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Le pionnier de l'Assomption. (Napoleonville [La.]) 1850-185?, December 27, 1850, Image 2

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San Francisco; cette lecture a été écou
tée dans un grand recueillement. Ensuite
on a lu un Message du Président annon
çant à la chambre haute l'acceptation
du Texas, quant au bill passé à la der
nière session, qui fixe les frontières
texiennes.
Le 17, M. Footc, en présentant les
résolutions de la Législature du Mississi
pi, résolutions qui improuvent la conduite
de ce Sénateur dans la question du Com
promis, s'est permis une sortie assez bur
lesque; il a prétendu que le peuple ne
pensait nullement comme la Législature
et que, par conséquent, la désapproba
tion donnée à ses actes devait être con
sidérée comme nulle.
chambre des representants. Un
des plus célèbres abolitionistes du Nord^
M. Giddings représentant de l'Ohio
s'est ouvertement prononcé contre deux
ou trois phrases assez obscures du Mes
sage présidentiel, sur la politique inté
rieure; ce Monsieur trouve que M. Fill
more n'est pas assez abolilioniste et qu'il
aurait du s'opposera l'extradition des es
claves fugitifs. — Ne faut-il donc que de
l'audace et de l'impudeur pour se /aire
écouter des représentants du peuple? —
On n'a pas retiré la parole à M. Gid"
dings.
Il a été question dans la séance du 13,
d'améliorations qui ne paraissent pas
sans importance; on a parlé d'élever des
phares sur les côtes de la Californie et
de rendre le Sacramento navigable en
tout temps. — Nous reviendrons sur ces
bills lorsqu'ils seront mis à l'ordre du
jour.
— Le 16 décembre, on a renvoyé au se
cond mardi de janvier 1851, la lecture
d'un bill pour l'établissement d'un hô_
tel des monnaies à New-York, et le 17
la Chambre s'est ajournée après avoir
appris officiellement la mort de l'hon.
Ilarmanson.
SERVICE POSTAL.
Nous avons ri quelquefois du bon pu
blic qni croit jouir d'une administration
de postes irréprochable, nous avons ri de
bon cœur, nous rions encore aujourd'hui
mais nous rions bleu. C'est que cette
fois les serviteurs du service postal nous
attaquent fort régulièrement par une ir
régularité on ne peut plus régulière, dans
le service de notre feuille. Il existe bien
un bureau de poste au Crane's Forge
Post Office, mais la malle est toujours
tellement pressée qu'elle n'a pas le temps
de s'y arrôter ponr y déposer les paquets
adressés à ce bureau. Ainsi les lettres
des Attakapas et de Thibodeaux écrites
aux habitans de cette partie de l'As
somption, vont faire une promenade it
Donaldsonviüe et arrivent vingt-quatro
heures trop tard à leur destination....
quand elles arrivent (ce qui est assez
rare). Aussi à quel conducteur confie
t-on la malle-poste? N'est-ce pas à un
ivrogne fieffé qui dernièrement encore
a essayé de vendre les chevaux de l'ad
ministration, m Donaldsonviüe, sous pré
texte que sei appointements ne lui sont
pas payés? Est-ce à des hommes d'une
pareille moralité qu'on doit confier un
dépôt aussi sacré. N'rst-il pas honteux
qn'on emploie des industriels de cette
force^èt à supposer que l'administration
fit passablement son service, ne serait
elle pas criminelle d'exposer à un dan
ger réel les correspondances qu'elle s'est
engagée à faire religieusement parvenir
Nous appelons sur ces faits l'attention
ces entrepreneurs et celle du public
A ta requête de M. Gauthier de Pain
eourtviile, nous publions une lettre qui
ne fait que confirmer ce que nous venons
de dire du service postal entre Napoléon
ville et Donaldsonville.
Messieurs Us Editeurs du Pionnier,
On attribue ordinairement aux maîtres
de poste toutes les fautes et les irrégu
larités qui le plus souvent émanent des
entrepreneurs, qui exploitent le service
postal. Il est temps pour tacher de met
tre on terme à ces abus, que je signale
quelques unesdes fautes qui illustrent trop
couvent la ligne sur laquelle se trouve le
bureau que je dessers.
- Il y a quelques jours & peine, la malle
da Paincourt a été déposée au Crane's
Forge Post Oßce et il m'a été remis
celle de ee dernier bureau. Pour que le
public n'eut pas à souffrir de cette inqua
lifiabie étourderie, j'ai fait porter à sa
destination la malle du buaeau de M.
Crane, et je me suis fait remettre celle
qui m'était adressée. Depuis cette épo
que, il a 'e*t présenté à mon bureau com
me conducteur de la malle, un individu
• qui je me suis bien gardé de remettre
mes paquets. — II n'était pas assermenté
et cependant la loi requiert expressé
ment cette formalité. Je lui ai offert de
l'assermenter et, sur son refus, j'ai expé
dié par un courrier extraordinaire, la
malle de Paincourt à Donaldsonville.
Ce sont là, Messieurs les Editeurs, des
actes scandaleux dont le service public
souffre beaucoup, aussi j'espère bien que
vous les fronderez en insérant cette let
tre dans le Pionnier.
Agréez l'assurance de ma considéra
tion la plus distinguée.
C. J. E. Gauthier,
Post-Masler.
ne
Un
es
de

et
en
17
PAS DE REPONSE.
J'appelle nn chat un chat, et
le Vigilant.... un rongeur.
La feuille sémi-mensuelle, et non pa«
bi-hebdomadaire comme elle l'affiche au
dacieusement, qui déjkurit à Donaldson
ville, nous a qualifié (chacun sait ça)
d'obscurfallol , épithète que (1) nous com
prenons peu, vu qu'un falot sert d'habi
tude à éclairer, mais que nous avons ac
ceptée avec reconnaissance, attendu
qu'elle est une preuve de plus de la par
faite naïveté de notre bon voisin.
C'était sans doute pour répondre à la
qualification de Rongeur donnée par nous
à la feuille whig, qu'elle nous a lancé
cette tuile innocente, malheureusement
pour cette brave ennemie, elle a répondu
à un mot qui, s'il n'est pas très élégant
est d'une grande justesse et bien carac
téristique, par une de ces grosses énor
mités comme elle sait si bien les confec
tionner.
Est-ce notre faute à nous, si le Vigi
lant n'est habile que dans l'art de modeler
des boulettes?
Dans le dernier numéro du Rongeur
de l'ascension, (conservons au Vigilant
ce nom qu'il mérite à tant de titres) nous
lisons une nouvelle drôlerie, à notre
adresse, formulée dans des termes très
baroques et pas du tout français, par un
jeune adulte qui s'est fait l'héritier direct
de la plume du rédacteur en chef, plume
à laquelle nous ne donnerons pas le nom
d'un volatile bien connu, parce que nous
tenons fort à ne pas désobliger les oies.
La tartine de cet intéressant étourdi
est signée E. S.
Ce journaliste en herbe nous demande
d'abord si nous savons ce que c'est que la
sottise et la mauvaise foi ; puis supposant
que notre réponse est négative (supposi
tion qui nous honore et dont nous le re
mercions) il nous décrit ces deux vilain?
péchés, à l'aide de cinq ou six paragra
phes, dont les ombres classiques de l'Ho
mond et de Boniface ont dû être horri
blement scandalisées.
Cependant au milieu des outrages que
le petit rongeur (car il chasse de race)
fait subir à la langue française, on dis
tingue parfaitement les silhouettes de la
sottise et de la mauvaise, foi; elles sont frap
pantes, le jeune porte-plume prouve claire,
ment qu'il connaît de longue main la sot
tise et qu'il a vécu en grande intimité
avcc la mauvaise foi.
Dans un âge aussi tendre qui l'eut crû?
Mais il se fourvoie le plus galamment
du monde, quand il veut placer ses deux
méchantes créatures dans notre feuille;
écoutez-le plutôt:
" La sottise, Messieurs, si je m'étais
" donné la peine delire votre journal, je
" l'aurais rencontrée partout. La mau
vaise foi y est inscrite à chaque ligne."
Mon jeune ami, à votre tour écoutez,
et surtout retenez:
Un homme est de mauvaise foi quand
il prétend que la sottise brille dans un
journal qu'il ne se donne pas la peine de
lire, car il ne saurait l'y trouver; un hom
me fait preuve de sottise quand il affirme
que la mauvaise foi est inscrite à chaque
ligne dans une feuille dont il ne lit pas le
premier mot.
Ne tombez pas une seconde fois dans
de pareils erremens, ne commettez plus
de non sens aussi honteux, jeune et sen
sible rongeur , la récidive pourrait vous
être fatale: les lecteurs du Vigilant ne
sont pas des ânes, nous aimons à le sup
poser.
Quant aux gentillesses que ce cher pe
tit innocent débite à l'auteur du commu
niqué qui a paru dans le Pionnier du 20
décembre, elles ne méritent pas l'hon
neur d'être réfutées; ce coquin d'enfant
fait des calembourgs sur le pseudonyme
d'Observateur, pris par notre correspon
dant! — c'est de plus en plus étonnant,
surtout, comme je l'ai déjà fait remarquer
dan« un ave ninoi tondrai
dans un âge aussi tendre
Après sa série de caltmbourgs, (tou
jours le même sous difforens haillons de
du
(1) Notre confrère qui ne bat que d'une aile,
avec deux U fait voler son falot; cette double er
reur ne pronve-t-elle pas une fois de plus la
fausseté da proverbe: non Ins in idem !
phrases) le jeune adulte annonce au pu
blic en général et à nous en particulier,
que pour répondre sérieusement aux
faits allégués dans notre communiqué, il
lui manquS des docurnpnsqu'il n'a pu se
procurer ä l'heure , (à quelle heure s il
vous plait?) mais que nous tie perdrons
rien pour attendre, car il répondra plus
tard.
Eh quoi! timide jouvenceau, c'est pour
annoncer que vous répondrez plus tard,
que vous avez noirci deux grosses colon
nes de papier blanc? — Vous avez donc la
rage de vous faire imprimer vif, coûte
que coûte? — décidément, vous vtes en
danger mon jeune ami, prenez garde,
la maladie dont vous êtes attaqué devient
facilement incurable.
Quoiqu'il en soit, que l'aimable nour
risson du Vigilant ouvre do nouveau le
bec à sa plume, ou qu'il garde à l'avenir
un éloquent silence, nous avons l'espoir
que Y Observateur ne lui répondra pas.
Notre correspondant est un homme d'un
talent trop sérieux pour se commettre
avec un journaliste au biberon, dont la
pauvre élucubration ne brille que par
son insignifiance!
Votre entrée dans la carrière , cher pe
tit remplaçant du grand rongeur , n'est
pas brillante. — Après cela, peut-être
avez-vous été dominé par l'émotion insé
parable d'un premier début, comme di
sent les feuilletonistes en parlant des ac
teurs sifflés.
Candide amant de la publicité, seriez
vous capable de prendre votre revan
che? — dans ce cas, n'oubliez pas d'étu
dier la grammaire et la politique, autre
ment la férule aurait beau jeu. E. S.
P. S. — La petite divagation du Vigi
lant est signée E. S. Nous croyons l'a
voir constaté plus haut; notre article
porte les mêmes initiales, mais nous pri
ons le public de ne pas confondre les
deux marques: elles n'ont de commun
que ces initiales.
Nous espérons aussi que le respectable
A. L. ne se commettra pas avec l'in"
sulteur Pierre fits, qui n'a pas besoin
qu'on lui troue la peau pour laisser per
cer l'oreille .... de Pierre.
jHftfsoii.* i &econiwawireea.
Quelques jours encore çt 1850 aura
vécu! — L'inauguration de 1851 se fera
(l'usage le veut ainsi) par un échange de
splendides étrennes! Tout le monde sera
libre échangiste ce jour là; qui n'a pas
quelques bonbons à donner on quelques
livres à recevoir?
Nous croyons donc bien faire en re
commandant aux personnes qui n'ont
point encore fait leurs emplettes, les mai
sons dont nous donnons les adresses ci
dessous; il y a des étrennes pour tous les
gouts dans ces différents magasins, pour
l'esprit et pour l'estomac, pour les gens
frivoles et pour les gen9 sérieux. — Dans
ces maisons tout se vend à prix fixe.
BOIMARE,
libra re. — Nouvelle-Orléans.
118, rue Royale.
Grand et bel assortiment de livres
illustrés par les premiers ariistes de Pa
ris; Keepsakes , romans nouveaux, œuvres
complètes des auteurs les plus en vogue,
français ot anglais. Riches reliures.
DUHAMEL,
opticien. — Nouxelle-Orléans.
Rue de Chartres, entre Conti et Bienville
Lorgnettes de spectacle de toutes les
grandeurs, en écaille, en nacre, en ivoi
re, en buffle, avec des étuis d'un nou
veau genre. — Lorgnons pour dames, en
argent ciselé, en vermeil et en or; ces
lorgnons reçus tout dernièrement de
France par M. Duhamel, sont de la plus
grande richesse et du meilleur goût.
Lanternes magiques, avec des verres
magnifiques, représentant les principales
scènes des romans à la mode, fantasma
gories, etc., etc.
ANCIENNE MAISON COURVOISIER.
BELLANGER et Cie,
confiseurs. — JVouvelle- Orléans.
Encoignure des rues Royale et d'Orléans.
La Maison Courvoisier, si avantageu
sement connue en Lousiane, n'a rien per
du en passant sous la direction de M.
Bellanger et Cie. Ces confiseurs vien
nent de recevoir de nouveaux modèles de
boîtes et de sacs d'une élégance et d'un
goût parfaits; quant aux bonbons qui
garnissent ces petites merveilles nous n'en
parlerons pas : tout le monde les a goû
tés.
Aussi un assortiment très varié de
jouets d'enfants, tels que poupées, magi
ciens, etr., etc.
DANNE,
conf iseur. — J\ouvelle-Orléans.
23, rue Bienvilte.
Bonbons de fantaisie de qualité supé
rienre; chocolat praliné, fondants, mar
rons glacés, etc., etc.
Boîtes de formes nouvelles et origina
las, ornées de belles gravures; sacs en
satin, velours et perles, de toutes le
grandeurs et de tous prix.
OCrNons appelons l'attention de nos
lecteurs sur deux avis de vente qu'il
trouveront dans nos colonnes d'annon
ces :
Vente du Séminaire et de ses belles
dépendances.
Vente de l'habitation Bougère.
le
la
CAUSERIES.
Lorsqu'un Gaulois a du succès dans
une chasse aux canards, lorsqu il a par
couru pour arriver à ce succès les lieux
les plus désolants et les plus désolés qu'on
ait vus depuis le grand déluge, lorsqu il
n'est pas mort de sa belle peur à la chute
des branches qui érintaient son rossinan
te, lorsque sa pirogue n'a capoté que trois
fois: dans la baie Natchez, dans le bayou
Jack et dans le bayou Fourchu; lorsque
des honorables qui ont donné depuis
longtemps déjà, leur démission de cette
épithète, n'abdiquent pas leur grade de
généralissime qui leur sied comme une
flute au rossignol d'Arcadie, lorsque le
Jury de Police passe une ordonnance
dans l'intérêt des habitants malheureux
do l'Assomption, lorsque les jeunes fil
les ne sont plus coquettes ou le sont
beaucoup à force de ne le vouloir point
paraître, lorqu'on fête la solennité de la
nuit de Noël de la manière la plus sainte,
la plus gastronomique, la plus joyeuse,
lorsque le lendemain encore on s'aban
donne aux plu», douceä, aux plus inno
centes folies qui sont le'bonheur ici-bas,
on vit à une époque d'exceptions et alors
il est permis à tout le monde de causer
un peu comme bon lui semble.
C'est pour ce motif lecteurs, que nous
usurpons aujourd'hui la place remplie
dans le Pionnier par votre Causeur ordi
naire. Vous ne serez pas contents de
l'échange, c'est possible; vous y perdrez,
c'est certain, mais comme nous sommes
dans ce moment sous le régime des ex
ceptions, cela nous est indifférent. Soyez
trauquilles, l'état normal reviendra bien
tôt. " Chassez le naturel, il revient au
galop. " Ainsi vous pouvez affirmer que
le " Gaulois " ne s'exposera plus, pour
quelques canards à se casser le cou dans
les forêts vierges qui tombent de décré
pitude, et à sauver courageusement sa
pirogue» de crainte de se noyer, vous
pouvez affirmer que les honorables qui
ne le sont plus, ne garderont pas long
temps les épaulettes de généralissime
elles sont brûlantes pour des épaules
habituées à supporter le baton; vous
pouvez affirmer que l 'inintelligence ca
ractérisant la majorité des. membres du
Jury de Police, ils n'arrivera plus à ce
respertable corps de passer des ordonn
nances qui soient d'une utilité réelle
pour la population; vous pouvez affirmer
qne les précieuses jeunes filles ne laisse
ront jamais s'éteindre l'intéressante race
des vieux garçons, vous pouvez affirmer
que des rois seront élus, et qu'à cette
époque où les rois s'en vont, les rois d'un
jour eux-mêmes ne sauront pas régner.,
ils saleront leurs bals. Enfin, vous pou
vez affirmer que lorsqe le bouleversement
actuel aura passé votre Chroniqueur ché
ri vous sera rendu.
Après ce préambule divertissant com
me toutes les préfaces, causons. Causons?
voilà ce que se dit tout amoureux, lors
qu'il pose dans une salle de bal, à côté de
son adorable adorée, et Péblouissement
magnétique qui le tient sous sa puissan
ce, lui pétrifie la langue; causons, se dit
il encore, lorsqu'il tourbillonne avec elle
dans une valse voluptueuse, et les quel
ques mots qu'il articule essoufflé, lui im
priment un cachet de ridicule que la belle
aux quinze printemps, n'a jamais entrevu
dans les rêves où lui apparaît son beau.
Causons, se dit un malin, lorsqu'il accom
pagne une femme ennuyée encore plus
qu'ennuyeuse, ou lorsqu'il se trouve en
rapport avec un fâcheux plus considéra
ble encore que considéré, et le malin ne
desserre les dents que pour débiter les
lieux communs qui forment le réper
toire de tous les désinspirés. Causons, se
dit un cavalier, propriétaire d'un timbre
de crécelle, lorsque de jolies et aimables
chanteuses, Piuvitent à faire entendre
sa belle voix, et Je cavalier ne trouve |
et
en
il
jiour causer que le récit do ses infortu
nes comme ténor. Causons, se dit un
journaliste qui entreprend cette si facile
et si difficile tache, et lorsqu'il a écrit
une colonne à la recherche d-un sujet, i|
n'a pas encore commencé ses causeries,
souvent même il ne sait pas comment il
les commencera...
U est cependant des histoires locales
qui sans le moindre effort d'invention,
donneraient matière à des contes fort
dramatiques et pleins d'intérêt pour les
lecteurs du Pionnier. Entr 'autres il en
est une d'un vieillard honorable et hono
ré qui tomba victime d'une haine lâche
et aveugle. Mais ce sujet doit être traité
dans un roman qui sera prochainement
publié dans ce journal et nous ne voulons
pis ôter de son intérêt au récit de cet
épisode sanglant par de trop précoces
indiscrétions.
Du reste l'Assomption vient d'être de
nouveau le théâtre d'un fait tout aussi
ignoble que celui qui a eu un si doulou
reux retentissement, il y a quelques an
nées. Seulement le perpétrateur de l'i
gnominie de ce jour, n'occupe pas une
haute position sociale, comme le perpé
trateur de l'autre ignominie. Celui de
la veille est riche et puissant, celui du
lendemain est pauvre, il a dû fuir; mais
si l'on peut juger du cœur des homme«
par les actes, les deux héros ont le cœur
de la même dimension, à la même place;
chez l'un et chez l'autre, il bat le même
nombre de pulsations.
Patrick est un de ces êtres qui portent
le nom d'un saint et qui ont l'âme d'un
damné; il a la stature d'un géant et la
force d'un athlète. Ses cheveux sont rou
geâtres, ses sourcils, fauves. A voir ses
yeux gris, pleins d'une féroce animation,
on sent que cet homme doit aimer le
sang; à voir ses lèvres minces et pincées,
on sent qu'aucun instinct généreux n'a
de place dans sa poitrine, on sent que
ces lèvres n'ont dû sourire qu'à la cruau
té, au meurtre...
Cet homme aimait Ketty, Ketty Tir
landaise aux longues boucles d'or, la
belle et fraîche jeune fille qui avait quit
té une patrie marâtre pour cette Loui.
siane, si riche et si généreuse pour ses
enfants et pour tous les délaissés qui
viennent se mettre sous sa protection.
Mais comment Ivetfy aurait-elle pu ai
mer Patrick 7 Jamais elle n'avait en
tendu sortir de la bouche de cet adora
rateur que des propos d'amour toujours
menaçants, jamais l'idée ne lui était ve
nue de s'associer, elle si douce et si bon
ne, aux projets méchants, Iss seuls que
Patrick sut former et exprimer.
Et cependant Patrick aimait sa Ivetty
de cet amour violent qu'éprouve toujours
une nature féroce pour l'unique objet qui
lui inspire une affection. Si patrick eut
été possesseur de l'instinct du bien, il n'est
pas d'acte de dévouement dont il n'eût
été capable pour sa Ketty; ne ponvant
faire que le mal, il n'est pas de crime qui
l'eût arrêté pour arriver jnsqu'à elle.
Mais si Ketty avait jnré de ne jamais
répondre à tant d'amour, peut-être sa lé
gitime aversion provenait-elle un peu de
ce que le beau Tom lui avait juré de
l'aimer toujours. Un soir que Tom et
Ketty renouvelaient les doux serments
des fiançailles, la jalousie avait conduit
Patrick jusqu'à la demeure de sa belle;
il est aux écoutes, il entend les doux pro
pos de Tom et il frémit, il voit Ketty
abandonner sa main à son rival et tout
son sang bouillonne; il les poignarderait
instantanément tous les deux, s'il ne rê
vait d'autres projets plus cruels de ven
geance.
On a vu Tom se rendre chez Ketty,
personne u'a aperçu l'inquisiteur qui les
épie, on verra Tom se retirer, , pçïsortne
ne verra Patrick; le frère de'«Ketty est
absent, un projet inîame est conçu..
Le lendemain Ketty était morte- éten
due sur un lit ensanglanté, les yeux cre
vés, tout le corps horriblement mutilé!
Est-il possible que l'amour devienne
parfois une fureur assez infernale, pour
qu'on aime mieux assassiner la femme
qu'on aime, qu'être témoin de son bon
heur avec un rival heureux?...
Mais tout n'est pas fini là.... Le len
demain aussi un affidavit était fait par un
nommé Patrick, incriminant un nommé
Tom du meurtre de Ketty. Si Patrick
eut eu l'audace de la persévérance, com
me il a eu le triste conrage d'exécuter
un crime horrible, sa double vengeance
eut été certaine... Tom aurait été pendu
et Patrick aurait passé pour le vengeur
de la société.
Par bonheur, ce misérable a été épou
I
»ù
de
et
lité

vanté de toutes les atrocités qu'il avait
conçues et réalisées en grande partie.
Une mort ignominieuse ne terminera pas
les jours du trop malheureux Torn... car
l'accusateur a fui.
Puisse-t-il, se faire pendre ailleurs, s'il
reste impuni pour ce crime, ou plutôt
puisse-t-il ne pas mériter de nouveau
d'être pendu.
CALIFORNIE.
Le steamer Pacific, venant de Cha.
gres, est arrivé ? la Nouvelle Orléans
lundi dernier, grâce à cet arrivage, nous
avons reçu des nouvelles assez récentes
de la Californie.
Une vive alarme régnait en Californie
par suite de l'apparition du choléra.
L'épidémie n'a fait qu'un très petit nom
bre de victimes à San Francisco: sur une
population de trente-cinq à quarante
mille habitans, le nombre de décès cau
sés par les maladies et les accidens ne
dépassent pas huit ou dix par jour. Par
mi ceux qui ont succombé au choléra,
nous citerons le doctor Barnes, de la
Louisiane, et M. Curtis, de la Nouvelle
Orléans.
La mortalité est plus considerable à
Sacramento City ainsi qu'à San Jose, à
Stockton et dans diverses autres localités.
La Législature doit se réunir le 1er
lundi de janvier: elle nommera un séna
I tcur des Etats-Unis en remplacement du
(colonel Frémont dont le mandat expire
ra bientôt.
Le biil voté par le Sénat des Etats
Unis pour diviser In Californie en dis
tricts douaniers, a causé un profond mé
contentement dans ie nouvel Etat. Les
liahitans vont adresser un mémoire au
Congrès pour demander une modification
du bill: le mémoire a été signé à £*;u»
Francisco seul par quinze mille person,
nés. Le projet de loi de M. Frémont
sur les mines n'a guère été mieux ac
cueilli.
Les Indiens du Nord s'étant montrés
hostiles, une colonne de deux cents volon
taires est sortie de Coloma pour se mettre
à leur poursuite.
Les pertes causées par l'inrendie île
Sacramento City sont évalevées à environ
.§45,0U0. L'Hôtel de New-York, un des
plus beaux édifiées de la ville, est an
nombre des bâtimens incendiés.
Dans une escarmouche qui a eu lieu'
au rancho de Johnson entre des Indien*
et quelques Américains, plusieurs de ce*
derniers ont été tues; on eile entre au
tres le lieutrnant-colonel L. IL Me Kin
ney, Hugh Dixon et Calvin Evar .'.i. Le
capitaine Francisco de Allison, guide
du colonel Frémont, a été gravement
blessé.
Les derniers avis de San Jose annon
cent que le choléra exerce de terribles
ravages parmi les Indiens et les Mexi
cains de la valée.
bizarre suicide . — La tempérance peut
être une très bonne chose et les tempe
rans doivent être de vrais modèles, mais
comme toute chose et tout homme icj
bas, elle et ils ont leur mauvais côté. —
Nous le prouvons tout à l'heure.
Un pauvre diable, John Jackson,
grand amateur de wiskey, Cognac et au
tres liqueurs de la même famille, goûtait
fréquemment ces consolations spiritueu
ses, lorsque le père Mathew vint lui of
frir ses consolations spirituelles. John
Jackson se rendit aux pressantes sollici
tations du célèbre apôtre, et reçut le
pledge il y'a un mois enviion. Pendant
quinze grands jours, John ne voulut pas
revoir les cabarets, ces théâtres de ses
anciens exploits et ne retomba point
dans son vieux péché, mais au bout de
ces deux mortelles semaines, notre hom
me se sentit pris d'une furieuse envie
d'humecter son larynx; il ne voulait boi
re qu'un coup, un tout petit coup, une
larme de wiskey! Enfin la tentation de
vint si forte que le pauvre tempérant en
tra chez un épicier et acheta une bou
teille du spiritueux tant désiré, mais une
fois dans sa chambre et vis à vis de la
bouteille, un remords de conscience prit
l'homme, il se rappela son serment, et se
sachant incapable de rester devant sa
boisson favorite sans céder, il ne trouva
qu'un moyen fort simple d'échapper à la
tentation, il se pendit; mais au moment
»ù John venait de se lancer dans l'éter
nité, la corde cassa! au lieu de profiter
de cette corde de salut, notre homme vit
dans cette circonstance la main de Dieu,
et pour mieux expier ce qu'il regardait
comme une forfaiture à son serment (il
alla se noyer dans le Mississipi! — Fidé
lité posthume à la tempérance.
Père Mathew, n'auroz-vous pas celui
là sur la Conscience?

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