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Le pionnier de l'Assomption. (Napoleonville [La.]) 1850-185?, January 03, 1851, Image 1

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L'ASSOMPTIOI
JOURNAL POLITIQUE, AGRICOLE, LITTEBAIRE -ET COMMERCIAL.
VOL. I.
VENDREDI, 3 JANVIER 1851.
NO. 18.
LE PIONNIER DE L'ASSOMPTION,
pl'bur par
SUPER VIELLE fit DEVILLIERS.
eonatttong g» journal:
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ble d'avance.
rouB us as : : : : : : : : : : : : : : ®5 00
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jvis, etc., etc., les conditions «ont les suivantes :
ParcEST mots , pourla 1ère insertion $1 00
Pour les insertions suivantes :::::: 60
On exécute 4 l'imprimere du Piosnijer , et ce,
aux prix h?» pit" modérés, tontes espèces d'où
/rages typographiques, (Ms,) tels que, cartes,
factures, pamphlets, blancs, etc., etc.
Nli.e-Orlej
AGENTS DU PIONNIER.
} M. Michel Lapeyre, Jr.
eass . . £_M. Francis Boimare : Li
) braire, 118 rue Royale
Ascïsstof AIM. Richard fit Templet.
Riviere-Neuve . . M. Firmin Duplessis.
J iiehville M. J. Breau.
St-Jacques .... M. Auguste Thériot.
St-Jeas Baptiste , M. Edjrard Perret.
St. Charles . . . Rizan Frères, négociants
Ste- M arie , (AU.): J a Perret
Tharestos .. . . \
TinnoDAUX .... M. Adolphe Blanchard.
Hoc m a M. F. Gagné.
Ste-Marie .... M. Etienne Pénisson.
Assojittion .... G. Rodriguez, Café Slur.
Belle Riviere . . M. Pierre Thériot.
Paiscourtyille , . M. C. J. E.Gauthier,r. m.
1 LT Dans les paroisses où nous n'avons pas
nommé d'agents, nous prions les Maîtres de Poste
de vouloir se charger de l'agence de notre feuille.
FEUILLETON DU PIONNIER.
Nous avons annoncé dans notre pros
pectus que notre fenille aurait une partie
littéraire très Variée, et nos abonnés ont
du voir qu'en effet nous apportions tous
nos soins à rassembler des élémens de
vraie littérature.
Notre passé nous engage pour l'avenir}
nous ne voulons pas mentir à nos précé
dents, aussi nos lecteurs trouveront-il s
toujours dans nos colonnes, des feuille"
tons intéressants -et choisi?, signés de
noms aimés du public«
tlailS notre prochain numéro, nous
commencerons le BRULE TCHACK.
TiE, Mémoires rfurt Fils, roman inédit
de M. Rijouard de Lauc-Maryat , et
nous publierons cette muvre importante
sans aucune interruption.
POLITIQ UE INT ERIEURE
La tranquillité qui régnait en France
depuis la publication du Message de
Ixwis Bonaparte, inquiétait fort, à ce
qu'il paraît, les gettä qui se disent les
partisans de l'ordre, et qui ne vivent que
de désordre} en effet cette tranquillité ne
permettait pas au* royalistes de déployer
leurs petites ruses et de rejeter, comme
toujours, sur les républicains* les Agita
tions qu'ils n'ont cessé de fomenter de
puis le 24 février 1848; aussi pour avoir
leurs coudées franches et pouvoir de nou
veau pêcher en eau trouble, Messieurs
de l'ordre ont-ils brouillé les ctirtcs et
changé le calme en tempête, k propos
des troubles qui ont éclaté à Bourg-Saint"
Andéol, troubles sans gravité et qui n'au"
raient du avoir ni le retentisselncnt qu'on
leur a donné, si les conséquences que
l'on vient d'en tirer.
Mais les anciens intimes de l'Elysée
qui ne veulent jamais voir les choses
telles qu'elles sont, et qui se montrent
toujours jaloux d'attribuer au» républi
cain« les désordres dont en* uctih SOfit
coupables, ont prétendu que la petite in
surrection de Bourg-Saint-Andéol était
une ramification d'un vaste complot qui
menaçait d'enlacer la France dans ses
mille léscaus, et que si l'on ne sévissait
pas promptement et avec la plus grande
rigueur, c'en était fait du gouvernement.
Sur ces crinillerics sans rime ni raison
que rien neveuait corroborer, le gouver
nement paternd de Louis Bonaparte, a
fait commencer une minutieuse instruc
tion et la police a procédé à de scanda
leuses arrestations; à Lyon, à Grenoble,
* Avignon, à Marseilles, (es plus honora
bles citoyens out été enlevés à leurs fa
milles et jetés dans les cachots; tous ceux
dont les opinions libérale* étaient con
nues ont été arrêtés; la police toujours
prête à outrepasser ses instructions a fait
main basse sur tous les républicain* dis
tingués des villes sus-noimiiées, bref on a
f«it l'application la plus honteuse de ce
mot cynique : Arrêtez toujours, après
I on verra!
Cependant parmi les arrestations sans
nombre, faites à propos de cette préten
due conspiration, il en est une qui a vi
vement inquiété l 'opinion publique, et
contre laquelle plusieurs feuilles libérales
se sont élevées avec courage, nous vou
lons parler de l'emprisonnem nt de M.
Charles de Lesseps, que le gouverne
ment a si lâchement sacrifié lors de l'ex
pédition d'Italie, et qui a fondé dernière
ment à Paris le Vote Universel, journal
démocratique très avancé.
En apprenant cette arrestation, dont
le but est évidemment d'arrêter la publi
cation d'un journal montagnard d'une
grande influence, plusieurs représentants
du peuple ont protesté h la tribune de
l'Assemblée et dans les colonnes des
feuilles républicaines, mais leurs voix gé
néreuses ont été étouffées par les cla
meurs de la droite et de ces hommos sans
nom qui ne savent que hurler après les
vaincus, dans l'espoir d'attraper quelque
jour un os à ronger dans la curée des
places.
Le peuple n'aura-t-il donc jamais rai.
son de ces misérables sauteurs? ne fera
t-il pas justice, une fois pour toutes, des
moyens ignobles qu'ils emploient.
Aux nombreuses arrestations des dé
mocrates ont succédé des poursuites
acharnées contre les journaux légitimis
tes et libéraux; le Corsaire , VAssemblée
Nationale , Y Opinion Publique , le Temps ,
ont été saisis à la poste et dans leurs bu
reaux, pour avoir publié des articles très
mordants contre le ministère! — il paraît
qu'en France, aujourd'hui, le ministère
est inviolable et qu'on ne peut dire la
vérité aux hommes du pouvoir, sous pei
ne de l'amende, voire même de la pri
son!
C'est une fort aimable liberté, mais
elle pourrait bien à la fin lasser le peu
ple et lui mettre le fusil à la main.
L'affaire de la rue des Saussaies a eu
un dénoûmcnt comique, elle, la Cham
bre du Conseil a rendu une ordonnance
de non-lieu, et le mouchard Allais écroué
à la Force, paraîtra incessamment de
vant la police correctionnelle pour ré
pondre à l'accusation de calomnies en
vers le pouvoir , portée contre lui par
quelques membres influents de la défunte
Société du 10 Décembre. Ce procès ne
manquera pas assure-t-on, de présenter
de curieux incidents car Allais dépité de
la conduite tenue à son égard par ses
protecteurs nés le préfet de police et la
commission de permanence, se propose
d'accabler ses accusateurs par de fou
droyantes révélations; cela sera fort édi
1fent, n'en doutons pas, et surtout instruc
tif: des espions vendus par des mouchards
et réciproquement!
Le lendemain du jour ou l'Assemblée
nationale s'associait, par son silence, aux
arrestations des prétendus conspirateurs
républicains, elle rejetait à une grande
majorité une proposition de Maigne, ten
dant à améliorer la triste situation des
prisonniers politiques du Mont-Saint
Michel, prisonniers qui sont traités avec
une rigueur révoltante. — Mais qu'impor
tent aux vainqueurs los tortures des Vain
cus, ils ont grand souci vraiment de la
vie de ces prisonniers; ce sont des répu
blicains, donc ils doivent s'estimer heu*
reux d'en être quitte à si bon marché, on
leur fait grâce de la corde et ils ont en
core l'impudence de se plaindre! ils pré
tendent qu'ils n'ont rien à boire ni à
manger, eh bien! après?
Après? — Pauvres fous qui le lende
main d'une révolution ont oublié les
causes de cette révolution !
Toutes tristes que sont les affaire» pu
bliques en France, l'horizon politique
est encore moins sombre qu'en Alleina«
magne. L'Autriche et la Prusse qui de
puis si longtemps sont en présence, ne se
décident i rien; ces deux puissances lais
sent s'amonceler au dessus de leur tête
de lourds nuages gros de tempêtes révo
lutionnaires et de. sinistres éclairs, pré
curseurs de la foudre, silonnent chaque
jour leur ciel politique. Quelle solution
probable aux événemensqui agitent l'Al
lemagne!—Chaque nouveau steamer
nous apporte de nouvelles résolutions; la
veille le roi de Prusse incline vers la
paix, le lendemain il penche pour la
guerre; dans ce va et vient continuel,
dans cette hésitation sans cesse renais
sante, que voir, que comprtndre, que
présumer?
La Landwehr de Prusse une fois mo
bilisée, une armée considérable aujour
d'hui préparée et prête à la guerre, il est
difficile à Frédéric-Guillaume IV de re
culer. L'opinion publique le force pour
ainsi dire à hâter une rupture définitive,
à commencer les hostilités. Cependant
le roi ne marche dans cette voie guer
rière qu'en hésitant, qu'en tâtonnant,
s'arrêtant à chaque pas et cherchant
toujours à résoudre la question au moyen
de demi mesures, de négociation«, tran
chons le mot, de concessions! — Mais i'
est trop tard maintenant, l'heure des at
termoiemens est passée, la Prusse ne sau
rait reculer sans honte, il faut à tout prix
qu'elle marche en avant; à défaut d'au
tre courage, que Frédéric-Guillaume ait
du moins celui-de l'audace!
L'Empereur d'Autriche joue plus serré
que le roi de Prusse, il se. tient toujours
sur le terrain des négociations mais il a
soin de laisser son ennemi s'embourber
dans cette impasse, bien décidé à rompre
au dernier moment; il ne prendra point
une initiative belliqueuse, tant qu'il ne
sera pas certain du succès, mais dès qu'il
verra le roi de Prusse à bout d'expédiens,
il lancera ses masses armées contre les
phalanges prussiennes démoralisées.
Cette dernière hypothèse se réalisant
il est douteux que la France et l'Angle
teire restent spectatrices impassibles
d'une guerre qui pourrait compromettre
l'équilibre enropéen, car si la Prusse
était vaincue, le triomphe d'un système
Austro-Russe serait le signal d'une réac
tion des plus dangereuses. — Si le Messa
ge de Louis Bonaparte est franc, si le
Président de la République française est
vraiment décidé à maintenir, par tous les
moyens en son pouvoir, et le gouverne
ment issu de la révolution de 1848 et la
Constitution qu'il a jurée, il n'y a qu'une
ligne de conduite à suivre; la guerre une
fois engagée il faut mettre la France à
l'abri d'une nouvelle Sainte Alliance, il
faudra faire er. sorte que ni le comte de
Chambord ni le comte de Paris ne puis
sent s'imposer au pays, de par les baïon
nettes étrangères.
En Angleterre les anti-papistes font
chaque jour de nouveaux adeptes et les
meetings sont de plus en plus suivis; du
reste la presse s'occàpe trl6 sérieusement
de la question et lance à la cour de Ro
me les épigrammes les mieux affilées. Le
Parlement interviendra, dit-on, dans cet
te affaire et tout porte à croire que le
Saint-Père rencontrera au sein de la
chambre haute une opposition décisive.
Rien de nouveau en Italie, ni en Es
pagne, le Sud de l'Europe jouit d'une
tranquillité parfaite : c'est du Nord au
jourd'hui qne jaillissent les éelairs.
IIA1TI.
Une grande panique provoquée par
les nouvelles qu'on a reçues dans cette
île, des ravages qu'exerce le choléra à la
Jamaïque, règne parmi les bruns sujets
de sa brune majesté l'empereur Faustin
1er. Cependant le choléra n'a pas fait la
moindre apparition dans la (jadis si belle)
seconde des Antilles. Aussi pas un dej$ bra
ves Othello qui peuplent ce pays, ne l'a
dépeuplé, en se laissant mourir de peur.
Les insignes de Sa Majesté étaient ar
rivés de France, et le couronnement
était fixé pour le jour de. Noël, de sorte
au
farce est jouée.
qu*on peut dire du nouvel empire : Con
summatum est ; ce qui veut dire que la
C'est le 1er de février que l'armée
d'expédition contre Santo- Domingo doit
se mettre en marche. Que les poètes
épiques accordent leurs lyres pour chan
ter les exploits de ces nouveaux conqué
rants.—L'Empereur offre à l'auteur du
plus bel hymne guerrier qui sera fait
pour célébrer la prise de Santo-Domin
go... un pot de marmelade préparée par
les mains impériales de sa noire moitié.
Quelques jours avant son couronne
ment. le Grand Faustin Itr a fait fusiller
trois Haïtiens, reconnus coupables de
haute trahison, puis pour terminer agré
ablement une journée si agréablement
commencée, il à été faire tine excursion
avec sa nouvelle escadre dans un port,
qui se trouve & vingt milles de Port-au
Prince.
Les pluies abondantes dont l'Ile a été
ondée retardent beaucoup la maturité
du café.
2£u journal fësttropftoftr.
Nous «avons été forcé plusieurs fois déjà,
d'entretenir nos lecteurs des âneries mul
tipliées d'un journal whig qui outrage le
bon sens et la vérité dans tous ses numé
ros et qui, en désespoir de cause et nô
sachant comment répondre logiquement
à de logiques questions, se roule dans la
fange pour seeouer plus tard la bouc de
ses colonnes sur des confrères qu'il sait
incapables de suivre une route aussi hon
teuse.
Le Vigilant (nous n'avions pas besoin
de le nommer) fait feu contre nous de
toute sa grosse artillerie dans son dernier
numéro de 1850; il finit l'année comme
il l'avait commencée, seulement il a suivi
un crescendo déplorable: simple insulteur
en janvier, en décembre il est ordurier!
Comme toujours, pas n'est besoin de
le dire, les pièces du Vigilant ont fait
long feu. — Elles étaient si bien chargées!
Trois accusations capitales sont por
tées contre nous par la feuille whig de
Donaldsonville.
lo. Nous ne savons pas respecter les
lois du pays parce que nous protestons
contre l'arrestation du Gouverneur du
Mississippi.
2o. Nous avons affirmé que l'assem
blée démocratique tenue le 1er décem
bre à Donaldsonville ne s'était pas sépa
rée aux cris de Vive l'Union! et nous
avons reconnu le contraire dans un nu
méro suivant.
3o. Les démocrates sont niais et ridi
cules parce qu'ils ont approuvé à la fois
Messieurs Soulé et Downs.
Nou 9 allons dcsccndje une dernière
fois dans l'arène de la polémique, aveç
notre bien triste accusateur, afin de ré'
duire à leur plus simple expression, c'est
à dire à n'en, ses mensongères affirma
tions.
lo. Sans protester par des phrases
bourso«flées, de notre respect pour les
lois des Etats-Unis, nous dirons que c'est
précisément de par le profond respect
que nous avons pour les lois, que nous
nous élevons contre un ordre qui n'a rien
de léga!. Non, le Présieent de la Ré.
puplique n'a pas le droit de suspendre
de ses fonctions un Gouverneur d'Etat,
sur un simple soupçon, et dès qu'il lance
un ordre pareil, il viole la constitution !
Si le pacte fédéral et fondamental auto
risait un acte semblable, la souveraineté
des Etats serait un mot et rien de plus.
Du reste, la cour suprême du Mississipi
vient de trancher la question, la loi à la
main, en déclarant que le Gouverneur
Quitman ne pourrait être mis en état
d'arrestation, qu'à l'expiration de ses
pouvoirs, c'est à dire le jour où il rede
viendra simple citoyen.
Le Vigilant doit comprendre par cette
décision que notre dire était parfaitement
fondé, et qu'en nous citant l'exemple du
Général Jackson, payant la fameuse
amende de $1000 à laquelle le Juge
Ilall l'avait condamné, il a fait une école
impardonnable ; il n'y a pas en effet, le
moindre rapport entre ces deux affaires.
Mais dans l'article que nous avons
consacré au grand acte politique de M.
Fillmore, il est un point sur lequel nous
avons insisté à dessein, et que notre con
frère, avec cette loyauté qu'en lui con
naît, a passé sous silâncc. Nous repro
duisons l'alinéa où ce point se trouve dé
veloppé, pareeque nous y attachons une
certaine importance, nous le répétons,
et que nous ne voulons laisser aucun
échappatoire au journal whig:
" M. Fillmore doit se souvenir (car
ces choses là ne sont point de celles qu'on
oublie) que c'est sous la présidence du
général Taylor que s'est accomplie l'ex
pédition secrète, que le cabinet whig ne
pouvait pas ignorer les menées des ex
péditionnaires, et aue M. Clayton a eu
soin de ne doimer des ordres sérieux con
tre l'expédition, qu'après l'affaire de Car
denas. Or, il est impossible de s'y trom
per, le cabinet a combattu avec les ex
péditionnaires en ne combattant pas con
tre, et si M. Quitman est coupable au
jourd'hui pour avoir prêté son secours à
Lopez, M. Clayton l'est plus encore, car
le premier ne pouvait que contribuer i ta
réussite de l'expédition, tandis que le
secrétaire d'Etat pouvait en empêcher le
succès."
Ceci est logique, n'en déplaise au Vi
gilant ,— On voit donc que dans cctte af
faire, M. Fillmore a obéi à un sentiment
très mesquin, sa haine contre fout ce qui
est démocrate; quant au respect des lois
que la feuille whig fait sonner si haut, la
décision de la Cour du Mississipi prouve
que notre Président connaît peu cette
vertu et qu'il ne la pratique pas souvent.
Passons maintenant à l'accusation nu
méro 2, c'est plus drôle.
2o. Il est de la plus rigoureuse fausseté
que nous ayons jamais prétendu que l'as
semblée démocratique tenue le 1er dé
cembre à Donaldsonville, ne se soit poin^
séparée aux cris de vive l'Union! et par
conséquent il est faux que nous ayons
reconnu notre erreur plus tard, puisque
nous n'avons pas commis cctte erreur.
Nous avons dit, et nous affirmons de
nouveau, que cette assemblée démocra
tique n'a jamais poussé ces cris anti-na
tionaux; VUnion avant tout! P Union à
tout prix! — Les démocrates sont trop bons
Louisianais, patriotes trop éclairés, pour
abdiquer ainsi leur qualité d'hommes li
bres! — Oui, nos amis ont rrié: Vive l'U
nion ! et ce cri nous le répétons avec eux,
nous voulons l'Union, nous combattons
pour l'Union, mais nous la voulons basée
sur les saintes lois de l'égalité, de la fra
ternité! — Nous ne subirons jamais ùc
maîtres et c'est pour cela que nou- ne di
sons pas: l'Union avant tout, car ce cri
implique tacitement l'anéantissement de
la Louisiane.
Nous avons tout d'abord indiqué trop
nettement la route que nous voulions sui
vre, notre langage a été trop clair, trop
précis pour que personne ait pu donner â
nos articles un sens qu'ils n'avaient pas; le
Vigilant , malgré Vétroitesse d'esprit que
lui reconnaissent ses abonnés, ne pouvait
lui-même s'y tromper, mais en ennemi
déloyal à qui toutes armes sont bonnes,
il a pris celles du mensonge et les a tour
nées contre nous! heureusement il nous
est facile de démasquer notre adversaire
et de déjouer* bcs petites csCalfcardëries. —
la voix de la vérité est encore assez forte,
assez éloquente pour être entendue et
comprise.
Arrivons enfin à la troisième et der
nière accusation.
3o. Oui le parti démocratique ferait
preuve de niaiserie et serait ridicule, s'il
approuvait à la fois la conduite de deux
sénateurs qui ont suivi des routes diamé
tralement opposées, mais les démocrates
sont trop sensés pour commettre une sem
blable hérésie.
Nos amis politiques ont approuvé sans
réserves aucunes la noble conduite de
Pierre Soûle , dan3 les épineuses ques*
tions soulevées par les bills du compro
mis, puis ils ont approuvé la conduite te
nue par M. Downs, votant avec M. Soûle.
contre l'adoption du bill de la Californie,
et en faveur des bills du Nouveau Mexi
que et des esclaves fugitifs.
Cette décision des démocrates est
d'une logique évidente: ils approuvent
les votes de M. Soulé, donc ils doivent
approuver les votes de M. Downs dans
le même sens. — Dès que M. Downs se
sépare de M. Soulé, les démocrates ou
blient de lui voter des remercîmens.
Il sied vraiment bien au Vigilant de
trouver les démocrates niais et ridicules
parce qu'ils ont accompli religieusement
leur devoir} s f il voulait le pauvre journal,
relire ses monstrueux articles sur M. Sou
lé, (lourde pénitence il est vrai, mais
pour expier d'aussi gros péchés il n'en
saurait être de trop forte,) il y verrait
d'assez piquantes niaiseries et le ridicule
trônant dans ses colonnes, en nmitre qui
se sait chez lüi. N'a-t-il pas ce recueil
d'erna» qu'on nomme le Vigilant par anti.
phrase, traité M. Soulé comme le der
nier des hommes, réclamant pöur cet ho
norable sénateur l'application de la loi
du Ijynchï et dans un numéro suivant'
n'a-t-il pas écrit en toutes lettres: M M*
" Soulé est un des hommes dont la Loui
" siane a le droit de s'énorgueillir, et
" jamais, disons-le hautement , elle n'en
« voya au Congrès un homme (f unc valeur
" aussi réelle ."
Comprend-on que le même homme
tienne deux langages aussi différents,
que la même plume trace des phrases
aussi dos à dosl demander qu'on lynche' »
c'est -à-dire qu'on déshonore publique
ment, le citoyen qu'on reconnaît le plus
distingué de la Louisiane, l'homme dent
le pays doit être tier, on en convient?
N'est-ce pas là le comble de la niaise
rie, du ridicule, nous le demandons aux
gens du plus simple bon sens? Mais non
quand le ridicule et la niaiserie arrivent
à ce degré, ils changent de nom et s'ap
pellent: impudeur et impudence!
Nous venons de réfuter victorieuse
ment, nous le croyons, la tripfts accus.-*»
tion formulée contre nous par la feuille de
l'Ascension, nous avons démontré par A
plus B, c'est-à-dire mathématiquement
que notre confrère avait agi avec une
mauvaise foi flagrante et nous avons prou
vé que celte mauvaise foi ne pouvait être
égalée (surpassée serait chose impossible)
que par sa sottise.
Il nom reste une tâche plus pénible â
remplir, et ce n'est qu'avec une extrême
répugnance, nous prions nos lecteurs
d'en être bien persuadés, que nous nous
résignons à l'entreprendre: il nous faut
dire son fait au Vigilant.
Dans toutes tes discussions que ce jour
nal whig a entamées jusqu'à présent aver
des feuilles démocratiques, il a remplacé
le raisonnement par l'injure! — Avec nous
il agit de même, force nous est donc de
lui répondTe une fois pour toutes, car il
ne saurait pas comprendre le mépris de
notre silence.
Le Vigilant se trémousse dans le fran
çais comme un diable dans un bénitier,
il puise ses mots dans le vocabulaire des
halles, ses idées neus ne savons oil, et
fait du tout un amalgame incolore, mais
non pas inodore, qu'il lance à la tête de
tous les hommes qui ont le bon esprit de
ne point penser comme lui; ne pouvant
soutenir une polémique avec tact et dé
cence, logique et talent,il tombe de sui
te dans des platitudes dont rougirait un
pédagogue; n'ayant pas une idée à met
tre dans une phrase et pas une phrase il
plaqner sur une iiîée, il se lance dans
les lieux communs Tes plus rabattus, puis
comme argumens suprêmes, sans répli
ques, il vous jette les pcrsor.alités les plus
révoltantes, les plus scandaleuse». — Il
devient alors grossier comme une servan.
te de mauvaise maison.
Certes le communiqué publié derniè
rement dans le Piotfhicr et signé obser
vateur est conçu dans les termes Ses plus
convenables, les plus dignes, eh bien!
le Vigilant ne rougit pas de traiter notre
correspondent de Bobèche ! — L'éditeur de
la feuille whig se souvient trop souvent
qu'il a vécu compère et compagnon avec
des cabotins ; dan? son journal le Paillas -
se éclipse complètement l'écrivain, ou
plutôt l'écrivain n'a jamais existé: lo
saltimbanque gambade toujours, il n'a
fait que changer de tréteaux !
Il et-t vraiment fâcheux qu'on ne puisse
se procurer une liasse complète du Vigi
lant , (Les rares lecteurs de cette feuille
hydrophobe l'emploient n tant d'usages!)
on pourrait suivre numéro par numéro
les misérables exploits qui l'ont signalé
depuis si longtemps au mépris public, on
pourrait alors apprécier l'homme à sa
jostc valeur en voyant quels ont été le
mobile de ses calomnies, le but de ses at
taques!
Le Vigilant n'a jamais eu qu'un mobi
le; ses haines personnelles! qu'un but:
le succès de scandale!
Mais il oublie que tout scandale a d'or
dinaire un dénoûmcnt tragique, et le
pauvre diable n'est pas de taille à soute
nir le cinquième acte de la plus innocen*
te tragédie.
Les scènes dramatiques deviennent
bientôt du plus haut comique quand elles
sont jouées par lui, mais d'un comique à
faire rougir les écrevisses, auxquelles il
a ravi le secret de leur marche rétrogra
de,—Or chacun sait que si les écrevisses
marchent à reculons avec naturel, grâce
et vivacité, en revanche elles ne rougis
sent qu'à leur corps défendant.
Mais arrêtons-nous ici, nous ne vou
lons pas nous plonger dans la fange oïl
vivote le Vigilant, ce qu'il nous faudrait
faire si nous le suivions jusqu'à sa derniè
re étape; nous préférons l'abandonner i
son malhenieux sort—Puissent les mias
mes qu'il respire en relisant ses articles
ne pas l'empoisonner!
On affirme cependant'que les vipères
meurent lorsqu'elles se mord#**'

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