès qui
établît un équilibre sans lequel I* Union
est impossible.
Un parti qui s'organiserait sur cette
base serait certes le plus démocratique
de tous; il aurait pour principe de main
tenir à tous les Etats pris séparément
une indépendance absolue, une souverai
neté réelle; aux Etats du Nord, pris col
lectivement, leur part, mais rien que leur
part de représentation, dans la Législa
ture fédérale; aux Etats du Sud, la ga
rantie de leurs institutions; aux Etats du
Nord, du Sud, de l'Est et de l'Ouest, la
perpétuité de l'Union. Assurément ce
parti serait le plus démocratique de tous.
l'Union qui court de'si grands dangers,
a besoin du dévouement de (ou;* ses en
fants pour être sauvée; que ton;» se lais
sent guider par des sentimens de justice
et de patriotisme et'nous aurons une té.
deration franchement républicaine. Jus
lice et patriotisme ! hors de cette exergue,
pas de salut.
LES SOIXANTE-DIX
et . ,
l'HOK. PIERRE SSOlTLE.
Tout le monde connaît aujourd'hui les
interpellations que les soixante-dix ont
faites à l'honnorable Pierre Soulé, inter
pellations auxquelles le sénateur de la
Louisifîne à répondu: lie in ignem œter
num , langage par lequel il voulait dire à
ses interrogateurs. "Si vous aviez au
tant de jugement que de curiosité, vous
me feriez l'amitié d'aller faire un tour au
Tivoli, à Gretna ou à Carrolton ; allez y
en fiacre, à cheval, à pied on en ballon
ça m'est égal; allez vou9 promener, mes
»mis, cela vous fera le plus grand bien,
vous avez besoin de grand air; quant à
moi, j'ai besoin de repos et je vais m'en"
dormir en songeant au grand œuvre que
vous avez créé en six jours—Six jours!...
juste le temps que Dieu mit à créer le
ciel et la terre; mais Dieu se reposa le
septième; vous êtes fatigués sans doute
aussi, eh bien, allez vous reposer comme
fit le bon Dien; si vous éprouvez une in
somnie, tenez voilà des discours qui vous
endormiront bientôt... des discours en
faveur du compromis! Allez et soyez bien
sages, mes enfants!..."
Nous donnons ci-npiès la communica
tion soumise à M. Soulé et la réponse de
ce dernier. Nos lecteurs verront que In
tiaduction que nous avons faite de cette
réponse, quoiqu'elle ne fut pas écrite en
un latin que les soixante-dix auraient pu
ne pas comprendre, nos lecteurs verront,
disons -nous, qUe la traduction est litté
rale:
C orhespondakck.
Monsieur. — Une vive agitation règne au
iVord et au Sud par suite des dernières lois
votées par le Congrès. Cette agitation a
acq u s un tel degré d'effervescence darr?
quelques Etats du Sud qu'il y est question
ouvertement de dissoudre l'Union. Les
soussignés, qui font partie de vos commet
tants et qui sont démocrates, désirent con
naître votre opinion ainsi que celle de votre
collègue, M. Downs,' sur cet important sujet.
Permettez-nous doiic de vous demander une
réponse aux: questions suivantes, de manière
que nous puissions connaître clairement la
position que vous occupez. Vous ne prendrez
pas ces questions en mauvaise part, nous
l'espérons, et vous n'y verrez que le désir
d'être éclairés sur vos opinions et l'exeHce
de ce que nous considérons commn un droit,
ce dont vous conviendrez immédiatement.
Etes-vous en faveur de la dissolution de
l'Union, maintenant ou plus tard, à cause
des lois passées pendant la dernière session
du Congrès?
Etes-vous en faveur de l'établissement
d'une Confédération du Sud, maintenant ou
plus tard, à cause des lois passées pendant
la dernière session du Congrès!
Etes-vous en faveur du retrait de l'Etat
de la Louisiane de l'Union, maintenant ou
plus tard, à cause des lois passées pendant
la dernière session du Congrès?
(Suivent les signatures des Soixante-Dix)
REPONSE.
Messieurs ,— J'accuse réception d'une
communication que vous m'avez transmi
se hier, «t qui, je le vois, est la même que
l'on a colportée pendant six jours dans
les mes de la Nlle-Orléans pour obtenir
la signature des soixante-dix individus
qui y ont apposé leurs noms.
Voici ma réponse:
fjoreque les graves questions dont
parle si légèrement, la pièce qui m'a été
apportée me seront soumises dans la seule
forme qui puisse s'allier avec la respon
sablité dont je suis tenu officiel lerne nt
envers l'Etat et le peuple de la Louisiane,
soyez persuadés que j'y répondrai d'une
manière digne de la haute position que
j'occupe et de la mission que je dois
remplir vis-à-vis des grands intérêts
confiés à ma protection et à ma sollicitude
Mais comme je ne saurais voir en vous
ni les organes du peuple et de l'Etat, ni
l'écho du parti auquel vous prétendez
appartenir, comme je ne sollicite ni vos
applaudissements, ni votre soutien, vous
m'excuserez de ne pas m'occuper au
trement des questions que vous me po
sez, si ce n'est pour vons donner l'assu
rance que je ne me laisserai pa9 émou
voir au point d'oublier ce que je me doi*
à moi-même et aux autres comme homme
public et surtout comme sénateur améri
cain, par les ruses de cinq ou six désôr
ganisateurs qui depuis quelque temps re
muent du pied toutes les saletés pour me
les lancer à la figure, et dont le seul but
est de diviser le parti démocrate, afin de
se placer au haut des ruines qu'ils vou
draient entasser et se donner une impor
tance nu'ils ne sauraient conserver, il«
ne l'ignorent pas, tant que le parti démo
crate restera uni et fidèle à ses principes.
Je suis, etc. PIERRE SOULE.
A MM. W. W. King, Charles S. Reese,
John C. Larue, etc.
Si la démarche des soixante-dix n'a
vait été aussi impertinente que. ridicule.
l'Hon. Pierre Soulé aurait bien ri dans
sa barbe de leur ingénuité. Q;ii sait!...
Peut-être aurait-il consenti à ne pas leur
dire leur fait... Peut-être même se serait
il confessé à eux. Les discours qu'il a
prononcés au Congrès des Etats-Unis,
lui auraient rendu son examen de con
Science bien facile; il n'aurait, par ex
emple, eu à couper d'un de ses discours
que ce que nous y taillons nous-mêmes:
" Oui, quelque mauvaise que je croie
cette mesure, quelque désastreuses que
doivent en être les conséquences, et quel
ques efforts que je fasse pour la combat
tre tant qu'elle est soumise à notre dis
cussion, mon opposition s'arretera ici.
"Mais dès que la controverse aura passé
l'enceinte de cette chambre. , dès qu'elle aura
atteint le point d'une collision ou d'une rup
ture. un sentiment profond de ce que je dois
d mon pays adoplif me fera un devoir de
m'en abstenir it de la laisser décider pat 1
ceux qui sont nés sur le sol , et par cette sage
Providence, qui tient dans ses mains les des
tinées des nations. Jusqu'à ce que l'Etat
qui m'a fait ce que je suis m'impose d'au -
1res devoirs et d'autres résolutions, je res
terai, fidèle à l'Union! Je n'oublierai, ni
ne désavouerai tout ce que je lui dois , ni
combien ses droits sur moi sont puissants."
Mais les soixante-dix prenaient du
hatchis, pendant que M. Pierre Soulé
dépensait pu Congrès son éloquence et
«on énergie pour défendre les institutions
du Sud contre les atteintes incessantes
et fatales que leur porte le Nord. Les
oixante-dix adressent, sans mission et
ans droit, des interpellations qui renfer
ment autant d'injures que de propositions,
au généreux et vaillant champion de la
Louisiane, et ils crient : " A l'insulte! "
parce qu'on les envoie promener. Vrai
ment! c'est un grand malheur que M
Soulé souffleté sur une joue, n'ait pas
tendu l'autre! c'est bien mal à lui lors
qu'on l'appelle traître, qu'il ne dise pas
qu'il est aussi un voleur et un assassin.
Ou les soixanle-dîx savaient qu'ils insu!
taient M. Pierre Soulé, en l'interrogeant,
et ils devaient s'attendre alors à la ré
ponse qui leur a été faite, ou ils ne le sa
vaient pas at dans ce dernier cas, s'ils
ont quelque noblesse danS le cœur, ce
sont de francs imbécillcs. Dans l'une et
l'autre de ces hypothèses', les soixante
dix 9c Söht a'cquis'des droits à une immor
talité que personne ne leur enviera.
Quoique divers organes du whiggisme
aient attaqné à ce sujet l'honorable P.
Soulé, il en est cependant qui se sont te
nus dans une réserve honorable. Nous
le mentionnons avec une vive satisfac
tion. Pour ces journaux au moins la dé
nomination " étranger d'origine " n'ins
pire pas une haine aveugle; mais il en
est d'autres vraiment qui semblent par
leur langage ne solliciter qu'une Saint
Barthélemi d'étrangers; il en est qui ont
avancé que si l'hon. Pierre Soulé conser
ve la toge sénatoriale, ce sera pour Itii la
tunique de Nessus. Invite* donc ces
étrangers d'origine & une grande ftte;
puis, à un signal donné, commencez vo
tre oeuvre, mais prenez-y garde, vous
pourrie* bien être les Huguenots. Les
étrangers d'origine défendraient leur vie
et ils seraient aidés de tous (ears frères
d*Amériqne qui conservent quelque res
pect pour leurs pères, quelque soumis
sion aux îois qui noa; régissent.
POLITIQUE EXTERIEURE.
Pendant que les partis travaillent en
France à trouver chacun sa solution, le
gouvernement applique tout un système
de persécutions pour arriver à la sienne.
Cette solution à laquelle tend le popu
laire Piésident que s'est donné la France
consiste, tout le monde le sait, dans l'é
tablissement graduel d'un nouvel empire
français, (l'administration de M. L. Bo
naparte n'est elle pas assez glorieuse
pour justifier cette ambition?) Pour arri
ver à de si nobles fins, les journaux les
plus aimés du peuple sont saisis, les édi
teurs poursuivis et condamnés. Ce sont
"ik des moyens de succès qui peuvent
bien à la rigueur valoir ceux que vient
de mettre en usage le parti légitimiste,
mais qui assurément ne valent guère
mieux
Dieu veille sur la France ; l'aveugle
ment des réactionnaires qui la gouver
nent en ce moment nons en donne cha
que jour une nouvelle preuve; forfaits
politiques sur forfaits finiront par combler
la mesure et le peuple français, qui aime
à jouer sur les volcans, a prouvé plus
d'une fois qu'il est assez bonne connais
sance du feu pour faire périr dans les
volcans qui éclatent, ceux qui ont tenté
de l'y précipiter; mais l'histoire est une
sotte aux yeux de tous les hommes qui
arrivent au pouvoir; bien sages et bien
rares sont ceux qui y puisent d'utiles
enseignements.
L'insuccès de Cavaignac dans sa can
didature à la Présidence, de Cavaignac
dont ij faudrait être fou pour nier l'inté
grité et le républicanisme, n'est-elle pas
due à son succès contre les insurgés de
juin et à ses ordonnances contre la pres
set Si la France républicaine a proscrit
ainsi l'homme qui ne portait qu'une at
teinte passagère à ses libertés, que ne
fera-t-elle pas aux ambitieux ridicules qui
cherchent à les lui escamoter grossière
ment pour toujours?
Une nouvelle lettre de M. de La Ro
chejacquelein a paru dans les journaux
naux français; celte lettre renferme une
longue et magnifique justification devant
les hbmrri'es" du parti légitimiste, et de
Vappel au peuple . qu'il proposa à l'Assem
blée légi-lative choquant par cette pro
position l'héritier des droits divins , et de
la réponse qu'il fit, il y a quelques se
maines, â l'acte d'excommunication offi.
ci elle, signé " pour Henri V et son
ministère, de Barthélémy. " Cette leftre
respire dans toute son étendue, la loyauté
et les sentiments chevaleresque, qui ani
mèrent toujours le légitimiste-libéral.
u J'ai pensé, dit-il, qne le drapeau du
droit national ayant été jeté dédaigneu
sement dans le camp ennemi par des
-nains au moins imprudentes, je devais
me dévouer pour le reprendre et le re
placer entre les mains du prince auquel
il appartient. Je m'attendais aux consé
quences de ce sacrifice; aussi aucune
doirteur ne m'a-t-elle été épargnée. Que
serait-il arrivé si personne ne s'était sa
crifié? Maintenant que ce noble drapeau
est relevé il ne dépend pas de moi s'il
doit être suivi. "
Voilà certes des paroles qui ne sont
point une exagération des actes de M.
de La Rochejacquelein. Les efforts
multipliés de l'intrépide représentant
pour populariser la légitimité, sont ins
crits dans les annales de la France et
flétrissent le parti maladroit qu'il a si
bien servi, parti qui, par malheur pour
les sympathies du noble légitimiste et
par bonhe'T pour la France, vient de le
jeter honteusement de son sein, en se
suicidant.
En parlant de la circulaire royaliste,
M. de La Rochejacquelein écrit encoie:
w La presse a des droits, ils lui sont
enlevé» arbitrairement : elle doit obéir.
II ne peut plus, même en dehors de
la représentation nationale, il nê peut
plus se trouver un nouveau d'Assas qui,
en fane d'une éventualité soudaine , puisse
s'écrier : " A moi, Auvergne! " et mou
rir en servant sa cause.
Si le manifeste du ministère d'Henri
V, n'était as=ez ridicule, dans le dix
neuvième siècle, pour n'être critiqué par
aucun parti, l'indignation éprouvée parjj^
M. de La Rocbcjacquclein, indignation
qu'il exprime en termes si mordants, au- i
rait suffi pour en faire ressortir Hnoppor- ;
tun ité et l'anti-libéralisme.
A la publication de la première lettre
du légitimiste outragé, les républicains
espéraient que la voie libérale qu'il a
parcourue le conduirait dans le sein de
la république sage, modérée. Ce para
graphe détruit malheureusement cette
espérance :
" Il y a des orgueils qui peuvent effa
cer les devoirs chez certains hommes.
Ils placent leur propre mérite au dessus
de leur conscience. J'ai plus de modes
lie, je sais que je n'ai pour moi que ma
volonté, que mes bonnes intentions. Je
serais trop coupable si j'oubliais les obli
gations (pie m'imposent les tombeaux au
milieu desquels je suis né. "
Ces paroles expriment mioux que leus
les commentaires que M. de La Roche
jacquelein portera dans son cœur jusqu'à
son dernier jour le symbole politique qui a
eu jusqu'ici la foi de sa \ie entière. Cer
tes nous avons peu d'admiration pour le
symbole ; mais nous en éprouvons beau
coup pour le type de la fidélité et de la
cheviflcric françaises.
La mort vient encore d'éprouver cruel
lement la famille du premier roi des
Français (qui sera sans doute aussi le
dernier). La fille aîuée de Louis-Phi
lippe, reine des Belges, à-suivi de près
son père; elle a succombé à la phtisie
qui la consumait depuis long-temps.
Comme tous les enfants de la famille
d'Orléans, la reine des Belges, avait des
qualités sérieuses. Comme reine elle sera
vivement regrettée par tous les royalis
tes belges; comme femme par tous le
hommes qui savent admirer la vertu;
comme mère, épouse, fille et sœur, par
des enfants appelés au trône, par un ro 1
populaire, par une noble et grande reine
déchue, par des princes qui ont bien mé
rité de la France, que la France chérit
et que la République a dû proscrire.
Décidément l'Espagne est déterminée
à vendre chèrement son île de Cuba où
à ne l'abandonner qu'après l'avoir arro
sée de torrents de sang. Par les prépa
ratifs qu'elle fait, on peut croire qu'elle
est informée de quelque prochaine ten
tative, de quelque nouvelle descente.
Elle envoie le général Concha pour
remplacer Roncali dans le commande
ment de l'île, et six milles hommes, pour
renforcer la garnison. De plus toute une
flotte, portant trois cent deux canons
parcourra la mer des Antilles et le golfe
du Mexique pour protéger les côtes.
C'est assurément là beaucoup de forces,
mais ces forces sont-elles suffisantes
pour s'opposer aux idées libérales qui de
puis longtemps envahissent Cuba, s'y dé"
veloppent et s'y multiplient. Suffisent-el
les pour résister aux envahissements d'un
peuple brave, entreprenant et riche?
Puis l 'Espagne est-elle bien certaine que
la liberté, sans coup férir, ne séduira pas
les soldats d'un pouvoir arbitraire? Les
hommes politiques d'Espagne ne doutent
jamais de rien, cependant il leur arrive
bien souvent de se tromper.
La Prusse a déclaré qu'elle ne souf
frirait pas l'intervention de l'assemblée
fédérale de Francfort dans les affaires
du Hesse-Cassel. A propos de cette dé
claration l'Antriche, le Wurtemberg, la
Bavière et la Saxe ont formé une allian
ce offensive et défensive. La position
des troupes de Danemark était à peu
près la même que celle que nous avons
dite précédemment. Cependant il pa
raîtrait que les soldats des duchés au
raient remporté quelques légers avanta.
ges fcur les Danois. Frederikstadt, oc
cupé par ces derniers, tenait encore aux
dernières dates. Comme on le voit, la
vieille Europe est toujours agitée. Quel
que grand événement surgira-t-il de
cette agitation on bien le calme renaîtra
t-il sans choc? Nous verrons.
ggeg>
Nous verrons si justice sera faite.
procès . — Une action est portée au
jourd'hui devant la Cour Supreme de
Pennsylvanie par Ellen B. et Catherine
Oliver de cet Etat, en demande de vingt
mille piastres de dommages. Cette ac
tion est intenté à plusieurs Pen .sylva
niens ponr avoir favorisé la fuite de dou
ze esclaves appartenant aux demande
CCrNous recevons le communiqué sui
vaut, d'un respectable citoyen de Bâton
Rouge et nous nous faisons un plaisir de
l'insérer dans notre feuille. Cette sortie
d'un natif contre les natifs est une des
milles preuves de considération qu'ont
pour les étrangers naturalisés tous les
hors Louisianais.
Une Revue critique de Bâton-Rouge
nous est promise; nous en attendons l'en
voi avec impatience, et sans doute, nos
lecteurs aussi. Nous espérons bien qu'elle
ne se fera pas trop attendre.
(COMMUNIQUE.)
Quelques paroles prononcées par l'hon.
P. Soulé, depuis son retour du Congrès,
interprêtées d'après l'axiôme si connu :
Donnez moi quatre lignes de l'écriture <i k un
homme et je lr ferai pendre , ont réveillé
toutes les passions whigs-nntives qui som
meillaient depuis quelque temps.
Sans entrer dans le détail de tout ce
que ces petitesses ont de peu flatteur
pour les naturalisés qui ont le robuste
courage de s'en accommoder, et prenant
ces déclamations haineuses et jalousos
adressées, non au Sénateur démocrate,
mais an grand orateur naturalisé» pour
ce qu'elles valept réellement; je in«'P er "
mettrai de faire observer d'abord à Mes
sieurs les whigs-natifs que, si le fait d'ê
tre né sur le sol étranger prive l'homme
rie tout jugement, de toute science, et do
tout patriotisme, il ne suffit pas toujours
d'être natif pour posséder tout cela, à en
juger par eux-mêmes.
Non contents de vouloir à la fois, pri
vilèges financiers, privilèges manufactu
riers, privilèges agricoles, privilèges po
litiques, il leur faut encore le privilège
de la naissance, l'aristocratie du^ffT^'
ceau; mais, fiers dmûpirrrîSTiîrnativisme
où sont donc, vos titres généalogiques?
Quelle est la souche et la date de votro
nationalité? et cembien êtes-vous qui
pouvez vous glorifier de remonter jusqu'à
votre grand-père, né citoyen américain?
Il y a 75 ans, vos pères étalent sujets,
anglais, au Nord.
Il y ri 47 ans, de la Basse Louisiane
au Missouri, vous et vos pères, you» étiez
sujets espagnols, après avtiir été colons
français.
B y a dix ans de moins, n'étiez vous
pas encore sujets espagnols duns les Flo
rides? Et enfin qu'étiez vous donc,
vous, vos pères et vos fils, avant les tou
tes récentes annexions du Texas, de la
Californie et de l'Orégon, sinon' Mexi
cains?
Vous revendiquez le titre de natifs
américains,vous qui êtes devenus citoyens
par le fait de cessions, d'annexions et de
conquêtes, sans votre fibre concours, sans
votre participation individuelle et vous
voulez contester ce beau titre de citoyens
à des hommes qui viennent l'acquérir de
leur propre volonté, eri tfertu d'un con
trat solennel passé entre chacun d'eux
personnellement et l'Union américaine.
Vous ne comprenez pas que la presque
totalité de ces étrangers n'étaient que
des sujets asservis, opprimés, exploités et
sans droits politiques dans leur patrie na
tale, et qu'en devenant fibres et vos
égaux en droits ils deviennent nécessai
rement vos égaux en devoirs, et Dieu
merci! qui oserait les accuser d'y
failli? Dites-nous donc, vous, na
provisés, vous graines étrangères
tées des quatre points cardinaux d
pour être semées et cultivées par
res, dites-nous donc qu'elles Ont été 'les
trahisons, les lâchetés, les tentatives li
berticides, et les influences pernicieuses
exercées par vos pères, sur vous, fils dé
naturés, avant, et depuis votre union
successive à la Confédération américai
ne.
Divisés et antipathiques les Uns aux
autres vous faites dit nativisme de race,
du nativisme du Nord ou du Sud, du na
tivisme, enfin, de mœurs, de langagte et
de clocher; et dans Cette guerre de pe
tites passions et de petits intérêts égoïs
tes, vous n'êtes jamais unis que pour je
ter le dédain et l'insulte sur l'étranger
dont vous jalousez la prospérité, ou dont
les talents supérieurs portent ombrage à
d'envieuses médiocrités.
Toujours hargneux,soupçonneux et ac
cusateurs, même à l'égard d'hommes qui
étaient citoyens avant que vous fussiez
liés-, même à l'égard de vos propres pè
res, dont vous contestez sans cesse et en
lace, les lumières suffisantes pour com
prendre nos institutions et l'attachement
nécessaire pour y rester fidèles, voire or
gueil anti nâtlolVal ne voit eu eux que des
intru^, «auf à devenir 80»tple, obséquieux
et flatteur lorsque leur appui politique
peut vous être utile.
Sachez le bien, whigs natifs de toutes
les catégories, votre règne de patriciens
trônant sur des écus, Ct exploitant le
peuple par privilège, n'arrivera pas, car
dans l'avenir comme dans le pîwsé, l'im
migration étrangère ae ralliera toujours
en masse au principe démocratique, par
ce qu'il n'est pas plus dans la nature hu
maine, que dans l'instinct des animaux,
de préférer la servitude à la liberté.
écesrai
:*t Dieu
y 1 avoir
i "
vos
étéles

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