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Le pionnier de l'Assomption. (Napoleonville [La.]) 1850-185?, January 10, 1851, Image 1

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LE PIONNIER DE L'ASSOMPTION
JOURNAL POLITIQUE, AGRICOLE, LITTERAIRE ET COMMERCIAL.
VOL. I.
NAPOLEONVILL3, VENDREDI, 10 JANVIER 1851.
NO.
LE PIONNIER DE L'ASSOMPTION,
l'L'BLIE l'A H
SUPERVIELLE &, DEVILLiERS
eon&ttîons nu journal:
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ble d'avance.
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ANNONCES :— Pour les insertions,annonces
avis, etc., etc., les conditions sont les suivantes :
Par cent mots , pour la 1ère insertion .$1 00
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On exécute à l'imprimere du Pionnier , et ce,
aux prix les plus modérés, toutes espèces d'ou
vrages typographiques, (Jobs,) tels que, cartes,
factures, pamthlets, blancs, etc., etc.
Ni.le-Orleans .
Ascension ....
Riviere-Neuve.
ibervilt.e . . . .
st-jacqi'es
Tihbodaux
llonMA ....
brE -marie . .
Assomption . .
Belle Riviere
Pa incoukt ville,
AGENTS DU PIONNIER.
1 M. Michel Lapeyre, Jr.
^ M. Francis Boimare, Li
j braire, 118 rue Royale
MM. Richard & Templet.
M. Finnin Duplessis.
M. J. Breau.
M. Auguste Tin' riot.
St- J e an B aptiste , M. Edward Perret.
St. Charles . . . Rizan Frères, négociants.
Ste-Marie, ( Att.): ) D ,
,, „ ' v ' > Zenon Perret.
( haren T on .... (
M. Adolphe Blanchard.
M. F. Gagné.
M. Etienne Pénisson.
G. Rodriguez, Café Star.
M. Pierre Thériot.
M. C. J. E. Gauthier,p. m.
ILT l):lns I ch paroisses où nous n'avons pas
tmutiio d'agents, nous prions les Maîtres de Poste
de vouloir se charger de l'agence de notre feuille.
iLU PUBX.IC.
Calomnié publiquement par un nommé
Ivinile Siinoii, je ine vois forcé à mon grand
regret, d'initier à mon tour le public à des
affaires Coûtes personnelles, et d'en appeler
à son loyal et impartial jugement, en rétablis
sant sous leur vrai jour, les faits dénaturés
par ledit Simon.
A MONSIEUR EMILE SIMON.
Dans une affiche à mou adresse que vous
avfZ lancée dans le public, vous donnez un
extrait d'une, lettre adressée par moi à l'un
de vos amis, lettre qui est un démenti que
vous vous adressez à vous-même, puisqu'elle
pioy^e Ip contraire de ce que vous avancez
dans votre «ris, en disant que je tiens tant
à mon arme de prédilection. — L'un des deux
seuls amis dont vous parlez a été mon té
moin dans un combat à l'arme à feu, quant
n l'autre je l'ai iuis à même de choisir contre
inoi l'arme de x<t prédit'eetiim pour contra
rier la mienne ... . mais Monsieur votre
ami n'est pas contrariant, tout le monde le
stfh.
La preuve de ce démenti que vous vous
donnez à vous même, est tout entière dans
ma lettre à votre ami peu contrariant, lettre
que je fais suivre ci-après:
•' A Mr. *** (dont Mr. Simon est le plastron.)
" Votre courageux émissaire n'a pas eu
" le courage de vous bien servir. Il s'est
" hien engagé publiquement à me venir trou»
" ver, plus tard , mais je crois qu'il ne rem»
" plira pis mieux cette promesse que toutes
" les belles choses qu'il vous avait promi»
" se«....
" Si vous trouvez quoique chose d'obscur
" dans ce paragraphe, tâchez de ne pas le
" comprendre et faites-moi l'amitié de coin
" prendre celui-ci: Monsieur, je vous invite
" à terminer une bonne, mais bonne fois,
" les démarches trop haineuses et pas trop
" loyales dont je viens d'être l'objet de votre
" part. Pour arriver à ce résultat, veuillez
" dire à mon ami, porteur de ce billet, les
" moyens qui vous sourient 1» moins bleu.
FEUILLE TON DU PIONNIER.
LE BRULIS TCHACK BÉ.
©S® & S <»
A M adame S tephanie D uhamel,
Permettez-moi Madime, de placer votre nom en tête de ce livre, de vous dé
dier ma première œuvre sérieuse; c'est un hommage bien mérité que je vous rends,
à vous qui avez remplacé avec une si touchante bonté la tendre sœur que j ai per
due.
Dans le roman que je mets aujourd'hui sous la garde de votre nom, j essaie de
développer une idée grande et morale» en combattant un préjugé ridicule et hon
teux; side mon plaidoyer, que j'eusse désiré faire éloquent, il peut ressortir quel
que bien, je veux que la meilleure part vous en revienne.
Votre indulgente sévérité m'a souvent éclairé dans la nuit du journalisme et
j'ai maintes fois fouillé dans cet inépuisable trésor d'intelligence et d esprit, qu en
femme de tact et de goût vous laissez deviner sans jamais l'étaler.
Acceptez-donc cette dédicace, madame, comme le témoignage de la reconnais
sance que je suis fier de vous avoir vouée, et laissez-moi racheter la pauvrele du
présent par l'hommage affectueux de mon dévoûment bien sincere et de mon pro
fond respect. E. S ala ji de I .auc- M aryat.
^apoUonxiile, Janvier 1851.
" J'espère, Monsieur, que n'ayant pas à
" vous féliciter de la préméditation d'un as
" sassinat légal, vous aurez aussi peu de
" succès dans la solution que je vous pro
" pose de toutes nos inimitiés.
" SUl'KR VIELLE.
" Donaldsonville, 6 janvier 1851."
L'impertinente épitre que vous m'avez
écrite, m'est arrivée, vous le savez, i 1G
milles de Donaldsonville, mais comme je
n'ai point l'habitude d'accepter de pareil
les lettres, j'ai pris la peine de ine trans
porter sur les lieux que vous ornez, et là, ne
voulant pas que personne put soupçonner un
guet-à-pens, (car je pressentais que vous
hurleriez au guet-à-pens) je vous ai fait ve
nir dans un endroit public, j'ai publiquement
lu votre lettre devant vous, je l'ai publique
ment démentie, phrase par phrase, rougis
sant, à chaque ligne que j'épelais, de vous
voir pâlir, pâlir, pâlir... . Enfin Monsieur,
lorsque j'ai eu terminé ce devoir , je vous ai
rendu votre lettre, en vous la jetant au visa
ge. — Je vous ai donc publiquement fouetté
avec vos propres infamies !
J'ai toujours cru, Monsieur, et je crois
encore, que le démenti donné en face à un
homme, est une insulte autrement sanglante
et d'un bien plus grand poids pour le public,
qu'un démenti anodin, soigneusement ca
cheté et expédié, non pas officiellement mais
officieusement, à sa destination.
La boue dont vous avez voulu saiir mon
honneur, vous est jusqu'à présent retombée
sur la figure, je ne doute pas qu'il en soit
toujours ainsi; quant à ma r&putation, usur
pée affirmezwous, s'il est vrai que j'ai joui
d'une réputation que je ne méritais pas, la
manière dont je me suis conduit avec vous
suffirait peut-être aux yeux du public, pour
légitimer une usurpation quelconque.
Vons prétendez, Monsieur, que je vous ai
souflleté de votre lettre pour avoir le choix
des armes .... Vos deux amis ont du vous
dire cependant que dans presque tous mes
différends j'ai laissé le choix des armes à
mes adversaires; mais avec un plastron de
votre espèce, toute concession serait une du
perie : je ne veux point être dupé! — Je vous
ai dit cela, je puis bien vous l'écrire.
Deux fois déjà Monsieur, vous m'avez pro
mis de m'envoyer demander satisfaction plus
tard, et j'étais encore à attendre vos amis,
quand votre avis au public m'est arrivé. —
Aujourd'hui, permettez moi de vous le dire
Monsieur Plus-tard, il serait trop tard! —
avec la meilleure bonne volonté du monde,
il me serait impossible de me commettre sur
le terrain de l'honneur avec un plastron qui
s'est déshonoré aussi publiquement que vous
l'avez fait.
Si cependant vous trouvez un 9eul homme
non déhonoré, qui endosse une de vos lâ
chetés, je consentirai à le traiter en ennemi
loyal, à me mesurer avec lui et à subir son
arme, mais vous, Monsieur, je vous ai flétri
déjà .... avec vos propres armes .... or
les flétrissures émanant de vous, ne sau
raient atteindre ni moi, ni personne.
Pour en finir, laissez-moi abuser une seule
fois de ma position, en vous priant de venir
me dire, dans un guet-à-pens comme celui
que je vous ai tendu, les mensonges que vous
avez publiés, démarche dont vous êtes in
capable, je le sais, et dont je suis capable,
vous le savez.
Sur ce, puisse le plastron souflleté qui af
fiche le soufleteur, être troué de manière à
laisser voir le misérable qui se cache der
rière lui ! SUPERVIELLE.
REVISION DU TARIF DE 1846.
Le Président Fillmore a consacré une
grande partie de son Message â la ques
tion du tarif, nos lecteurs doivent se le
rappeler, car nous l'avons fait ressortir
dans le résumé que nous avons donné de
ce document officiel, et le chef avoué du
parti whig, a demandé la substitution des
droits spécifiques aux droits ad valorem.
Nous avons combattu ce retour à un
déplorable système parce que ce serait le
signal de la ruine complète du commerce
de détail, et le rétablissement immédiat
du monopole; nous le combattrons tou
jours pour les mêmes raisons, et confiants
dans le patriotisme éclairé de la masse
de nos mandataires, nous espérons que
jamais le système des whigs ultra ne se
ra adopté.
Mais la presse whig qui malheureuse
ment, obéit trop machinalement aux im
pulsions de ses chefs, a porté le Message
du Président aux nues, l'approuvant sans
réserves dans toutes ses parties, et décla
rant ainsi qu'elle était prête à soutenir
quand même la supériorité des droits
spécifiques sur les droits ad valorem!
Aujourd'hui, voilà les journaux Fill
moristes dans un cruel embarras; un des
hommes les plus remarquables de leur
légion, l'illustre fermier tl'Ashland, Hen
ry Clay vient, en plein Sénat de déve
lopper très largement la question du ta
rif, et loin de partager les opinions émi
ses pur M. Fillmore, il demande tout sim
plement une légère modification du tarif
de 18-40, écartant avec soin la question
du retour aux droits spécifiques.
Quelques feuilles, encore plus dévouées
à M. Clay qu'au Président, ont abandon
né le plaidoyer qu'elles avaient commen
cé à propos du Message et sont entrées
toutes voiles dehors, dans les eaux du
Sénateur du Kentucky.— Ainsi, elles ne
veulent plus entendre parler de droits
prohibitifs, de monopole; elles deman
dent même que la concurrence entre les
produits étrangers et les produits natio
naux soit suppiimée le jour où il sera
prouvé que cette concurrence ne peut
être maintenue que par des droits exor
bitants!
Voilà qui est clair et nous ne saurions
trop approuver un langage pareil, sur
tout lorsqu'il s'étale dans les colonnes de
journaux qui, jusqu'à ce jour, avaient
prétendu que le tarif prohibitif était le
seul beau, grand, protecteur, national!
Mais il est probable que tous les jour
naux whigs ne suivront pas l'exemple de
ces feuilles bien avisées; si M. Clay pos
sède des organes dévoués, M. Fillmore
compte de passionnés admirateurs! Les
partisans du Compromis pourraient bien
compromettre dans une discussion sur le
tarif, leur entente cordiale! — à coup sûr
il y aura beaucoup d'encre de dépensée
pour la solution de cette question, et
quelques plumes whigs pourraient bien
s'y casser le bec.
L'AUTEUR A SES LECTEURS.
On appelle brûlé une certaine étendue de terre déboisée par le feu; toutes les
villes de la Louisiane, grandes ou petites, tous les bourgs, toutes les plantations ont
donc commencé par être des brûlés. — Peut-être un jour le brûle Jchack-Be devien
dra-t-il, lui aussi, une ville considérable.
Il y a quelques mois je ne soupçonnais en aucune façon l'existence de ce sub
stantif qui n'a point encore trouvé place dans le Dictionnaire de l'Académie, et
j'étais loin de penser qu'un jour je pécherais eu plein brûlé, je ne dirai pas les ma
tériaux d'un roman, mais un roman tout fait. — L'amour de la vérité me dicte cette
petite confession. .
Au mois d 'octobre dernier, j'allai passer huit jours chez un de mes amis qui
possède une habitation des plus coquettes sur la rive gauche du Bayou Lafourche,
entre Napoléonville et Thibodaux; fort amoureux de la belle nature, j'étais aux
champs depuis le lever jusqu'au coucher du Soleil, promenant mon admiration tan
tôt socs les arceaux de verdure feuillue que forment les chênes de nos forêts, tantôt
le long de ces cours d'eau sinueux que l'on appelle, je ne sais trop pourquoi, des
bayous. — Un jour je me lançai m peu à l'aventure dans une route à moitié fyayée
et j'arrivai au bout de deux heures de marche, au milieu d'une large éclaircie;
trois ou quatre maisons* derrière lesquelles s'étendaient de vastes champs en pleine
culture, attestaient la présence de quelques uns de ces braves pionniers, dont la
pioche intelligente a métamorphosé en terres fécondes des marécages très dange
reux jadis.
J'étais au brûlé Tchack-Bé, ou plutôt dans une rue du brûlé.
Curieux de voir les différents quartiers de ce diminutif de village, perdu dans
les bois, je poursuivis ma roote, mais bientôt l'atmosphère devint horriblement
lourde, l'orage gronda au loin, puisse rapprocha du brûlé, enfin éclata tout d un
coup sur la forêt; la maison la plus voisine de l'endroit où je me trouvais était au
moins à cinq minutes de distance. Aussi ne pensai-je point un seul instant à ga
gner cet abri; je me postai philosophiquement sous un chêne vert, peu jaloux de
braver la pluie torrentielle qui commençait à changer le chemin en étang.
N0T3.E FEUILLETON.
Nous prévenons nos abonnés que nous
tirons à part, et à un grand nombre d'ex
emplaires, lu roman do M. de L auc
M aryat , dont nous commençons aujour
d hui la publication. Le Brûle Tchack
Bé pourra de cette manière être relié en
volumes de bibliothèque.
Nous donnerons EN PRIME à tous
les abonnés nouveaux, ce qui a paru du
Brûlé Tchack-Bé.
Clivoniauc SE moreen ne.
F rance . — Le plus grand événement
politique de la première quinzaine de dé
cembre, est le petit coup de Jarnac que
M. Guizot, le dernier ministre du dernier
roi des Français a porté au Président de
la République, dans deux préfaces dont
il rajeunit deux de ses plus vieux ouvra
ges, les biographies île Washington et de
Monk. D'après M. Guizot, la France
n'est pas dans une position Imablr , aussi
faut-il qu'elle en sorte au plus vite et se
décide, soit à la fondation de la Républi
que, soit à la restauration de la Monar
chie! — Jusqu'à présent nous avions pen
se que la France était en République,
mais il paraît que nous étions aveugles :
M. Guizot se charge de nous désiller les
yeux.
Cet illustre homme d'Etat, qui a fait
preuve d'une si grande habileté le '21
février 1848, en laissant chcoir Louis
Philippe de son trône, affirme qu'il faut
à la France un Washington ou un Monk!
— Un Washington si les Français veulent
la République, (et l'on doit convenir
qu'ils en ont tout l'air.) Un Monk s'ils
tiennent à revenir à l'antique esclavage,
ce qui nous semble au moins probléma
tique. — On comprend que pour M. Gui
zot le Washington est introuvable, tan
dis que le Monk est très facile à déterrer*
Nous sommes bien persuadé qu'au besoin
M. Guizot, quoiqu'il n'ait aucune des
qualités qui distinguaient le général an
glais, se sacrifierait et jouerait le rôle de
Monk en ramenant triomphalement à
Paris le comte de ce nom.
Mais ce qu'il y a de plus joli et de plus
méchant dans la préface que M. Guizot
consacre au restaurateur des Stuarts,
c'est la pointe qu'il lance à brûle pour
point à Louis Bonaparte, en lui disant
tout crûment : Richard Cromwell qui ne
savait et ne pouvait continuer son père,
pria Monk de payer ses dettes! — L'atta
que ost un peu brutale comme on le voit,
et l'allusion est trop transparente pour
n'être pas comprise par tout le monde;
chacun sait que le Président actuel de la
République est perclus de dettes... mais
M. Guizot serait-il en assez bons termes
avec Crésus pour payer les créanciers
de l'Elysée? — Nous ne le croyons pas.
Il est à peu près certain aujourd'hui,
que le ministère va demander à l'Assem
blée, une nouvelle pension de trois mil
lions pour le Président. — Comment les
Représentants du peuple accueilleront
ils cette proposition?
A i.i.emaone . — Le vent est à la paix
cette fois, les questions qui divisaient
l'Autriche et la Prusse ont été résolues à
l'amiable par Messieurs de Schwarzen
berg et Manteuffel, ministres de l'empe
reur et du roi; l'Autriche qui s'était mon
tré si arrogante a baissé le ton dès qu'elle
a vu la Prusse décidée à s'en ri mettre
au hasard des batailles, et M. de Sch
warzenberg a fait des concessions réel
les à Manteuffel. Il a été décidé que l'é
lecteur de Hesse-Cassel rentrerait dans
ses Etats sans être escorté par aucunes
troupes étrangères! Voilà donc encore
une tragédie héroïque qui se dénoue lo
plus eomiquement du monde, et deux tê
tes couronnées qui après s'être données
en spectacle au peuple, risquent fort
d'être sitllées outrageusement par ce pu
blic impartial, mais non pas indifférent.
I talie . — L'Etat Romain, par suite
d'un édit du cardinal Antonelli, vient
d'être divisé en quatre légations. — On
annonce que le peuple de Pérouse s'esl
révolté et a massacré plusieurs soldats du
Pape, après l'évacuation de la ville par
les troupes autrichiennes; la feuille qiij
donne cette nouvelle, ajoute que la po
pulation est tellement outrée contre la
gendarmerie pontificale, qu'elle a rede
mandé à grands cris les Autrichiens.
Si ce fait est confirmé, il donnera la
mesure de la popularité dont jouissent
les troupes et le gouvernement du Saint
Père.
En Sardaigne, des troubles d'une ex
trême gravité, ont éclaté, dans les der
niers jours de novembre. — L'île a été
mise en état de siège.
AycJLETERE. — Les anti-papistes et les
catlioiiqucs Irlandais ont ensanglanté un
des faubourgs de Liverpool, à la suite
d'un grand meeting tenu par les protes
tants et dans lequel on avait affirmé que
lord John Russell voulait proposer au
parlement l'abolition de la hiérarchie
catholique en Irlande. .'I est peu proba
ble que le noble lord lance une proposi
tion pareille; on peut supposer à quelles
extrémités se porteraient les Irlandais, si
la chose se réalisait, en voyant ce qu'ils
ont, fait sur un simple on dit!
lit Vermont.
En vain la presse whig exalte-t-elle l'at
titude pacifique du Congrès. Le calme
qui préside aux délibérations de ce corps
pourrait bien être le calme précurseur
des grands cataclysmes. Demandez au
Dieu des vengeances que sa foudre soit
impuissante, demandez à la victime de
bénir la main qui l'assassine, demandez
à l'Océan de n'avoir plus de vagues, mais
ne demandez-pa3 aux négrophiles du
Nord d'avoir quelque respect pour la pro
priété du Sud.
Le Sud s'est contenté jusqu'à ce jour
de protester contre les atteintes portées
à ses institutions par les lois du compro
mis, mais il a obéi à ces lois. La seule
de ces lois réellement constitutionnelle,
celle de? esclaves fugitifs, est le seul dé
dommagement qui nous est accordé pour
Ün quart d'heure se passa, mais l'orage loin d'imiter le temps, redoubla de vio
lence; c'était à croire que l'Etre Suprême avait ouvert toutes les écluses du Ciel, ou
fait pleurer d'un seul coup toutes leurs larmes aux hôtes du Père Satan! — Je mau
dissais ma sotte curiosité, battant la terre de ma canne, souvent même la fouillant
avec la sotte colère de l'impuissance, lorsque je m'arrêtai brusquement: en don
nant un coup plus accentué à cette pauvre terre, ma canne avait pénétré à une pro
fondeur de dix pouces environ, et le bout ferré du jonc avait heurté un corps étran
ger qui avait rendu un son très perceptible, quoique étouffé par la houe. Je don
nai de nouveau un coup sec au même endroit, et je saisis, hien distinctement cette
fois, le bruit du chqc; je n'avais point frappé sur une racine ou sur un chicot, la
sonorité du heurt me le disait clairement; qu'avait donc rencontré ma canne dans
sa course souterraine?
A l'aide d'un pieu qui barrait le chemin et dont je me servis en guise de bêche,
je le sus bientôt; à peine avais-je enlevé quelques pelletées de terre que je décou
vris un cofTre en bois blanc, d'une longueur de dix-huit pouces sur une largeur d un
pied.... Avant de porter la main sur ce coffre mystérieux, je pensai malgré moi,
aux merveilleuses découvertes que font parfois les paysans des campagnes romaines
en fouillant les terres classiques d'Auguste et et de Virgile, et je vis étineeler dans
le trou boueux que je venais de creuser, un trésor assez rondelet pour faire la for
tune d'un homme modeste; sans aller bien loin, me disais je déjà, j'ai trouve un
placer qui, pour n'être point en Californie, n'en doit pas être moins riche: au bas
mot j'évaluais ma trouvaille à vingt on trente mille piastres en billets et en or -~~"
Enfin je me décidai à tirer mon coffre de sa fosse et sans plus tarder, jo fis sauter la
planchette supérieure.... Un nécessaire en palissandre s'offrit à mes yeux peu
éblouis! — Diable! murmurai-je, le trésor s'amoindrit, si je vais longtemps encore
de boîte en nécessaire et réciproquement, il sera fondu quand jouvrirai le dernier
i; i... frtuf !, fail de
chappa de sa prison satinée: je ...... ..rhetée
aussitôt, et la fortune que j'attendais se trouva remplacée par une lettre cacn
de noir, nui portait pour toute suscription, ces deux mots: a vors.
les immenses sacrifices que les honorables
du Congrès nous. ont fait faire. Eli bien!
comme nous l'avons dit bien souvent, le
Nord n'est pas encore satisfait, il ne le
sera jamais tant que nous posséderons un
esclave.
Le "N ermont est le premier des Etats
du Nord qui donne l'exemple de la rebel
lion. Hélas! il n'est que trop à craindre
pour notre belle Union que ce fatal ex
emple ne soit suivi par la plupart des
Etats libres. La législature du Vermont
a null iß é la loi constitutionnelle îles es
claves fugitifs. C'est là un chainon de
brisé dans le nœud fédéral, c'est un acte
de dissolution de société.
Après un si fâcheux antécédent,quelle
sera la conduite au Congrès des envoyés
de quatorze ou quinze Etats du Nord qui
doivent leur élection à leur haine pour
les institutions du Sud! On nous dit qu'ils
sont calmes et dignes; leur calme, c'est
le calcul (le leurs forces et de leurs chan
ces de succès; leur dignité c'est l'étude
de la manière la plus apte la plus promp
te et la plus sûre de nous dépouiller.
Ah ! Messieurs du Compromis si fatal
au Sud, vous verrez avant long temps s'il
n'est pas fatal à l'Union, et vous verrez
encore que la désunion ne viendra pas
des volés, mai« des voleurs eux-mêmes.
7la J&outorue^rlrmw.
La capitale 'de fait de la Louisiane, la
Nouvelle-Orléans (car Bâton-Rouge n'est
et ne sera jamais que la capitale de nom)
a été favorisée en 1850 par la fièvre
jaune et le choléra qui lui ont épargné
leur visite annuelle; on devait donc, sup
poser que les listes mortuaires seraient
en raison directe de cette absence des
deux plus cruelles maladies qui soient
au monde, malheureusement il n'en a
pas été ainsi, la mortalité, au contraire,
a été très considérable durant l'année
dernière. — Plusieurs médecins affirment
que cette mortalité est causée en grande
partie par le manque d'égoûts dans les
faubourgs de la ville; aussi est-il question
d'un rapport très circonstancié qui doit
être prochainement présenté au conseil
général à l'effet d'assainir la ville. — Les
quelques personnes qui ont parcouru ce
rapport prétendent qu'il indique avec
une clarté remarquable les moyens de
faciliter l'écoulement des eaux stagnan
tes, soit dans le Mississipi, soit dans le
bayou Saint-Jean ou dans le. canal neuf.
— H faut espérer que le conseil prendra
ce rapport en considération et que les po
pulations des faubourgs (populations la
borieuses et pauvres) ne seront plus dé
cimées par la rnort dans les saisons brû
lantes, comme elles l'ont été malheureu
sement trop souvent.
I/établissement d'un chemin de fer
qui relierait la Nouvelle-Orléans à la ca
pitale du Mississipi est la grande ques
tion à l'ordre du jour, et la presse tout
entière, sans distinction de drapeau poli"
tique, se montre très favorable à ce pro
jet. Cette voie ferrée qui traverserait
les terres encore incultes de la Louisiane

Œ

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