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Le pionnier de l'Assomption. (Napoleonville [La.]) 1850-185?, December 13, 1850, Image 3

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— Au Meiique, le Monitor iiepublica.no
du 29 octobre a annoncé officiellement
réfection du général Arista a la présiden
ce tie la République. Il a obtenu le» voix
de 12 Etat?, «avoir: le district fédéral,
les Etats de Jalisco, San Luis Potosi,
Queretaro, Guanajuato, Mexico, Oajaca,
Vera Cruz. Oahuila, Tamaulipas, Si
naloa, et Chiapas. — La chambre des
députés a adopté, dans sa séance du 27
octobre, un projet de loi frappant d'un
droit de consommation de 8 pour cent
les produits dans In république mexi
caine. Ce droit devra commencer à être
perçu quatre mois après la promulgation
île lu loi.
— Des lettres de Saint-Thomas confir
ment la perspective d'une prochaine
invasion de la république dominicaine
par les Haïtiens. On s'attendait à voir
les hostilités commencer dans les pre
miers jours de novembre.
— L'Amérique Centrale semble sortir
de son apathie.
Le Guatemala vient d'établir un nou
veau port d'entrée à San-Thomas, en
même temps qu'il a conclu un traité de
commerce avec les villes hanséatiques.
Le président de San Salvador a
décrété l'installation d'un hôtel des mon
naies dans la capitale, pour foire passer
dans la circulation le produit chaque jour
plus abondant des mines.
Pendant ce temp-, la reconstitution
de la confédération centre américaine fait
quelques progrès; le Honduras vient
d'approuver les bases arrêtées à Léon,
par ses commissaires, de concert avec
ceux du Salvador et du Nicaragua.
— La tranquillité que nous félicitions
naguère le Chili d'avoir su conquérir
paraît au moment d'être gravement com
promise. La session du Congrès a été
brusquement close par l'Exécutif etil s'en
est fuivi une vive agitation. Le comité
de l'opposition, composé de quatre séna
teurs et douze représentants, a adressé
au peuple un manifeste par lequel il l'in
vite à ne souffrir aucune atteinte à la
Constitution, (/arrestation de deux séna
teurs, MM. Prado et Finard, accusés de
menées insurrectionnelles, est venue en
core ajouter au mécontentement et à
l'inquiétude. D'après ces renseignemens,
le Chili serait menacé de rentrer dans les
commotions d'où il était si heureusement
sorti.
JONCTION DES DEUX OCEANS.
La jonction des deux Océîins est deve
nue le rfive de tous les esprits et chacun
veut maintenant concourir à la réalisa
tion de cet immense projet. Partout où
le continent américain se rétrécit, par
tout ou l'Atlantique et le Pacfique se
rapprochent, ou parle de creuser un ca
nal ou d'établir un chemin de fer. Au
lieu d'une voie de communicrtion, nous
en aurons plusieurs. Dans un avenir fort
prochain, l'isthme de Tehuantepec aura
son chemin de fer, grace à l'énergie et
à la persévérance de la Compagnie Loui
lianaise. La vapeur ne tardera pas éga
lement à supprimer l'espace entre
Chagres et Panama. D'une autre, part,
il est à peu près hors de doute que la
distance qui sépare le lac de Nicaragua de
l'Océan Pacifique sera canalisée. Les avis
par le Crescent City sont des plus fav< •
rabies. Les ingénieurs chargés de faire
les reconnaissance» nécessaires ont écrit
que le problème était résolu, et qu'ils
avaient planté les jalons du canal sur un
terrain qu'ils avaient fini par découvrir
après beaucoup de peines et où les
obstacles matériels seraient facilement
vaincus. Ce canal reliera l'extrémité
occidentale du lac de Nicaragua à l'O
céan Pacifique et n'aura que douze milles
de longueur.
( L'Abeille.)
actes officiels : — Le président de»
Etats-Unis a reconnu officiellement M.
J. M. Wright comme consul Autrichien,
i A palachicola (Floride), et a accrédité
M. André Low en qualité de vice-con
sul Autrichien, à Savannah (Géorgie).
meurtre dans le Mississippi : — De
puis quelques mois les viols, assassinats
et vols à main armée, se multiplient d'une
manière effrayante dans l'Etat du Mis
sissippi; voici un nouveau crime qui,
nous l'espérons, mettra enfin les autorités
en garde contre les misérables qui déso
lent cet état.
Deux jeunes gens qu'une affaire d'a
mour, avait faits ennemis, Messieurs O*
H. Sessnus et Gustave Pu« kett, se ren
contrèrent le soir dans une rue de Bran»
dou; ce dernier dès qu'il aperçut son
rival, l'accabla d'insultes et le traita de
suborneur; M. Sessnus ne répondit rien
et continua sa route, mais ce silence ne
faisait pas l'affaire de Puckett qui, voyant
qu'on ne répondait pas à ses injures, tira
un poignard de sa poche et fondit sur
le jeune Sessnus, auquel il porta onze
coups dont cinq mortels. Au premier
coup. Sessnus tomba, s'écriant qu'il était
mortice cri n'arrêta pas le meurtrier qui
ne s'enfuit qu'après s'être assuré que son
rival était en effet passé de vie à trépas.
— La police est sur les traces de Puckett.
mais jusqu'à ce jour on n'a pu avoir au
cun renseignement sur lui.
inceîcdie : — - ,.it du 30 no
vembre au 1er décembre, le feu s'est
déclaré sur la plantation de Samuel Da
vis, à quelques milles de Vidalia; mal.
heureusement on ne s'apperçut de l'in
cendie que lorsque les flamme«, se frayant
un passage à travers les bâtiments, eu
rent dévoré plusieurs magasins remplis
de bois; aussi malgré les secours que les
voisins de M. Davis lui portèrent, une
grande quantité de coton fut réduite en
cendres. La perte totale est évaluée à
vingt mille piastres.
les cherokees : — La tri bu des Che
rokees vient d'imposer d'une taxe per
sonnelle tous les mulâtres et nègres li
bres, habitant le territoire que ces In
diens prétendent le leur; par la même
occasion, Messieurs les Cherokees ont
passé une loi grâce à laquelle des écoles
publiques vont être instituées dans la
tribu, et ont adopté un bill réglant les
dividendes à payer pour les intérêts de la
dette nationale! — décidément il n'y a plus
de sauvages.
douane DE mod.l ,E : — i ,c Mobile
Tribune annonce que le secrétaire tré.
gorier a nommé une commission chargée
de désigner un emplacement pour l'édi
fication d'une nouvelle douane, digne de
Mobile. Les membres de cette commis
sion se sont aussitôt mis à l'œuvre, et
nous apprenons que les terrains ayant
été choisi«, on :« passé un acte avec l'ar
chitecte le plus apte à conduire à bonne
fin d'aussi importants travaux.
une grande reception : — On écrit
de Washington, n la date du 29 novem
bre dernier, qu'il y a eu grande récep
tion le 28, à la maison blanche.
Le corps diplomatique, en tenue de
cérémonie, s'est rendu auprès du prési
dent de la République et lui a présenté
ses complimen? de condoléance; M. Fill
more a répondu en quelques mots, et
les ministres étrangers se sont alors n
vancés :
Parmi ces derniers on remarquait, et non
sans une certaine surprise, l'ambassadeur
d'Espagne, don Calderon de la Barca! ce
diplomate a déclaré au président que la
Reine avait le plus vif désir de continuer les
nnes relations qui existent entre les deux
ays et qu'il remerciait, lui ambassadeur,
e Cabinet de Washington, de son attitude
|dans les affaires de Cube.
Comme on le voit notre président sait
mprendre l'entente cordiale. — Après le
iscours d'Isabelle aux Oortès,c'est se mon»
rer de bonne composition, il faut l'avouer.
une qttasi-execütion . — Dans une ville
lu Nord, un homme du nom de Creas
lan était condamné à être pendu. Le
tour fixé pour l'exécution étant arrivé, la
jot< nce se dresse; l'heure venue, une
Ifoule innombrable entoure Péchufaud,
impatiente d'assister i l'odieux spectacle
lui lui est promis. Le shérif s'est rendu
la prison, a ordonné les préparatifs du
lépart; le condamné pleure en deman
lant s 'il est bien vrai qu'il va être pendu
îme un chien. Aussitôt l'enceinte de
prison franchie, le shérif tire de son
»rte-feuille, on ordre de l'exécutif par
[equel il est fait grâce à l'accusé.
Ce dut être là pour ce dernier une
>ien agréable déception; pour l'honneur
le l'humanité, croyons qu'elle fit égale
ent agréable aux curieux qui furent si
îen volés quant t la partie priucipale du
ctaclc.
Buenos-ayhks : — Grâce à l 'arrivée dans
le port de la Nouvelle-Orléans, de deux na
vires Américains venant de Montevideo,
nous recevons de cette ville et de Buenos
Ayres des nouvelles très récentes.
Aux dernières dates, on regardait comme
imminente une guerre entre le Brésil et le
gouvernement de l'osas; à Buenos-^lyres
les affaires allaient fort mal. tant les négo
ciants avaient peu de confiance dans la sta
bilité du gouvernement actuel. — Pour com
ble, la saison des pluies a commencé plus
tôt que do coutume, et les récoltes sont à
moitié peidues; tout semble concourir à
l'anéantissement de ce malheureux pays, la
nature et la poltique.
nouvelles d'haïti : — Des lettres de
St-Domingue du 2 courant ont été reçues
à Boston, et annoncent que grâce à l'inter
vention des Anglais et des Américains, un
traite de paix a définitivement été conclu
entre les Dominicains et les Haïtiens.
la vieillesse d'un soldat : — Dans le
district de Darlington, vit heureux dans son
obscurité, un débris de ces phalanges hé
roïques qui nous ont acquis notre indépen
dance. Ephraim Gandy, (c'est le nom de
ce vétéran) est âgé de 108 ans, ce qui es 1
un bel âge pour un homme, et porte son
siècle le plus gaîment du monde; libre et
sans soucis du lendemain, grâce à une hon
nête aisance, Gandy vit de souvenirs au mi.
jieu de.ses nombreux petits enfans, auxquels
il doit raconter souvent (s'il est fidèle aux
traditions dis vieux soldats) les exploits de
sa jeunesse, et la noble guerre dont Was
hington fut le héros.
lk pere m a the w : — Ce dernier apô
tre de la Tempérance est arrivé le 7 cou
rant à Pensacole,où il s'est mis promptement
en devoir d'infiltrer ses maximes d'eau dou
ce aux nombreux disciples de Bacchus, qui
florissent dans cette petite ville. — Le père
M ithew a fait merveille, dit-on :— Tant
mieux pour les porteurs d'eau, tant pis pour
1er marchands de vin.
FEUILL ETON.
as âïîâsSâSâsSSSSs
EPISODE RACONTE PENDANT LA KUIT DU 23 JUIN
1848.
Grenoble, 25 avril 1810.
" Encore un grand mois, et pas un
mot de vous!... Qu'est il donc arrivé?
Vous n'êtes pas blessé, vous n'êtes pas
mort... Fernand l'écrirait, et il écrit, au
contraire, que vous n'êtes ni mort ni
blessé... Oui, mais il écrit cela d'un ton...
J'ai lu, relu , dévoré, commenté chaque
-y'Iabe de la lettre.... Il n'y a rien
Pourquoi donc me fait-elle frissonner?
Albéric, vous vi v< z, mais votre cœur est
mort. Vous ne m'aimez plus; vous n'o
si z pas me l'écrire; mais vous êtes trop
loyal pour m'écrire que vous m'ainn z en
core.. . O mon Dieu! mon Dieu! ayez pi
tié de moi! vous me punissez d'avoir trop
mis de mon cœur dans un sentiment ter
restre... Je mérite ce châtiment... mais
était-ce à lui de me punir?
u Oui, je suis bien coupable, coupa
ble envers vou — même, Albéric; car, l'an
dernier, lorsqne vous fûtes blessé, lors
que chaque bulletin pouvait (n'apporter
la nouvelle de votre mort, et qu'il me
semblait voir dirigées contre ma poitrine
les balles et les épées qui menaçaient la
vôtre..... eh bien! j" ne souffrais pas ce
que je souffre aujourd'hui! Je suis coupa
ble, et cependant vous devriez me pai
donner... car c'est encore de l'amour!.. .
Voyez vous, Albéric.' si \ons aviez suc
combé sur le champ de bataille, mon
cœur eut été bri-é du même coup; il fut
descendu avec vous dans le tombeau
J'étais votre fiancée.... je serais devenue
votre veuve je vous aurais gardé ma
foi jusqu'à mon dernier soupir; j'aurais
vécu avec votre noble image; la pureté
du sacrifice en eut adouci la rigueur, et
j'aurais goûté la joie douloureuse, le cé
leste enivrement de l'immolation chré
tienne!... Et maintenant ... oh! mainte
nant, je n'ose plus penser à toi.... Ton
souvenir éveille en moi des idées que je
ne comprends pas, dont j'ai peur et hon
te!... Ahî oui! j étais folle; j'avais cru à
la durée de ce qui est fragile, j'avais mis
ma confiance dans ce qui me trahit! J'é
tais folle! parce que vous m'aviez dit que
vous m'aimiez, j'avais cru que cet amour
était votre existence comme il était la
mienne; qu'aimer c'était ne pas pouvoir
ne plus aimer, qu'il vous était aussi im
possible de vous détacher de cet amour
que de cesser de respirer Mon Dieu!
s« courez moi! je vous ai offensé! j'ai ou
blié que c'était tn vous seul qu'une âme
chrétienne devait chercher la sincérité
des affections éternelles! J'ai oublié^que
le monde est la douleur, efque vous êtes
la joie; que la créature est le mensonge,
et que vous êtes la vérité! Secourez-moi,
mon Dieu ! et si vous avez pitié de ma
faiblesse, ne punissez pas Albéric..."
Cette lettre, datée du 25 avril, était
la dernière. Albéric avait dû la rece
voir, quinze jours ou trois semaines avant
le tragique épisode de Martorano et de
la forêt de Sainte-Euphémie.
Permettez-moi maintenant, Lionel,
poursuivit le capitaine Garbas, d'imiter
vos drames et vos romans à la mode, en
franchissant en une seconde un espace
de cinq années. Le 18 jnin 1815, j'étais
capitaine comme aujourd'hui, et je pris
part à la dernière bataille où s'engloutit,
cette fois pour toujours, la fortune de Na
poléon.
'• Cette bataille n été racontée trop
souvent pour que je sois tenté d'en re
commencer le récit; je vous dirai seule
ment que je fus chargé par mon colonel
d'enlever h la baïonnette une position
que l'ennetni occupait depuis le matin,
et d'où il tirait sur nous presque à coup
sûr. J'étais soutenu par un détachement
du 3e dragons.
" L'attaque fut rude et chaudement
disputée; au moment où nous arrivions,
sou« le feu nourri des Anglais, jusqu'au
point culminant de la hauteur d'où il
s'agissait de les déloger, l'officier qui
commandait nos dragons et qui s'était
élancé, le sabre nu, à la 'Ct e de ses hom
mes, tomba à trois pas de moi, atteint
d'une balle à l'épaule. Je me précipi
tai vers lui, avec une vingtaine de volti
geurs; nous formâmes autour de lui une
colonne serrée; et, pendant que nous
achevions de bousculer les habits rouges,
mi brancard fut improvisé; une ci pote
de so'dat jetée par dessus, nous y pla
ça mes notie officier qui cria : Laissez
moi! et : En avant! jusqu'au moment où
il s'évanouit, épuisé par la douleur et le
sang qui s'échappait de sa blessure.
" Je donnai des ordres pour qu'on le
transportât à l'ambulance avant que n r m
eussions de nouveau l'ennemi sur les
bras; mais voici que ces damnés d'habits
rouges que nous avions vus s'enfuir en
déroute revinrent tout à coup sur leurs
pas : il y eut encore un moment d'horri
ble mêlée, pendant laquelle un grand
diable de sous-lieutenant aux yeux bleu«
et aux cheveux blonds m'asséna un eoup
de sabre qui eût fait honneur au Front
de-Bœuf de son compa'r'ote Walter
Scott. Je tombai sans connaissance.
" Quand je revins à moi. j'étais
l'ambulance; le lit le plus voisin du mien
était occupé par un officier, blessé griè
vement comme moi, et dont j'entendais
par intervalle la respiration haletante et
entrecoupée. Il faisait nuit, et j'étais si
affaibli que les sensations ne m'arrivaient
qu'à travers une sorte de toile, pareille»
à un rêve douloureux où l'illusion coto
yait la réalité.
" Bientôt le jour parut, éclairant d'un
splendide rayon d'été cet intérieur lugu
bre, ces scènes funèbres, ces visages livi
des*
" Mon voisin se tourna vers moi :
malgré sa pâleur, je reconnus l'officier
de diagons, tombé la veille, à mes côtés;
il me reconnut aussi, et essayant de sou
rire :
—" C'est donc décidément, murmura
t-il, un jour de malheur pour les braves
et nobles coeurs, puisque vous êtes blessé?
" Capitaine, répondi«-je avec effort,
c'est ce que je me suis dit hier en vou
voyant tomber.
—" ÏCt pourquoi me secourir? ajouta
t-il d'un ton d'affectueux reproche; si
vous n'aviez pas perdu près de moi cinq
précieuses minutes, vous acheviez de ha
layer la hauteur,les habits rouges ne re
venaient pas, et vous ne seriez pan ici. ..
" C'est possible, mais je ne regrette
rien si j'ai contribué à vous sauver.
"— Merci, mon ami permettez-moi
ce nom quoique je sois pour vous un in
connu... Mais on se lie vite, n'est ce pa-?
quand on a fait connaissance comnv
nous avons fait hier, et quand on se re
trouve comme nous nous retrouvons au
jourd'hui.
"— Oui, capitaine, oui, votre ami....
balhutiai-je d'une voix que ma douleui
et ma faiblesse rendaient de plus en plu»
inintelligible.
'•— Et si nous nous tirons d'affaire,
continua mon voisin, je veux que ce pre
mier souvenir soit entre nous un lien in
dissoluble, que nous devenions compa
gnons et frères d'armes Le voulez
vous?
" J 'essayai de répondre :
"— Oui.
>i -»»Et d'abord, il fuit que je vous dise
mon nr>nrc;'ff?prft il en étendant le bras
de mon côté et me présentant sa main
blanche;je m'appelle Marcelin de Mont
meillan...
" Ma main que j'essayais de lui ten.
'Ire. ne put aller jusqu'à la sienne; je re
tombai sur mon grabat, brisé d'émotion
et de souffrance
1
" Je vais franchir ennerc un intervalle
de quelques mois, remplis par les catas
trophes de cette terrible année 1815, et
ai river d'un saut au commencement de
l'hiver suivant.
" La blessure de M. de Montmeillan
s 'était trouvée un peu moins grave que
la mienne; il avait supporté l'extraction
de la balle avec un courage héroïque;
après quoi sa convalescence avait fait
des progrès rapides. Mais il ne voulut
pas me quitter un instant, D'ailleurs,
après le désastre de Waterloo, nous fû
mes faits prisonniers tous deux, ensuite
compris dans un échange.
" Vers le mois de septembre. Marce
lin pouvait partir pour le Dauphiné, son
pays, et aller s'y reposer de ses fatigues
et de sa blessure; il était libre, il était
guéri. Mais, comme je ne l'étais pas en
core et que je n'aurais pu supporter la
route, il resta auprès de moi, me soignant
avec le zèle d'une sœur de charité, avec
la gaieté d'un camarade, avec l'afil'ction
d'un frère.
** Pendant les longues heures de ma
lente convalescence, nous resserrâmes
encore les liens d'un amitié commencée
sur le ch tmp de bataille. Il y a dans I
e
a
convalescence, celle surtout, qui succède
5 une blessure grave, je ne sais quelle
langueur attendrie, amollissante, une fi
titrue mêlée de bien être, qui di»pose aux
émotions douces II semble que l'on re
naît à la vie. que l'on entre dans une vie
nouvelle, avec des organes plus jeunes,
des sensations plu* fraîches, cl t|Ue, dan»
ce rajeunissement de l'âme ei du corps,
le besoin d'aimer accompagne celui de
vivre. Je devais être plus accessible
encore à ces impres»ions affectueuses,
moi qui, alors âgé de vir gt-deux ans, n'a
vais pas eu et n «vais pu avoir d'ami
Pendant les cin<i ans qui venaient de
s'écouler depuis le tragique événement
de Martorano où s'était retiempée et
transformée mon exi»tence, j'avais gardé
de ce funeste souvenir et des habitudes
de mon adolescence une sorte de taci
turnifé sauvage que pouvaient bien mo
difier les progrès de mon éducation in
tellectuelle et morale, mais dont il me
restait encore des traces assez profondes
pour m'isoler au milieu de mes camara
des. Dans mon régiment, j'étais estimé
à cause de mon exactitude scrupuleuse
sur tous les points do la discipline, ii
cause de mon ardeur à m'instruire, <t
même de cette réserve qui arrêtait l'ex
pansion, la familiarité et la confiante:
main je n'étais pas aimé.
" Aussi ce fut avec délices que j»
m'abandonnai à l'amitié de Marcelin de
Montmeillan. Cette amitié charmante
fut pour mon esprit, peu accoutumé au
contact du monde et au commerce de«
hommes, quelque chose d'analogue à ce
qu'avaient été pour mon cœur le portrait
et les lettres d'Henriette : une initiation
à un monde nouveau, à un ensemble d'i
■'é set d'émotions délicates, exquises, où
l'influence de l'éducation et fie la nais
sance ennoblissait chaque f>çon de dire,
de sentir et de penser. Bientôt M. de
Montmeillan n'eut plus «le secret pour
moi. Lorsq. 'il vit que ma guérison pro
chaine et le charme de son affection dis
si paient peu à peu ma tristesse et ram
liaient le sourire sur mes lèvres, il re
nonça au rôle de gaieté factice qu'il s'é
tait imposé pour m'égayer moi-même et
me distraire de mes souffrances. Un nua
ge de mélancolie se répandit sur soi
Iront, et, quand je lui en demandai la
cause, l'explication qu'il m'en donna fir
pour moi la source d'émotions nouvelles:
41 Marcelin me raconta (ce que je sa
vais hélas!) qu'il avait une -mur; qu<
celte sœur, cette bien-aimée Henriette
la joie de son vieux père et la sienne
avait été, quelques années auparavant,
fiancée à un jeune officier appelé Albé
ric d'Offanges, qu'elle aimait et de qui
elle était aimée; qu'Albéric avait péri
misérablement dans la guerre des Cala
bre«, victime sans doute de quelque hor
ri! I ■ guet-apens; que son corps n'avai
jamais pu «Wre retrouvé; qu'un dont
douloureux, fortifié par des circonstan
ces étrange«, planait «ur l'év&nerneni
terrible qui avait probablement cofll.
1 i vie h Albéric; qu'on suait parlé d u
rendez-vous donné dans une cabane
il'une jeune fille trouvée me rte sur h
seuil, et que le seul homme quieeût pu
jeter quelque jour sur cette cata«tro|>h .
Fernand. Fernand de Drancey, parent
des Montmeillan et compagnon d'armes
d'Albérie, avait été, pour surcroît dt
malheur, tué un mois après, avant d'à
voir pu rentrer en France ou même écri
re qti"!que chose de posifif.
" Vou« comprenez. Lionel, tont c
que c<> récit avait d'émouvant pour moi
qui aurais pu le compléter par «les révé
lations si nettes et si cruelles. Le croi
riez vous? Je comnynçais » éprouver
une amitié si vive pour M. de Montmeil
lan. un sentiment si exalté pour sa sœur,
qu'oubliant les torts d'Mbéric, la trahi
son épouvantable de Tiodoro, et ce fo- é
funèbre d'où je n'étais sorti vivant, que
par miracle, je me reprochai comrn»» un
crime, la mort de M. d'Offinges. P Mit
tant je ne ce««ai« pas d'attacher à »a mé
moire un sentiment d- jalousie et de liai
ne; et, par une il lu-ion b>z • t r • qui trau
portait dans le passé me« affections pré
sentes, il me semblait parfois que c'étai'
l'image d'Henriette qui m'avait arm
contre Albéric.
'• H est vrai «pie la conversation de M.
de Montmeillan rendait sans cessé cett
image plus puis«ante pour mon cœur ré
généré. Marcelin me parlai» presqm
constamment de sa chère Henriette; U
me vantait sa vertu, sa piété, sa beauté,
sa grâce, ne se doutant pas qu , pendant
qu'il me parlait d'elle avec cette vivacité
d'expression qu'autorise la familiarité
fraternelle, je pressais silencieusement
contre ma poitrine le portrait de cell«
qu'il essayait de me peindre.
"— Paul, me disait-il souvent, ce qui
me désole, «-'est que ma pauvre Hen
riette, qui cflt été la plus adorable des
femmes, la plus admirable des mères, va
se consumer dans une sort«* d'éternel
veuvage relie prétend qu'XIbéric n e«i
peut être pas mo«t, qu'on n'en a p is 1
preuve, et que c'est pour elle un motif
de plus de river son cœur à ce souvenir,
et de se condamner, à vingt et un an, au
deuil et à la solitude! Hélas! je cornai«
i
trop ce cœur sj noble pour espérer que
le temps affaiblisse sa résolution! C est
une âme, vois-tu, à renchérir sur les sa—
crific«-8, à s'immoler avec joie, comme si
chaque immola- ion la rapprochait no
p-u plus du cH. sa véritable patri !
Pourtant j'avais fait d'autres rêves, j a
vais conçu d'autres espérances; je sus
un soldat, moi, pas autre chose; j'ai plu»
peur du mariage que du pain de muni
tion. J'avais tonjonr? pensé que je re*
:
s
,
et
et
ce
6
de
t
6, ^ N *'Y J" " ma ter .ir,
que je lui a bun donnerais tonte no ]
tune.çe qui la ferait as?« z riche
[•our
une jam
>e, je retournerais à Mo„imeill„n «,'ù j e
Cuvera,s Henriette entourée detroi-nu
T 0 '» : '"nots qui «payeraient
< s ihumali-mes «le |,.„ r g r ,, ri( |. |)ère ,. t ,,
leur oncle!... Hélasl Waterloo d'un cô .
r cl, autre, la mo-t d'Albérie, ont
rnoli tous ces beaux rêves! \u»»i veux
1,1 ( l"'' te le dis,.? Pom- moi nui ne »um
pas aussi innocent qu'Henriette, il
clair qu'Albéric a été très probabler
tué d
ins un rondi
il est
probablement
z vous « i n uni i"011 x« et;
qui. selon moi, amoindriiait fort « e
»a fiancée <1 vi t. à »,t mémoire : et j ■
voue que je donnerais beaucoup
brave garçon bien tourné, comme
il y en a encore dans l'armée française,
parvînt i prouvera Henriette qu 'il n 'est'
pas raisonnable, à vingt ;ui*, '
à un deuil sans fin, et de s'
vante dans un tombeau qi '
ine celui d'un amanttidèle !
I uii Marcelin ajoutait néeli< r eiji
uient :
'• — S:
) eux noirs,
cenee, et ta
tein
que
t'.n
ip pour
•le se vouer
■fls i; velir vi
n 'est pas n.ê
tu
bien, Paul, qu'avec tes
agrandis par la convales
P 11 leur qui t 'a blanchi le
, tu as un petit air intéressant «jui te
sied à merveille?
Lt chacune de ses paroles me fai
sait tressaillir le cœur.
CoitunrrrUil îm iHoutrer.
N ouvelle- O kleans , 11 décembre 1850.
f OTON — \r>ii» co U mi- comme
Good MiiWa
Ordir
Mut;
good . Widl 'g, 13.| à v,q i midi's Fair , 131 à 13jt
t) rdin : iire , . .12 à 1-3 i Middling ,.. 1 2,y ù. 13 i
S ccre —Fair, ,£ à ; £c. Stock faillie.
M elasse— 2 H a lit cents le gallon.
F arine — Ohio, surfine, $4 50 et
60; Illinois et Missouri, §1 '(M .§-l 5() ;
St. Louis City, $4 60 et s 5 P>j*
C r \I!* s — Avoine. 4M e
t» « p ,-t 5 I 70 le baril ;
<•! (j. 1 t> ? - h ■ .
Pî'.Mvisntvs.— üouuf, me
Î'I 1 00; i ri ms , %() 00 et
oes». il 3î£ - t 11 50; prim- , $ s 'J5;
i unboiis, 0. 7 et 10c. Graisse,'C Jet ÎJ.
Cil indelb s, sperm, 41 et 13; stai, 21 >t
ilje. Whiskey, 251 et 26. Café, 10 et
lie. .Maquereaux, h5 et Ole la boite.
50c.
■n gr
MaK
inj, Gl"
*!C 00 et
50. P.uc,
STONE & M' COLLUM,
mc^ «u mo
GREAT WESTERN.
Cette troupe, composées des plus fameux
écuyers, des plus hardis sauteurs et des
clowns les plus «lésopi :ints qui |>urcourent
ces contrées, s'est acquis dans l'Ouest et l«<
Sud des Etats-Unis une répu'a/ion nussi
proverbiale que celle «pie mérite à Paris le
'irqiie-0!ympi(]iie de Frnnconi.
KMe donnera une representation à Napo
: éonville,
Sam km, 14 Deckmbhe IR50.
Le corps de musiciens (.e mieux composé
le l'Amérique) sera dirigés «lans un char
iot attelé de 20 chevaux, conduit» pnr un
s ill homme, à '2 heures P. M. jusqu'au pa
illon où se donnera une représentation des
plus variées.
Les Directeurs annoïKvnt avec p'aisir
|u'ils se sont a Ijoint deux des plus célèbres
a-uyers français :
LK J KUXE BUHTE,
lié de d v ans, <>î avec qui pas un écuyer ne
, eut rivaliser, d'iid'e.-se, de wmrage et d é!é
jance pour monter à un les plus (ring lits
boursiers;
JEROME RACKLER,
les Champs-Elysées, le plus fort sauteur vi.
vaut connu. Que l'incrédule soit témoin de
•tes tours de foi ce «;t il ne le sera plus.
Les exercices do cette troupe sont tout
kjiivi aux dans ce pays.
Le Di ecteur e-t heureux de pouvoir a:i
uoncer qu'il a contracté un engageaient
avec
M. H. M. SMITH
et ses deux élèves, Thomas et Léandre, qui
lirai ront à ehique exercice. M Smith in
roduira aussi les deux chevaaj brésiliens
i'anny Elidel - et Tom Pouce, qui ont été a
chetés récemment à grands fiais pour cette
compagnie.
Lc.h anciens membres de la troupe jouis
.eut également d'une réputation non moins
grande «pie les nouveaux. Quel « si ce.ui
oui n'a pas entendu parler des noms de
Me COLLUM, STONE, LIPMAN, ED
GAR, FISHER, BROWN RICE
et de plusieurs autres d'origine américaine,
et qui n'a entendu le nom «le
JOHN SMITH??
GR EEN JOHNSON et BEN JENNING
débiteront, sans être vulgaires, b-uis bonnes
charge», et feront ainsi passer le temps des
intermèdes.
jj-^\VIS — iVous désirons avertir ceux
qui ont l'intention d'encourager notre trou
pe, que, contrairement aux autre« Cirques,
nous n'annonçons l'apparition d'aucun ecu
ver qui ne fuit pas partie de notre troupe.
JON 11 W. SMITH. Directeur, '
G. L. E ATON, Agent.
Pour les exercices du jour, les portes sont
ouvertes à 1 heure et demie, et on commen
ce à 2 heures P. M.
Pour les repiésentations de nuit, les portes
sont ouvertes à 6 heures, et on commence à
6 heures et demie P. M.
0^7"Prix d'entrée, 50 cents.— Enfants an
dessous do 12 ans, moitié prix. — Personnes
de couleur, 25 cents.
Pour le» détails, voir les grandes et petr
t s affiches, aux Ilôtel# et aux places pwbli
jues.
La Compagnie donnera de# représenta
tions à Thibodeaux jeudi et vendredi 12 et
13 décembre;
A Donaldsonville, la dimanche 15 du
merrt" moi®.

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